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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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MUNICIPAL WASTE "Massive aggressive"
Grenoble est sous la neige et vous avez froid : oubliez le vin chaud et écoutez plutôt du trash! Municipal Waste (déchets municipaux) est un excellent groupe composé de 4 gaillards plein d'humour, venus de Richmond (Virginie). Formés en 2001 ils ont pour particularité de présenter un trash très old-school, mais d'une puissance et d'une intensité assez incroyable. Connus également pour leurs concerts à l'ambiance festive, vous y verrez surement démarrer un circle pit. Eh oui, les concerts de trash sont de vrais moments de convivialité où l'on danse en cercle en se sautant dessus ... sans renverser sa bière (le circle pit)! Allez c'est bon, le trash ça existe depuis plus de 20 ans, arrêtez de vous dire que ce n'est pas pour vous ! Emeline

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ORELSAN, “Perdu d’avance”

Album de la semaine | 30 novembre 2009

 

Si depuis quelques jours le devoir de réserve des artistes fait les beaux jours des gazettes (voir ici l’affaire Marie N’Diaye) qui aurait cru il y a encore quelques années qu’on en arriverait à un tel point de cynisme ? Ou qu’une collectivité locale oserait prendre le risque d’interdire un disque ?

La polémique démarra en France lorsque, suite au morceau Sale pute qui fit un gros buzz, des concerts d’Orelsan furent annulés et que l’élu à la Culture de la ville de Paris demanda que son album soit retiré des collections des bibliothèques de la ville. Enorme bêtise bien entendu car on n’a guère fait mieux pour attirer l’attention médiatique et donner envie d’écouter celui qui reprend le flambeau des chanteurs censurés, à l’instar d’un Georges Brassens des années Debré ou Pompidou.

Premières impressions : l’Orelsan n’y va pas avec le dos de la cuillère avec la gent féminine. Ok le petit gars n’est pas très fair-play question demoiselles. Dont acte. Mais surtout qu’est ce qu’il a l’air malheureux et déprimé le bonhomme. Et c’est peut-être ça la clé de cet album, ce qu’il faut finalement en retirer : Orelsan nous en apprend drôlement plus sur l’état de l’adolescent et du jeune qu’un mauvais article de vulgarisation psychologique.

Explication de textes : le jeune n’a plus beaucoup de repères (Perdu d’avance), le jeune est parfois déprimé (Etoiles invisibles), mysogine et souffre de misère affective, il est même quelquefois mythomane (Jimmy), le jeune a envie qu’on s’intéresse à lui. Bref, le jeune est comme tout le monde, en devenir, et a besoin de faire sa place (Courez courez ) quitte à choquer en laissant ses pulsions s’exprimer. Et surtout le jeune a peur. Comme expliqué dans cette magnifique chanson, la perle de l’album, Peur de l’échec. Ce gamin est angoissé, il n’a pas de perspectives. Mais après tout, est-ce que ses textes ne font pas que refléter le cynisme dans lequel il a toujours baigné, ce dont on l’a abreuvé depuis sa plus tendre enfance: “c’est la crise alors je te préviens tu vas être dans la merde. Et estime toi  heureux de ne pas être une femme ce serait pire”. Bercé par le machisme millénaire. Biberonné aux Rolex à 50 piges et aux subprimes des magnats du Cac 40. Gavé par l’imagerie moderne de héros hétéroclites où se côtoient l’Abbé Pierre et Bernard Tapie. Un jeune dans l’air du temps quoi.

Je vais vous dire, je l’ai beaucoup aimé cet album. Pour sa détresse, sa sincérité et sa naïveté adolescentes touchantes. Pour son coup de pied dans la fourmilière des bien-pensants bobos, pour son côté punk et abîmé. Si dans les années 80 on voulait comprendre la misère intellectuelle de nos parents il fallait écouter Michel Sardou. En 2009 si on veut comprendre la perte de repères de la jeunesse on tend l’oreille sur Orelsan. Bullshit!!

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par Jérôme


Vibrationsmusic, un site à découvrir

A découvrir | 23 septembre 2008

http://vibrationsmusic.com/

Coup de projecteur sur ce site internet musical de qualité, complément essentiel de la revue papier que nous vous invitons à venir consulter dans les bibliothèques de Grenoble.vibrationsmusic1.jpg

Vibrations, revue Suisse fondée à Lausanne en 1991, met l’accent sur les musiques métissées : jazz, soul, rap, reggae, blues, musiques du monde, un regard large sur la musique en général. Une revue qui contient aussi parfois des compilations pour découvrir de nouveaux talents.
Pour ne pas en rester là, il existe désormais Vibrations sur le Net, un site pour s’offrir le luxe du multimédia : des clips, des extraits sonores, de nombreux articles, des approfondissements, et surtout des titres à télécharger.
Un complément indispensable à la revue, mis à jour très régulièrement, il contient des news “à chaud” que la formule papier ne peut pas fournir, des playlist d’artistes, des portraits, des interviews, des comptes rendus de concerts et critiques de films.

Un site dynamique au contenus indéniablement passionnant. Vous avez 5 minutes? tentez l’immersion vous serez vite “accro”.

http://vibrationsmusic.com/

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par Emeline


Album de la semaine : LA RUMEUR, “Du coeur à l’outrage”

Album de la semaine | 26 février 2008

Le groupe, originaire de banlieue parisienne, est composé de 4 rappeurs et de 2 DJ. Et pas n’importe qui puisque certains ont fait partie de groupes pionniers, comme Assassin, qui dès 1985 ont ouvert la voie à une nouvelle génération de rappeurs. L’album Du cœur à l’outrage clôt magistralement le triptyque commencé avec L’ombre sur la mesure (2002) et Regain de tension (2004). Il est l’une des grandes sorties de 2007.

La Rumeur - Du coeur à l'outrageNul doute que ceux que le lien entre musique et politique intéresse auront entendu parler du procès intenté en juillet 2002 par le Ministère de l’Intérieur contre le groupe La Rumeur pour “diffamation publique envers la police nationale”. Rappelons l’objet du délit, phrase d’Hamé, un des rappeurs du groupe, extraite d’un fanzine distribué avec leur premier album L’ombre sur la mesure : “les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”….
Effectivement… tendancieux quand on connaît l’attention qui est portée à toute parole publique sur des sujets aussi sensibles. Histoire de vous laisser juge d’une autre forme de dangerosité des textes, je vous laisse en découvrir deux, soigneusement choisis par mes soins :
“La bise soufflera dans les arbres en fleurs, les anges sauteront en folie, comme pour attraper des cœurs, suspendus à l’échelle de l’infini” (Céline DionSi j’étais quelqu’un” dans l’album D’elles, 2007), “la météo, soleil tout là-haut, sauf pour ceux qui brûlent de froid en enfer, tourbillon désinformation, c’est partout l’hiver” (Lara FabianJ’ai zappé” dans l’album Pure, 1997). A méditer…

C’est sûr La Rumeur prend des risques. La façon dont ils libèrent la parole, sans autocensure, avec des textes toujours acerbes, parfois “limite”, leur a attiré de solides inimitiés, comme d’autres en leur temps (tiens cela ferait l’objet d’un savoureux Via Musique ça !). Ce qui les singularise d’autres groupes de rap français semble évident : la qualité de leur écriture.
Véritable concentré de littérature urbaine, l’album hypnotise par son univers sombre et désenchanté porté par des versions instrumentales apocalyptiques. A son écoute, c’est une véritable gifle face à des textes sublimes de lucidité et de colère de la part d’un groupe qui qualifie sa musique de “rap de fils d’immigrés et non pas de rap français”. L’actualité politique et sociale vue de la banlieue … terrible mais instructif. La Rumeur c’est incontestablement les plus belles plumes du rap français. Un talent d’écriture qu’il faut absolument découvrir.


“J’ai pas attendu que la République se taille les veines
Devant l’horreur de nos curriculum
Car entre barbares et racailles comme terminologie du parfait sous-homme
Appauvri ok mais comme de l’uranium”
Du cœur à l’outrage / La Rumeur (La Rumeur Records, 2007)Voir la notice

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par Laurent


Hocus Pocus & Procussions : “Hip-hop ?”

A découvrir | 23 octobre 2007

Hocus Pocus - 73 touchesEn prolongement de la soirée du 13 octobre où Hocus Pocus était en concert à Fontaine dans le cadre du festival Rocktambule, voici une petite leçon des rappeurs nantais… on attend vos commentaires !

Loin des clichés du gangsta-rap et des méchants tatoués en voitures de sport allemandes, ce groupe manie l’ironie et les textes percutants avec le sample d’inspiration soul-funk voire jazzy. Hocus Pocus se singularise enfin par l’utilisation des techniques propres au rap (samples, mix, scratches) mais aussi d’instruments traditionnels (de vraies guitares, une basse, un Fender rhodes, etc).

Voici donc un petit bijou de video très graphique et qui met en valeur les textes et le flow de 20Syl, un des deux mc’s du groupe (l’autre c’est Cambia). De quoi avoir envie d’en découvrir plus sur l’un des meilleurs espoirs de la scène hip-hop hexagonale… Ca tombe bien, leur nouvel album (”Place 54″) est sorti le 8 octobre et en attendant, vous pouvez déjà emprunter celui-ci :

73 touches / Hocus Pocus (Musicast, 2005)Voir la notice

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par Brigitte


“Un été 2006″ [Anthologie]

Album de la semaine | 2 octobre 2007

ete2006.jpgCeux qui pensent que “Je me barre” de Keny Arkana est l’une des 10 plus belles chansons de l’année dernière vont aimer “Un été 2006“. Album réalisé avec les détenus de la Maison d’Arrêt de Varces, il nous parle de liberté, de demain et d’hier.
“Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération” disait André Malraux. Comment vraiment goûter à cette liberté autrement qu’après en avoir été privé? Comment se libérer des chaînes qui peuvent nous entraver, même libre? Vaste question.

Ecoutez les textes de cet enregistrement et vous ressentirez le bonheur d’être dehors, de pouvoir serrer ses enfants dans ses bras, de pouvoir rester allongé dans l’herbe une après-midi entière à regarder le temps passer, de pouvoir choisir qu’aujourd’hui, allez je vais faire les courses à Leclerc plutôt qu’à Carrefour
Pouvoir : un mot comme un mirage quand on est enfermé et que l’on n’a guère que le choix de suivre le mouvement imposé.

Alors bien sur, le son est un peu cheap, certains textes naïfs ou premier degré. Mais l’essence de ce qui fait une œuvre est là : quelque chose à dire tout simplement. Avec sensibilité. Quelque chose à faire partager, à donner. Quelque chose qui restera dans un coin de cerveau et qui fera apprécier un jour ou l’autre de voir son gamin attraper les têtards de la mare boueuse où il fallait pas mettre les pieds.

Un été 2006 [Anthologie] (Autoproduction, 2006)cd5.jpg

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par Jérôme


KENY ARKANA, “Entre ciment et belle étoile”

Album de la semaine | 2 mai 2007

keny.jpgSi la campagne présidentielle devait avoir une bande son, je verrais bien Keny Arkana en chef d’orchestre. Le titre de l’album d’abord “Entre ciment et belle étoile”. Comme un choix entre deux projets, deux visions des choses qui barreraient l’horizon : le ciel et le bitume chauffé à blanc. Comme un déterminisme qui collerait plus à la peau qu’un décolleté de Beyoncé.
Des titre de morceaux ensuite : “Nettoyage au karcher”, “Du local au global”, “Jeunesse du monde”, “Sans terre d’asile”, “Eh connard” qui sonnent terriblement actuel… et forcément politique.

Attention aux clichés. Keny Arkana n’est pas qu’une écorchée vive. Elle développe un rap hardcore plein d’amour nourri d’allusions au Tout Puissant, des paroles conscientes qui appellent au militantisme et qui prouvent une curiosité et un intérêt certain pour la chose publique… pas si courant en ces temps de “bling bling” dans le rap français.

Keny Arkana transmet sa rage, son espoir en l’âme humaine et son goût de la lutte… je vous avais dit qu’on était dans le politique.
Entre ciment et belle étoile / Keny Arkana (Because, 2006)cd5.jpg

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par Jérôme


TTC, “36 15 TTC”

Album de la semaine | 10 avril 2007

TTC est un peu le Minitel du rap français : look à la fois avant-gardiste et désuet, contenu simple voire criard, on ne sait pas très bien de quoi il retourne, mais on sent qu’il se cache quelque chose d’important sous ces dehors volontiers étranges.

ttc1.jpgPour continuer avec les comparaisons, TTC est au rap ce que Katerine est à la chanson. Il y a ceux qui trouvent ça ridicule, ceux qui se demandent si c’est du deuxième degré, et ceux qui connaissent les textes par cœur, déclarant invariablement aux deux catégories précédentes, sur un ton un brin hautain : “Vous n’avez rien compris”.
A vrai dire, jusqu’ici, je faisais partie de la deuxième catégorie de personnes. Et puis, amusé par la rigolote bizarrerie de leur dernier clip “Téléphone”, je décide d’écouter le disque en entier. Et là, contre toute attente, sans même comprendre pourquoi (surtout pas !), je trouve ça bien. Ces textes foutraques ânonnés façon récitation de CE2, ces beats grossiers, ces mélodies primaires, rien à faire, tout ça me plait.

Ne me demandez pas de vous expliquer le mystère TTC, je n’en sais rien. Essayez-vous même, c’est le seul conseil que je puisse vous donner.

3615 TTC / TTC (V2, 2006)cd5.jpg

Sur le web :

http://www.3615ttc.com

http://www.myspace.com/inbedwithttc

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par Fabien

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