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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


LUCIEN DUBUIS TRIO & MARC RIBOT, “Ultime cosmos”

Album de la semaine | 13 septembre 2010

En Suisse, il n’y a pas que le chocolat…

“Ultime cosmos” (mais pas ultime galette espérons-le), ce troisième album du trio helvète renouvelle le plaisir que j’avais eu à découvrir les précédents : le premier,  Tovorak a déjà été un de mes coups de cœur lors de sa sortie - m’évoquant, Suisse oblige, une tablette de chocolat au piment, mélange d’énergie, de candeur (apparente) et de surprises.

Le suivant, intitulé fort à propos Le retour, confirmait cette impression, et était à nouveau dans mon top 5 de l’année (2007 me semble-t-il).

Sur “Ultime cosmos”, Lucien Dubuis (sax alto, clarinettes basse et contrebasse) officie toujours en trio avec Roman Nowka à la basse et Lionel Friedli à la batterie, augmenté cette fois d’un invité de marque : Marc Ribot, qui a traîné l’élégance de sa guitare dans des univers aussi divers que ceux de John Zorn, Marianne Faithfull, Laurie Anderson ou Alain Bashung, tout en pratiquant des incursions vers la musique brésilienne, et dont la présence sur cet album tempère le côté “art brut” du trio sans en gommer l’énergie.

Les compositions de Lucien Dubuis évoquent moins le monde de l’enfance que dans ces précédents albums, abandonnant les “Il était une fois”, “Bouillie de carottes” , et autres “Gouttes au nez” (et oui, les enfants grandissent…); la pochette n’arbore plus les dessins du petit Mateo, nous entrons visiblement dans la tranche adolescente, science fiction et jeux vidéos… Mais toujours assises sur une pulsation binaire, les compositions du trio ont gardé cette saveur de confiseries aux accents rock ou aux allures de ballades nonchalantes, soumises à des poussées de fièvre exultatoires (je ne suis pas sûre que le mot existe, mais c’est bien l’effet que ça me fait !) : un mélange de pulsation rock, de riffs funky, d’improvisations jazz, avec ce fameux zeste de piment qui surprend et chatouille les oreilles!

Cerise sur le gâteau, le disque est doublé d’un DVD, dans lequel, outre des instantanés du processus de l’enregistrement de l’album et des captations de concert, on découvre en bonus :

- des images de la clarinette contrebasse, cet instrument étonnant aux sonorités d’ancêtre que Lucien Dubuis sait faire “groover” comme une jouvencelle.
- que les qualités d’isolant phonique des boîtes d’œufs ne seraient pas un mythe.
- que l’accent suisse n’est pas forcément celui qu’a immortalisé la pub pour Ovomaltine, et enfin que les regards malicieux échangés par les musiciens nous prouvent que non, la création ne se fait pas forcément dans la douleur…

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par Martine


KNOCK’ON OUD

A découvrir | 23 août 2010

Le oud sort de son carcan traditionnel pour flirter avec le jazz. L’occasion pour lui de se frotter à un plus large public … pour notre plus grand plaisir!

Le oud est un instrument à cordes pincées issu de la famille des Luths. Originaire du Maghreb et du Moyen Orient, le oud comporte 5 cordes doublées et une corde simple (qui produit le son grave). De part sa sonorité dotée d’une grande résonance, il est l’instrument roi de la musique Orientale, de la musique arabo-andalouse, jusqu’à la musique chaabi. Depuis quelques années il a fait son apparition dans le jazz avec des artistes tels que Anouar Brahem, Rabih Abou-Khalil, ou Dhafer Youssef. C’est le moment de faire plus ample connaissance avec lui.

methode-de-oud.jpgLa méthode de Oud  par Abdou Ouardi (éd. J.J. Rebillard, 2009)
Les éditions J.J. Rebillard ont relookées leurs collections de partitions, elles offrent maintenant à leurs lecteurs des méthodes à la maquette soignée et surtout au contenu plus large. En effet avec cette méthode de oud, Abdou Ouardi (professeur au Conservatoire d’Essaouira et chef d’orchestre de la ville de Safi), resitue historiquement cet instrument et présente les plus grands joueurs à travers l’histoire musicale du oud. Puis l’instrument est passé au peigne fin avec une explication détaillée des différentes typologies de oud. Vient ensuite la partie technique, où Abdou Ouardi aborde la tenue de l’instrument, le plectre (sorte de médiator) et enfin les exercices de jeu. Une méthode claire et très complète avec un disque d’accompagnement et de démonstration.

anouar-brahem-the-astounding-eyes-of-rita.jpgSi vous n’êtes pas musicien, laissez-vous plutôt bercer par le dernier album d’Anouar BrahemThe astounding eyes of Rita“, sorti en 2009 chez ECM. Anouar Brahem est un des maîtres actuel du luth, il mêle avec virtuosité tradition et musiques improvisées. Sur cet album il est accompagné d’une clarinette basse (Klaus Gesing), d’une guitare basse (Bjorn Meyer) et de percussions : darbouka et bendir (Khaled Yassine). Un album intimiste où la poésie du oud est assenée par touches légères. Un véritable appel à la rêverie et au voyage. Invité lors du dernier Grenoble Jazz Festival, Anouar Brahem a plongé la salle entière dans un état second. Comme une hypnose collective où l’esprit part à la dérive, une musique qui touche à l’âme.

Vous l’aurez compris, le oud est un instrument magique dont la musicalité véhicule des sentiments forts. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un instrument vieillot! Les bibliothèques sont là pour vous prouver le contraire, de nombreux autres disques, DVD et partitions vous-y attendent, profitez-en!

Où trouver “la méthode de Oud”?

Où trouver “The astounding eyes of Rita”?


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par Emeline


CHRISTOPHE MONNIOT, “Vivaldi universel [saison 5]”

Album de la semaine | 3 mai 2010

Coup de cœur pour un coup de gueule !

Ce coup de gueule qui m’a tant plu, c’est celui que Christophe Monniot pousse à travers son “Vivaldi universel [saison 5]” : le jazz a toujours été pour moi une musique de résistance et de lutte, depuis le blues des esclaves africains déportés vers le nouveau monde dans laquelle il plonge ses racines, jusqu’au free jazz  qui voulait faire éclater les cadres établis, sur fond de lutte contre la ségrégation raciale.

Ici encore, ce jazz-là exprime sa révolte contre l’inacceptable : la 5ème saison dont il est question, c’est celle qui nous advient, déréglée par l’aveuglement des sociétés occidentales et la course aveugle au profit : réchauffement climatique, pollutions irréversibles, avancée du Sahara qui pousse les populations à l’exode, alors que les pays “riches” ferment leurs portes…

Christophe Monniot fait ici feu de tout bois pour nous toucher au vif : partant des thèmes des Quatre saisons de Vivaldi, il mêle aux sons des saxophones (les siens + celui du quatuor Arcanes) la bande originale de Sylvie Gasteau (”les arrières saisons”), constituée de voix d’enfants, de réflexions de paysans sur la météo, et de la lecture d’extraits d’un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Un disque qui nous rappelle haut et fort que la musique est toujours d’une façon ou d’une autre ancrée dans son époque, que l’indignation et la révolte la traversent et peuvent être portées par elle, sans rien sacrifier de ses exigences artistiques.

Preuve aussi que le jazz est toujours aussi vivant, toujours prêt à s’ouvrir à tous les moyens d’expression, toujours prêt à s’affranchir des codes et des clichés.

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http://www.inclinaisons.com/artistes/index.php?ref=christophe-monniot-131&id=135

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par Martine


LE CHIEN DEGUISE EN VACHE

Musique en bibliothèque | 28 mars 2010

delaunay-heuvel2.jpg

Petite rétrospective du concert du 27 Mars avec Catherine DELAUNAY et Pascal VAN DEN HEUVEL, à la bibliothèque Kateb Yacine.

delaunay-heuvel.jpgDans le cadre du 38ème Grenoble Jazz Festival, la bibliothèque a pu recevoir ce duo jazz et musiques improvisées, un dialogue continu entre clarinette et saxophone, une musique évocatrice et presque cinématographique…

Un grand merci à Catherine & Pascal … et à la pluie qu’ils ont su inviter au concert!

Retrouvez “le chien déguisé en vache” sur www.lesneuffillesdezeus.com

Le CD est disponible à la bibliothèque Centre Ville et prochainement à Kateb Yacine. (cliquez)


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par Emeline


PETRUCCIANI - NHOP

Album de la semaine | 25 mars 2010

“All blues à Copenhague”. En 2009 là-bas, le vrai blues oui, celui des débats d’urgence qui accouchent d’une souris…

En 1994, un grand concert, donné au Copenhagen Jazzhouse par 2 grands jazzmen morts bien trop tôt : Michel Petrucciani en 1999 à 37 ans, Niels-Henning Ørsted Pedersen en 2005 à 59 ans (c’est lui, NHǾP !). Un piano, une contrebasse, c’est tout : formule risquée où chacun doit assurer mélodie, rythmique, harmonique, ensemble, ou seul, ou à tour de rôle, et prendre sa place tel un acrobate. En jazz, autant de façons de jouer que de partenaires avec soi, là est la difficulté – malgré cette magie du “jouer ensemble”, possible de façon impromptue grâce à une grille d’accords sur un morceau de papier !

Dans ce disque, 15 standards, dont certains tubes comme “Autumn leaves“, “Someday my prince will come“, “Round midnight” : comme le dit si bien Pascal Anquetil, auteur du texte de présentation du disque absolument croustillant (le texte) : “Danger ! Le standard est ce qui pardonne le moins […] il y faut le juste tempo, l’intro qui égare, la mesure qui déroute, la ré-harmonie qui intrigue […]: c’est ce défi que réussissent si magnifiquement Michel et Nhǿp.”

Un hommage à deux grands comme ceux-là s’imposait à l’heure où le Grenoble Jazz Festival bat son plein, avec une belle brochette de musiciens bien vivants que vous devriez aller écouter (consultez notre discographie) : d’autant plus que ce festival est la dernière édition en tant que tel à Grenoble. L’an prochain, un festival fusionnant celui-là et les 38e Rugissants  aura lieu en avril. Il est vrai que toutes les musiques fusionnent de plus en plus et nos interrogations pour savoir où les ranger en témoignent ! Mais bon, le jazz reste le jazz, même 38 éditions plus tard (« ah ! mais c’est pour ça qu’ils fusionnent alors ? »)

En attendant ne manquez pas samedi prochain 27 Mars à 13h le concert à la bibliothèque Kateb Yacine « Le chien déguisé en vache » : tout un programme ! Entrée libre bien sûr, comme d’habitude

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par Anne


ACOUSTIC LADYLAND, “Living with a tiger”

Album de la semaine | 20 février 2010

Pour ceux qui avaient vu “Tetraband”, le quartet de Bojan Zulfikarpasic (Grenoble Jazz Festival 2008) ce groupe venu de Londres, c’est la moitié de Tetraband (Sebastian  Rochford, batteur hiératique, et Ruth Goller à la basse) + Peter Wareham au saxophone et Chris Sharkey à la guitare : Tetraband se définissait comme un groupe de jazz-punk, ACOUSTIC LADYLAND peut inverser les termes de cette définition et y rajouter un côté funk : ils s’abreuvent à la fois aux sources du free jazz (le sax n’est pas sans rappeler John Zorn ou Albert Ayler), du punk (rythmes à 100 à l’heure, basse obsédante, batterie hyper précise et présente), et du funk, avec ses mélodies cuivrées entêtantes .

Je ne peux m’empêcher de penser en les écoutant à cet ovni des années 80, James Chance (alias James White) & the Contortions, qui puisait aux mêmes sources  : même façon de souffler le chaud et le froid, même côté un peu râpeux du son tout en étant d’une précision extraordinaire : un concentré d’énergie (le tigre est dans le moteur), allié à un peu de provocation, une pointe de lyrisme, et pas mal de groove.

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Bojan Z et le Tetraband en studio

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par Martine


“Je voudrais pas crever …” Concert autour de BORIS VIAN

Musique en bibliothèque | 12 février 2010

jazz-et-trompinette.jpgmarc-daniel.jpg

Encore un grand moment de musique et de convivialité lors de ce concert autour des poèmes, musiques et chansons de Boris Vian ! Bravo à tous

Spectacle présenté par l’association Les pieds dans l’eau et le Collectif Pince-Oreille.
Création en octobre 2009 dans le cadre du Conservatoire de Grenoble et de La Chaufferie.


Je voudrais pas crever …


Fais-moi mal Johnny

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par Emeline


JEREMY UDDEN, “Plainville”

Album de la semaine | 14 décembre 2009

Mais qui est donc ce mystérieux Jeremy Udden ? Aucune trace de lui dans les tablettes discographiques de nos bibliothèques… d’où peut-il bien sortir ? Seule trace, sur internet, où il est fait mention d’un premier album : celui-ci serait donc le deuxième, édité sur le label américain Fresh Sound New Talent, qui, en accord avec son intitulé, nous fait découvrir des nouveaux venus sur la scène musicale.

Il s’agit ici d’un cocktail original, un jazz mâtiné de blues, de folk et de country : la première plage, qui donne son nom à l’album, est une ballade de toute beauté qui nous plonge dans un climat nostalgique de fin d’après midi alangui, avec saxophone rêveur, orgue à pompe étirant le temps, et le banjo qui ajoute la petite touche d’acidité indispensable : un son dont il est aussi difficile de s’extirper que du fond d’un hamac !

Le reste de l’album nous promène entre rythmiques rock-qui-ne-sont-pas-vraiment-du-rock, ballades décalées, valses plutôt “clac clac pam” que “poum poum tchak”, le résultat évoquant plus Bill Frisell que le bal musette, …bref un disque plein de (bonnes) surprises et de chausse-trappes à oreilles, qui n’est jamais tout à fait là où il semble être, tout en nous prenant dans le sens du poil.

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par Martine


GETATCHEW MEKURIA & THE EX, “Moa anbessa”

Album de la semaine | 23 novembre 2009

8 mai 2008, L’Usine, Genève. Retrouvailles avec le groupe The Ex, une fois encore je suis au rendez-vous pour voir et surtout entendre ce groupe à nul autre pareil. Mais au bout du quatrième (ou cinquième ?) concerts, il me faut autre chose, une excitation particulière pour me faire déplacer à 2 heures de route de Grenoble, aller-retour dans la nuit et boulot le lendemain s’il vous plaît. Cette fois-ci, c’est leur association avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria qui m’a mis la puce à l’oreille. Getatchew est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce qu’on appelle communément l’ethio-jazz. Si vous avez vu Broken Flowers, vous avez alors forcément écouté son acolyte Mulute Astatke qu’en passionné et connaisseur de musique Jim Jarmusch avait déniché pour la bande originale de son film. La rencontre avec The Ex s’est faite à l’occasion d’une tournée en Éthiopie. Le groupe toujours avide de nouveaux espaces sonores à défricher avait rencontré de nombreux musiciens dont Getatchew.

Et une fois encore, le concert est hors du commun : l’alchimie qui s’opère entre ce groupe parti du punk-rock le plus radical et bruitiste et ce papi qui sculpte un somptueux phrasé entre le jazz et la musique orientale est totale. Comme souvent, le plaisir des musiciens à être ensemble est manifeste et l’on jurerait qu’il s’agit d’un groupe rodé par des années de route et de concerts communs : en plus de The Ex au grand complet et de Getatchew Mekuria on trouve sur scène un mini-big band (une trompette, un saxo et une clarinette) ainsi qu’un danseur éthiopien contorsionniste qui réalise des prouesses avec son corps (pas de mauvais esprit !). Une musique joyeuse, qui groove et qui réussit haut la main l’alliance du rock et de la musique africaine.

En plus du disque, vous pouvez également emprunter le DVD du concert enregistré dans le cadre de la clôture du festival “Banlieues bleues” en 2007.

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par Julien


RENAUD GARCIA-FONS, “La linea del sur”

Album de la semaine | 27 octobre 2009

Retour vers le soleil !

C’est l’histoire d’une danseuse sévillane. C’est l’histoire d’un joueur de swing à la Nouvelle-Orléans. C’est l’histoire d’un charmeur de serpent. C’est une histoire du sud, de ses multiples personnalités, de ses multiples racines musicales.

Dans La linea del sur, RENAUD GARCIA-FONS, virtuose de la contrebasse, et son quartet, créent des liens rythmiques et harmoniques entre la tradition et la modernité, et nous livrent une musique sudiste, riche de ses identités latino-américaine, espagnole et orientale.

Ils nous emmènent dans le Grand sud, sur fond de guitare flamenca, d’accordéon et de percussions. Une musique parfois profonde et réservée, parfois libérée et endiablée, comme on imagine les gens du sud. Un voyage qui nous porte tout droit jusqu’à la voix d’Esperanza Fernandez, chanteuse de flamenco sevillan, conviée à se joindre à La linea del sur pour quelques morceaux.

C’est vrai, l’été est terminé, mais dans La linea del sur, il y a encore un peu de moi sirotant une sangria à l’ombre des remparts de Salamanca

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par Alexandra


LOUIS SCLAVIS, “Clarinettes”

Album de la semaine | 20 octobre 2009

“Luis qui???”

Pour une fois, je ne vais pas sacrifier à la sacro-sainte loi de la nouveauté : la nostalgie étant ce qu’elle est, j’ai ressorti des bacs un des disques que j’avais choisi il y a déjà quelques années (une vingtaine pour être plus précise) d’emporter sur mon île déserte : “Clarinettes”, de LOUIS SCLAVIS, surnommé à l’époque “le petit prince de la clarinette basse”, en référence au roi Michel Portal.

Soutenu sur 2 plages par les percussions des lyonnais Christian Ville et Christian  Rollet, membres de l’ARFI  - Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire - , Louis Sclavis nous déroule le tapis somptueux de toutes les sonorités de ses clarinettes, des plus aiguës aux plus graves, des entrelacs et broderies tressés à l’aide du re-recording, des jeux de percussions des clefs sur le corps de l’instrument.

Hormis l’hommage aux dieux du jazz (Duke Ellington), et la main tendue aux camarades de l’ARFI, l’ensemble des compositions est de son cru, y compris le titre final plein d’humour “Moi c’est s’Mariano”, faisant allusion à cette époque où il arrivait d’entendre cette question : “Luis qui?” : question désormais superflue, il suffit de dire “Sclavis”, comme on dit “Portal” pour savoir de qui l’on parle !

PS : il existe dans les bibliothèques un certain nombre de disques comme celui-ci, qui cachent bien leur jeu : des trésors musicaux dans des pochettes particulièrement ratées, ou bien patinées par l’âge et les manipulations : des merveilles qui ne demandent qu’à être exhumées !

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Louis Sclavis

www.arfi.org


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par Martine


DAS KAPITAL, “Ballads & barricades”

Séances de rattrapage ! Pour ceux qui ont raté la prestation de DAS KAPITAL pendant le Grenoble Jazz Festival 2009, deux possibilités de réparer ça (cumulables, bien entendu) :

- leur dernier disque (dans les rayons de la bibliothèque), “Ballads & barricades”, qui rend hommage au compositeur allemand Hanns Eisler, auteur entre autres de l’hymne de la RDA.

- leur tournée dans les environs de Grenoble, où ils promènent en milieu rural leur création du mois de mars : une séance de ciné-concert, où ils créent en direct la bande son d’un film des années 30, “A la conquête des cimes”, relatant les exploits des pionniers de la montagne dans le massif du Mont-Blanc.

DAS KAPITAL est un trio trio dano-franco-allemand (Hasse Poulsen à la guitare, Edward Perraud à la batterie, Daniel Erdmann aux saxophones) qui nous propose une musique aussi libre qu’engagée, pouvant être aussi sereine qu’ exaltée.

1ère date le 1er octobre, dans un petit village du bout du monde à 15 kilomètres de Grenoble, Mont-Saint-Martin.

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Plus de détails sur www.jazzgrenoble.com

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BOZILO LIVE !

Album de la semaine | 1 septembre 2009

Bojan Z

BOZILO, BOZILO ? Drôle de nom pour un trio de musicos !

BO comme Bojan Zulfikarpasic au piano. ZI comme Karim Ziad, à la batterie et aux percussions. LO comme Julien Lourau aux saxophones, pour un trio aux origines et influences variées, des Balkans au Maghreb en passant par le funk pour en arriver à un jazz qui fait éclater les frontières.

Bien que ce soit sa première apparition discographique sous cette forme, ce trio est loin d’en être à ses débuts, puisque ces trois-là jouent ensemble en concert depuis plus de 10 ans, et se sont croisés dans plusieurs formations hexagonales (Henri Texier, Nguyen Lê pour ne citer qu’eux); cette profonde connivence s’entend d’ailleurs immédiatement dans cet enregistrement : pas le moindre flottement, on entre tout de suite dans le vif du sujet, l’énergie circule à fond, les arrangements sont une merveille d’équilibre entre ces 3 personnalités affirmées (comme le dit Julien Lourau, sur scène il y a 3 chefs !), chacun se glissant dans les compositions de l’autre comme dans ses pantoufles - non, je retire les pantoufles, c’est vraiment loin d’être une musique pantouflarde ! - (écoutez donc ces quelques mesures sur “Ifrikya” -composition de Karim Ziad -, où Bojan Z. fait sonner les aigus du piano comme quelque chose entre le steel drum et le balafon…).

Comment ne pas citer à propos de ce disque l’interprétation somptueuse que le trio nous offre d’ Ederlezi, thème traditionnel des Roms d’ Europe de l’Est, que Goran Bregovic nous avait déjà fait (re)découvrir dans le film d’ Emir Kusturica Le Temps des Gitans : intro un peu sombre dans les graves du piano faisant monter lentement la pression jusqu’à l’entrée musclée du sax soprano et de la batterie avant l’exposition du thème, où le saxophone se fait plus lyrique, thème suivi d’un développement improvisé au piano. 9mn 37 de pur bonheur… et le reste de l’album est du même tonneau : pour tout dire, c’est un album qui me dure depuis déjà plus d’une semaine, et qui m’en fera encore sans aucun doute quelques unes.

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Bojan Z.

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FRANCESCO BEARZATTI, “Suite for Tina Modotti”

Album de la semaine | 16 mars 2009

Un disque entier que FRANCESCO BEARZATTI qualifie lui-même “d’acte d’amour” envers une femme du début du XXème siècle..

Artiste (figure majeure de la photographie moderne), italienne immigrée très jeune aux Etats-Unis, engagée dans les processus révolutionnaires (elle séjourne au Mexique - où elle se lie avec Diego Rivera et Frida Kahlo, figures de la vie artistique et révolutionnaire de Mexico -, elle participe à la guerre civile espagnole…), Tina Modotti a vécu une vie pleine de passions amoureuses, artistiques, politiques : bref, une figure emblématique qui a inspiré Francesco Bearzatti, comme celle de Frida Kahlo avait inspiré le flûtiste James Newton dans les années 90.

Bien sûr, l’intérêt du sujet ne suffit pas à faire un bon disque, mais en l’occurrence il s’agit d’une vraie réussite : chaque composition représente une étape de l’existence de Tina Modotti, et chacune d’elle réussit à évoquer à la fois le climat du lieu - que ce soit l’Amérique, Mexico, Moscou ou l’Espagne - et les espoirs que l’on imagine fleurir dans le cœur de cette femme, ses révoltes et ses douleurs.

Plutôt que d’essayer de vous décrire la musique de ce quartet, qui m’a touché pour des raisons autant musicales que sentimentales, intellectuelles ou appelez ça comme vous voudrez, je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne ratez pas l’occasion, vous avez une chance inouïe, ils sont programmés pendant le Grenoble Jazz Festival 2009 !(le 26 mars à 18h30 à la MC2).

PS : Le personnage de Tina Modotti apparaît dans le beau film de Julie Taymor sur Frida Kahlo, “Frida“.

Suite for Tina Modotti / FRANCESCO BEARZATTI (Parco Della Musica, 2008)

Suite for Frida Kahlo / JAMES NEWTON (OMD, 1994)

Frida [DVD] / film réalisé par JULIE TAYMOR (TF1, 2002)

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par Martine


Le SAXOPHONE BARYTON : ça swingue grave !

A découvrir | 10 mars 2009

A l’occasion du Grenoble Jazz Festival, nous remettons à l’honneur cet article sur le saxophone baryton déjà publié sur Bmol il y a quelques mois. Le GRENOBLE JAZZ FESTIVAL, on en parle aussi ici.

Dans les années 1840, Adolphe Sax, facteur d’instruments belge, dépose un brevet pour une nouvelle famille d’instruments - les saxophones - qu’il concevait sur le modèle des cordes, du soprano au baryton, mais en cherchant un son plus puissant en particulier pour étoffer le son des fanfares militaires.

Un des premiers compositeurs à l’adopter fut Hector Berlioz (Chant sacré pour sextuor à cordes), mais cette famille d’instruments n’a véritablement acquis ses lettres de noblesse qu’avec le jazz, où l’expressivité de son timbre, sa puissance et la variété de ses possibilités font merveille.
On a bien sûr tous dans l’oreille des exemples multiples de sax ténor ou d’alto, voire de soprano, mais quid du baryton, grand-père fondateur (car le baryton a été le premier de la série, créé à partir d’adaptations de la clarinette basse) ? Comme souvent dans le cas des tessitures graves, il a longtemps été cantonné à un rôle de second plan, en l’occurrence au soutien rythmique, ou voué aux ponctuations relançant les riffs de cuivre dans les big bands de jazz ou les formations de rhythm’n'blues.
Pourtant il lui arrive de s’affranchir de ce rôle grâce à des solistes d’envergure, qui manient le baryton comme l’alto ou la clarinette, ce qui est déjà un bel exploit physique, quand on envisage le gabarit de l’engin !

En voici quelques uns, qui ont marqué l’histoire de l’instrument, ou qui tracent encore leurs sillons, comme on disait au temps des disques vinyls :

Harry Carney : d’abord clarinettiste (clarinette et clarinette basse), il est celui qui le premier a fait sortir le baryton de son anonymat, en jouant dans l’orchestre de Duke Ellington quasiment jusqu’à la fin de sa vie, et en y prenant des chorus au baryton autant qu’à la clarinette.
Duke Ellington : Live at the 1957 Stratford Festival (Music & arts, 1989) (chorus au baryton sur “Sophiticated lady”)

Gerry Mulligan, représentant du “jazz cool” : a tenu un rôle de soliste dans le premier quartet sans piano de Chet Baker dès les années 50, a joué avec Miles Davis (Birth of the cool). Il a aussi composé et arrangé de nombreux thèmes dont certains, comme “Line for Lyons”, sont devenus des standards. (Lire la suite…)

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par Martine

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