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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


Oh ! Gaby ! (Ou pourquoi j’aime GABRIEL FAURÉ)

A découvrir | 6 mai 2009

Des visages comme celui-là, on aimerait en croiser plus souvent : un beau grand-père au regard bienveillant, serein, ouvert… Son œuvre est à l’image de cette harmonie intérieure, elle sonne toute en sensibilité et subtilité.

Cette œuvre, vous l’avez forcément entendue sans le savoir, elle est souvent utilisée dans les musiques de film : récemment dans La vie moderne de Depardon : Elégie, pour violoncelle et piano, ou encore dans Copy cat de Jon Amiel : Requiem op. 48.

Il fut le professeur de Maurice Ravel, l’élève de Camille Saint-Saens. Comme Beethoven, il commence à avoir des troubles auditifs à l’âge de 53 ans et doit prendre sa retraite avant l’heure…Moins célèbre que Debussy et Ravel certes, mais talentueux : grâce, élégance et originalité ressortent de ces créations de toute beauté. Si vous voulez revigorer en vous le dicton “la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie“, préparez-vous un bon fauteuil, du chocolat, une bière blanche, et branchez ce Gaby-là dans vos oreilles. Une vraie douceur, un vrai Gaby le magnifique.
Découvrez donc :

la-bonne-chanson.jpgLa Bonne chanson, op. 61 ;Vingt mélodies : Deuxième recueil [etc.] / GABRIEL FAURÉ (Musique et Associés, 2008)

oeuvre-pour-violoncelle-et-piano.jpgL’oeuvre pour violoncelle et piano / GABRIEL FAURÉ (Harmonia Mundi, 2007)

requiem-op46.jpegRequiem op. 48 ;Cantique de Jean Racine op.11 [etc.] / GABRIEL FAURÉ (Decca, 1991)

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par Anne


Manuscrit van Soldt + Stefano Landi

Album de la semaine | 12 janvier 2009

Quand s’annonce un CD du label Alpha, j’éprouve toujours un petit frisson de joie particulier. Leurs deux collections, que je surnomme “la blanche” et “la noire”- d’après la couleur de leur jaquette - comptent de véritables trésors, souvent lien entre musique “populaire” et musique “savante”, bien loin de tout “cross-over” *. Leur dernière parution, le Manuscrit Suzanne van Soldt est, une fois encore, à la hauteur de mon attente.

Le titre est intrigant : “manuscrit” relève davantage de la littérature que de la musique. En fait, il s’agit d’un cahier ou “livre de clavier”, laissé par une certaine Susanne Van Soldt, jeune flamande qui, à l’âge de seize ans, a adapté les “tubes” de son époque et les a transcrits pour clavecin ou virginal afin de les jouer dans le cadre familial. L’ensemble LES WITCHES (Les Sorcières) s’est rappelé les longues soirées où, dans les familles, chacun  se joignait au clavier, muni de son instrument propre et interprétait indifféremment danses, chansons profanes et spirituelles faisant partie du patrimoine commun.
Les instruments qui accompagnent ici le virginal sont probablement ceux que l’on voit représentés dans les festins, noces et kermesses de Brueghel, contemporain de notre Susanne : viole de gambe, luth, guiterne, cornemuse, cistre, ou encore rommelpot, tambour à friction typiquement flamand.
En résumé, ce disque, c’est tout cela : des couleurs sonores particulières, des airs limpides et majestueux, qui nous trottent encore dans la tête après l’écoute, et une invitation au voyage dans la Flandre de la fin du XVIème siècle…

*Pour Noëlle : la définition de Wikipédia : “Dans le contexte musical, le cross-over ou chiasmatypie signifie croisement ou enjambement entre un style de musique et un autre; c’est la pratique courante de la world music“.

Où trouver ce document?Descendons un peu vers le Sud, dans la Rome du début du XVIIème siècle pour trouver, toujours chez Alpha, mais dans la “collection noire” cette fois, mon préféré, mon tube, un des disques que j’emporterais sur une île déserte ! D’une beauté à couper le souffle ! On est accroché, dès l’entrée, par un air anonyme  : “Homo fugit velut sombra”,” l’homme fuit tel une ombre”, “passacaille de la vie”, qui donne son titre à l’album. Son refrain obsédant : “bisogna morire”, “il faut bien mourir”, est chanté - avec quelle intensité dramatique !- par Marco Beasley, irrésistible ténor à la voix suave. L’oreille va de surprise en enchantement à mesure que les arie, passacailles, villanelles, composées par Stefano Landi, se succèdent.Chanteurs et musiciens de l’Arpeggiata  nous transportent dans un monde de douceur et d’harmonie, par leurs voix, bien sûr, mais aussi grâce aux  cordes d’une variété de timbres inouïe : harpe baroque, théorbe, luth, viole de gambe, lirone… qu’accentue l’acidité du cornet. Vous ne pourrez plus vous en passer !

Homo fugit velut umbra / STEFANO LANDI

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par Annette


MUSIQUE EN TOUT LIEU, MÉLANGE HEUREUX…

A découvrir | 16 décembre 2008

Voici trois disques pas tout récents que j’ai redécouverts au hasard des retours à la banque de prêt, qui vous sortent des sentiers battus, avec une réelle audace : c’est HUGUES DE COURSON, compositeur et arrangeur, ancien compère du groupe folk “Malicorne”, compositeur pour les chorégraphies de Philippe Découflé qui les signe, et déclenchera à l’époque l’ enthousiasme ou la critique…

En 1994, avec Pierre Akendengué il publie “Lambarena : Bach to Africa”, joyeux mélange de Jean-Sébastien et de musique africaine, qui, nous devons l’admettre, présentent de belles similitudes.

En 1997, aidé de Ahmed el Maghraby, il conçoit Mozart l’ Égyptien” : pourquoi ce mélange ? D’abord, Mozart aimait l’Égypte, il s’en est plus d’une fois inspiré ; ensuite les Égyptiens aiment Mozart, et les deux concepteurs de ce projet ont su allier la finesse et le charme de ces deux styles.

En 2001, c’est “O’stravaganza”, un disque qui, comme son nom l’indique, s’inspire de Vivaldi et des musiques celtiques d’Irlande. Déjà, au 18e siècle, le musicien O’ Carolan rencontra le compositeur baroque Geminiani, qui lui fit connaître Vivaldi : là encore, le mariage de ces deux courants ne laisse pas indifférent, et la ressemblance peut même être confondante.

O'stravaganza
Musiques ethniques, musiques classiques, et déclinaisons variées autour et au cœur de ces deux styles : voilà de quoi enchanter vos oreilles pour patienter devant les congères sur les routes de l’hiver.

Que les puristes n’hésitent pas à nous incendier au bas de cet article, le débat reste ouvert !

 

Mozart l’ Égyptien / HUGUES DE COURSONvoirlanotice.jpeg

O’stravaganza / HUGUES DE COURSONvoirlanotice.jpeg

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par Anne


MESSIAEN, retour sur le concert

Musique en bibliothèque | 8 décembre 2008


Vous n’écoutez pas Messiaen le soir à la veillée ? Donc vous n’êtes pas venus au concert-lecture de nos jeunes chanteuses samedi dernier ? Eh bien vous avez eu tort…Ces jeunes talentueuses sont capables de faire aimer Messiaen, Marti, Jolivet et autres compositeurs de “musique contemporaine” à un amateur de chasse à cour !

Malgré un répertoire difficile, elles ont rempli la salle et suscité l’enthousiasme général. Nous avons eu en plus la chance d’ entendre Laurence Garcin au piano comme accompagnatrice, qui a vraiment mis en valeur la richesse de ces compositions.

On n’a pas tous les jours l’occasion d’entendre des œuvres dites “difficiles”, dans un cadre intimiste, avec des interprètes qui circulent dans le public, rendant la prestation totalement émouvante : une fois de plus s’est concrétisée notre idée que la musique vivante ouverte et gratuite est un des atouts des bibliothèques.


Les éleves du Conservatoire - Bibliothèque kateb Yacine 29/11/2008

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par Anne


MENDELSSOHN interprété par CHAMAYOU

Album de la semaine | 24 novembre 2008

Vous en avez assez d’entendre les tubes du classique en musique de fond, de films, de fêtes et autres cérémonies ? Assez de la “Lettre à Élise” en sonnerie de portable, de ces deux mesures de Vivaldi qui tournent en boucle en attendant votre correspondant ?

Alors installez-vous confortablement en sirotant votre boisson favorite avant de filer sous la couette, et écoutez le jeune Bertrand Chamayou : son interprétation de quelques “Romances sans paroles” et autres pièces non rabâchées de Mendelssohn vous transportera dans un doux bien-être. Limpide, ciselé, joyeux, romantique, ce disque est un pur joyau de piano solo. La relève des Michelangeli, Rubinstein et autre Samson François est peut-être bien assurée…

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par Anne


Le Metropolitan Opera à Grenoble !!!

Musique à Grenoble | 30 septembre 2008

Dans un désir bien légitime d’élargir son public et de le démocratiser, le Metropolitan Opera de New York propose depuis deux ans des retransmissions EN DIRECT de représentations de sa saison dans des cinémas. Cela s’est d’abord fait aux Etats-Unis puis, grâce au satellite, dans le monde entier. En France une dizaine de villes proposaient ces diffusions l’année dernière et cette année, heureux mortels dauphinois, Grenoble en fera partie. C’est à l’association “Musée en Musique” que l’on doit cette opportunité exceptionnelle d’assister en direct à une représentation d’une des plus importantes maison d’opéras du monde.
L’aventure commence dès le 11 octobre avec “Salomé” de Richard Strauss et Karita Matila dans le rôle titre. Donc en plus d’assister à un moment musical de très haute qualité, si jamais cette grande soprano se tord la cheville dans la danse des sept voiles ce jour là (un accident est si vite arrivé !!) vous pourrez dire j’y étais.
La suite est aussi engageante :  le samedi 7 février, on retrouvera Anna Netrebko (de retour de congé de maternité ) et Rolando Villazon dans “Lucia de Lammermoor” et on se réjouit à l’avance de mêler nos applaudissements à ceux de deux à trois mille new-yorkais en délire pour le contre ut du ténor mexicain. Dans la dernière représentation, “Madame Butterfly”, le 7 mars, nous pourrons pleurer en direct avec nos amis américains et si la conjonction des astres est favorable pourquoi ne pas imaginer qu’un de ces trois soirs on puisse apercevoir Woody Allen se glisser dans sa loge du premier balcon.
Voilà donc, quelques bonnes raisons musicales et autres, de prendre contact avec Musée en Musique pour tous renseignement pratiques.

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par Marie H.


PERCUSSIONS CLAVIERS DE LYON, “Point Bak”

Album de la semaine | 28 juillet 2008

Percussions Claviers de Lyon - Point bak

Pas vu à la télé !

Les percussions sont des instruments peu mis à l’honneur en musique classique… Un jour au concert ma fille (petite) me dit : “Le monsieur il a fait des études juste pour taper sur le gong de temps en temps ? “. L’ensemble de cinq compères passionnés qui constituent le groupe « Percussions Claviers de Lyon » nous permet d’entrer dans cet univers méconnu et de l’apprécier à sa juste valeur.
Son leader, Gérard Lecointe, pianiste de jazz de formation puis percussionniste au Conservatoire de Lyon propose des arrangements à partir du Clavecin bien tempéré de J.S.Bach et de “Après masques” et “Nocturnes” de Claude Debussy, qui sont de joyeux clins d’œil jamais entendus sous cette forme …
Vibraphones, marimbas, xylophones, glockenspiels, timbales, cymbales, tam-tam, gong, tout y est, et l’ensemble est détonnant : originalité assurée, gaieté communicative, plaisir de la découverte. Un bon programme pour Juilletistes !

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par Anne


J.S.BACH, “Sonatas” (Viktoria Mullova & Ottavio Dantone)

Album de la semaine | 27 mai 2008

La musique baroque n’est pas votre tasse de thé ? Méfiance, parions qu’une bonne pub ou une musique de film l’utilisant vous a charmé un jour et vous ferait changer d’avis ! Qui n’a pas aimé la “Sarabande” de Haendel dans Barry Lindon, le prélude de Bach “La tourneuse de pages”, sa toccata dans le film “De battre mon cœur s’est arrêté” ?

Ces sonates pour violon et clavecin composées entre 1717 et 1723 innovaient à leur époque : le clavecin est soudain utilisé comme instrument à part entière et plus seulement comme basse continue. De plus, les compositeurs adaptaient leurs œuvres pour d’autres instruments et les interprètes avaient libre choix des instruments. Ainsi les sonates 1021 et 529 sont jouées avec orgue, viole de gambe et luth comme basse continue, ce qui donne une variété de timbres extraordinaire. Sans parler de l’improvisation, qui était possible, mais s’appelait plutôt ornementation…

Leur unité harmonique, rythmique et mélodique impressionne, une véritable illustration du savoir composer, et ce qui s’en dégage invite à la sérénité. Ajoutez à cela le jeu limpide et fin des jeunes Viktoria Mullova au violon et Ottavio Dantone au clavecin et le charme est total…
Des enquêtes révèlent que la musique classique est de plus en plus écoutée en vieillissant : peut-être ferez-vous un jour partie de ceux qu’elle apaise et tonifie ?

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par Anne


Olivier Messiaen, ornithologue-rythmicien et… dauphinois (1908-92)

A découvrir | 8 avril 2008

S’il avait été aussi solide qu’un poilu de la Grande Guerre, Messiaen aurait fêté ses 100 ans cette année. C’est justement pendant cette période, en 1914 exactement que la famille Messiaen séjourne pour la 1ère fois à Grenoble. C’est peut-être ce souvenir qui inspirera à Olivier sa passion pour notre région qu’il concrétise dès 1935 en s’installant tous les étés à Petichet dans une maison qui surplombe le lac. Et c’est là qu’il a souhaité reposer sous un oiseau de marbre dans le très paisible petit cimetierre entourant l’église. Cet anniversaire passe relativement inaperçu, les médias étant fort occupés à faire encore monter les ventes de Monsieur Herbert von K. qui lui aussi aurait eu 100 ans mais est largement mieux placé dans les Top 50 du classique bizness.

L’œuvre musicale de Messiaen n’est donc plus très “branchée” et il faut bien reconnaître qu’il est effectivement difficile de l’utiliser comme fond sonore pour le réveillon de Nouvel An ou comme sonnerie de portable. Il s’agit d’une musique savante très construite mais dont une grande partie est accessible même sans connaître les codes de composition. C’est une musique de glorification qui exalte sa foi chrétienne et exprime souvent avec une simplicité touchante son admiration pour les beautés du monde. Il fait volontiers partager ses certitudes musicales et spirituelles à qui se montre réceptif.

La tombe de l'auteurDans ses grandes œuvres pour orchestre la masse orchestrale très importante n’est jamais pesante et il ne lésine pas sur les percussions et les cuivres : Turangalila, Des canons aux étoiles

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par Marie H.


Discographie Olivier Messiaen en 9 CD et 1 DVD

Pas facile de sélectionner 10 disques et DVD parmi une telle production - 100 œuvres, dont certaines comportent des effectifs et des durées peu ordinaires. Voici toutefois une modeste proposition pour entrer dans l’univers musical de ce compositeur singulier.

Quatuor pour la fin des temps (Adda, 1989)Voir la notice

Comme première approche, sans hésitation - elle a été la mienne -, une œuvre poignante, un solo de clarinette qui chante à la fois “l’abîme” (la guerre ?) et l’espoir (était-ce celui de Messiaen qui l’a composée et jouée alors qu’il était prisonnier de guerre en Silésie en 1940), et une formidable montée finale vers la lumière du violon (gage de la foi en l’homme du compositeur ?)

Trois petites liturgies ; Cinq rechants (Supraphon, 1991)Voir la notice

Parce que cette œuvre joyeuse - elle a immédiatement été appréciée par le public - permet d’entrer facilement dans l’univers de Messiaen (tant pis pour les critiques professionnels qui l’ont boudée quasi unanimement à sa création)
Même si on n’imagine pas les couleurs vives qu’il “voyait” et traduisait en sons, on est emporté par les voix cristallines et les rythmes hindous irrésistibles.

Des canyons aux étoiles [1971-1974] (CBS, 1988)Voir la notice

Je conseille cette symphonie à celles et à ceux qui partagent avec Messiaen l’amour de la montagne et des grands espaces. Créée pour les célébrations du bicentenaire des Etats-Unis et composée à la suite d’un séjour dans l’Utah, les Américains l’ont tellement appréciée qu’ils ont baptisé un de leurs sommets « Mount Messiaen ». Parmi les instruments, une machine à vent, une à sable, des cuivres chaleureux et un xylorimba produisent un univers étrange. De plus, le solo de cor a emporté (provisoirement) Marie-Hélène dans les étoiles, c’est tout dire…

Turangalila Symphonie (Deutsche Grammophon, 1991)Voir la notice

Il parait que cela veut dire “jeu” en sanscrit. Pour moi, c’est un kaléidoscope traduit en sons inouïs et en rythmes. Un vrai hymne à la joie !

Catalogue d’oiseaux (Accord, 2000)Voir la notice

Particulièrement recommandé aux ornithologues amateurs et à ceux qui n’ont pas le courage de marcher des heures dans la montagne pour entendre chanter le chocard des Alpes. Trêve de plaisanterie, Messiaen a ici transposé en musique les chants d’oiseaux qu’il a commencé à collecter depuis l’âge de 15 ans. Comme il n’était pas un ingrat, c’est à “ses modèles ailés” (et aussi à sa femme la pianiste Yvonne Loriod) qu’il a dédié l’œuvre.

La Nativité du Seigneur (Calliope / Harmonia Mundi, 1986)Voir la notice

Pourquoi précisément cette œuvre pour orgue ? Parce qu’il faut bien être un peu chauvin : elle a été écrite et créée à Grenoble par Messiaen alors âgé de 27 ans. En outre, elle est grandiose ! De ses propres dires, elle a été inspirée par les montagnes toutes proches. Et tenez-vous bien, en plus de toutes ses activités, ce musicien catholique « né croyant » tenait la tribune d’orgue de l’église de La Trinité à Paris tous les dimanches matin ! Des mauvaises langues prétendent que le curé de la paroisse avait demandé à Messiaen de réserver ses improvisations à la dernière messe et de jouer un répertoire plus classique aux deux premières…avant d’être célèbre, bien entendu…

Quatre études de rythme dans Le monde de Messiaen (Musidisc, 2001)Voir la notice

Plutôt pour les inconditionnels car un peu austère. C’est pourtant, aux dires des savants musicologues, les trois minutes de piano de la deuxième étude qui ont bouleversé l’histoire de la musique et ouvert à Boulez, Stockhausen (et bien d’autres) la porte de la musique sérielle…

Hommage à Olivier Messiaen (Montaigne, 1988)Voir la notice

Parce que ce concert a été l’un des temps forts de l’hommage rendu au maître pour son 80e anniversaire, par le monde musical, bien sûr, par son épouse la pianiste Yvonne Loriot et par l’un de ses élèves les plus célèbres, Pierre Boulez.

Saint François d’Assise : scènes franciscaines (Deutsche Grammophon, 1999)Voir la notice

Il fallait bien qu’Olivier Messiaen et Saint François d’Assise se rencontrent au-delà des siècles et des pays. Ils avaient tant à partager ! Voici l’œuvre que j’aimerais tant voir représenter pour ce centenaire : un orchestre de 120 musiciens, un chœur de 150 chanteurs, sans compter les solistes, la synthèse, dit-on, de ses thèmes favoris et de son langage musical. Elle dure 4 heures et demie. Folle entreprise ? Heureusement, il y a un disque !

La liturgie du cristal [DVD] (Idéale audience, 2007)Voir la notice

Plein d’interviews pour le voir et l’entendre en personne, écouter des extraits de ses œuvres, et même assister à un de ses cours au Conservatoire de Paris.

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par Annette


La famille c’est lyrique : trois exemples tirés de 3 œuvres majeures du répertoire

A découvrir | 3 avril 2008

MOZART, Les Noces de Figaro : Le sextuor de l’Acte III : Figaro, Marcelline, Bartolo, Curzio, Le Comte, Suzanne”Riconoci in questo amplesso una madre, amato figlio”

Le nozze di figaroRappel des faits : à l’occasion du mariage de Figaro et de Suzanne le comte Almaviva très sensible aux attraits de la soubrette de sa femme imagine de rétablir le droit de cuissage….rien que ça ! ! ! Avec Marcelline et Bartolo il noue des intrigues assez complexes pour faire épouser Figaro par Marcelline , c’est là que plus personne ne comprend rien au livret ! ! ! Mais … surprise : Figaro se révèle être le fils de Marcelline et Bartolo, et dans la stupeur générale : “sua madre ???”, “sua padre ??” les gifles pleuvent mais les projets libidineux du Comte semblent bien compromis

Cet ensemble de 2 voix de femmes et 4 d’hommes permet d’apprécier les différences de timbres entre les 4 barytons et les 2 sopranos et de se réjouir de la vélocité vocale des chanteurs qui doivent assurer à ce sextuor une vivacité et un rythme contagieux. Direction René Jacobs excellente distribution très homogène.

Le Nozze di Figaro / W.A. Mozart (Harmonia Mundi, 2004)Voir la notice

VERDI, La Traviata : Air de Germont “Pura siccome un angelo” et duo avec Violetta à l’Acte II

Morceau de bravoure de tout baryton qui se respecte, cet air de l’acte II sonne la fin du bonheur pour Violetta et Alfredo. Giorgio Germont, type même du Pater Familias vient exposer les règles de bienséances de l’éducation bourgeoise, qui ne saurait tolérer une ” traviata ” dans la famille :

“Pure comme un ange
Dieu m’a donné une fille
Si Alfredo refuse à présent
De retourner au sein de sa famille
Le jeune homme aimant et aimé
Qu’elle devait épouser”
Se refuse à ces liens
Qui nous rendaient heureux !!!! ”

C’est généralement dans cette scène du sacrifice de Violetta acceptant de se séparer de son amant pour le bien de sa jeune sœur que sortent les premiers mouchoirs.(Rôle de Germont très bien chanté par Thomas Hampson, celui de Violetta étant tenu par Anna Netrebko).
La Traviata [DVD] / Giuseppe Verdi (Deutsche Grammophon, 2005)

BERG, Wozzeck : Berceuse de Marie Acte I Scène 3 “Eia popeia…Mädel, was fängst Du jetzt an ?”
Alban Berg - WozzeckLa fille-mère la plus célèbre de l’opéra commence dès l’acte I à comprendre que la famille monoparentale c’est pas le rêve. Elle chante une berceuse poignante à son fils sur un thème repris dans la scène finale où une des dernières répliques “Dein mutter ist tot” (Ta mère est morte) confirme à l’enfant qu’il est seul au monde et que cet opéra n’est pas le plus gai du répertoire.

Cette œuvre majeure de l’opéra nécessite des chanteurs qui non seulement assurent musicalement et vocalement mais manifestent une présence et un engagement parfaits. C’est Hildegarde Behrens qui chante ce rôle difficile dirigée par Claudio Abbado.

Wozzeck [DVD] / Alban Berg (RM Associates, 1987)

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par Marie H.


Zoom sur les élèves chanteurs et accompagnateurs du Conservatoire de Grenoble.

Musique en bibliothèque | 28 mars 2008

Devenus des habitués de la bibliothèque Kateb Yacine, le groupe d’étudiants du CNR (Conservatoire National de Région) de Grenoble, non content de squatter l’auditorium, se permet en plus de ça de nous proposer à chaque fois des concerts-lectures originaux et réussis, amenant à la bibliothèque un public toujours plus nombreux.
Ayant accumulé un retard de compte-rendu considérable et à court d’adjectifs, je préfère vous proposer ces petites vidéos de leurs dernières représentations.

Bon visionnage!

Concert lecture “Mozart au quotidien” (19.01.08)
Concert lecture “Destination Vide” (Science-Fiction) (08.03.08)

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par Emeline


Via Musique : Francis Poulenc, moine ou voyou ?

A découvrir | 15 janvier 2008

En 1917, il a 18 ans et présente à son prof du Conservatoire de Paris Paul Vidal son oeuvre “Rapsodie nègre”, pour baryton et orchestre de chambre. Commentaire du prof : ” votre oeuvre est infecte, inepte (…) c’est une couillonnerie infâme (…) Je vois que vous marchez avec la bande de Stravinski, Satie et compagnie, eh bien bonsoir ! “

Dans le même temps Jean Cocteau et Guillaume Apollinaire jouent les rebelles eux aussi… Cet avant-gardisme dans l’air du temps des années 20 s’ illustrera entre autre par les créations du Groupe des six (Francis Poulenc, Arthur Honegger, Georges Auric, Germaine Taillefer, Louis Durey, Darius Milhaud), qui composeront la partition du ballet Les mariés de la Tour Eiffel de Jean Cocteau.

On pourrait dire que Poulenc est un classique sensible et antiacadémique…

Conchord - Sextet for piano and wind quintetSextet for piano and wind quintet / Francis Poulenc (Sanctuary Records, 2005)Voir la notice

 

Ses créations sont d’une variété incroyable : “voyou” dans sa musique de chambre, écoutez donc le rondo du trio pour piano, hautbois et basson, le scherzo de la sonate pour hautbois et piano, la finale du sextet pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor !

Francis Poulenc - French contemporariesPoulenc and his french contemporaries / Francis Poulenc (Avie, 2006)Voir la notice

“Moine”, il peut le sembler dans ses magnifiques compositions religieuses “Salve Regina”, “O magnum mysterium”, “Litanies à la Vierge Noire” mais sa musique reste enjouée, lumineuse, apaisante.

 

Concerto pour orgue et orchestre

Autour du concerto pour orgue et orchestre / Francis Poulenc (Intrada, 2007)Voir la notice

Au départ commande d’une riche héritière (la fille d’Isaac Singer – les machines à coudre !), ce disque se distingue par sa profonde originalité : rarement orgue et orchestre se fondent ainsi en une atmosphère solennelle, ardente, lyrique, grandiose.

 

Trois disques différents, des interprètes de choix :

L’orchestre Conchord, 6 musiciens anglo-saxons à géométrie variable explorant avec bonheur toutes les formules de la musique de chambre proposées par Poulenc.

Le Choir of New College Oxford, dirigé par Edward Higginbottom, véritable institution depuis 600 ans, nous ravit une fois de plus par la pureté de ses voix.

Enfin l’organiste de grand talent Vincent Warnier et l’orchestre Les siècles dirigé par François-Xavier Roth concourent à mettre en relief un compositeur qui, s ‘il n’est pas inconnu, n’est pas non plus écouté le soir à la veillée ! Alors que franchement, si vous voulez de l’ émotion, laissez-vous gagner, toutes ces oeuvres en sont truffées, mieux que le foie gras…

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par Anne


RAMEAU, “Les Paladins” [DVD]

Album de la semaine | 12 septembre 2007

paladins.jpgCe spectacle enregistré en public au Théâtre du Châtelet est un véritable feu d’artifice: il mêle la musique baroque (œuvre de Rameau inspirée de la fable de La Fontaine “Le petit chien” ), la danse hip-hop, la danse classique, l’acrobatie, le tout joué devant des projections sur écran géant de scènes surréalistes - animaux qui déambulent, individus aux costumes chatoyants rebondissant sur un trampoline, danseurs et chanteurs préalablement filmés qui se mêlent ainsi avec ceux présents sur le plateau…

C’est une réalisation intense et très originale qui dégage une énergie extraordinaire. A déguster à la rentrée pour une mise en joie garantie !

cd5.jpgLes Paladins [DVD] / Jean-Philippe Rameau, mise en scène José Montalvo, chorégraphie et vidéo Dominique Hervieu (Ed. Opus Arte, 2005)

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par Anne


MOZART, “Am Stein Vis-à-Vis”

Album de la semaine | 24 avril 2007

mozart2.jpgA l’époque de Mozart, dont on a quelque peu célébré le 250è anniversaire de la naissance, (ah bon, vous n’aviez pas remarqué ?) existait un instrument hybride, appelé le « vis-à-vis », sorte de piano avec un clavier au son de pianoforte à un bout, et 3 claviers au son de clavecin à l’autre bout ; d’où son appellation, car on pouvait jouer à 2 en se voyant, en vis-à-vis.

Il ne reste dans le monde que 2 exemplaires de cet instrument construit par Johann Andreas Stein en 1777 : celui-ci a été déplacé exceptionnellement de Vérone pour cet enregistrement unique en son genre.

Le résultat donne une couleur insolite et lumineuse à ces œuvres, grâce bien sûr au talent d’ Andreas Staier et Christine Schornsheim, qui s’en donnent visiblement à chœur joie.

Interprètes :
Andreas Staier,
Christine Schornsheim
, piano
Edition Harmonia Mundi, 2007

schornsheim.jpg staier.jpg
Album disponible Bibliothèque Kateb Yacine

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par Anne

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