4 juillet 2008

Via Musique : ou comment faire rimer vacances avec découvertes musicales

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L’été,  c’est le moment tant attendu  pour l’aventure de la vie et les grandes découvertes musicales et je vais donc vous narrer dans le détail (enfin presque) une tranche de ma “Rock-collection” personnelle que ne renierait pas Laurent Voulzy. Mais contrairement à lui, ce n’est pas au camping des “Flots bleus” que j’ai eu mes premiers véritables émois musicaux.

Soucieux de donner toutes ses chances à leur progéniture, mes parents m’ont envoyé en voyage linguistique à Bristol, en Angleterre, afin que je sois capable de dire, dans la langue de Shakespeare, autre chose que “Who do you love” et “One bourbon, one whisky, one beer”. Bristol, en 1978, n’était pas encore le laboratoire trip-hop que la ville deviendra par la suite mais la musique était déjà bien présente et les disquaires à tous les coins de rue.

Et c’est avec l’excellent album “Live and dangerous” de Thin Lizzy, que j’ai ramené en France, que j’ai perfectionné mon anglais et démarré mon éducation hard-rock. Le visuel de la pochette ne laissait pas de doutes : ça allait déchirer !

Groupe irlandais avec le chanteur bassiste Phil Lynott, Thin Lizzy a décliné le hard-rock avec le blues et la soul. La fougue et la rythmique hard sont bien présentes et prennent toute leur ampleur sur ce “live”. Groupe emblématique de l’époque, qui marquera fortement les futurs groupes de hard-rock.

En 1979, voyant que mes progrès en anglais avaient été timides mais néanmoins visibles, mes parents m’ont à nouveau vanté les mérites du séjour linguistique et c’est à Northampton, dans le nord de l’Angleterre que j’ai fait mon immersion culturelle. Et c’est les cheveux dressés sur la tête, des épingles à nourrice plein le T-shirt (au grand dam parental) et avec le fabuleux premier album des Ruts en poche que j’ai retrouvé le giron familial.
Album coup de poing ou le mouvement punk montrait qu’il était gagné, toujours et encore, par la  fièvre de la révolte et déjà axé sur la fusion musicale avec le reggae. A écouter le sublime morceau reggae divinement pulsé “Jah war”, on comprend que la voie était tracée pour les Clash et leur « London calling ».

Se désespérant de moi et ne sachant plus comment manipuler cette adolescente rebelle, c’est dans le massif du Taillefer qu’ils m’ont envoyé crapahuter, l’année suivante, pour être à l’abri de toute crise (musicale) adolescente. Mais, la musique est partout, c’est bien connu ! Et c’est Thiéfaine que j’ai découvert cette année là. L’animateur montagne était amoureux fou de “La fille du coupeur de joints”. Auteur d’albums “noirs” et désespérés entre rock et chansons, Thiefaine a donné un autre ton à la chanson française.

Si le récit de mes tribulations musicales éveille en vous des (mauvais ou nostalgiques) souvenirs de vacances, lâchez-vous sur le blog (…non, vous n’êtes pas seuls…) et à nous tous, nous allons faire la plus belle bande son de tous les étés inoubliables, voire de tous les étés pourris.

Et … bonnes vacances musicales.
Live and dangerous / THIN LIZZY (1978)Voir la notice

The Crack / THE RUTS (1979)Voir la notice

Routes 88 / H.F THIEFAINE (1988)Voir la notice

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24 juin 2008

Album de la semaine : FRANK ZAPPA, “Apostrophe (’)”

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Pas de raison particulière à cette chronique consacrée au Mother of Inventions : pas d’anniversaire de naissance ou de mort (ah si il est mort il y a 15 ans !), pas de réédition luxueuse avec raretés et autres live, juste le plaisir de se replonger une fois encore dans l’univers de ce musicien génial qui aura su mieux que personne mêler dans sa marmite infernale jazz (un de ses albums ne s’appelle-t-il pas “Jazz from Hell” ?), rock, blues et musique contemporaine.

A ma connaissance un des rares albums de Zappa à être intéressant de bout en bout (ou presque) : on n’y trouve pas les habituelles scories ou digressions qui venaient parfois gâter le plaisir de l’auditeur au gré de son impressionnante discographie (pas loin de la soixantaine d’albums). Ici il nous gratifie d’un condensé de ce qu’il sait faire de mieux : quelques plans jazz voire free ici et là, de belles envolées de guitares avec ce son caractéristique qui le rapproche par moment d’Hendrix (et le fait que le musicien continue à sortir régulièrement des disques posthume par on ne sait quel mystère ?), des morceaux bien construits et inventifs le tout servi par des musiciens hors pair (entre autres Jack Bruce à la basse) comme d’habitude chez Zappa. Et même une ballade imparable avec une mélodie accrocheuse (”Uncle Remus”) qu’on se plaît à reprendre en chœur.

Tout cela fait ce cet album une porte d’entrée privilégiée dans le monde enchanté de Frank Zappa peut-être davantage encore que la compilation que cet incorrigible satiriste avait sorti sous le nom de “Strictly commercial” (un des albums de son premier groupe The Mothers of Inventions s’intitulait sobrement “We’re only it for the money” soit “On le fait seulement pour le fric”). Les adeptes de la langue de Dylan pourront d’ailleurs apprécier son humour corrosif et son sens de l’absurde. Quant aux autres ils se consoleront largement avec sa musique. A (re)découvrir…

Apostrophe (’) / FRANK ZAPPA (Discreet, 1974)Voir la notice

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10 juin 2008

Album de la semaine : MASERATI, “Inventions for the new season”

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Voilà le genre de disque qui, malgré une distribution incertaine et une exposition médiatique proche du zéro, est susceptible d’intéresser pas mal de monde : adeptes du Floyd, de Police, du rock progressif voire du post-rock et au final ça commence à faire du monde et peut-être même un public.

De Pink Floyd, on retrouve les ambiances et cette place particulière donnée à la guitare basse (qualité mélodique et position très en avant par exemple sur “Inventions” ou sur l’hallucinant “Show me the season” où la section rythmique est proprement démoniaque), de Police le son des guitares très clair sans effets superflus avec juste ce qu’il faut de delay, la distorsion étant réservé au climax des morceaux. Pour le coté progressif pas celui des années 70 attention : ici pas de technicité démonstrative qui s’étire en longueur ni de style pompier indigeste à la Yes ou Dream Theater. Pour ce qui est du post-rock, le format des titres qui oscille entre 4 et 10 minutes, le coté purement instrumental et l’absence total de chant suffirait à attirer l’oreille des afficionados. Mais l’essentiel avec MASERATI reste l’attention porté aux mélodies (les 2 très beaux instrumentaux “Kalimera” et “Kalinichta” pour s’en convaincre) et la volonté de faire du neuf avec du vieux et voilà le type de performances qui me fait encore bondir de joie. D’ores et déjà favori 2008 !

Seule déception, la présentation du disque est vraiment faiblarde : passe encore la pochette (une sorte d’éclipse de fin du monde menace un centre ville ultra-moderne et au dos l’apocalypse plane sur la Côte d’Azur, mouais pourquoi pas…), mais alors le livret minimaliste (un simple feuillet avec une photo : les gaziers dans un champ de fleurs, hum…) là où il faudrait un vrai effort sur l’objet-disque (oui comme on dit l’objet-livre avec la qualité du papier, le grain, la mise en page, les textes des chansons, etc) pour que les gens continuent d’en acheter, là on est vraiment loin du compte. Voilà, c’est dit !

Inventions for the new season / MASERATI (Temporary Residence, 2007)Voir la notice

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6 mai 2008

Via Musique : le grand chambardement de mai 68

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Si le mois de mai 1968 symbolise le début d’une longue histoire dans laquelle il est question de pavés et de plages, de révolution et de liberté, la musique avait pris son envol bien avant et avait fait sa propre révolution sonore. En effet, le souffle de la liberté avait gonflé (à l’acide et aux fleurs) les voiles du mouvement psychédélique, et cela dès l’été 1967. L’année 1968 se révèlera être la charnière entre le “Flower-power” américain et le premier “gros” son rock des Led Zeppelin qu’on a qualifié de hard, car sur-vitaminé aux amplis Marshall et aux riffs ravageurs de Jimi Page, en 1969.

Voici une sélection pour revenir sur les incontournables de l’année que je dédie à tous les manifestants de l’époque (et aux autres aussi), trop occupés à organiser des barricades et autres batailles rangées avec les forces de l’ordre.

Elvis Presley

68 comeback special [DVD] / ELVIS PRESLEY (1968)Voir la notice

Elvis Presley fait son grand retour à la télévision américaine, après son mariage avec Priscilla. Alors que le monde est à feu et à sang, Elvis reste le garant éternel du rock’n ‘roll américain. Il nous livre quelques compositions parmi ses plus connues, le tout émaillé par quelques roucoulades et éclats de rire. Une prestation qui reste encore intéressante avant sa décadence future.
Une valeur sûre opposée à la contestation musicale montante.

Rolling Stones - Beggars banquet

Beggars Banquet / ROLLING STONES (1968)Voir la notice

Album charnière également pour les Stones car il symbolise la fin de l’ère Brian Jones et le début du duo gagnant : Jagger - Richards. Cet album est fortement inspiré par les événements parisiens et internationaux. La chanson “Street fighting man” parle des émeutiers, d’ici et d’ailleurs, et est même un temps interdite aux Etats-Unis. Avec cet album, les Stones montrent qu’ils ne sont pas uniquement un groupe à singles et nous délivre un disque sublime pétri de blues et de country, dans des versions acoustiques pour la plupart.

MC5 - Kick out the jam

Kick out the Jams / MC5 (1968)Voir la notice

En pleine période hippie, les MC5 vont poser les jalons d’un futur punk-rock. Enregistré en live, cet album est un condensé de la critique sociale et politique émergente aux Etats-Unis et de toutes les revendications anti-discriminatoires. Les guitares sont à feu et à sang, comme le chant et les harangues du chanteur. Album et groupe culte, qui en un opus a posé les bases d’une musique différente, originale et en pleine mutation. Pour la petite histoire, le guitariste du groupe Fred « Sonic » Smith sera le futur mari de Patti Smith.

Van Morrisson - Astral weeks

Astral weeks / VAN MORRISON (1968)Voir la notice

Le disque de la rupture pour Van Morrison, qui après des débuts musicaux très marqués par le rock (voir son groupe THEM ), composera, avec des musiciens d’univers variés, un album très introspectif, décalé et poétique. Cet album remarquable sera le précurseur d’un style plus personnel que développeront plus tard Nick Drake et d’autres. Ovni sur la scène musicale du moment, ce disque est audacieux, ambitieux et inoubliable. Un célèbre critique rock, Lester Bangs, le qualifie de « preuve qu’il restait quelque chose à exprimer musicalement à coté du nihilisme et de la destruction ».

A suivre…

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5 mai 2008

La révolution en chantant…

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A chaque époque, historique ou personnelle, correspond une bande-son. En effet, qui n’a pas gardé en mémoire une mélodie qui a bercé son enfance, voire même un slow langoureux et interminable sur lequel mille et un émois se sont éveillés, avec des bons souvenirs…

Là, je m’égare un peu, mais il est vrai que c’est le printemps… C’est d’un autre printemps dont je voulais vous causer. En mai 68, le mot « révolution » était sur toutes les lèvres et les chansons ont accompagné ce mouvement de protestation. Je voulais vous proposer la lecture d’un ouvrage fort intéressant sur les chansons engagées, de quoi préparer une bande-son révolutionnaire imparable.

Christiane Passevant et Larry Portis ont écrit le “Dictionnaire des chansons politiques et engagées : ces chants qui ont changé le monde”, aux Editions Scali, sorti en 2008. Dans ce livre, ils nous proposent une très large sélection de chansons internationales (de l’Afrique aux Etats-Unis) engagées politiquement ou socialement.
L’intérêt s’est porté sur la chanson ouvrière, libertaire, contestataire et révolutionnaire. C’est pourquoi on y trouve aussi bien “Anarchy in the UK” des Sex Pistols que “Le temps des cerises“. Le répertoire international couvre aussi une large période : de La Commune à nos jours. Et des styles musicaux très larges : de la chanson française au punk, en passant par le folk.
Ouvrage objectif et généraliste avec un petit bémol cependant, on trouve de trop nombreuses citations concernant le chanteur Serge Utgé-Royo. Ceci étant, il est le seul défenseur de la chanson contestataire en France.

Voilà de quoi largement varier la programmation musicale des cortèges des manifestations et après “L’ Internationale“, on pourra entonner «tous ensemble» la magnifique chanson “Redemption song” de Bob Marley. Camarades révolutionnaires, à vos platines. C’est la lutte… en chantant !

Dictionnaire des chansons politiques et engagées / PASSEVANT & PORTIS (Scali, 2008)

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23 avril 2008

Album de la semaine : THE KILLS “Midnight boom”

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Il n’a pas que pour l’invasion de l’Irak en 2003 qu’Etats-Unis et Angleterre s’entendirent comme larrons en foire. Sur le terrain du bel amour américano-anglais une autre artillerie lourde débarque en ce moment sur le continent européen avec un généreux troisième album : The Kills.

Couple à la vie comme à la scène, monsieur est Anglais et guitariste, madame est New-Yorkaise et chanteuse. Ils se sont re-nommés Hôtel pour lui et W pour elle, histoire de se couper de leur passé musical et de repartir de zéro. La profession de foi de cette naissance était assez éloquente puisqu’il s’agissait de dépouiller le rock de tous ses artifices pour en retrouver la quintessence.
Avec THE KILLS en concert la tension est palpable. Un grand spectacle. Dans le bon sens du terme : mettre sa vie entre les mains des spectateurs, monter au front tel le soldat et jeter ses dernières forces dans la bataille. Respirer le moment présent comme un condamné profitant de son dernier clope. De la chair et de la sueur, du sexe et du métal, des tripes et du sang. Ça frotte, ça gémit, ça crache, ça suinte, c’est moite. Ca laisse un arrière goût dans la bouche, pendant plusieurs jours.
Leurs deux précédents albums avaient marqué les esprits sans devenir pour autant des incontournables. Ils souffraient de plusieurs handicaps : trop minimalistes, trop dépouillés, trop hermétiques. Et à force de faire dans le trop, on s’éloigne du public.

“Midnight Boom” : enfin le grand album de The Kills que l’on attendait ! Tout en restant fidèle au son rugueux et sans compromis de leurs premières productions, le groupe met un peu d’eau dans son vin en distillant au fil des morceaux un peu d’électronique par exemple. Les titres défilent, laissant apparaître différents facettes de leur talent et de leur singularité. L’ambiance reste sombre mais des touches mélodiques apportent de la douceur et viennent ainsi mettre les compositions en relief. On retient l’entêtant Alphabet pony, U.R.A. fever. Ou encore le magnifique Goodnight bad morning, une chanson à chialer dans sa bière, comme aux plus belles heures du Velvet Underground. La voix de W est toujours envoûtante, et s’essaye même, plutôt bien, à des chœurs (What New York used to be).
Assurément un feu intérieur les dévore encore. Et comme pour “No Wow” en 2005, on est sur le fil du rasoir, dans l’attente permanente de l’éruption qui viendra déverser dans nos oreilles des torrents de lave en fusion. Mais ici la tension est contenue, ravalée, intérieure.

The Kills prouve définitivement avec cet album qu’il “l’un des” sinon LE groupe des années 2000.
Midnight boom / THE KILLS (Domino Recordings, 2008)Voir la notice

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22 avril 2008

Devine qui vient jouer ce soir ?

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En passant devant le panneau d’affichage libre ce matin, j’ai vu que le groupe KILL THE YOUNG se produisait le 29 avril 2008, à la La Faïencerie. Waow… Super…de la bombe sonique en perspective. Quel enthousiasme débordant pour un groupe pas très connu (non, non je ne suis pas payée par le programmateur de la salle !). Pas très connu, certes mais il ne demande qu’à l’être (et je vais m’y employer).

Kill The YoungOriginaire de Grande-Bretagne, de la région de Manchester plus précisément, et composé de trois frères (un peu comme le très bon groupe de rock français les Thugs), la fratrie Gorman nous a livré depuis leurs débuts deux albums : « Kill the young » sorti en 2005 et « Proud sponsors of boredom » en 2007.

La fée électricité s’était penchée sur leurs berceaux et c’est au maximum qu’il nous la joue maintenant… Pas de quoi s’électrocuter mais juste ce qu’il faut pour se prendre une bonne secousse de rock, au cas ou on aurait oublié ce que ça fait. Deux albums tout en énergie, nerveux à souhait (à découvrir dans vos bibliothèques préférées.) Un trio de power-rock dans la lignée de leurs aînés (Placebo, Nirvana… etc). Et un concert qui s’annonce étonnant, voire détonnant.

Bref, la jeune génération nous réapprend le rock. De grâce, ne « tuez pas les jeunes ».

s/t /KILL THE YOUNG (Discograph, 2005)Voir la notice

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1 avril 2008

THE WHITE STRIPES : “The denial twist”

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Le Printemps du Livre organisé par les Bibliothèques de Grenoble s’ouvre dans quelques jours. Le thème choisi cette année est la famille. Toujours soucieux de coller à l’actualité culturelle et musicale, les blogueurs-discothécaires se sont creusés les méninges pour vous proposer la vidéo adéquate à vous mettre sous la dent avant d’aller déambuler dans les allées de notre salon du livre à nous… C’est donc moi qui m’y colle…

Printemps du livre de GrenobleFamille et musique ? Le sujet prête à dire. Le rock a depuis longtemps été émaillé d’affaires de famille plus ou moins glorieuses : les Jackson et leur rejeton de star planétaire, les Beach Boys et leur génial autiste de Brian Wilson, Ike & Tina Turner (notez au passage que les histoires de famille finissent mal en général)… les exemples seraient très nombreux.

Plus près de nous un cas retient l’attention : The White Stripes. Et ce n’est peut être pas un hasard si le terme de famille se réduit ici à sa plus simple expression : le couple. Eh oui messieurs dames. Car la famille n’est plus ce qu’elle était. Recomposée, décomposée, décomplexée, explosée ou individualisée. Le modèle patriarcal a fait son temps. Mai 68 est passé par là, n’en déplaisent à certains qui essayent de nous faire croire qu’il faut en liquider l’héritage… Et il faut désormais bien chercher pour trouver des groupes musicaux qui jouent en famille à plus de 2 membres! Encore faudrait-il se mettre d’accord pour savoir si le couple est bien une famille (une famille en devenir?). Mais là-dessus les auteurs invités au Printemps Du Livre auront sans aucun doute beaucoup plus à dire que moi.

White Stripes et la famille donc… Oui. Tout d’abord parce que la vidéo est excellente, mais cela n’a rien à voir avec le sujet. Ensuite parce que Jack White et Meg White, les 2 membres de White Stripes, s’affichent alternativement comme frère et sœur ou comme ex mari et femme (ah bravo la morale!). Vrai ou pas, cela en fait certainement le duo le plus créatif des années 2000. Talonnés par les hypnotiques The Kills, duo réellement mari et femme celui-là.
Enfin, last but not least, ce magnifique clip est réalisé par les très “bankable” français Michel Gondry qui a réalisé en 2007 le film Soyez sympa, rembobinez. Vous savez cette histoire de 2 gars qui ont effacé accidentellement tous les films de leur vidéo-club et qui s’attellent à les remplacer par des versions bricolées par leurs soins. Le sujet a inspiré tout un tas de remakes hilarants et même un concours.

On découvre dans “The Denial Twist” un univers lyrique et poétique qui réinvente l’espace domestique en jouant sur les formes et les tailles. Et des personnages tantôt bidibulles, tantôt filiformes. Très savoureux.
Get behind me Satan / The White StripesVoir la notice

Pas étonnant donc que Gondry soit devenu le frenchy chouchou outre-Atlantique. Lui dont la marque de fabrique semble être l’expérimentation a aussi mis en images Björk, Radiohead, Beck, Daft Punk… et des tas de pubs. What else ? Rien à rajouter…

Les autres vidéos de Michel Gondry : ici

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28 mars 2008

Zoom sur les élèves chanteurs et accompagnateurs du Conservatoire de Grenoble.

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Devenus des habitués de la bibliothèque Kateb Yacine, le groupe d’étudiants du CNR (Conservatoire National de Région) de Grenoble, non content de squatter l’auditorium, se permet en plus de ça de nous proposer à chaque fois des concerts-lectures originaux et réussis, amenant à la bibliothèque un public toujours plus nombreux.
Ayant accumulé un retard de compte-rendu considérable et à court d’adjectifs, je préfère vous proposer ces petites vidéos de leurs dernières représentations.

Bon visionnage!

Concert lecture “Mozart au quotidien” (19.01.08)

Concert lecture “Destination Vide” (Science-Fiction) (08.03.08)




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17 mars 2008

N’oubliez pas de vous en souvenir…

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En flânant samedi après-midi entre les rayonnages de ce “disquaire” place Grenette, je n’ai pu m’empêcher de remarquer ces têtes de gondoles qui brillent, m’incitant à célébrer les 25 ans de Thriller ou encore les 30 ans de la New wave. S’en suivent des réflexions en chaînes toutes dispensables je vous l’accorde, du genre “Quoi, déjà 30 ans!” ou encore “Tiens, il a quel âge alors Robert Smith maintenant ?”

Ensuite, je ne peux m’empêcher de me faire du souci sur l’avenir de la musique sur support “physique” (= sur CD quoi). N’a-t-on plus rien à écouter que de la redite ? Les maisons de disques sont-elles devenues frileuses au point de préférer rééditer plutôt que produire ? (mouais, pas bien neuf non plus comme pensées)? Suite de ma réflexion : peut-on quand même se permettre de ne pas parler de cette “actu” dans le Bmol?

C’est vrai que ce n’est peut-être pas nécessaire … en même temps j’adore Thriller et encore plus la New wave, alors pourquoi ne pas me faire plaisir? Et puis, pourquoi au bout de 25 ou 30 ans, j’adore toujours écouter çà ? Pourtant, par définition, mon métier de bibliothécaire musical m’oblige (quelle corvée!) à écouter plein de choses différentes, alors pourquoi mon cœur reste-t-il soudé aux années 80 comme une huître à son rocher? J’en étais à ces réflexions en sortant du magasin quand je tombe sur une publicité pour un fleuriste en ligne me sommant de ne surtout pas oublier la fête des grand-mères et de bien me faire comprendre qu’elle ne se remettrait pas de cet infâme oubli de ma part (avouez, vous avez oublié aussi). Le temps de monter dans le tram, j’avais trouvé ce que je ressentais par rapport à tout ça : de l’agacement. Ras le bol de ce chantage affectif incessant et de cette exploitation du filon “nostalgie musicale de mon enfance“. Car, pour finir, c’est à mon compte en banque qu’on s’adresse encore une fois, comme un gros post-it collé sur mon chéquier, m’incitant à faire ce lien si facile entre l’affectif et le financier. Ridicule!…comme si la New wave, ou ma grand-mère avaient besoin de ça pour se rappeler à mon bon souvenir ;-)


Alors pour ceux que ça intéresse voilà quelques liens utiles pour ne pas passer à côté de l’ actu et se replonger dans Thriller ou la new-wave à moindre frais! Thriller et Michael Jackson dans les bibliothèques de Grenoble :
Thriller / Michael Jackson (Epic, 1982) Voir la notice
History vol.1 : videos greatest hits [DVD]
/ Michael Jackson
(Sony, 2001) Voir la notice
History on film, vol.2 [DVD] / Michael Jackson (Sony, 1998) Voir la notice

Trois perles New-Wave dans les bibliothèques de Grenoble :
A collection [DVD] / New Order (Warner, 2005) Voir la notice
Black Celebration / Depech Mode (Mute, 1986)Voir la notice
Greatest hits [partition pour chant et guitare avec tablature] / The Cure (Music Sales, 2001) Voir la notice

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4 mars 2008

Album de la semaine : TRANS AM, “Sex change”

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Une fois encore je me vois forcé d’avouer mon ignorance de ce groupe. A ma décharge, je ne peux même pas invoquer la maigreur de leur discographie, ce trio de Washington DC a eu une production pléthorique : pas loin de 10 beaux albums en un peu plus de 10 ans. Mais qu’ai-je donc fait pendant toutes ces années ? Bref, une fois encore je fais pénitence et m’engage à écouter avec délice plusieurs Ave maria !

Trans Am - Sex changeVoila bien un disque qui n’annonce pas la couleur. Car derrière cette pochette énigmatique (un discret hommage au David Lynch de Twin Peaks ?) et un titre racoleur / paresseux pas d’autre enseignement à tirer que le penchant des énergumènes pour la blague potache.
Et la musique me direz-vous ? Parfois associé à la scène post-rock (qui a dit abusivement ?) et aux labels Kranky ou Southern, Trans Am mélange effrontément le rock et l’électro (le superbe titre “4.738 Regrets”) voire ne se pose même pas la question de ce mélange et balance tantôt un morceau purement électro (le très krautrock “First words” qui lorgne du coté de Kraftwerk et de Neu), tantôt un titre à l’énergie dévastatrice à grands coups de riffs de guitares (”Surrender to the night”). Et ça continue comme ça sur tout l’album : “North east rising sun” versus “Conspiracy of the gods”, “Exit management solution” versus “Shining path”…
Seules quelques incursions dans ce qu’on qualifiera faute de mieux d’électro-funk (”Obscene strategies” et cette guitare funky d’un autre âge, “Climbing up the ladder” avec son énorme basse synthétique) viennent rajouter quelques touches de couleurs dans ce tableau d’ensemble. Instruments classiques, samples, claviers, ordinateurs, tout ce qui leur tombe sous la main passe à la moulinette de leur créativité. Ces trois là sont joueurs mais ne vous fiez pas à leur apparente désinvolture, cet album essentiellement instrumental est sacrément travaillé et recèle moults trouvailles : un disque schizophrénique, le cul entre deux chaises, mais tellement bon !

Sex change / TRANS AM (Thrill Jockey, 2007)

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19 février 2008

Album de la semaine : GRINDERMAN

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Grinderman - s/tGrinderman a été formé en 2006 par Nick Cave et certains de ses Bad Seeds, le groupe qui l’accompagne depuis plus de 20 ans. La vie de Nick Cave est assez singulière. Né et élevé en Australie jusqu’à l’âge de 23 ans, il a vécu successivement à Londres, Berlin, Sao Paulo et Brighton. Une “gueule” qu’on n’oublie pas, des histoires d’amour tumultueuses (il en garde un stigmate sur la joue gauche), des activités tous azimuts (poète, écrivain, scénariste), une œuvre marquée par la religion et par les racines de la musique populaire américaine, des apparitions au cinéma en tant qu’acteur ou comme compositeur de musiques de films… et mille autres choses, trop longues à raconter ici… mais dont nous parlera peut être Rosie dans un de ses prochains Via Musique qui lui sera consacré.

Rien d’étonnant donc à ce que, à plus de 50 ans, Nick Cave se lance dans l’aventure d’un nouveau projet avec un album résolument plus rock que ses derniers enregistrements. Zigzaguant entre guitares distordues et ambiances blues électrique, on découvre du grand Nick Cave qui reprend sa guitare, pour la première fois depuis longtemps, et nous offre un rock tendu aux histoires tordues, salaces et immorales.
Le premier morceau qui saute aux oreilles est le bruyant et délirant “No Pussy blues” (voir la vidéo en concert ci-dessous) où il narre les frasques d’un type à la recherche désespérée d’un coin chaud où passer la nuit… (les anglophiles comprendront) superbe moment de tension puis d’explosion finale ! Les autres titres ne sont pas en reste. Les parties de guitare de Cave privilégient la spontanéité à la technique, les parties plus calmes sont élégantes mais dégagent une intrigante odeur de souffre. Mute Records avait vu assez juste en qualifiant l’album de “saleté poilue dégoulinante de crasse et de noirceur”.

Bref, une vraie leçon de classe que nous donne ici Nick Cave et ses acolytes, vérifiant l’adage, pourtant rare en rock, selon lequel c’est dans les vieux chaudrons que l’on fait les meilleures soupes.
s/t /Grinderman (Mute Records, 2007)Voir la notice



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13 février 2008

La reprise est au rock ce que le standard est au jazz…

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Jimi HendrixLa reprise est au rock ce que le standard est au jazz. C’est un morceau que des interprètes, autres que le créateur, essaient de se réapproprier, pour le jouer tel quel, pour l’adapter ou pour le magnifier. Il en est ainsi de nombreuses reprises qui ont égalé ou fait connaitre l’original : “House of the rising sun” , “Mister tambourine man”, “Hey Joe” et “All along the watchtower” par exemple. Des reprises finissent même par exister principalement par leur nouvelle interprétation.
Pour preuve, la reprise du titre de Leadbelly, chanteur de blues et de folk noir américain, “Where did you sleep last night” par Kurt Cobain et son groupe Nirvana.
En effet, Kurt Cobain a tellement habité son interprétation, en lui donnant une forte charge émotionnelle, que sa reprise est devenue une référence.Kurt Cobain

Les artistes aiment se mesurer aux grands « classiques rock » et depuis quelques mois, nous voyons apparaître, dans nos bacs, des albums complets de reprises.

A noter et à écouter les albums suivants :

patti-smith-twelve.jpgPatti Smith, grande prêtresse du rock, propose sa relecture de grands classique rock.
Twelve / Patti SmithVoir la notice

Sur les deux opus, le groupe Nouvelle Vague aborde les grands titres fédérateurs et emblématiques de la new-wave, sur un tempo de bossa.
Bande à part / Nouvelle VagueVoir la notice

Cat Power pour sa part, sort également un album de classiques de la musique nord-américaine [disponible très bientôt dans les Bibliothèques de Grenoble].

Mais je voulais attirer votre attention sur le disque de reprises de Nick Cave (que j’emporterai sur une île déserte) et que vous vous devez d’écouter.

Nick Cave - Kicking against the pricksDans cet album, Nick Cave se frotte à ses auteurs-compositeurs fétiches (John Lee Hooker, Johnny Cash, Leadbelly …..) pour leur rendre hommage. Sorti en 1986, cet album nous propose un voyage initiatique sur les traces du blues et de la musique américaine. Culture du sud des Etats-Unis qui a fortement influencé son œuvre. Sa voix grave, voire sépulcrale, vient hanter une instrumentation basique et primitive, en vue de retrouver l’essence même de la musique « blues ». Des reprises toutes plus déroutantes et surprenantes les unes que les autres. Des traditionnels revus et sacrément corrigés et qui nous laissent médusés.
Kicking against the pricks / Nick Cave and the Bad SeedsVoir la notice

Et pour la prochaine fois, comme je viens de révéler mon admiration pour (l’œuvre de) Nick Cave, je vous proposerai un Via Musique sur lui, mais en attendant, je vous invite à nous proposer vos meilleures reprises…

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5 février 2008

Via Musique: où comment aller à la rencontre de DANIEL DARC

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A l’heure où sort le dernier album (flamboyant) de Daniel Darc, intitulé en hommage à Coltrane “Amours suprêmes”, l’occasion est trop belle de retourner aux origines de son œuvre discographique.
Au commencement était Taxi Girl…

Taxi Girl - Suite et finFer de lance de la New-wave française dans les années 80, le groupe Taxi Girl écrivit deux succès avec les titres “Mannequin” et “Chercher le garçon”.
Le groupe a été une formation emblématique de la scène hexagonale, grâce ou à cause du penchant de Daniel Darc pour les grandes figures rebelles du rock (Johnny Cash, Iggy Pop, …) et son comportement jusqu’au-boutiste. Après la dissolution du groupe, Daniel Darc poursuivra sa carrière en solo.
Suite et fin [compilation] / Taxi Girl (New Rose) Voir la notice

Daniel Darc - NijinskyAvec Ninjiski, Daniel Darc propose son projet musical le plus abouti aprés Taxi Girl. Cet album, malgré de très belles chansons, reste méconnu mais il mérite largement que l’on revienne y “jeter une oreille”.

Ses textes nous plongent au coeur de son univers poétique, univers qu’il portera au plus haut avec l’album “Crèvecœur”.
Nijinski / Daniel Darc (Bondage, 1994) Voir la notice

Daniel Darc -Creve-coeur Ecrit par Daniel Darc et arrangé par Frédéric Lô, cet album est le disque de la rédemption et de la sortie du désert musical. Les arrangements de Lô (par ailleurs lui aussi auteur et compositeur) servent à merveille les textes et la voix particulière de Daniel Darc. Des arrangements subtils et légers ornent la poésie de Daniel Darc. Ils donnent à l’album, qui présente une diversité de chansons et d’ ambiances, son unité…Une sensibilité à fleur de peau et humaniste.
Crèvecœur / Daniel Darc (Universal, 2004) Voir la notice

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16 janvier 2008

Arcade Fire : Concert à emporter

Classé dans : Vidéo

La Blogothèque on vous en a déjà parlé ici. Une des initiatives intéressantes de ce collectif de blogueurs passionnés de musique est d’avoir lancé les “Concerts à emporter”. A vrai dire une idée très simple mais à laquelle personne n’avait encore pensé ou mise en oeuvre (un peu comme la roue ou le fil à couper le beurre si vous voulez…) : filmer un concert dans les endroits les plus improbables et le plus souvent - par commodité - en acoustique.

C’est ainsi que vous auriez pu croiser les Young Gods (les énervés Suisses indus) en pleine reprise acoustique de “Gasoline Man” si vous vous baladiez nonchalement dans le Marais par une belle soirée du printemps dernier ou encore les Herman Dune dans une rue de leur quartier dans l’indifférence générale (encore des saltimbanques à faire la manche).
Et donc, s’il vous arrive de prendre les ascenseurs (ah mais ce n’est pas bien : mangez bougez !) voilà ce qui aurait pu arriver : vous retrouvez nez à nez avec The Arcade Fire en pleine interprétation acoustique de”Neon bible”, titre extrait de leur album éponyme paru l’année dernière. Les gaillards ont l’air un peu à l’étroit mais cela ne les empêche pas de livrer une version enlevée : subtile orchestration pour feuilles de magazine arrachées et percussions sur parois métalliques…

Neon bible / Arcade Fire (Barclay, 2007)Voir la notice



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