THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline
La joyeuse équipe de Bmol vous souhaite une bonne année 2012 : bonne musique, santé, joies et chocolat !
Et pour démarrer en fanfare, piochez donc dans le top 5 - 2011 de toute l’équipe des acquéreurs de musique pour vous réconforter !
Au XXe siècle, la musique a utilisé la technologie pour expérimenter ou pour tester des sonorités nouvelles. Outre les telharmonium, theremin, melotron et autres ancêtres du synthétiseur, la voix a également été un champ d’investigation pour les compositeurs contemporains. Voilà une belle occasion de vous conter aujourd’hui la sainte trinité des amateurs de musique électronique et de voix : vocodeur, talk-box et auto-tune.
Le vocodeur tout d’abord. Contraction de voice coder (codeur de voix), il s’agit d’un procédé technologique permettant de fabriquer un son synthétique à partir du spectre de la voix, et qui donne sur les morceaux l’utilisant cette voix de robot caractéristique. Inventé par un scientifique américain, Homer Dudley, sa première application concerna le téléphone et permit à Roosevelt et Churchill de communiquer par-delà l’océan pendant la seconde guerre mondiale. Il faudra attendre 30 ans pour en voir les applications dans la musique, notamment chez Kraftwerk, Giorgio Moroder et Afrika Bambaataa. Mais aussi Herbie Hancock, Frank Zappa, Pink Floyd et même Scorpions et Neil Young.
Pour le plaisir Planet Rock d’Afrika Bambaataa
et Robots de Kraftwerk
Confusion est souvent faite avec la talk-box (”boite parlante”). Le point commun étant la voix de robot mais le procédé diffère sensiblement puisque il s’agit là de faire “parler un son” en chantant dans un tuyau relié à un synthétiseur. La voix se trouve ainsi transformée par un son synthétique. Le précurseur en fut Stevie Wonder qui l’utilisa sur quelques titres mais on peut également citer parmi ses utilisateurs Jeff Beck, Bon Jovi, Peter Frampton, Metallica et Guns And Roses.
Mais rendons à César ce qui lui appartient, ce fût Zapp et ses frères Troutman qui popularisèrent cet instrument de la plus belle manière. Voyez ici (démonstration à 2′20) et notez au passage les tenues de scène qui mettent tout de suite dans l’ambiance.
Côté Auto-tune enfin, on doit cette invention à Andy Hilldebrand, un ingénieur en pétrochimie, qui releva un défi lancé lors d’un diner : inventer une machine qui fasse chanter juste! Il recycla une de ses inventions permettant par un procédé d’ondes acoustiques de sonder les zones potentiellement pétrolifères et le tour était joué. Chanter juste en temps réel, magnifique la technologie! Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Comme pour un tas d’autres inventions en musique, le procédé fut détourné. Des ingénieurs du son s’aperçurent qu’en poussant les réglages à l’extrême, le traitement prenait un caractère artificiel, donnant à la voix un attractif et original aspect métallique et aigüe. Et la vague auto-tune déferla sur les musiques urbaines. Raï d’abord, puis rap (T.pain, Snoop Dogg, Mister You, 113…), r’n'b (presque tous…), et même reggae (Gappy Ranks) et pop/dance (Cher la première, Black Eyed Peas…).L’auto-tune cela ne vous dit vraiment rien? Impossible car plus de la moitié des morceaux qui sortent en ce moment dans le r’n'b, le raï, le rap à refrain chanté et la dance en comportent. Ecoutez plutôt (tendez l’oreille sur le refrain).
Vous ne voyez toujours pas? J’en rajoute une belle couche! Le titres est pas super mais c’est pour bien vous faire comprendre.
Et voilà
! Vous aurez maintenant tout compris de ces appareils aux noms barbares et pourrez désormais épater vos amis sur les mérites comparés de la voix dans le r’n'b contemporain.
Et que je n’entende pas dire qu’on vous laisse ignorants sur Bmol !
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Il est de ces concerts dont on se rappelle longtemps. Comme des amours de vacances, ils laissent une trace indélébile, douce et sucrée, comme une expérience hors du temps.
Seignosse, Landes 27 juillet 2010.
Un concert reggae quand on est en vacances dans l’un des plus beau coin de France ca ne se refuse pas… A 5 km de notre villégiature, Seignosse. Sous les pins, par un temps doux propice à toutes les découvertes, une salle des fêtes posée sur la plage fait face à une mini-arène où de minables vachettes doivent donner un peu de plaisir à quelques touristes en mal de traditions.
On pénètre dans la salle et tout de suite l’atmosphère est estivale. 3 pauvres gars font office de service d’ordre, de jeunes vacanciers en tongues venus d’Hossegor, quelques babs qui ont du faire du stop, 2 ou 3 dreads … ouais, pas de doute on est vraiment en vacances là! Le concert a déjà débuté mais quelque chose cloche… Ou plutôt 2 choses, bien sur! D’abord ca fume dans la salle… à l’ancienne. Le pied! Et on se replonge immédiatemment dans ces lives d’antan où la fumée était partie prenante du spectacle. Ces temps bénis où l’on avait encore un peu de liberté en écoutant du bon son, bordel! La fumée est quand même un peu plus classe que l’odeur d’aisselles du voisin…
Et puis la seconde surprise vient du son… bon sang! Pas de basse sur cette première partie de set! Une batterie (Kush McAnuff), des percus (Alphonso Craig et consorts), un piano acoustique (Muctar Wurie) et une guitare (Earl Chinna Smith) tiennent lieu de bande-son pour un Clinton Fearon rayonnant et nous proposant les plus grands tubes de sa composition, immortalisés par Gladiators dont il tint la basse et les chœurs pendant près de 20 ans. Ca claque et ca le fait carrément: Mr Chatterbox, Chatty chatty mouth, Rich man poor man… Côté percu, elles sont à tour de rôle tenues par ceux que je vais reconnaître peu à peu. Kiddus I prend la suite et nous fait vibrer de son mythique Graduation in Zion, imparable tube découvert dans le film Rockers. Cedric Myton, leader des Congos himself prend la scène à son tour et nous envoûte avec sa fabuleuse voix de falsetto. Fisherman, Forever young… Grosse claque! Sa voix n’a pas bougée malgré ses 63 ans, il danse et offre tout ce qu’il a. Inspiré, comme envoûté par ce reggae music qui semble rythmer sa vie, éternelle source d’inspiration…
Matthew McAnuff arrive à son tour et nous offre quelques morceaux, visiblement inspiré par l’entourage de ces papis, cultes s’il en est. Et tour à tour, chacun quitte cet impressionant alignement de percussions digne d’une cérémonie rasta, on songe aux Mystic Revelation of Rastafari, pour prendre le micro et nous asséner les tubes qui ont accompagné notre jeunesse. Earl Chinna Smith fait le job, en toute discrétion. Lui dont le nom apparaît dans plus de 1000 albums, le Michel Drucker du reggae qui à joué avec les plus grands (Marley, Tosh, Spear, Black Uhuru…) semble imperturbable dans son rôle de chef d’orchestre. Clinton Fearon tient la baraque. Ses morceaux, reconnaissables entre mille pour qui a écouté Gladiators au lieu d’aller en cours de physique au lycée, sont une invitation. Des tubes à la chaine, des berceuses…
On se pince pour ne pas réver… ce concert est tout simplement fabuleux et les quelque 300 personnes du public semble partager ce moment hors du temps. Pas que! A la pause, en attendant Winston Mc Anuff, les artistes rejoignent le public à l’extérieur sur les pelouses pour taper la causette et prendre la température. Ce n’est pas un concert, c’est une soirée entre potes. Des petits groupes se sont formés, Chinna fait le malin en goûtant les spécialités locales. Kiddus tchek* toux ceux qui ont vu Rockers au moins une fois dans leur vie. Andrew Mc Anuff semble avoir demandé l’autorisation de minuit à son père. Ca rit, ca fume… ca fume, ca rit. Aucune frime, pas de bling bling pour ces gars qui en raconteraient à plus d’un en matière de musique. Tout simplement un moment magique…
Si vous regrettez déjà de ne pas avoir vécu ce concert, il est temps de se rattraper puisque Makasound a eu l’excellente idée d’immortaliser ces moments dans un coffret CD/DVD, concert enregistré lors de la prestation d’Inna De Yard au Printemps de Bourges 2009.
Un des plus surs moyens de capter ce qu’est l’essence du reggae et des musiques traditionnelles caribéennes…
Où trouver ce document?* Tchek: salut des amateurs de reggae/hip-hop, une tape dans la main et poing contre poing.
PS: Le projet Inna de Yard consiste à retrouver le forme originelle des morceaux reggae à leur création: en session accoustique, avec un minimum d’instruments (voix, guitare, percussion parfois) dans l’arrière cour (”yard”) des maisons. Les 8 albums de la collection sont disponibles dans les bibliothèques de Grenoble.
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Je me suis souvent demandé comment je pourrais expliquer le reggae à mes enfants. Que dirais-je si on me demandait d’écrire un article dans “Le reggae pour les nuls” ?
La réponse pourrait tenir en un mot : médicament.
Oui le reggae est un médicament, une sorte de thérapie douce. Un bon classique sur la platine (au hasard un Utterance de Black Uhuru ou un African postman de Burning Spear) et l’esprit “fly away“, s’élève vers des cieux subitement immaculés; le corps semblant se détacher de son enveloppe terrestre pour devenir caisse de résonance de ces syncopes mystiques et de cette basse hypnotique. On se sent léger mais Terrien, en phase et à sa place. En quelque sorte entre terre et ciel, un super substitut d’antidépresseur à moindre frais pour la Sécu. Mais gare! A peine lâche t-on le mot médicament que vient planer illico la notion de poison. Comme tout vaccin, le remède comporte en lui sa dose de venin. Et certains artistes dancehall jamaïquains, dont Sizzla, manient vigoureusement ce paradoxe.
Car Kalonji (son surnom), outre le fait qu’il est probablement le chanteur jamaïquain le plus doué de sa génération, traine derrière lui de belles casseroles. Appartenance proclamée à la secte rasta Bobo Dread - qui se fait remarquer par sa vie en autarcie, son traitement des femmes rétrograde et sa religion intégriste – et propos homophobes, anciens certes, malheureusement en vogue dans la Jamaïque des années 2000. Sizzla a fait (sincèrement?) son mea-culpa et semble, avec cet album, reparti sur de bons rails. Ghetto Youth-ology est un véritable médicament. Un album sur vitaminé, boosté à la Juvamine et à inspiration divine. Et pour cause. Loin des surproductions digitalo-gonflantes qui éloigne parfois le reggae de ses racines, Sizzla propose un nu-roots attrayant, aux lyrics conscients. Lui le chanteur prolifique qui sort 2 albums par an (en général un bon et un mauvais) a tapé fort.
Produit par Melbourne Miller, bassiste du Firehouse Crew qui l’accompagne en concert, on se délecte d’un son chaud et organique à l’ancienne. La production est excellente, les arrangements sont discrets mais efficaces. Quelques effets sur la voix ou les instruments venant relever la musicalité de l’ensemble et le son résolument proche de l’analogique. Hormis 2 morceaux lovers arrivés là on ne sait comment, l’album est très bon. Il commence par 2 tueries “Jah love” et “Ghetto utes dem ah suffer“: excellente entrée en matière pour donner le ton de l’opus: amour et politique. Entre amour fraternel, engagement social et dénonciations à tout crin, c’est du bon Sizzla. Du lourd, quoi!
A noter enfin la belle pochette d’inspiration art naïf qui donne envie de voir remuer tous les booty de la Terre… le Printemps arrive, c’est bon ça!
PS: pour aller plus loin sur le sujet du venin bobo dread, lisez cette passionnante interview de Beenie Man qui dit avoir failli y laisser sa peau…
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Le petit monde du reggae international, toujours à l’affut de nouveautés, ne jure plus que par un nom depuis quelques mois: l’italien Alborosie.
Demandez un peu autour de vous un avis sur la musique venue d’Italie. Je sens poindre les sourires… Adamo, Eros Ramazzotti, “La chate mi cantare”, les mandolines Napolitaines ou au mieux Paolo Conte. Rien de super affriolant n’est sorti des frontières de la patrie de Claude Barzotti depuis quelque temps. J’attends avec impatience vos corrections dans les commentaires pour changer d’avis…
A la première écoute de l’album Escape from Babylon, en plus du hochement de tête traditionnel qui signifie que le son est bon, ce qui marque c’est la qualité des productions et le mélange efficace entre plusieurs courants qui ont fait le succès du reggae depuis 45 ans. Ska, roots (tiens, c’est le retour des clavinets, Wire Lindo le mystique claviers des Wailers va être content), rub-a-dub et ses effets dubs, dancehall. C’est un fait, Alborosie a compris mieux que tout le monde que le reggae c’est un peu comme le foot, dans les moments de crise il faut toujours revenir aux fondamentaux. Et on appréciera, pour les plus spécialistes, les clins d’œil à Marley, Horace Andy, Alpha Blondy ou Eek A Mouse.
Entouré, aux chœurs, des mythiques Tamlins et de Dennis Brown ressuscité par un sample judicieux, Alborosie nous offre un sacré coup de frais et une bonne claque à tous ceux qui ne jurent que par le moderne ragga-dancehall et qui se moquent du reggae roots comme d’une vieille tante à moustache. Et ce genre de baffe, on aime.
En plus d’1 ou 2 titres plus légers, ses textes sont engagés : présence militaire américaine en Afrique, politique intérieure berlusconienne - pardon italienne -, critique de l’usage de drogues (dures bien sur, car faut pas pousser quand même, c’est du reggae), méfaits de la mondialisation et de l’argent, etc. Move on Babylon!
Enfin, cerise sur le gâteau, une savoureuse dédicace intitulée Mr. President fait rimer “Silvio Berlusconi” avec “Mafia macaroni” et rien que pour ça, Alborosie décroche haut la main la peu courue palme 2009 de l’humour en reggae.
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Depuis quelques mois une sorte de frénésie gagne les Etats-Unis. L’élection présidentielle américaine est un tel enjeu que les artistes n’hésitent pas à se mouiller, eux et leurs chemises, pour soutenir un candidat. Ils sont trop forts ces Américains. Pour fêter leur nouveau président, étaient présents sur scène Aretha Franklin, Bruce Springsteen, Beyonce, Stevie Wonder et j’en passe.
Je vois déjà les jaloux protester en arguant que nous aussi en France nous avons des talents prêts à s’investir pour les grandes causes. C’est vrai qu’on a aussi eu droit à nos stars pour fêter la victoire en mai 2007 à la Concorde : Mireille Mathieu, Faudel, Enrico Macias, Gilbert Montagné… comment on les a enterré les ricains sur ce coup là !
Rarement un candidat à l’investiture suprême américaine aura recueilli autant de soutien de la part de personnalités du monde de la musique.
Voici donc une petite sélection, non exhaustive, des chansons encourageant Barack Obama :
La plus joyeuse (et ma préférée) : Coco Tea “Barack Obama”
La plus émouvante : Will I Am “Yes we can”
La plus kenyane : Samba Mapangala “Obama ubarikiwe”
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Coup de projecteur sur ce site internet musical de qualité, complément essentiel de la revue papier que nous vous invitons à venir consulter dans les bibliothèques de Grenoble.
Vibrations, revue Suisse fondée à Lausanne en 1991, met l’accent sur les musiques métissées : jazz, soul, rap, reggae, blues, musiques du monde, un regard large sur la musique en général. Une revue qui contient aussi parfois des compilations pour découvrir de nouveaux talents.
Pour ne pas en rester là, il existe désormais Vibrations sur le Net, un site pour s’offrir le luxe du multimédia : des clips, des extraits sonores, de nombreux articles, des approfondissements, et surtout des titres à télécharger.
Un complément indispensable à la revue, mis à jour très régulièrement, il contient des news “à chaud” que la formule papier ne peut pas fournir, des playlist d’artistes, des portraits, des interviews, des comptes rendus de concerts et critiques de films.
Un site dynamique au contenus indéniablement passionnant. Vous avez 5 minutes? tentez l’immersion vous serez vite “accro”.
par EmelineFermerAuteur : Emeline Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Enfant des années 80, elle s'est épanouie dans cet immense chaos musical et en reste cruellement nostalgique. Aujourd'hui encore secrètement amoureuse de Jon Bon Jovi, elle a pourtant élargi sa culture musicale et ne désespère pas d'écouter du Classique quand elle sera grande. Son leitmotiv : désacraliser l'image des bibliothèques et inviter Metallica pour la fête de la musique. En attendant elle boit trop de café et essaiera d'être à l'heure la prochaine fois c'est promis!Voir les articles de cet auteur (44)
Comme son nom l’indique, MORGAN HERITAGE est une affaire de descendance. Issus d’une famille de 29 enfants, les frères et sœurs Morgan, jamaïquains de naissance, ont été élevés aux Etats-Unis. Très tôt biberonnés par leur père aux mélodies du pays mais aussi aux sons funk, r’n'b, hip-hop des radios américaines, 8 enfants Morgan vont former la première mouture de Morgan Heritage, tandis que 3 des plus jeunes enfants de la tribu monteront le groupe LMS (également disponible dans les Bibliothèques de Grenoble). Nous sommes en 1994 et Morgan Heritage sort l’album “Miracle” chez RCA. Déçus de cette expérience avec une major, le groupe désormais resserré autour de 5 membres (les chanteurs Peter, Gramps et Una, le guitariste Lukes et le percussionniste Mr Mojo) montent leur propre structure qui gérera aussi bien l’artistique que la production, le business que le management.
3 albums vont les révéler à la Jamaïque d’abord puis au reste de monde : “Protect us Jah” (1997) et “Don’t Haffi Dread” (1999) produits par Bobby “Digital” Dixon, et “One calling” (1998) produit par King Jammy. En plus d’avoir trouvé un public, le groupe se forge une identité. Leurs influences pop/r’n'b ont laissé la place à un reggae plus authentique, inspiré par un voyage ressourçant en Jamaïque. La panoplie de leurs inspirations s’y déploie, entre tradition rasta et modernité américaine. Les textes mettent en avant des valeurs spirituelles qui font d’eux un des ambassadeurs du “conscious reggae” (reggae conscient). Morgan Heritage va ainsi se forger un son, une personnalité et un nom.
Avec “Mission in Progress”, le groupe passe un nouveau cap. Fidèle au reggae nu-roots de la fin des années 90, les inspirations y sont clairement rock mais aussi rap. Ce qui frappe, outre les voix toujours au top, c’est l’ouverture d’esprit de cet album. Les influences sont multiples mais pas racoleuses, toujours au service du propos et fidèles à l’esprit reggae. Les morceaux ont été travaillés pour sonner “live”, ce qui est plutôt rare et courageux en ces temps de “tout-numérique” dans le reggae. Le concept musical qu’ils aiment à développer en interview est celui de rockaz. Ils le définissent comme un mélange de reggae, de rock, de rap destiné à faire évoluer le reggae, à coller aux goûts musicaux des plus jeunes. Bref à s’inscrire dans la modernité. Car le jeune n’écoute plus de roots, c’est bien connu… Morgan Heritage semble en passe de réussir son pari puisque pour la première fois un clip du groupe vient de faire son entrée dans la playlist de MTV, pas mal pour du reggae…
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Je profite du soudain regain d’intérêt du monde pour la Jamaïque, grâce aux performances de ses athlètes aux J.O., pour vous présenter cette semaine ce qui est à mes yeux, LE documentaire sur le reggae.
“Made in Jamaica” représente le deuxième film documentaire de Jérôme Laperrousaz dédié à la Jamaïque et à la musique reggae après avoir tourné “Third World” en 1980. Loin des documentaires avec voix off et parti pris prononcé, Laperrousaz construit son film à partir d’un événement survenu pendant le tournage du film : la mort par balle de Bogle (artiste local) lors d’un règlement de compte.
Ainsi commence l’histoire de ce documentaire, mettant en avant les ravages de la libre circulation des armes à feux dans certains quartiers de Kingston, désertés par la police locale. “Mon film est construit sur cette proximité permanente entre la fête et la mort, la sexualité exacerbée et la violence”. Dans ce contexte, interviennent des artistes roots ou ragga comme Bounty Killeret Gregory Isaacs, parlant de leur enfance dans les ghettos de Kingston et de leur volonté de s’en sortir coûte que coûte.
Laperrousaz explore les tenants et aboutissants du reggae en passant d’un thème à l’autre à l’aide de paroles de chansons. Le film évoque tantôt l’esclavage, le sexe, les influences du reggae à l’étranger ou le mouvement rasta. Une musique comme miroir de la revendication de tout un peuple contre l’esclavage, le reggae reflète un profond besoin de reconnaissance d’une culture et la fierté d’un mode de vie fondé sur l’émancipation face à l’oppression britannique et occidentale.
De Toots à Bunny Waileret de Lady Sawà Capleton, ce documentaire propose une vision sans concession sur ce qu’est aujourd’hui la Jamaïque, comment elle vie au travers de sa musique et comment elle perçoit l’avenir (le retour du reggae roots et la disparition des anciens). Un film incontournable à toute personne sensible aux reggae ou aux grandes revendications sociales.
par EmelineFermerAuteur : Emeline Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Enfant des années 80, elle s'est épanouie dans cet immense chaos musical et en reste cruellement nostalgique. Aujourd'hui encore secrètement amoureuse de Jon Bon Jovi, elle a pourtant élargi sa culture musicale et ne désespère pas d'écouter du Classique quand elle sera grande. Son leitmotiv : désacraliser l'image des bibliothèques et inviter Metallica pour la fête de la musique. En attendant elle boit trop de café et essaiera d'être à l'heure la prochaine fois c'est promis!Voir les articles de cet auteur (44)
Voilà une page de l’histoire du reggae grenoblois qui s’écrit aujourd’hui avec la sortie d’un album, remarqué, d’un groupe et d’un chanteur : Wareika Hills & Mikroman.
J’avais entendu pour la première fois Mikroman comme invité d’un concert de Soul Of Kumbah (autre groupe de reggae local qui nous prépare un alléchant premier album) et j’avais tout de suite été séduit par sa voix. Une belle voix. Un grain qui donne envie d’en savoir plus et qu’on attendait depuis longtemps sur Grenoble, depuis la retraite (définitive ?) d’un certain Eldé à vrai dire.
Musicalement, l’album tient la route. De belles parties de guitare et de claviers, de la mélodie, des textes humanistes, une prise de son et un mixage assurés par Ivan de Sinsemilia, un coup de main de Bozo au sax alto (même provenance) et d’Arash à la flûte traversière (Emzel Café). Et puis des versions roots dancehall bien huilées au groove impeccable.
Le groove reggae… Le terme de groove, plutôt réservé à la funk ou à la soul, n’est pas très approprié. Si vous voulez vous la jouer connaisseur des musiques caribéennes, utilisez plutôt la formule “putain… ça joue!”. Cette façon de jouer, cette “tourne”, est à peine explicable en terme technique (une bonne basse et un bon charley pour faire court). Mais on la sait de qualité quand un balancement de tête vient nous rappeler que l’esprit est là et que les petits gars ont du faire leurs classes question écoute de classiques jamaïquains. Une vibration, un souffle. Qui imposent inéluctablement de monter encore le volume et le potentiomètre “bass” de l’ampli.
C’est cet esprit chez Wareika Hills qui les adoubent ici comme des “militants du pur reggae”, titre de noblesse pas facile à obtenir de la part d’un ancien routard du genre comme l’est, en toute modestie, votre serviteur ! Un bien beau premier album en vérité (le groupe avait déjà sorti un disque mais avec une équipe différente). Depuis quelques années qu’on attendait la relève côté reggae sur la région… voilà enfin un album qui nous donne à espérer pour le futur et qui me donnerai presque envie de me lancer dans la production, tiens… “On a du love à partager” nous dit Wareika Hills… et bien je vais vous dire : ça se sent!
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)
Fondé en 1966 en Jamaïque, The Viceroys ou the Voiceroys auraient pu avoir sans problème le succès des Heptones si leur producteur avait cru en eux et financé une tournée mondiale.
Contraints de vivre du métier de joailler pour subvenir à leurs besoins, les Viceroys ont connu un parcours musical tourmenté. Les membres du groupes ont changé, rechangé pour enfin arriver au trio présent : Wesley Tinglin (fondateur du groupe), Neville Ingram et Michael Gabbidon.
La collection Inna de Yard(label Makasound), propose de retrouver la sonorité originelle du reggae. Un retour aux racines imposé par la prise de son, faite depuis une cour intérieure à Kingston (Inna de Yard = dans la cour). Les enregistrements sont produits par le talentueux Earl China Smith (guitariste de Burning Spear, Max Roméo ou Pierpoljak et producteur de nombreux albums reggae). Se sont déjà prêtés à l’exercice, Kiddus I, Linval Thompson ou encore Junior Murvin.
La configuration Inna de Yard rend à la musique des Viceroys toute sa mélodie, son harmonie et son authenticité. Un album roots d’une sincérité étonnante où l’on redécouvre des tubes tels que “Ya Ho” ou “So many problems“. 40 ans après sa création, ce trio vocal a enfin la possibilité d’exprimer son talent au monde entier et il ne s’en prive pas.
Alors si comme moi vous oscillez péniblement entre le mal de cheveux post-nouvel an, la gastro d’après fêtes et le virus qui traine sur les bronches, prenez le temps de jeter une oreille sur cet album aux senteurs de la Jamaïque. Mieux qu’un Fervex, un réconfort ! Inna de Yard/ The Viceroys (Makasound, 2007)Mots-clés : reggae
par EmelineFermerAuteur : Emeline Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Enfant des années 80, elle s'est épanouie dans cet immense chaos musical et en reste cruellement nostalgique. Aujourd'hui encore secrètement amoureuse de Jon Bon Jovi, elle a pourtant élargi sa culture musicale et ne désespère pas d'écouter du Classique quand elle sera grande. Son leitmotiv : désacraliser l'image des bibliothèques et inviter Metallica pour la fête de la musique. En attendant elle boit trop de café et essaiera d'être à l'heure la prochaine fois c'est promis!Voir les articles de cet auteur (44)
Cette semaine place au reggae avec l’album “World Wide Reggae” de Faya Dub
On y est, le printemps est là, l’heure d’été aussi, on laisse le froid derrière soi et on ressort sa discographie estivale ! Ca tombe bien cette semaine je vous propose de faire le point sur mon coup de coeur du moment : l’album « World Wide Reggae » des Faya Dub.
Groupe de Dub-Jazz-Reggae Parisien composé de membres déjà bien actifs de la scène reggae parisienne à savoir Thierry Negro (basse), Laurent Pena-Vieira (batterie), Serjio Nobal (percussions), Eric Gaultier (flûte, saxo), Thomas Hening (trombone), Kenny Saint-Amand et Alex Legrand (guitare) et Christian Moore (piano). Ils reviennent après 6 ans d’absence avec un nouvel album instrumental de toute beauté.
Car Faya Dubest avant tout un groupe d’échange, de collaboration et de partage. Ils ont entre autre tournés avec des sommités du Reggae : Winston Mac Anuff, The Wailers, Culture ou encore Mad Professor. Il n’est donc pas étonnant de croiser au cours de l’écoute de cet album un bon vieux ska (Regg’N’Roll), mais aussi des couleurs plus jazzy (Loves), du Rhythm’N’Blues, sans se priver parfois d’une douce saveur orientale (Ishan) ou d’un violon serbe.
Un album instrumental tout en douceur, en groove, en mélange de sons, de cultures et de talents, de quoi sortir calmement de la torpeur hivernale. World wide reggae/ Faya Dub (No format, 2006)
par EmelineFermerAuteur : Emeline Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Enfant des années 80, elle s'est épanouie dans cet immense chaos musical et en reste cruellement nostalgique. Aujourd'hui encore secrètement amoureuse de Jon Bon Jovi, elle a pourtant élargi sa culture musicale et ne désespère pas d'écouter du Classique quand elle sera grande. Son leitmotiv : désacraliser l'image des bibliothèques et inviter Metallica pour la fête de la musique. En attendant elle boit trop de café et essaiera d'être à l'heure la prochaine fois c'est promis!Voir les articles de cet auteur (44)