9 avril 2008

Album de la semaine : WAREIKA HILLS & MIKROMAN, “Bonnes vibes”

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Voilà une page de l’histoire du reggae grenoblois qui s’écrit aujourd’hui avec la sortie d’un album, remarqué, d’un groupe et d’un chanteur : Wareika Hills & Mikroman.

J’avais entendu pour la première fois Mikroman comme invité d’un concert de Soul Of Kumbah (autre groupe de reggae local qui nous prépare un alléchant premier album) et j’avais tout de suite été séduit par sa voix. Une belle voix. Un grain qui donne envie d’en savoir plus et qu’on attendait depuis longtemps sur Grenoble, depuis la retraite (définitive ?) d’un certain Eldé à vrai dire.

Musicalement, l’album tient la route. De belles parties de guitare et de claviers, de la mélodie, des textes humanistes, une prise de son et un mixage assurés par Ivan de Sinsemilia, un coup de main de Bozo au sax alto (même provenance) et d’Arash à la flûte traversière (Emzel Café). Et puis des versions roots dancehall bien huilées au groove impeccable.
Le groove reggae… Le terme de groove, plutôt réservé à la funk ou à la soul, n’est pas très approprié. Si vous voulez vous la jouer connaisseur des musiques caribéennes, utilisez plutôt la formule “putain… ça joue!”. Cette façon de jouer, cette “tourne”, est à peine explicable en terme technique (une bonne basse et un bon charley pour faire court). Mais on la sait de qualité quand un balancement de tête vient nous rappeler que l’esprit est là et que les petits gars ont du faire leurs classes question écoute de classiques jamaïquains. Une vibration, un souffle. Qui imposent inéluctablement de monter encore le volume et le potentiomètre “bass” de l’ampli.

C’est cet esprit chez Wareika Hills qui les adoubent ici comme des “militants du pur reggae”, titre de noblesse pas facile à obtenir de la part d’un ancien routard du genre comme l’est, en toute modestie, votre serviteur ! Un bien beau premier album en vérité (le groupe avait déjà sorti un disque mais avec une équipe différente). Depuis quelques années qu’on attendait la relève côté reggae sur la région… voilà enfin un album qui nous donne à espérer pour le futur et qui me donnerai presque envie de me lancer dans la production, tiens…

“On a du love à partager” nous dit Wareika Hills… et bien je vais vous dire : ça se sent!

Bonnes vibes / WAREIKA HILLS & MIKROMAN (Autoproduction, 2007)Voir la notice

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3 janvier 2008

THE VICEROYS, “Inna de Yard”

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The Viceroys

Fondé en 1966 en Jamaïque, The Viceroys ou the Voiceroys auraient pu avoir sans problème le succès des Heptones si leur producteur avait cru en eux et financé une tournée mondiale.

Contraints de vivre du métier de joailler pour subvenir à leurs besoins, les Viceroys ont connu un parcours musical tourmenté. Les membres du groupes ont changé, rechangé pour enfin arriver au trio présent : Wesley Tinglin (fondateur du groupe), Neville Ingram et Michael Gabbidon.

La collection Inna de Yard (label Makasound), propose de retrouver la sonorité originelle du reggae. Un retour aux racines imposé par la prise de son, faite depuis une cour intérieure à Kingston (Inna de Yard = dans la cour). Les enregistrements sont produits par le talentueux Earl China Smith (guitariste de Burning Spear, Max Roméo ou Pierpoljak et producteur de nombreux albums reggae). Se sont déjà prêtés à l’exercice, Kiddus I, Linval Thompson ou encore Junior Murvin.

La configuration Inna de Yard rend à la musique des Viceroys toute sa mélodie, son harmonie et son authenticité. Un album roots d’une sincérité étonnante où l’on redécouvre des tubes tels que “Ya Ho” ou “So many problems“. 40 ans après sa création, ce trio vocal a enfin la possibilité d’exprimer son talent au monde entier et il ne s’en prive pas.


Alors si comme moi vous oscillez péniblement entre le mal de cheveux post-nouvel an, la gastro d’après fêtes et le virus qui traine sur les bronches, prenez le temps de jeter une oreille sur cet album aux senteurs de la Jamaïque. Mieux qu’un Fervex, un réconfort !
Inna de Yard / The Viceroys (Makasound, 2007)Voir la notice

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28 novembre 2007

1 weekend, 2 concerts = SYLFORD WALKER + AZALAI

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Sound System Sylford Walker + Asher Selecta au Bar MC2
[Vendredi 30 nov. de minuit à 4h30 rue Paul Claudel Grenoble / PAF : 6€]

Sylford Walker + Asher SelectaSylford Walker fait partie de ces légendes oubliées, de ces personnages qui ont façonné le son légendaire de la Jamaïque mais qui n’ont jamais connu une reconnaissance internationale à la mesure de leur talent.
Son œuvre majeure est Lamb’s bread international parue en 2000 sur l’excellent label londonien Blood And Fire. Il regroupe des titres enregistrés avec son compère Welton Irie à la fin des années 70 par Glen Brown et mixé par King Tubby himself. Cet album est tout simplement un chef d’œuvre. La puissance hypnotique et spirituelle du reggae s’y dévoile, portée par les versions instrumentales d’orfèvre du killer-duo Brown / Tubby et restituant parfaitement l’énergie et la vitalité du Kingston des 70′.
Le parcours de Sylford Walker est étonnant. Protégé de Glen Brown pour qui il enregistre régulièrement, Walker part pour New-York au début des années 1980. Puis c’est le label anglais Greensleeves qui lui offre sa chance en rééditant certaines de ses chansons. Mais l’opération est un échec financier et la tournée anglaise qui devait suivre est annulée. Ecœuré par le business de la musique qui ne lui laisse pas sa place, Sylford disparaît de la circulation. On ne retrouve sa trace qu’il y a peu, vendeur de jus de fruits sur son île natale…

Vendredi soir, c’est grâce à Asher Selecta, éminent DJ suisse, que vous pourrez retrouver Sylford Walker en sound system. Alors si le son du Summum vous démoralise et que vous voulez retrouver un peu de chaleur et de proximité, si vous êtes curieux d’entendre du vrai bon son “live and direct” et de voir une légende en chair et en os, courez au bar de la MC2 vendredi soir…

Lamb’s bread international / Sylford Walker Voir la notice

Azalai (Musiques d’Egypte, Mali, Maroc, Niger,Tunisie)
[Samedi 1er décembre à 19h30 / MC2]

Mamar KasseyUne rencontre musicale transsaharienne dans le cadre du Festival des Musiques Nomades. Ce projet musical créer au Niger en janvier 2007 réunit différents artistes issus de pays sahélo-sahariens : Mamar Kassey, groupe vocal et instrumental du Niger, Ballake Sissoko, kora (Mali), Driss El Maloumi, chant et oud (Maroc), Adel Shams El Din, darbouka, riq (Egypte), Smadj, oud - électronique (France / Tunisie).

Azalaï réunit en un spectacle, les musiques transsahariennes, à l’image des caravanes sillonant le désert depuis l’Afrique du Nord jusqu’à l’Afrique Noire.

Ce voyage part des traditions musicales des origines de chaque artiste en ouvrant la porte aux musiques électroniques en réponse aux instruments acoustiques. Une création 38e Rugissants à ne pas rater.

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27 mars 2007

FAYA DUB, “World Wide Reggae”

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Cette semaine place au reggae avec l’album “World Wide Reggae” de Faya Dub

fayadub.jpgOn y est, le printemps est là, l’heure d’été aussi, on laisse le froid derrière soi et on ressort sa discographie estivale ! Ca tombe bien cette semaine je vous propose de faire le point sur mon coup de coeur du moment : l’album « World Wide Reggae » des Faya Dub.

Groupe de Dub-Jazz-Reggae Parisien composé de membres déjà bien actifs de la scène reggae parisienne à savoir Thierry Negro (basse), Laurent Pena-Vieira (batterie), Serjio Nobal (percussions), Eric Gaultier (flûte, saxo), Thomas Hening (trombone), Kenny Saint-Amand et Alex Legrand (guitare) et Christian Moore (piano). Ils reviennent après 6 ans d’absence avec un nouvel album instrumental de toute beauté.

Car Faya Dub est avant tout un groupe d’échange, de collaboration et de partage. Ils ont entre autre tournés avec des sommités du Reggae : Winston Mac Anuff, The Wailers, Culture ou encore Mad Professor. Il n’est donc pas étonnant de croiser au cours de l’écoute de cet album un bon vieux ska (Regg’N’Roll), mais aussi des couleurs plus jazzy (Loves), du Rhythm’N’Blues, sans se priver parfois d’une douce saveur orientale (Ishan) ou d’un violon serbe.

Un album instrumental tout en douceur, en groove, en mélange de sons, de cultures et de talents, de quoi sortir calmement de la torpeur hivernale.
World wide reggae / Faya Dub (No format, 2006)Voir la notice

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