3 juin 2008

Album de la semaine : XAVIER GARCIA, “Radiorama”

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Cet enregistrement est le résultat d’une commande que l’ Ina-Grm (Institut National de l’Audiovisuel / Groupe de recherches musicales) a confié à Xavier Garcia (conception générale, sampler, traitements), Alexandre Meyer (guitare électrique) et Lucia Récio (voix) : Christian Zanési, du GRM, et Arnaud Touveron, de la phonothèque de l’INA, leur ont demandé d’utiliser librement 50 ans d’archives radiophoniques et d’en faire un “recréation” musicale.
Xavier Garcia a fait de cette matière sonore une œuvre de collages et de mixages, mêlant des tranches de ces “ondes merveilleuses”, la guitare électrique et la voix comme autant d’éléments sonores. On y retrouve avec bonheur des citations de Coluche, Pierre Dac (et les inoubliables Albert Tunoulet et Raphaël Fauderche), le Général De Gaulle, le début des radios libres, et dans la série “la physique amusante”, un mode d’emploi pour régler la stéréo.
Suivons le conseil qui nous est donné : “Accordez vos appareils…”, et laissons-nous aller tour à tour à la nostalgie, au rire et aux questionnements sur l’avenir de la radio.

Pour suivre quelques pistes dans le domaine des musiques expérimentales et “de traverse”, un livre passionnant a été publié en 2007 par Philippe Robert aux éditions Le mot et le reste : “Musiques expérimentales : une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques”, préfacé par Noël Akchoté.
C’est un livre que l’on peut butiner au gré de son humeur : chaque texte met en lumière un enregistrement d’un créateur, et ne dépasse généralement pas les trois pages (et bien sûr vous pouvez retrouver bon nombre des musiciens cités dans les rayons des discothèques de Grenoble).
Ce livre est cité dans deux articles : sur le site Néosphères, qui comme son nom l’indique, s’intéresse aux musiques innovatrices dans tous les domaines (rock, jazz, électro, etc), et dans un article de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, intitulé “Musique expérimentale”, sur les différents emplois de ce terme, très clair et bourré de liens interessants.

Radiorama / XAVIER GARCIA (Signature, Radio France 2006) Voir la notice
Musiques expérimentales / PHILIPPE ROBERT (Le mot et le Reste, 2007)Voir la notice

Un site amateur (www.avantgardeproject.org), qui propose des enregistrements de musique contemporaine ou électroacoustique jamais édités en Cd, numérisés à partir de vinyles au format Flac.

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5 mai 2008

La révolution en chantant…

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A chaque époque, historique ou personnelle, correspond une bande-son. En effet, qui n’a pas gardé en mémoire une mélodie qui a bercé son enfance, voire même un slow langoureux et interminable sur lequel mille et un émois se sont éveillés, avec des bons souvenirs…

Là, je m’égare un peu, mais il est vrai que c’est le printemps… C’est d’un autre printemps dont je voulais vous causer. En mai 68, le mot « révolution » était sur toutes les lèvres et les chansons ont accompagné ce mouvement de protestation. Je voulais vous proposer la lecture d’un ouvrage fort intéressant sur les chansons engagées, de quoi préparer une bande-son révolutionnaire imparable.

Christiane Passevant et Larry Portis ont écrit le “Dictionnaire des chansons politiques et engagées : ces chants qui ont changé le monde”, aux Editions Scali, sorti en 2008. Dans ce livre, ils nous proposent une très large sélection de chansons internationales (de l’Afrique aux Etats-Unis) engagées politiquement ou socialement.
L’intérêt s’est porté sur la chanson ouvrière, libertaire, contestataire et révolutionnaire. C’est pourquoi on y trouve aussi bien “Anarchy in the UK” des Sex Pistols que “Le temps des cerises“. Le répertoire international couvre aussi une large période : de La Commune à nos jours. Et des styles musicaux très larges : de la chanson française au punk, en passant par le folk.
Ouvrage objectif et généraliste avec un petit bémol cependant, on trouve de trop nombreuses citations concernant le chanteur Serge Utgé-Royo. Ceci étant, il est le seul défenseur de la chanson contestataire en France.

Voilà de quoi largement varier la programmation musicale des cortèges des manifestations et après “L’ Internationale“, on pourra entonner «tous ensemble» la magnifique chanson “Redemption song” de Bob Marley. Camarades révolutionnaires, à vos platines. C’est la lutte… en chantant !

Dictionnaire des chansons politiques et engagées / PASSEVANT & PORTIS (Scali, 2008)

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29 avril 2008

J’ai rencontré Bob Dylan à la bibliothèque

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Bob Dylan - Chroniques #1

Alors que je rangeais les documents dans les rayonnages de la bibliothèque, je suis tombée nez à nez avec Bob Dylan, enfin, sur son autobiographie intitulée “Chroniques”. L’actualité sur ce livre était dépassée (…les critiques avaient été élogieuses à sa sortie d’ailleurs…) mais un je ne sais quoi me poussait quand même à l’emprunter. Je tergiversais car je pensais connaître le personnage et son œuvre discographique. Fort heureusement, la curiosité l’a emporté sur la raison et j’ai plongé dans les lignes écrites par l’artiste.
Je suis parti en voyage dans le Greenwich Village des années 60, quartier de New-York qui en a vu d’autres mais qui a, aussi et surtout, vu l’émergence du mouvement folk. J’ai donc suivi les traces personnelles et musicales de Bob Dylan.

Bob Dylan n’étant pas le premier musicien venu, l’intérêt que l’on porte à son personnage est multiple et la lecture de ses « chroniques » s’est révêlée un vrai régal.
Dés le début, il n’a cessé de jouer avec les apparences pour casser une image trop lourde à porter. Il s’est inventé des tas de personnages pour tenter d’échapper à une popularité envahissante. Ce processus complexe est expliqué par l’auteur lui-même. On comprend ainsi pourquoi il a pris la fuite par moments, pourquoi il a fabulé, pourquoi il racontait des inepties pendant les interviews.
Mais, Bob Dylan est surtout un musicien hors-pair, amateur de musique et c’est en véritable amoureux de la musique qu’il nous parle du folk, de l’écriture musicale, du processus créatif, du travail en studio et des tournées, des musiciens qu’il adore (et il y en a beaucoup), de ceux qui l’accompagnaient et de la vie en général.

Les “Chroniques ” de Bob Dylan nous restituent le début d’une incroyable histoire : celle d’un artiste essentiel et surtout l’histoire du rock.

Chroniques vol.1 / BOB DYLAN (Fayard, 2005)

Je ne saurai trop vous recommander, après la lecture de son autobiographie :

- de visionner le fabuleux DVD documentaire que Martin Scorsese lui a consacré : No direction home.
- d’écouter sa discographie, disponible dans vos bibliothèques (c’est merveilleux une bibliothèque !)
- et surtout, si vous pouvez, d’aller le voir en concert en juin à Grenoble.

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8 décembre 2007

Les musiciens de jazz et leurs trois voeux

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Les musiciens de jazz et leurs 3 voeuxLa baronne Pannonica de Koenigswarter, riche héritière et passionnée de jazz, est devenue la muse et mécène des plus grands noms du jazz des années 50 : Charlie Parker (mort chez elle le 12 mars 1955), Miles Davis, Betty Carter, John Coltrane… et surtout Thélonious Monk.

Ce livre, enrichi de photos, recueille les trois voeux de chaque musicien hébergé par celle que les jazzmen avaient pris l’habitude d’appeler affectueusement “Nica”. Ouvrage unique et émouvant.

Morceaux choisis :

Je me souviens qu’on m’a posé cette question quand j’étais petit ! Le premier ce serait d’avoir un anneau magique qui me permettrait de réaliser tous mes voeux, et je n’aurais donc pas besoin des deux autres.Bill Evans

Deux de mes souhaits se sont déjà réalisés : jouer avec Thelonious Monk et avec Dizzy Gillespie… Donc je n’ai plus qu’à en trouver un… Etre un grand jazzman.Sam Jones

Que ma musique ait du succès. Que ma famille soit heureuse. Qu’on me donne une amie géniale comme toi !Thelonious Monk
Les musiciens de jazz et leurs trois voeux / Pannonica de Koenigswarter Voir la notice

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9 octobre 2007

Lester Bangs : “Fêtes sanglantes et mauvais goût”

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fetes.jpgSelon ma fille de14 ans, le monde se partage entre les fashions, les racailles et les intellos. Et à la limite les loosers mais bon, ils font souvent partie de la 3ème catégorie.
Elle nous a dit ça au détour de la conversation, un dimanche qui se finissait aussi tranquillement qu’il avait commencé. Je suis d’abord resté dubitatif, une telle sentence mérite réflexion. J’ai réfléchi un peu, et comme je suis son père et qu’il faut bien que je donne le change, j’ai ajouté : et les déjantés aussi! S’en est suivi une petite discussion et elle a fini par reconnaître qu’on pouvait facilement classer Angus Young dans cette dernière catégorie.
Cette définition du Monde aurait plu à Lester Bangs. Et avec une accroche comme ça ma fille aurait sans problème été embauché au magazine Rolling Stone en 1970 … enfin pas dans le même bureau que Lester parce que sur le fameux “sex drug & rock’n'roll”, le sieur en connaissait un rayon.
Il n’y a pas photo pour coller une étiquette sur le dos de ce bon vieux Lester, il aurait fait partie des déjantés, des barrés, des décalés … bref, des rockers.
Qui d’autre avant lui aurait pu chroniquer un disque en divaguant sur sa virée nocturne de la veille, qui aurait pu interviewer Jimi Hendrix en direct du paradis? Qui d’autre en aurait plus raconté dans ces mêmes chroniques sur ses frasques personnelles et sur l’esprit de son temps que sur le chorus du troisième morceau du dernier album de Jefferson Airplane que tout le monde préfèrera écouter? Qui aurait osé traiter Led Zeppelin, alors en pleine gloire, de “pédales émaciées”?
Bangs! Il n’y avait que lui pour créer ce genre qui allait se révéler à la fois littéraire et ethnologique (excusez du peu) dans la lignée de ce qu’on nomme le journalisme gonzo popularisé par Hunter S. Thompson dans “Hell’s Angels : a strange and terrible saga”. Une façon subjective de traiter un sujet en parlant de soi en train de traiter le sujet.
Bangs! Bangs! Voilà Bangs qui me monte à la tête (quel nom quand même!). Quel bonheur de lire ses pages où de la musique qui pouvait passer pour du déchet d’après certains rock-critics trouvait grâce à ses oreilles : tout ce qui allait préfigurer le punk…

En guise de conclusion je vous laisse méditer cette définition de Hunter S. Johnson : “[Le reportage gonzo] conjugue la vivacité de plume du reporter confirmé, l’acuité visuelle du photographe de guerre et les couilles du quarterback au moment du lancer”…YEEAAH!

Fêtes sanglantes et mauvais goût / Lester Bangs (Tristram, 2005)Voir la notice

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24 septembre 2007

Rencontre avec Magyd Cherfi à la Bibliothèque Kateb Yacine

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Magyd Cherfi - La trempe
Après six albums avec son groupe toulousain Zebda (rendu célèbre avec le tube “Tomber la chemise”) Magyd Cherfi a pris en 2004 un chemin solitaire avec un disque “Cité des étoiles”, et un livre “Livrets de famille”. Il récidive cette année avec “Pas en vivant avec son chien”, et “La Trempe”, qu’il présentera lors d’ une rencontre organisée en partenariat avec le festival Rocktambule.

“La Trempe”, où huit récits pétillants nous promènent dans sa vie avec un humour sensible et une verve captivante. Riche, sensible, atypique, pétulant de vie, ce livre vous fera rater votre arrêt de bus, c’est sûr…
Et parce que Magyd est non seulement poète mais chanteur, son disque illustre tout cela, dans une veine plus intimiste que ceux de Zebda ; nous retrouvons cette richesse explosive des textes, sur des musiques aux couleurs rap, salsa, reggae, musette, boogie ! Sans oublier l’ ironie, la dérision, les peintures sucrées-salées de notre société qui marche sur la tête et qui mobilise son sens aigu de la justice.
Si vous lisez “La Trempe”, ce que nous vous recommandons vivement, vous aurez la réponse à l’énigme de ce titre du disque “Pas en vivant avec son chien”, dans un grand éclat de rire !

Tout un tas de bonnes raisons pour venir rencontrer cet auteur poly-talentueux, et ensuite courir à son concert, le soir même, à l’ Espace Jargot de Crolles, pendant ce festival Rocktambule qui décidément ne nous déçoit jamais.

Rencontre avec Magyd Cherfi, vendredi 12 octobre à 17h30, Bibliothèque Kateb Yacine (Grand’ Place).

Pas en vivant avec son chien/ Magyd Cherficd1.gif

La trempe / Magyd Cherfilivre.gif

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