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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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MUNICIPAL WASTE "Massive aggressive"
Grenoble est sous la neige et vous avez froid : oubliez le vin chaud et écoutez plutôt du trash! Municipal Waste (déchets municipaux) est un excellent groupe composé de 4 gaillards plein d'humour, venus de Richmond (Virginie). Formés en 2001 ils ont pour particularité de présenter un trash très old-school, mais d'une puissance et d'une intensité assez incroyable. Connus également pour leurs concerts à l'ambiance festive, vous y verrez surement démarrer un circle pit. Eh oui, les concerts de trash sont de vrais moments de convivialité où l'on danse en cercle en se sautant dessus ... sans renverser sa bière (le circle pit)! Allez c'est bon, le trash ça existe depuis plus de 20 ans, arrêtez de vous dire que ce n'est pas pour vous ! Emeline

DÉJÀ DANS LES BACS

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ACOUSTIC LADYLAND, “Living with a tiger”

Album de la semaine | 20 février 2010

Pour ceux qui avaient vu “Tetraband”, le quartet de Bojan Zulfikarpasic (Grenoble Jazz Festival 2008) ce groupe venu de Londres, c’est la moitié de Tetraband (Sebastian  Rochford, batteur hiératique, et Ruth Goller à la basse) + Peter Wareham au saxophone et Chris Sharkey à la guitare : Tetraband se définissait comme un groupe de jazz-punk, ACOUSTIC LADYLAND peut inverser les termes de cette définition et y rajouter un côté funk : ils s’abreuvent à la fois aux sources du free jazz (le sax n’est pas sans rappeler John Zorn ou Albert Ayler), du punk (rythmes à 100 à l’heure, basse obsédante, batterie hyper précise et présente), et du funk, avec ses mélodies cuivrées entêtantes .

Je ne peux m’empêcher de penser en les écoutant à cet ovni des années 80, James Chance (alias James White) & the Contortions, qui puisait aux mêmes sources  : même façon de souffler le chaud et le froid, même côté un peu râpeux du son tout en étant d’une précision extraordinaire : un concentré d’énergie (le tigre est dans le moteur), allié à un peu de provocation, une pointe de lyrisme, et pas mal de groove.

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Bojan Z et le Tetraband en studio


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par Martine


“Je voudrais pas crever …” Concert autour de BORIS VIAN

Musique en bibliothèque | 12 février 2010

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Encore un grand moment de musique et de convivialité lors de ce concert autour des poèmes, musiques et chansons de Boris Vian ! Bravo à tous

Spectacle présenté par l’association Les pieds dans l’eau et le Collectif Pince-Oreille.
Création en octobre 2009 dans le cadre du Conservatoire de Grenoble et de La Chaufferie.


Je voudrais pas crever …


Fais-moi mal Johnny

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par Emeline


JEREMY UDDEN, “Plainville”

Album de la semaine | 14 décembre 2009

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Mais qui est donc ce mystérieux Jeremy Udden ? Aucune trace de lui dans les tablettes discographiques de nos bibliothèques… d’où peut-il bien sortir ? Seule trace, sur internet, où il est fait mention d’un premier album : celui-ci serait donc le deuxième, édité sur le label américain Fresh Sound New Talent, qui, en accord avec son intitulé, nous fait découvrir des nouveaux venus sur la scène musicale.

Il s’agit ici d’un cocktail original, un jazz mâtiné de blues, de folk et de country : la première plage, qui donne son nom à l’album, est une ballade de toute beauté qui nous plonge dans un climat nostalgique de fin d’après midi alangui, avec saxophone rêveur, orgue à pompe étirant le temps, et le banjo qui ajoute la petite touche d’acidité indispensable : un son dont il est aussi difficile de s’extirper que du fond d’un hamac !

Le reste de l’album nous promène entre rythmiques rock-qui-ne-sont-pas-vraiment-du-rock, ballades décalées, valses plutôt “clac clac pam” que “poum poum tchak”, le résultat évoquant plus Bill Frisell que le bal musette, …bref un disque plein de (bonnes) surprises et de chausse-trappes à oreilles, qui n’est jamais tout à fait là où il semble être, tout en nous prenant dans le sens du poil.

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Site officiel

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par Martine


GETATCHEW MEKURIA & THE EX, “Moa anbessa”

Album de la semaine | 23 novembre 2009

8 mai 2008, L’Usine, Genève. Retrouvailles avec le groupe The Ex, une fois encore je suis au rendez-vous pour voir et surtout entendre ce groupe à nul autre pareil. Mais au bout du quatrième (ou cinquième ?) concerts, il me faut autre chose, une excitation particulière pour me faire déplacer à 2 heures de route de Grenoble, aller-retour dans la nuit et boulot le lendemain s’il vous plaît. Cette fois-ci, c’est leur association avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria qui m’a mis la puce à l’oreille. Getatchew est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce qu’on appelle communément l’ethio-jazz. Si vous avez vu Broken Flowers, vous avez alors forcément écouté son acolyte Mulute Astatke qu’en passionné et connaisseur de musique Jim Jarmusch avait déniché pour la bande originale de son film. La rencontre avec The Ex s’est faite à l’occasion d’une tournée en Éthiopie. Le groupe toujours avide de nouveaux espaces sonores à défricher avait rencontré de nombreux musiciens dont Getatchew.

Et une fois encore, le concert est hors du commun : l’alchimie qui s’opère entre ce groupe parti du punk-rock le plus radical et bruitiste et ce papi qui sculpte un somptueux phrasé entre le jazz et la musique orientale est totale. Comme souvent, le plaisir des musiciens à être ensemble est manifeste et l’on jurerait qu’il s’agit d’un groupe rodé par des années de route et de concerts communs : en plus de The Ex au grand complet et de Getatchew Mekuria on trouve sur scène un mini-big band (une trompette, un saxo et une clarinette) ainsi qu’un danseur éthiopien contorsionniste qui réalise des prouesses avec son corps (pas de mauvais esprit !). Une musique joyeuse, qui groove et qui réussit haut la main l’alliance du rock et de la musique africaine.

En plus du disque, vous pouvez également emprunter le DVD du concert enregistré dans le cadre de la clôture du festival “Banlieues bleues” en 2007.

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par Julien


RENAUD GARCIA-FONS, “La linea del sur”

Album de la semaine | 27 octobre 2009

Retour vers le soleil !

C’est l’histoire d’une danseuse sévillane. C’est l’histoire d’un joueur de swing à la Nouvelle-Orléans. C’est l’histoire d’un charmeur de serpent. C’est une histoire du sud, de ses multiples personnalités, de ses multiples racines musicales.

Dans La linea del sur, RENAUD GARCIA-FONS, virtuose de la contrebasse, et son quartet, créent des liens rythmiques et harmoniques entre la tradition et la modernité, et nous livrent une musique sudiste, riche de ses identités latino-américaine, espagnole et orientale.

Ils nous emmènent dans le Grand sud, sur fond de guitare flamenca, d’accordéon et de percussions. Une musique parfois profonde et réservée, parfois libérée et endiablée, comme on imagine les gens du sud. Un voyage qui nous porte tout droit jusqu’à la voix d’Esperanza Fernandez, chanteuse de flamenco sevillan, conviée à se joindre à La linea del sur pour quelques morceaux.

C’est vrai, l’été est terminé, mais dans La linea del sur, il y a encore un peu de moi sirotant une sangria à l’ombre des remparts de Salamanca

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par Alexandra


LOUIS SCLAVIS, “Clarinettes”

Album de la semaine | 20 octobre 2009

“Luis qui???”

Pour une fois, je ne vais pas sacrifier à la sacro-sainte loi de la nouveauté : la nostalgie étant ce qu’elle est, j’ai ressorti des bacs un des disques que j’avais choisi il y a déjà quelques années (une vingtaine pour être plus précise) d’emporter sur mon île déserte : “Clarinettes”, de LOUIS SCLAVIS, surnommé à l’époque “le petit prince de la clarinette basse”, en référence au roi Michel Portal.

Soutenu sur 2 plages par les percussions des lyonnais Christian Ville et Christian  Rollet, membres de l’ARFI  - Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire - , Louis Sclavis nous déroule le tapis somptueux de toutes les sonorités de ses clarinettes, des plus aiguës aux plus graves, des entrelacs et broderies tressés à l’aide du re-recording, des jeux de percussions des clefs sur le corps de l’instrument.

Hormis l’hommage aux dieux du jazz (Duke Ellington), et la main tendue aux camarades de l’ARFI, l’ensemble des compositions est de son cru, y compris le titre final plein d’humour “Moi c’est s’Mariano”, faisant allusion à cette époque où il arrivait d’entendre cette question : “Luis qui?” : question désormais superflue, il suffit de dire “Sclavis”, comme on dit “Portal” pour savoir de qui l’on parle !

PS : il existe dans les bibliothèques un certain nombre de disques comme celui-ci, qui cachent bien leur jeu : des trésors musicaux dans des pochettes particulièrement ratées, ou bien patinées par l’âge et les manipulations : des merveilles qui ne demandent qu’à être exhumées !

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Louis Sclavis

www.arfi.org


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par Martine


DAS KAPITAL, “Ballads & barricades”

Séances de rattrapage ! Pour ceux qui ont raté la prestation de DAS KAPITAL pendant le Grenoble Jazz Festival 2009, deux possibilités de réparer ça (cumulables, bien entendu) :

- leur dernier disque (dans les rayons de la bibliothèque), “Ballads & barricades”, qui rend hommage au compositeur allemand Hanns Eisler, auteur entre autres de l’hymne de la RDA.

- leur tournée dans les environs de Grenoble, où ils promènent en milieu rural leur création du mois de mars : une séance de ciné-concert, où ils créent en direct la bande son d’un film des années 30, “A la conquête des cimes”, relatant les exploits des pionniers de la montagne dans le massif du Mont-Blanc.

DAS KAPITAL est un trio trio dano-franco-allemand (Hasse Poulsen à la guitare, Edward Perraud à la batterie, Daniel Erdmann aux saxophones) qui nous propose une musique aussi libre qu’engagée, pouvant être aussi sereine qu’ exaltée.

1ère date le 1er octobre, dans un petit village du bout du monde à 15 kilomètres de Grenoble, Mont-Saint-Martin.

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Plus de détails sur www.jazzgrenoble.com


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par Martine


BOZILO LIVE !

Album de la semaine | 1 septembre 2009

Bojan Z

BOZILO, BOZILO ? Drôle de nom pour un trio de musicos !

BO comme Bojan Zulfikarpasic au piano. ZI comme Karim Ziad, à la batterie et aux percussions. LO comme Julien Lourau aux saxophones, pour un trio aux origines et influences variées, des Balkans au Maghreb en passant par le funk pour en arriver à un jazz qui fait éclater les frontières.

Bien que ce soit sa première apparition discographique sous cette forme, ce trio est loin d’en être à ses débuts, puisque ces trois-là jouent ensemble en concert depuis plus de 10 ans, et se sont croisés dans plusieurs formations hexagonales (Henri Texier, Nguyen Lê pour ne citer qu’eux); cette profonde connivence s’entend d’ailleurs immédiatement dans cet enregistrement : pas le moindre flottement, on entre tout de suite dans le vif du sujet, l’énergie circule à fond, les arrangements sont une merveille d’équilibre entre ces 3 personnalités affirmées (comme le dit Julien Lourau, sur scène il y a 3 chefs !), chacun se glissant dans les compositions de l’autre comme dans ses pantoufles - non, je retire les pantoufles, c’est vraiment loin d’être une musique pantouflarde ! - (écoutez donc ces quelques mesures sur “Ifrikya” -composition de Karim Ziad -, où Bojan Z. fait sonner les aigus du piano comme quelque chose entre le steel drum et le balafon…).

Comment ne pas citer à propos de ce disque l’interprétation somptueuse que le trio nous offre d’ Ederlezi, thème traditionnel des Roms d’ Europe de l’Est, que Goran Bregovic nous avait déjà fait (re)découvrir dans le film d’ Emir Kusturica Le Temps des Gitans : intro un peu sombre dans les graves du piano faisant monter lentement la pression jusqu’à l’entrée musclée du sax soprano et de la batterie avant l’exposition du thème, où le saxophone se fait plus lyrique, thème suivi d’un développement improvisé au piano. 9mn 37 de pur bonheur… et le reste de l’album est du même tonneau : pour tout dire, c’est un album qui me dure depuis déjà plus d’une semaine, et qui m’en fera encore sans aucun doute quelques unes.

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Bojan Z.

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par Martine


FRANCESCO BEARZATTI, “Suite for Tina Modotti”

Album de la semaine | 16 mars 2009

Un disque entier que FRANCESCO BEARZATTI qualifie lui-même “d’acte d’amour” envers une femme du début du XXème siècle..

Artiste (figure majeure de la photographie moderne), italienne immigrée très jeune aux Etats-Unis, engagée dans les processus révolutionnaires (elle séjourne au Mexique - où elle se lie avec Diego Rivera et Frida Kahlo, figures de la vie artistique et révolutionnaire de Mexico -, elle participe à la guerre civile espagnole…), Tina Modotti a vécu une vie pleine de passions amoureuses, artistiques, politiques : bref, une figure emblématique qui a inspiré Francesco Bearzatti, comme celle de Frida Kahlo avait inspiré le flûtiste James Newton dans les années 90.

Bien sûr, l’intérêt du sujet ne suffit pas à faire un bon disque, mais en l’occurrence il s’agit d’une vraie réussite : chaque composition représente une étape de l’existence de Tina Modotti, et chacune d’elle réussit à évoquer à la fois le climat du lieu - que ce soit l’Amérique, Mexico, Moscou ou l’Espagne - et les espoirs que l’on imagine fleurir dans le cœur de cette femme, ses révoltes et ses douleurs.

Plutôt que d’essayer de vous décrire la musique de ce quartet, qui m’a touché pour des raisons autant musicales que sentimentales, intellectuelles ou appelez ça comme vous voudrez, je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne ratez pas l’occasion, vous avez une chance inouïe, ils sont programmés pendant le Grenoble Jazz Festival 2009 !(le 26 mars à 18h30 à la MC2).

PS : Le personnage de Tina Modotti apparaît dans le beau film de Julie Taymor sur Frida Kahlo, “Frida“.

Suite for Tina Modotti / FRANCESCO BEARZATTI (Parco Della Musica, 2008)

Suite for Frida Kahlo / JAMES NEWTON (OMD, 1994)

Frida [DVD] / film réalisé par JULIE TAYMOR (TF1, 2002)

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par Martine


Découvrez la discographie du GRENOBLE JAZZ FESTIVAL 2009

Musique à Grenoble | 13 mars 2009

Mardi 10 Mars commence la 37e mouture du Grenoble Jazz Festival : encore de belles réjouissances en perspectives, de nos gloires locales aux stars internationales en passant par de joyeuses découvertes : prenez vite le programme jaune soleil et faites vos choix !

grenoble-jazz-festival.gifCliquez pour découvrir la discographie du festival

D’ores et déjà, notez le concert gratuit à la bibliothèque Kateb Yacine le samedi 14 mars à 13h, avec le pianiste Roberto Negro et le slameur Bastien Maupomé. Un clic et vous voilà sur la discographie de tous les musiciens du festival, et leurs cd à emprunter et découvrir. Et qu’on ne vous entende plus dire : “ohlala, mais je ne connais pas un seul nom dans tout ça…” !!

A écouter également le lecteur “Grenoble Jazz festival” sur Bmol (juste un peu plus bas à droite).

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par Anne


Le SAXOPHONE BARYTON : ça swingue grave !

Via Musique | 10 mars 2009

A l’occasion du Grenoble Jazz Festival, nous remettons à l’honneur cet article sur le saxophone baryton déjà publié sur Bmol il y a quelques mois. Le GRENOBLE JAZZ FESTIVAL, on en parle aussi ici.

Dans les années 1840, Adolphe Sax, facteur d’instruments belge, dépose un brevet pour une nouvelle famille d’instruments - les saxophones - qu’il concevait sur le modèle des cordes, du soprano au baryton, mais en cherchant un son plus puissant en particulier pour étoffer le son des fanfares militaires.

Un des premiers compositeurs à l’adopter fut Hector Berlioz (Chant sacré pour sextuor à cordes), mais cette famille d’instruments n’a véritablement acquis ses lettres de noblesse qu’avec le jazz, où l’expressivité de son timbre, sa puissance et la variété de ses possibilités font merveille.
On a bien sûr tous dans l’oreille des exemples multiples de sax ténor ou d’alto, voire de soprano, mais quid du baryton, grand-père fondateur (car le baryton a été le premier de la série, créé à partir d’adaptations de la clarinette basse) ? Comme souvent dans le cas des tessitures graves, il a longtemps été cantonné à un rôle de second plan, en l’occurrence au soutien rythmique, ou voué aux ponctuations relançant les riffs de cuivre dans les big bands de jazz ou les formations de rhythm’n'blues.
Pourtant il lui arrive de s’affranchir de ce rôle grâce à des solistes d’envergure, qui manient le baryton comme l’alto ou la clarinette, ce qui est déjà un bel exploit physique, quand on envisage le gabarit de l’engin !

En voici quelques uns, qui ont marqué l’histoire de l’instrument, ou qui tracent encore leurs sillons, comme on disait au temps des disques vinyls :

Harry Carney : d’abord clarinettiste (clarinette et clarinette basse), il est celui qui le premier a fait sortir le baryton de son anonymat, en jouant dans l’orchestre de Duke Ellington quasiment jusqu’à la fin de sa vie, et en y prenant des chorus au baryton autant qu’à la clarinette.
Duke Ellington : Live at the 1957 Stratford Festival (Music & arts, 1989) (chorus au baryton sur “Sophiticated lady”)

Gerry Mulligan, représentant du “jazz cool” : a tenu un rôle de soliste dans le premier quartet sans piano de Chet Baker dès les années 50, a joué avec Miles Davis (Birth of the cool). Il a aussi composé et arrangé de nombreux thèmes dont certains, comme “Line for Lyons”, sont devenus des standards. (Lire la suite…)

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par Martine


Album de la semaine #60 : OLU DARA, “Neighborhoods”

Album de la semaine | 15 décembre 2008

C’est l’histoire d’un disque qui a bien failli partir à la vente annuelle des bibliothèques et qui fut sauvé de justesse.

Chaque année, les bibliothécaires musicaux font du vide dans les bacs de disques afin de pouvoir réinjecter des nouveautés. Cette opération barbare s’appelle très justement le désherbage et c’est à cette tâche que je me suis collée en janvier dernier. J’en étais au bac de disques de blues quand je suis tombée sur celui d’Olu DaraNeighborhoods“; à première vu l’artiste m’étais inconnu et après vérification ce disque n’avais pas été emprunté depuis plus d’un an : l’exemple parfait du disque à désherber!

Ce n’est que par acquis de conscience que je demandais vérification auprès de ma collègue Brigitte quant aux CD à désherber. Avec horreur elle m’arracha “Neighborhoods” des mains; face à la violence de sa réaction je décidai de lui donner une deuxième chance (au CD) et m’empressai d’aller l’écouter.

OLU DARA (Charles Jones III) est trompettiste, guitariste et chanteur, pour l’anecdote c’est aussi le père du rappeur Nas (Nasir Jones). D’abord accompagnateur dans des formations de Jazz, il a sorti deux albums sous son propre nom, deux petits bijoux.

olu-dara1.jpgSur une base de blues, Olu Dara prend des libertés très assumées de funk, de soul, de musique d’Afrique et bien sûr de jazz.

C’est peut-être ce qui a causé du tort à ce disque, perdu dans les bacs de blues, il aurait très bien pu se glisser dans les bacs de soul ou de funk … ou de jazz.

Ce métissage de musiques, Olu Dara nous l’offre avec une grande générosité sur tout le disque passant de morceaux résolument blues et introspectifs (Strange things happen everyday) à des morceaux plus festifs ou la part belle est faite aux cuivres (Massamba) ou encore à des ballades jazz intimistes (Bluebird). A noté aussi la présence d’invités prestigieux comme Dr John (Neighborhoods) ou encore Cassandra Wilson (Used to be)

Neighborhoods” c’est la fusion des styles dans un tout cohérent et chaleureux, un disque qui m’a, en fin de compte, accompagné tout au long de l’année 2008 et que je me résous enfin à vous présenter ici tant il m’est devenu cher et tant je me désespère de ne pas le voir emprunté par les adhérents de la bibliothèque.

En conclusion, un disque superbe à emprunter de toute urgence (si jamais le message n’était pas assez clair…)

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par Emeline


ROBERT WYATT, “Rock bottom”

Album de la semaine | 20 octobre 2008

Parmi les références les plus souvent cités dans mes lectures musicales, certains disques reviennent souvent avec insistance sous la plume des “rock-critics”. Des œuvres secrètes qui ont peu à peu exercées une fascination diffuse jusqu’à influencer des générations entières de musiciens. Il y a le Remain in light des Talking Heads, le Spiderland de Slint, le Loveless de My Bloody Valentine et il y a Rock Bottom de ROBERT WYATT. Alors, à quoi bon s’attaquer à un tel monument ? “Tout n’a-t-il pas déjà été dit ?” ajouteront les plus sceptiques. Mais à l’heure où l’industrie musicale nous annonce pas loin de dix “chef-d’œuvres” (avec les guillemets de circonstance) chaque semaine, il est toujours intéressant de se frotter à ce genre de disques, une de ces bornes qui jalonne le cours de l’histoire du rock et qui servent de valeur référence. Et pour en parler, le plus simple est d’oublier tout ce qu’on a pu lire (bof, ça c’est déjà fait) et surtout de le réécouter avec une oreille neuve…

Second album solo de l’ancien batteur de Soft machine (groupe de jazz-rock flirtant avec l’expérimental), la plupart des morceaux (en tout cas une première mouture) ont été écrits à Venise où le musicien avait accompagné sa compagne sur le tournage d’un film : “Après des années de travail incessant, avec des groupes ou en tournées, je ne savais pas bien comment occuper mes journées. Pour me garder actif, Alfie m’avait offert un petit clavier tout simple avec un vibrato très particulier qui évoquait un peu l’eau qui nous entourait” (extrait d’un texte passionnant autour de la genèse de l’album et inclus dans la réédition de 1998). C’est ainsi que débuta l’aventure Rock bottom, autour d’un piano miniature, presque un jouet d’enfant…

Tout ce qui fera la marque de fabrique de Robert Wyatt est ici déjà présent : ce timbre de voix si particulier, ces arrangements qui mêlent jazz et rock (”Little red riding hood hit the road”) tout en restant à bonne distance du jazz-rock, genre inventé dans les années 70 mais qui apparaît aujourd’hui terriblement daté. Ici au contraire, Robert Wyatt, qui joue à peu près de tous les instruments, accouche d’un disque tellement original qu’il en devient intemporel. Tantôt scandant ses textes sur des impros de saxo free (’Alife”, “Little red robin hood hit the road”), tantôt se servant de sa voix comme un jazzman le ferait de son instrument (”Sea song”, “A last straw”), à la fois mélodique (”Sea song”, “Alifib”) et expérimental (tout l’album), multipliant les orchestrations et les instruments (la clarinette, le piano, la trompette, le violon, etc), ce Rock Bottom est baigné d’une ambiance mélancolique (à l’exacte opposé de toute musique festive) capable encore aujourd’hui d’une force suggestive peu commune et de convoquer à son écoute tout un imaginaire. L’album idéal pour rêver en somme…

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par Julien


Album de la semaine #54 : TRIBEQA, “s/t”

Album de la semaine | 13 octobre 2008

Comme le dessin de pochette le suggère, la musique de ces 4 musiciens nantais plonge ses racines dans de multiples directions (soul jazz afro hip hop), et tend ses rameaux de même (et réciproquement bien entendu). La présence d’un instrument plutôt rare sous nos cieux, le balafon chromatique, donne à l’album une couleur bien “afro”, tout en permettant au vibraphoniste Josselin Quentin des improvisations très jazz.

TribeqaJe ne résiste pas au plaisir de citer le flûtiste Magic Malik, qui a participé à l’enregistrement de leur premier album :

“… TRIBEQA fait partie de ceux qui, à l’image de la réplique de Picasso : “je ne cherche pas, je trouve”, ont cette grâce qui ne se commande pas. La grâce de trouver. Ils nous font le cadeau d’une musique qui garde cette fraîcheur, cette spontanéité qui caractérise les approches basées sur l’honnêteté, émotionnelle et intellectuelle… J’engage tous les publics à les écouter et recevoir de ces vitamines dont ils ont le secret.”

Qu’ajouter de plus pour vous donner envie d’écouter ce disque, sinon qu’effectivement, quelque soient vos préférences musicales - jazz, hip-hop, soul, afro, vitamines et j’en passe - le plaisir devrait être au rendez-vous, et pour donner un petit coup de fouet, c’est tout de même mieux qu’une barre d’ Ovomaltine.

 

s/t / TRIBEQA (Underdog, 2008)

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par Martine


Vibrationsmusic, un site à découvrir

A découvrir | 23 septembre 2008

http://vibrationsmusic.com/

Coup de projecteur sur ce site internet musical de qualité, complément essentiel de la revue papier que nous vous invitons à venir consulter dans les bibliothèques de Grenoble.vibrationsmusic1.jpg

Vibrations, revue Suisse fondée à Lausanne en 1991, met l’accent sur les musiques métissées : jazz, soul, rap, reggae, blues, musiques du monde, un regard large sur la musique en général. Une revue qui contient aussi parfois des compilations pour découvrir de nouveaux talents.
Pour ne pas en rester là, il existe désormais Vibrations sur le Net, un site pour s’offrir le luxe du multimédia : des clips, des extraits sonores, de nombreux articles, des approfondissements, et surtout des titres à télécharger.
Un complément indispensable à la revue, mis à jour très régulièrement, il contient des news “à chaud” que la formule papier ne peut pas fournir, des playlist d’artistes, des portraits, des interviews, des comptes rendus de concerts et critiques de films.

Un site dynamique au contenus indéniablement passionnant. Vous avez 5 minutes? tentez l’immersion vous serez vite “accro”.

http://vibrationsmusic.com/

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par Emeline

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