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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


Le TOP 2011 de BMOL

A découvrir | 16 janvier 2012

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La joyeuse équipe de Bmol vous souhaite une bonne année 2012 : bonne musique, santé, joies et chocolat !
Et pour démarrer en fanfare, piochez donc dans le top 5 - 2011 de toute l’équipe des acquéreurs de musique pour vous réconforter !

Consultez le ici : Top5 2011

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par Bmol


VOCODEUR, TALK-BOX ET AUTO-TUNE SONT DANS UN BATEAU

A découvrir | 28 novembre 2011

Au XXe siècle, la musique a utilisé la technologie pour expérimenter ou pour tester des sonorités nouvelles. Outre les telharmonium, theremin, melotron et autres ancêtres du synthétiseur, la voix a également été un champ d’investigation pour les compositeurs contemporains. Voilà une belle occasion de vous conter aujourd’hui la sainte trinité des amateurs de musique électronique et de voix : vocodeur, talk-box et auto-tune.

Le vocodeur tout d’abord. Contraction de voice coder (codeur de voix), il s’agit d’un procédé technologique permettant de fabriquer un son synthétique à partir du spectre de la voix, et qui donne sur les morceaux l’utilisant cette voix de robot caractéristique. Inventé par un scientifique américain, Homer Dudley, sa première application concerna le téléphone et permit à Roosevelt et Churchill de communiquer par-delà l’océan pendant la seconde guerre mondiale. Il faudra attendre 30 ans pour en voir les applications dans la musique, notamment chez Kraftwerk, Giorgio Moroder et Afrika Bambaataa. Mais aussi Herbie Hancock, Frank Zappa, Pink Floyd et même Scorpions et Neil Young.
Pour le plaisir Planet Rock d’Afrika Bambaataa



et Robots de Kraftwerk
Confusion est souvent faite avec la talk-box (”boite parlante”). Le point commun étant la voix de robot mais le procédé diffère sensiblement puisque il s’agit là de faire “parler un son” en chantant dans un tuyau relié à un synthétiseur. La voix se trouve ainsi transformée par un son synthétique. Le précurseur en fut Stevie Wonder qui l’utilisa sur quelques titres mais on peut également citer parmi ses utilisateurs Jeff Beck, Bon Jovi, Peter Frampton, Metallica et Guns And Roses.
Mais rendons à César ce qui lui appartient, ce fût Zapp et ses frères Troutman qui popularisèrent cet instrument de la plus belle manière. Voyez ici (démonstration à 2′20) et notez au passage les tenues de scène qui mettent tout de suite dans l’ambiance.

Côté Auto-tune enfin, on doit cette invention à Andy Hilldebrand, un ingénieur en pétrochimie, qui releva un défi lancé lors d’un diner : inventer une machine qui fasse chanter juste! Il recycla une de ses inventions permettant par un procédé d’ondes acoustiques de sonder les zones potentiellement pétrolifères et le tour était joué. Chanter juste en temps réel, magnifique la technologie! Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Comme pour un tas d’autres inventions en musique, le procédé fut détourné. Des ingénieurs du son s’aperçurent qu’en poussant les réglages à l’extrême, le traitement prenait un caractère artificiel, donnant à la voix un attractif et original aspect métallique et aigüe. Et la vague auto-tune déferla sur les musiques urbaines. Raï d’abord, puis rap (T.pain, Snoop Dogg, Mister You, 113…), r’n'b (presque tous…), et même reggae (Gappy Ranks) et pop/dance (Cher la première, Black Eyed Peas…).L’auto-tune cela ne vous dit vraiment rien? Impossible car plus de la moitié des morceaux qui sortent en ce moment dans le r’n'b, le raï, le rap à refrain chanté et la dance en comportent. Ecoutez plutôt (tendez l’oreille sur le refrain).


Vous ne voyez toujours pas? J’en rajoute une belle couche! Le titres est pas super mais c’est pour bien vous faire comprendre.
 Et voilà

! Vous aurez maintenant tout compris de ces appareils aux noms barbares et pourrez désormais épater vos amis sur les mérites comparés de la voix dans le r’n'b contemporain.
Et que je n’entende pas dire qu’on vous laisse ignorants sur Bmol !

Ou trouver ces documents ? Afrika Bambaataa “Looking for the perfect beat : 1980-1985″
Kraftwerk “The tan machine”
Stevie Wonder “Talking book”
Zapp & Roger “All the greatest hits ”
Mister You “Dans ma grotte”
Gappy Ranks “Put the stereo on”

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par Jérôme


Pourquoi vous trouverez SETH GUEKO à la bibliothèque Kateb Yacine…

A découvrir | 8 juin 2011

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Lors d’une récente chronique, Joël expliquait pourquoi “Michto“, le dernier album de Seth Gueko, ne serait pas acheté à la bibliothèque Centre-ville et nous enjoignait de trouver un seul argument pour lui faire changer d’avis. Immédiatement mon sang n’a fait qu’un tour, cet album se trouvant déjà dans les bacs de la bibliothèque Kateb Yacine!

Il faut dire que “La chevalière“, précédent album de Seth Gueko qui figurait dans la collection de la bibliothèque Kateb Yacine depuis sa sortie en 2009, avait très rapidement disparu de nos collections, la pochette retrouvée vide dans les bacs après qu’une bande d’ados soit passée nous rendre visite, assez bruyamment pour se faire remarquer, et assez bruyamment aussi pour déclencher notre système antivol dès leur sortie.
Un disque volé, à l’heure du téléchargement (légal ou pas), du streaming, des fichiers échangeables en quelques clics et des cartes gratuites pour les moins de 18 ans, ça interroge un peu les professionnels que nous sommes…

Si le phénomène de vol de CD et DVD a très largement diminué dans nos équipement depuis quelques années, ce n’est pas seulement en raison de nos systèmes antivols perfectionnés mais bien parce que musique et cinéma se trouvent à foison sur Internet. Et aussi bien entendu parce que nos bibliothèques peinent depuis toujours à toucher un public ado (un peu plus dérobeur que la moyenne) pour des raisons qui seraient à développer dans un futur article. Voler un disque en bibliothèque alors que l’on peut le trouver quasi gratuitement partout ailleurs, c’est bien la preuve que ce document présente un intérêt pour un public prêt à risquer les vigiles de Grand’Place pour du rap, aussi mauvais soit-il….

Je ne veux pas entrer dans l’explication du pourquoi du succès populaire de Seth Gueko ou de certains albums de rap aux penchants violents, homophobes, anti-police ou misogynes. Je vous passe également le couplet selon lequel le jeune a besoin de trouver du Seth Gueko en bibliothèque pour espérer un jour le voir emprunter La Rumeur, Dominique A. ou Ferré.
Je souhaite simplement placer la discussion sur le thème des publics de nos médiathèques. Ne pas acheter un CD qui plait à une partie du public que nous touchons peu, c’est nier ce public comme public mais aussi comme personnes, se couper de la réalité, et au passage se tirer une balle dans le pied… (dans les couilles, ou les yeuks dirait Seth Gueko!). Sous prétexte de qualité artistique pas au rendez-vous, de vulgarité ou de moralité douteuse, on ne peut faire l’impasse sur ce que plébiscite une partie de la population que nous desservons. Notre rôle est de choisir, de conseiller, de prescrire mais c’est aussi de proposer à l’emprunt ce que les publics, TOUS les publics, souhaitent (pensent?) trouver dans une médiathèque.

J’assume donc. J’achète, et j’achèterai, du Seth Gueko, du Orelsan (tiens il est où?…), du Sexion d’Assaut et tout ce qui peut satisfaire le jeune d’aujourd’hui que je continue à aller “chercher” chaque jour en achetant ce qu’il aime.
Nos collections sont avant tout faites pour nos publics… Oui. Bien avant nos goûts personnels ou nos jugements de valeur…
Tiens ça me fait penser à une anecdote savoureuse que m’avait glissée un vendeur de la Fnac, étonné des choix pointus et éclectiques des bibliothécaires, comparé à une époque plus lointaine où les vendeurs connaissaient à l’avance une partie de ce que tous les bibliothécaires glisseraient dans leurs paniers de commande: le contenu du dernier numéro de Télérama!
Je préfère 100 fois une bibliothèque border line proche de nos publics à une bibliothèque Télérama élitiste!!! Notre rêve commun ne doit-il pas être de proposer (inventer?) un modèle de bibliothèque Borderama ….?

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par Jérôme


ORELSAN, “Perdu d’avance”

Album de la semaine | 30 novembre 2009

 

Si depuis quelques jours le devoir de réserve des artistes fait les beaux jours des gazettes (voir ici l’affaire Marie N’Diaye) qui aurait cru il y a encore quelques années qu’on en arriverait à un tel point de cynisme ? Ou qu’une collectivité locale oserait prendre le risque d’interdire un disque ?

La polémique démarra en France lorsque, suite au morceau Sale pute qui fit un gros buzz, des concerts d’Orelsan furent annulés et que l’élu à la Culture de la ville de Paris demanda que son album soit retiré des collections des bibliothèques de la ville. Enorme bêtise bien entendu car on n’a guère fait mieux pour attirer l’attention médiatique et donner envie d’écouter celui qui reprend le flambeau des chanteurs censurés, à l’instar d’un Georges Brassens des années Debré ou Pompidou.

Premières impressions : l’Orelsan n’y va pas avec le dos de la cuillère avec la gent féminine. Ok le petit gars n’est pas très fair-play question demoiselles. Dont acte. Mais surtout qu’est ce qu’il a l’air malheureux et déprimé le bonhomme. Et c’est peut-être ça la clé de cet album, ce qu’il faut finalement en retirer : Orelsan nous en apprend drôlement plus sur l’état de l’adolescent et du jeune qu’un mauvais article de vulgarisation psychologique.

Explication de textes : le jeune n’a plus beaucoup de repères (Perdu d’avance), le jeune est parfois déprimé (Etoiles invisibles), mysogine et souffre de misère affective, il est même quelquefois mythomane (Jimmy), le jeune a envie qu’on s’intéresse à lui. Bref, le jeune est comme tout le monde, en devenir, et a besoin de faire sa place (Courez courez ) quitte à choquer en laissant ses pulsions s’exprimer. Et surtout le jeune a peur. Comme expliqué dans cette magnifique chanson, la perle de l’album, Peur de l’échec. Ce gamin est angoissé, il n’a pas de perspectives. Mais après tout, est-ce que ses textes ne font pas que refléter le cynisme dans lequel il a toujours baigné, ce dont on l’a abreuvé depuis sa plus tendre enfance: “c’est la crise alors je te préviens tu vas être dans la merde. Et estime toi  heureux de ne pas être une femme ce serait pire”. Bercé par le machisme millénaire. Biberonné aux Rolex à 50 piges et aux subprimes des magnats du Cac 40. Gavé par l’imagerie moderne de héros hétéroclites où se côtoient l’Abbé Pierre et Bernard Tapie. Un jeune dans l’air du temps quoi.

Je vais vous dire, je l’ai beaucoup aimé cet album. Pour sa détresse, sa sincérité et sa naïveté adolescentes touchantes. Pour son coup de pied dans la fourmilière des bien-pensants bobos, pour son côté punk et abîmé. Si dans les années 80 on voulait comprendre la misère intellectuelle de nos parents il fallait écouter Michel Sardou. En 2009 si on veut comprendre la perte de repères de la jeunesse on tend l’oreille sur Orelsan. Bullshit!!

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par Jérôme


A SONG FOR OBAMA

A découvrir | 26 janvier 2009

Depuis quelques mois une sorte de frénésie gagne les Etats-Unis. L’élection présidentielle américaine est un tel enjeu que les artistes n’hésitent pas à se mouiller, eux et leurs chemises, pour soutenir un candidat. Ils sont trop forts ces Américains. Pour fêter leur nouveau président, étaient présents sur scène Aretha Franklin, Bruce Springsteen, Beyonce, Stevie Wonder et j’en passe.

Je vois déjà les jaloux protester en arguant que nous aussi en France nous avons des talents prêts à s’investir pour les grandes causes. C’est vrai qu’on a aussi eu droit à nos stars pour fêter la victoire en mai 2007 à la Concorde : Mireille Mathieu, Faudel, Enrico Macias, Gilbert Montagné… comment on les a enterré les ricains sur ce coup là !

Rarement un candidat à l’investiture suprême américaine aura recueilli autant de soutien de la part de personnalités du monde de la musique.

Voici donc une petite sélection, non exhaustive, des chansons encourageant Barack Obama :

La plus joyeuse (et ma préférée) : Coco Tea “Barack Obama”


La plus émouvante : Will I Am “Yes we can”


La plus kenyane : Samba Mapangala “Obama ubarikiwe”


La plus hardcore : Mavado “We need Barack”


La plus urbaine : J.Kwest “I am (Obama)”

Bon c’est promis, à la prochaine présidentielle les Français vont relever le défi !

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par Jérôme


Vibrationsmusic, un site à découvrir

A découvrir | 23 septembre 2008

http://vibrationsmusic.com/

Coup de projecteur sur ce site internet musical de qualité, complément essentiel de la revue papier que nous vous invitons à venir consulter dans les bibliothèques de Grenoble.vibrationsmusic1.jpg

Vibrations, revue Suisse fondée à Lausanne en 1991, met l’accent sur les musiques métissées : jazz, soul, rap, reggae, blues, musiques du monde, un regard large sur la musique en général. Une revue qui contient aussi parfois des compilations pour découvrir de nouveaux talents.
Pour ne pas en rester là, il existe désormais Vibrations sur le Net, un site pour s’offrir le luxe du multimédia : des clips, des extraits sonores, de nombreux articles, des approfondissements, et surtout des titres à télécharger.
Un complément indispensable à la revue, mis à jour très régulièrement, il contient des news “à chaud” que la formule papier ne peut pas fournir, des playlist d’artistes, des portraits, des interviews, des comptes rendus de concerts et critiques de films.

Un site dynamique au contenus indéniablement passionnant. Vous avez 5 minutes? tentez l’immersion vous serez vite “accro”.

http://vibrationsmusic.com/

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par Emeline


LA RUMEUR, “Du coeur à l’outrage”

Album de la semaine | 26 février 2008

La Rumeur - Du coeur à l'outrage

Le groupe, originaire de banlieue parisienne, est composé de 4 rappeurs et de 2 DJ. Et pas n’importe qui puisque certains ont fait partie de groupes pionniers, comme Assassin, qui dès 1985 ont ouvert la voie à une nouvelle génération de rappeurs. L’album Du cœur à l’outrage clôt magistralement le triptyque commencé avec L’ombre sur la mesure (2002) et Regain de tension (2004). Il est l’une des grandes sorties de 2007.

Nul doute que ceux que le lien entre musique et politique intéresse auront entendu parler du procès intenté en juillet 2002 par le Ministère de l’Intérieur contre le groupe La Rumeur pour “diffamation publique envers la police nationale”. Rappelons l’objet du délit, phrase d’Hamé, un des rappeurs du groupe, extraite d’un fanzine distribué avec leur premier album L’ombre sur la mesure : “les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”….
Effectivement… tendancieux quand on connaît l’attention qui est portée à toute parole publique sur des sujets aussi sensibles. Histoire de vous laisser juge d’une autre forme de dangerosité des textes, je vous laisse en découvrir deux, soigneusement choisis par mes soins :
“La bise soufflera dans les arbres en fleurs, les anges sauteront en folie, comme pour attraper des cœurs, suspendus à l’échelle de l’infini” (Céline DionSi j’étais quelqu’un” dans l’album D’elles, 2007), “la météo, soleil tout là-haut, sauf pour ceux qui brûlent de froid en enfer, tourbillon désinformation, c’est partout l’hiver” (Lara FabianJ’ai zappé” dans l’album Pure, 1997). A méditer…

C’est sûr La Rumeur prend des risques. La façon dont ils libèrent la parole, sans autocensure, avec des textes toujours acerbes, parfois “limite”, leur a attiré de solides inimitiés, comme d’autres en leur temps (tiens cela ferait l’objet d’un savoureux Via Musique ça !). Ce qui les singularise d’autres groupes de rap français semble évident : la qualité de leur écriture.
Véritable concentré de littérature urbaine, l’album hypnotise par son univers sombre et désenchanté porté par des versions instrumentales apocalyptiques. A son écoute, c’est une véritable gifle face à des textes sublimes de lucidité et de colère de la part d’un groupe qui qualifie sa musique de “rap de fils d’immigrés et non pas de rap français”. L’actualité politique et sociale vue de la banlieue … terrible mais instructif. La Rumeur c’est incontestablement les plus belles plumes du rap français. Un talent d’écriture qu’il faut absolument découvrir.

“J’ai pas attendu que la République se taille les veines
Devant l’horreur de nos curriculum
Car entre barbares et racailles comme terminologie du parfait sous-homme
Appauvri ok mais comme de l’uranium”

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par Jérôme


Hocus Pocus & Procussions : “Hip-hop ?”

A découvrir | 23 octobre 2007

Hocus Pocus - 73 touchesEn prolongement de la soirée du 13 octobre où Hocus Pocus était en concert à Fontaine dans le cadre du festival Rocktambule, voici une petite leçon des rappeurs nantais… on attend vos commentaires !

Loin des clichés du gangsta-rap et des méchants tatoués en voitures de sport allemandes, ce groupe manie l’ironie et les textes percutants avec le sample d’inspiration soul-funk voire jazzy. Hocus Pocus se singularise enfin par l’utilisation des techniques propres au rap (samples, mix, scratches) mais aussi d’instruments traditionnels (de vraies guitares, une basse, un Fender rhodes, etc).

Voici donc un petit bijou de video très graphique et qui met en valeur les textes et le flow de 20Syl, un des deux mc’s du groupe (l’autre c’est Cambia). De quoi avoir envie d’en découvrir plus sur l’un des meilleurs espoirs de la scène hip-hop hexagonale… Ca tombe bien, leur nouvel album (”Place 54″) est sorti le 8 octobre et en attendant, vous pouvez déjà emprunter celui-ci :

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par Brigitte


“Un été 2006″ [Anthologie]

Album de la semaine | 2 octobre 2007

ete2006.jpgCeux qui pensent que “Je me barre” de Keny Arkana est l’une des 10 plus belles chansons de l’année dernière vont aimer “Un été 2006“. Album réalisé avec les détenus de la Maison d’Arrêt de Varces, il nous parle de liberté, de demain et d’hier.
“Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération” disait André Malraux. Comment vraiment goûter à cette liberté autrement qu’après en avoir été privé? Comment se libérer des chaînes qui peuvent nous entraver, même libre? Vaste question.

Ecoutez les textes de cet enregistrement et vous ressentirez le bonheur d’être dehors, de pouvoir serrer ses enfants dans ses bras, de pouvoir rester allongé dans l’herbe une après-midi entière à regarder le temps passer, de pouvoir choisir qu’aujourd’hui, allez je vais faire les courses à Leclerc plutôt qu’à Carrefour
Pouvoir : un mot comme un mirage quand on est enfermé et que l’on n’a guère que le choix de suivre le mouvement imposé.

Alors bien sur, le son est un peu cheap, certains textes naïfs ou premier degré. Mais l’essence de ce qui fait une œuvre est là : quelque chose à dire tout simplement. Avec sensibilité. Quelque chose à faire partager, à donner. Quelque chose qui restera dans un coin de cerveau et qui fera apprécier un jour ou l’autre de voir son gamin attraper les têtards de la mare boueuse où il fallait pas mettre les pieds.

Un été 2006 [Anthologie] (Autoproduction, 2006)cd5.jpg

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par Jérôme


KENY ARKANA, “Entre ciment et belle étoile”

Album de la semaine | 2 mai 2007

keny.jpgSi la campagne présidentielle devait avoir une bande son, je verrais bien Keny Arkana en chef d’orchestre. Le titre de l’album d’abord “Entre ciment et belle étoile”. Comme un choix entre deux projets, deux visions des choses qui barreraient l’horizon : le ciel et le bitume chauffé à blanc. Comme un déterminisme qui collerait plus à la peau qu’un décolleté de Beyoncé.
Des titre de morceaux ensuite : “Nettoyage au karcher”, “Du local au global”, “Jeunesse du monde”, “Sans terre d’asile”, “Eh connard” qui sonnent terriblement actuel… et forcément politique.

Attention aux clichés. Keny Arkana n’est pas qu’une écorchée vive. Elle développe un rap hardcore plein d’amour nourri d’allusions au Tout Puissant, des paroles conscientes qui appellent au militantisme et qui prouvent une curiosité et un intérêt certain pour la chose publique… pas si courant en ces temps de “bling bling” dans le rap français.

Keny Arkana transmet sa rage, son espoir en l’âme humaine et son goût de la lutte… je vous avais dit qu’on était dans le politique.
Entre ciment et belle étoile / Keny Arkana (Because, 2006)cd5.jpg

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par Jérôme


TTC, “36 15 TTC”

Album de la semaine | 10 avril 2007

TTC est un peu le Minitel du rap français : look à la fois avant-gardiste et désuet, contenu simple voire criard, on ne sait pas très bien de quoi il retourne, mais on sent qu’il se cache quelque chose d’important sous ces dehors volontiers étranges.

Pour continuer avec les comparaisons, TTC est au rap ce que Katerine est à la chanson. Il y a ceux qui trouvent ça ridicule, ceux qui se demandent si c’est du deuxième degré, et ceux qui connaissent les textes par cœur, déclarant invariablement aux deux catégories précédentes, sur un ton un brin hautain : “Vous n’avez rien compris”.
A vrai dire, jusqu’ici, je faisais partie de la deuxième catégorie de personnes. Et puis, amusé par la rigolote bizarrerie de leur dernier clip “Téléphone”, je décide d’écouter le disque en entier. Et là, contre toute attente, sans même comprendre pourquoi (surtout pas !), je trouve ça bien. Ces textes foutraques ânonnés façon récitation de CE2, ces beats grossiers, ces mélodies primaires, rien à faire, tout ça me plait.

Ne me demandez pas de vous expliquer le mystère TTC, je n’en sais rien. Essayez-vous même, c’est le seul conseil que je puisse vous donner.

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par Fabien

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