La scène locale grenobloise est à l’honneur sur Bmol ! Après les reggaemen de WAREIKA HILLS & MIKROMAN, voici venu DJEMDI, pas tout à fait une nouveauté pour ceux qui suivent régulièrement l’actualité musicale grenobloise, mais un véritable ovni dans le paysage musical d’ici et d’ailleurs.
DJEMDI est une formation originale qui associe les percussions (essentiellement le djembé) et le didgeridoo, cette étrange instrument issu de la culture aborigène australienne. Alors à quoi peut bien ressembler une telle association musicale ? Par moments on pense à de la techno bien qu’ il n’y ait aucun ajout électronique, l’ensemble de l’album (excepté le très reggae/rap Je souffle dans un tube) étant instrumental. Mais cette musique basée sur le rythme et la répétition évoque tellement la transe qu’il est difficile de ne pas penser à de la Goa ou de la Trance justement. Ecouter aussi Bleu avec ses lentes montées / explosions caractéristiques du genre.
La monotonie qui pourrait menacer l’ensemble par moments est brisée par l’apport d’autres touches de couleurs sonores autour de ce noyau dur percussions / didgeridoo. Comme sur le morceau Bleu avec l’ajout de chants, sur Vert où le didgeriddo se déploie sur des harmonies de guitare et où apparaît par moments des lignes de basse dont le son n’est pas sans m’évoquer la new wave et Joy Division ! Ou encore avec cette intro à la guitare acoustique aux accents flamenco sur le titre suivant Brun Dam’mix.
Quoi qu’il en soit difficile de ne pas être impressionné par la technique de didgeridoo des 2 “souffleurs” Batman et Keké : les variations d’effets sont nombreuses et soulignent toute la diversité de sons qu’on peut obtenir, le tout bien mis en valeur par une production soignée.
Un album qui a du coffre sans aucun doute… 1+1+1+1=1/ DJEMDI (Mosaic Music, 2006)
Voilà une page de l’histoire du reggae grenoblois qui s’écrit aujourd’hui avec la sortie d’un album, remarqué, d’un groupe et d’un chanteur : Wareika Hills & Mikroman.
J’avais entendu pour la première fois Mikroman comme invité d’un concert de Soul Of Kumbah (autre groupe de reggae local qui nous prépare un alléchant premier album) et j’avais tout de suite été séduit par sa voix. Une belle voix. Un grain qui donne envie d’en savoir plus et qu’on attendait depuis longtemps sur Grenoble, depuis la retraite (définitive ?) d’un certain Eldé à vrai dire.
Musicalement, l’album tient la route. De belles parties de guitare et de claviers, de la mélodie, des textes humanistes, une prise de son et un mixage assurés par Ivan de Sinsemilia, un coup de main de Bozo au sax alto (même provenance) et d’Arash à la flûte traversière (Emzel Café). Et puis des versions roots dancehall bien huilées au groove impeccable.
Le groove reggae… Le terme de groove, plutôt réservé à la funk ou à la soul, n’est pas très approprié. Si vous voulez vous la jouer connaisseur des musiques caribéennes, utilisez plutôt la formule “putain… ça joue!”. Cette façon de jouer, cette “tourne”, est à peine explicable en terme technique (une bonne basse et un bon charley pour faire court). Mais on la sait de qualité quand un balancement de tête vient nous rappeler que l’esprit est là et que les petits gars ont du faire leurs classes question écoute de classiques jamaïquains. Une vibration, un souffle. Qui imposent inéluctablement de monter encore le volume et le potentiomètre “bass” de l’ampli.
C’est cet esprit chez Wareika Hills qui les adoubent ici comme des “militants du pur reggae”, titre de noblesse pas facile à obtenir de la part d’un ancien routard du genre comme l’est, en toute modestie, votre serviteur ! Un bien beau premier album en vérité (le groupe avait déjà sorti un disque mais avec une équipe différente). Depuis quelques années qu’on attendait la relève côté reggae sur la région… voilà enfin un album qui nous donne à espérer pour le futur et qui me donnerai presque envie de me lancer dans la production, tiens…
“On a du love à partager” nous dit Wareika Hills… et bien je vais vous dire : ça se sent!
MOUNTAIN MEN, c’est la révélation blues de l’année! Lauréat « blues acoustique» au festival Blues sur Seine 2006 et sélection France Challenge Blues International 2008 à Memphis (Tennessee), actuellement en tournée aux Etats-Unis, on peut aussi retrouver les Mountain Men près de chez nous : dans la compilation de la Cuvée Grenobloise 2008 peaufinée par Dynamusic, en show-case acoustique le 22 février à la bibliothèque Abbaye-les-Bains et en concert le 27 février sur la scène de La Chaufferie.
Les Mountain Men sont nés de la rencontre de Mr Mat, imprégné de l’univers des pionniers du blues, et de Barefoot Iano, australien fou d’harmonica. L’un et l’autre ont l’incroyable capacité de faire corps avec leur instrument. Mat, accompagné de sa guitare, chante avec une voix de noir américain, Iano l’accompagnant tantôt à l’harmonica, tantôt à la guitare pour des duos endiablés. Sur scène, la magie opère, ils sont comme deux grands enfants qui savent s’amuser et n’oublient pas qu’ils sont là pour ça…
Leur premier album “Mat with Iano - Mountain Men“ est sorti en octobre 2005. En attendant la sortie de leur prochain album prévu à l’automne 2008…
Show-case acoustique à la bibliothèque Abbaye-les-Bains vendredi 22 février 08 à 18h.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Le groupe jouera également à La Chaufferie mercredi 27 février 08 à 20h30.
Les élèves du conservatoire remettent le couvert à la bibliothèque Kateb Yacine le Vendredi 15 Février à 12h30 sur le thème du “Noir”.
Les élèves chanteurs et instrumentistes du Conservatoire de Grenoble nous proposent cette fois-ci un Concert-Lecture, autour d’œuvres de Ravel, Milhaud, Chaynes, Mozart, Diop, Senghor… qu’ils avaient donné à l’Amphidice (campus) dans le cadre de la semaine du Noir.
Vous les avez aimés sur le thème de Mozart, vous adorerez leur cocktail d’idées noires avec un zeste d’humour de la même teinte.
Un spectacle en musique et en poésie conçu par Esther Mainieri, avec la participation des élèves ClaraLévy, Julien Drevet, Esther Mainieri et Nicolas Josserand.
Norig (on prononce Nourique) revient “au pays”, c’est-à-dire dans la région grenobloise, à Seyssinet-Pariset précisément, qui l’a vue naître et grandir. Sa voix est familière à tous ceux qui ont vu le film”Exils”. Pour interpréter deux chants de la bande originale de son film, le réalisateur, Tony Gatlif, avait choisi cette voix particulière, douce et sauvage à la fois, qui rappelle quelque part les si surprenantes voix bulgares. Norig, qui n’est pas tzigane - elle a plutôt quelque origine du côté de l’Espagne - s’est plongée dans cette musique et cette culture depuis ce qu’elle appelle le “coup de foudre”, la “révélation” qu’elle a éprouvés lorsqu’elle a vu “Le temps des gitans” et entendu son hymne “Ederlezi“. “J’ai eu [alors] profondément envie de chanter cette musique…c’était le début de mon histoire d’amour avec les tziganes“.
Son disque, “Gadji” sorti en 2006, nous a permis de mieux connaître son répertoire, puisé en premier dans la tradition rom et d’Europe du sud-est mais aussi enrichi de compositions originales (on y trouve même une reprise des “P’tits papiers” de Serge Gainsbourg). Les six musiciens qui l’accompagnent nous font voyager dans des couleurs musicales variées, passant de l’ambiance des chants traditionnels balkaniques aux inspirations tango ou manouche, ou parfois classique (superbes solos de violoncelle de Sébastien Giniaux !).
Je n’ai encore jamais vu Norig en public, mais j’ai hâte de voir sur scène cette grande et belle jeune femme à la voix si émouvante.
Le groupe rock Duster’71 (du nom d’une “belle américaine” des années 70), accueilli en résidence à La Chaufferie en cette fin d’année, relève le défi de se produire en show-case acoustique au milieu des livres !
Au menu : quelques titres de leur premier album “Go baby ! Go ! Go !” et une rencontre / discussion avec le public sur le thème “Vivre de sa musique aujourd’hui ?”. Tout cela se passera le
vendredi 14 décembre à 18h Bibliothèque Abbaye-Les-Bains
PS : Rendez-vous le 19 décembre à La Chaufferie pour assister à une version plus “électrique” !
Comme vous l’avez peut-être déjà remarqué, le son et la musique ont fait leur apparition sur Bmol, et quoi de plus normal pour un blog consacré à la musique ?
Dans le menu de droite, vous pouvez y accéder de 2 façons. D’abord tout en haut juste après la rubrique “Agenda“, une zone ou vous avez un ou plusieurs morceaux (actuellement des extraits de la rencontre avec Magyd Cherfi - pour les étourdis, un des chanteurs de Zebda - qui a eu lieu à la bibliothèque Kateb Yacine le 12 octobre dernier) en format mp3 sous cette forme (il vous suffit de cliquer sur la flèche verte pour lancer la lecture). Le plus souvent, il s’agira de compte-rendus audio d’animations, conférences, rencontres organisées par les Bibliothèques Municipales de Grenoble. Ou encore d’un morceau d’un groupe/artiste que nous avons envie de mettre en avant.
Ensuite, plus bas dans le menu, le “Lecteur scène locale“ qui propose une sélection (qui devrait s’étoffer dans les semaines à venir) d’artistes / groupes de la région pour vous inciter à découvrir cette scène foisonnante.
A ce titre, nous vous rappellons le lancement d’une collection scène locale à la Bibliothèque Abbaye-les-bains et au Centre Ville.
La bibliothèque Abbaye-les-Bains met en place une nouvelle collection musicale, la scène locale. Comme son nom l’indique, il s’agit de rassembler les disques de groupes originaires de l’agglomération grenobloise (et de l’Isère) œuvrant dans les musiques actuelles (rock, reggae, hip-hop, jazz, chansons françaises, etc) et de les proposer au public.
Les disques sont présentés dans un bac à part et étiquetés “scène locale” en rouge dans la cote. Par ailleurs, il est possible à partir de l’Opac (le catalogue informatisé accesible depuis chez soi avec une connexion internet) d’interroger ce fonds : critères de recherche->Sujet et Supports->Enregistrement sonore. On peut bien sur croiser ces critères avec d’autres tel que la localisation, la date, etc.
C’est ainsi un moyen pour de jeunes groupes de se faire connaître et d’assurer sa promotion et pour la bibliothèque de mieux suivre l’actualité de la scène grenobloise et de lui accorder la place qu’elle mérite.
La bibliothèque réserve par ailleurs une table dédiée à l’information musicale locale à coté des meubles à disques : tracts/affiches de concerts, programmation des salles, festivals, formations musicales.
Que trouve-t-on dans Rien ? Tout et n’importe quoi. La lecture des dernières volontés du Général de Gaulle, des extraits de la série TV “Dallas”, un reportage sur le bathyscaphe…
le tout mêlé à une musique s’inscrivant dans la lignée “post-rock” de groupes comme Godspeed You ! Black Emperor, avec néanmoins un côté dilettante qui fait le charme de ce Requiem pour des baroqueux, titre pompeux pour un disque “récréation”, dont la solennité est automatiquement dynamitée par ces sales gosses.
Il y a de la farce dans ces collages, cependant l’exécution est parfaitement maîtrisée. Comme je l’annonçais en préambule, on trouve tout et n’importe quoi dans cet album, certes, mais pas n’importe comment.
Long à démarrer, Requiem pour des baroqueux gagne en intensité piste après piste, pour s’achever de manière magistrale. Mention spéciale au deuxième titre, “The Dallas Sessions”,
qui développe dans un laps de temps très court beaucoup de sensations différentes, à la manière du “Happiness is a warm gun” des Beatles. Requiem pour des baroqueux / Rien (Un Dimanche, 2003)
Maître dans l’art du violoncelle (mais également contrebassiste à ses heures), Greg Gilg chante ses propres textes et propose un spectacle tout en décalage. Il a travaillé avec Bertrand Belin, Fire Warriors, Les Barbarins Fourchus (autres figures de la scène locale), Johnny Staccato Band et Mon Metro. On peut écouter un des ses titres dans la compilation “Cuvée grenobloise 2007” qui rassemble divers artistes de la scène grenobloise.
Assurément un concert où l’étrange va le disputer à l’insolite. On vous aura prévenu. Entrée libre, jeudi 26 avril 2007 à 18h30
La présentation qui en est faite par l’équipe de rédacteurs :
« Under-Gre est un webzine qui a vu le jour début avril 2006 ! Il a pour but de mettre en avant tout ce qui se passe en matière de rock à Grenoble. On peut y retrouver des news, des dates de concerts, des articles, des photos, des mp3 et pleins d’autres choses encore… sur des groupes locaux, mais aussi sur des groupes de passage dans notre région. »
On y trouve également un forum, une présentation assez complète de la scène locale et un lecteur mp3 proposant une sélection de morceaux qui permet de découvrir et de naviguer sur le site en musique.
Du beau, du bon boulot…
Dynamusic est une association de soutien et de promotion de la scène musicale grenobloise ; à ce titre elle organise des concerts tout au long de l’année, un festival (le Festival Magic Bus) et édite chaque année depuis 2002 une compilation d’artistes locaux intitulée Cuvée Grenobloise. Le millésime 2007 vient d’ailleurs de sortir ! L’Association gère également un magasin, le Magic Bus, où vous pourrez trouver des disques neufs et d’occasion, des vinyls, un grand choix d’artistes locaux ainsi que des fanzines/revues. Vous pouvez même profiter du bar en écoutant les disques qui vous intéressent.
La Cuvée grenobloise millésime 2002, 2003, 2004 et 2005 est disponible dans les Bibliothèques municipales de Grenoble.