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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


Le TOP 2011 de BMOL

A découvrir | 16 janvier 2012

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La joyeuse équipe de Bmol vous souhaite une bonne année 2012 : bonne musique, santé, joies et chocolat !
Et pour démarrer en fanfare, piochez donc dans le top 5 - 2011 de toute l’équipe des acquéreurs de musique pour vous réconforter !

Consultez le ici : Top5 2011

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par Bmol


IVRESSES (Michel Godard, Franck Tortiller et Patrick Héral)

A découvrir | 1 novembre 2011

In vino musica, et vice-versa ?

Le thème du vin et plus généralement de l’ivresse (et même des ivresses au pluriel, comme ici) a inspiré nombre de musiciens de tous horizons, et en particulier les musiciens de jazz : faut-il y voir une parenté entre la désinhibition que le vin peut procurer et la liberté nécessaire à la pratique de l’improvisation, qui fait le sel de cette musique (bien qu’il ne soit pas forcément conseillé de pratiquer les deux simultanément…) ?

Quoi qu’il en soit, ces deux mondes du vin et de la musique ont en commun un vocabulaire  peuplé d’accords, de notes, de couleurs, de rondeurs, d’éclats ou de reflets, et un terrain de jeu commun : celui du plaisir. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si ces deux univers se rencontrent à l’occasion…

Et les accords les plus savoureux, en musique comme dans le verre, ne sont pas forcément les plus évidents, tant l’inattendu fait partie du plaisir, du palais comme des oreilles : ce trio, qui a passé une semaine de résidence à l’Abbaye de Noirlac, sur les terres berrichonnes qui donnent naissance au Sancerre et au Mennetou-Salon,  nous le prouve dans le mariage savoureux des timbres du serpent (instrument à vent aux formes sinueuses - d’où son nom - qui nous vient de la musique ancienne), des percussions-claviers et des percussions, comme d’autres marient les saveurs des différents cépages : les sons graves du serpent ou du tuba nous ancrent dans le terroir tandis que les notes aiguisées du vibraphone et du marimba s’élèvent tout en  légèreté et vibrations comme le parfum que l’on hume au-dessus du verre, et que la voix, l’électronique et les percussions du troisième élément de l’assemblage donnent le liant ou la ponctuation.

Tout au long de cet album qui s’ouvre avec une relecture  de “Si dolce e ‘l tormento” de Claudio Monteverdi dans laquelle le serpent donne tout son moëlleux , chacun des musiciens apporte les échos de son terroir d’origine, sous des titres aussi évocateurs que “Syrah”, “Bourguignonne”, ou “A Monk’s Clavelin”, jusqu’à l’aboutissement : “In paradisum” … que rêver de mieux !

Non, je ne terminerai pas en vous recommandant selon la formule rebattue de déguster avec ou sans modération - à vous de voir -, mais en vous proposant quelques musiques sur le même thème, à retrouver bien entendu dans les bibliothèques de Grenoble :

- Dhafer Youssef : “Abu Nawas rhapsody : The wine ode”

Dhafer Youssef (oud, voix) que l’on avait entendu précédemment  avec Nguyen Lê, Renaud Garcia-Fons ou la nouvelle scène de l’électro-jazz norvégien s’associe ici entre autres avec Tigran Hamasyan (le jeune pianiste arménien qui a fait un tabac cette année avec son album solo “A fable”), pour un hommage au poète persan Abu Nawas, dont les poèmes (au 8ème siècle!)  chantaient, parmi d’autres, les plaisirs du vin et de la boisson.


- Moscow Art Trio : Introduction & wine variations : troisième mouvement de “Village variations”, musique pour un ballet imaginaire en 6 scènes composé par Misha Alperin pour le Moscow Art Trio et orchestre à cordes et percussions, sur une commande du Norwegian Chamber Orchestra : un alliage de jazz, de musique classique et de folklore. Cette scène très imagée évoque les titubations joyeuses et les hoquets de villageois un peu “gais”. Dans un autre contexte, et pour donner une petite idée de leur musique :

- Amy Winehouse : Rehab : le versant sombre, ô combien, du tableau… mais comment ne pas évoquer  la chanteuse anglaise à la voix soul et au destin brisé à 27 ans pas les abus de drogues et d’alcool : oublions les concerts ratés, mais réécoutons (jusqu’à plus soif ?) ses enregistrements, en particulier l’album “Back to black”, qui s’ouvre sur “Rehab”, où elle envoie balader la cure de désintoxication.
- Musique des vignes. Disque enregistré dans les années 90 par le Groupe de Musique Electroacoustique d’Albi-Tarn (GMEA) qui met en musique les étapes de la fabrication du vin, et qu’il était conseillé alors d’écouter en buvant un Château Salettes 1990 : il est encore possible d’emprunter ce disque en le réservant au Fonds Commun Musique des Bibliothèques de Grenoble, par contre nous ne pouvant pas garantir le Château Salettes…http://www.gmea.net/structure/gmea/histoire.htm
- Et bien sûr : “Days of wine and roses” : chanson composée par Henry Mancini et Johnny Mercer pour un film du même nom, devenue standard de jazz  et interprétée par nombre de musiciens, de Ben Webster à Michel Petrucciani en passant par Sun Ra et Bill Evans. Ce thème est en quelque sorte au jazz ce que “Le petit vin blanc” est  au musette (en plus sombre) : un incontournable.

…et bien d’autres encore qui ont d’une manière ou d’une autre rendu hommage au divin breuvage ou à l’ivresse : Boris Vian (Je bois), Brad Mehldau (Lilac wine), Champion Jack Dupree ( Drinking wine spodie-odie), David Krakauer (Roumanian wine cellar), Bobby McFerrin (Let’s drink the wine), Egberto Gismonti (Agua & vinho)… etc.Où trouver ce document ?

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par Martine


CANDIDAT “BMOL NIDE IOU” # 9 : FRANCOIS RAULIN ET LE MICROMEGAS

A découvrir | 5 septembre 2011

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La Forge” est un collectif grenoblois de compositeurs et improvisateurs de la région Rhône-Alpes, qui travaillent ensemble à l’élaboration de différents projets.

En font partie notamment les gloires locales : François Raulin (pianiste), Michel Mandel (clarinettiste) et Pascal Berne (contrebassiste). Ils mènent différents projets passionnants : une création avec 6 musiciens chinois intitulée “Sous le ciel” en 2006, un spectacle “Portraits de femmes” en 2007 (huit compositeurs écrivent un hommage à huit femmes) .

L’un des projets fondateurs de La Forge fut le groupe Micromégas, “orchestre-école” : “l’idée de base est de constituer un orchestre de jazz actuel ouvert aux amateurs de tous niveaux capables de dialoguer avec des solistes de renommée internationale”. François Raulin dirige alors ce brass band de 25 musiciens, qui se produisent avec des grands comme Louis Sclavis, Michel Portal, Médéric Collignon, Adama Dramé, et produisent 2 cd :

Illico ; L’Argabante ; K’roline…[etc], avec Jean-Luc Cappozzo (trompette) et Eric Echampard (contrebasse)(Nem’o, 1999)

Straight from the cask (Ed. La Forge, 2005)

Pièces à consonances klezmer, tangos, pasos, indéfinissables (!), tout cela donne un jazz festif, inventif, dirigé par un François Raulin complètement dans son élément, dirigeant cet orchestre avec un talent vraiment jouissif, de ceux qui font hurler de joie des salles entières en fin de morceau… François Raulin, mathématicien devenu musicien de jazz, pianiste et compositeur avec Louis Sclavis jusqu’en 2003, partenaire de Stephan Oliva en duo puis en sextet, dont vous aurez plaisir à écouter les disques : les emprunter c’est bien, les acheter encore mieux ;-)

Prochain concert : Micromegas joue Hermeto Pascoal et rencontre la batook de Grenoble pour un concert sauvage le 23 Septembre, peut-être place St André ou au kiosque du Jardin de ville…

Où trouver les disques :

Trio non tempéré : François Raulin, piano ; Jean-Jacques Avenel, contrebasse ; Adama Dramé, djembé, chant
(La Forge, 2008)

Ostinato : François Raulin, compositions, piano
(La Forge, 2009)

Echoes of spring : François Raulin, Stephan Oliva, piano, arrangements ; Laurent Dehors, clarinettes ; Christophe Monniot, saxophones ; Sébastien Boisseau, contrebasse
Melisse , (Abeille Musique, 2007)

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L’AVIS DU BMOL-JURY

jury-anne.jpg Anne : J’ai toujours rêvé de jouer dans une fanfare, mais avec un piano je n’en ai encore jamais vu… En tout cas, bravo pour ce beau travail d’ensemble, avec toutes sortes d’amateurs de tous bords, qui me rappelle le très beau disque de Battista Lena : “Banda sonora” que je vous recommande vivement.

jury-emeline.jpg Emeline : Alors si je comprends bien, le Micromégas est une histoire d’échange, de partage et de passion. Comment ne pas adhérer à ce très beau projet? Bravo à tous et longue vie!

jury-jerome.jpgJérôme : Magnifique et intelligent projet qui mêle amateurs et artistes reconnus nationalement ou internationalement. L’accent est mis ici sur l’apprentissage et la confrontation aux professionnels. L’amour de la musique en étant le fil conducteur et une des raisons d’être. Et rien que pour ça je me sens 100% en phase… Bravo Micromégas, ça a de la gueule!

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par Francois


“J’aimerai toujours le temps des reprises, et le souvenir que je garde au cœur…”

A découvrir | 30 mai 2011

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On le sait, le jazz a toujours aimé puiser dans le répertoire populaire, s’appropriant ces mélodies et les transformant en “standards”, bases de départ de re-créations personnelles. Chez nos contemporains, les thèmes repris ne sont plus obligatoirement “Tea for two” ou “Summertime”, mais - question de génération - des airs de rock, de reggae, de chansons cultes…

Ainsi cette année, coïncidence ou air du temps, les 2 incontournables de la guitare hexagonale, Nguyen Lê et Manu Codjia, s’adonnent au jeu de la reprise.

nguyen.jpgLe premier, dans Songs of freedom, invite une brochette de vocalistes et de musiciens des quatre coins du globe, issus du jazz ou des musiques du monde (Youn Sun Nah, David Linx, Ousman Danedjo, Julia Sarr, Karim Ziad, Keyvan Chemirani, et bien d’autres) : cela donne un album foisonnant, aux arrangements virtuoses, toujours avec cette couleur très particulière donnée par le son de la guitare de Nguyen Lê, reconnaissable au premier accord. Ses sources d’inspirations viennent tout droit des années 70, de Led Zeppelin à Stevie Wonder en passant par les Beatles et Bob Marley (d’ailleurs le titre même de l’album vient de celui d’un coffret de 4 CD du pape du reggae).

codjia.jpgC’est justement un titre de Bob Marley, “Redemption song” que l’album de Nguyen Lê  a en commun avec celui  de Manu Codjia, Covers. Celui-ci, qu’on a entendu dernièrement avec Henri Texier ou Daniel Humair, adopte ici une formule beaucoup plus épurée, mais non moins mordante, en trio avec Jérome Regard à la contrebasse et Philippe Garcia à la batterie. “Beat it”, de Michael Jackson (qui nous tire plutôt vers les années 80 - là encore, question de génération - , ouvre le bal, suivi d’un hommage magistral à notre Gainsbourg, par l’entremise d’un collage de “Requiem pour un con” et “Je t’aime moi non plus”. Même le tube de Leonard Cohen “Halleluyah”  (qui a atteint jusqu’aux dernières générations par la B.O. de Schrek) en sort tout neuf!

friture.jpgDans un autre style, quoique toujours en jazz, La Friture Moderne s’est livrée au même exercice avec succès, dans un album intitulé , pour qu’on sache bien où on met les pieds,  Pour en finir avec 69. (avec d’ailleurs lui aussi un titre en commun avec Nguyen Lê : Mercedes Benz, de Janis Joplin).

Cette fanfare de rue - dont plusieurs membres sont nés cette fameuse année 69 - évoque selon ses propres termes “toute cette furie, cette utopie, cette dépravation, [qui] aujourd’hui, [font] désordre…” : dans ce but, ils reprennent les grands pourvoyeurs de liberté et iconoclastes musicaux : Pharoah  Sanders, Serge Gainsbourg, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Brigitte Fontaine, Franck Zappa, Albert Marcoeur et son inoubliable refrain (”quand c’est raté c’est raté, quand on s’énerve on rate toujours”).

Avec ce qu’il faut de distance et d’humour, et une traduction littérale des paroles mystiques de Pharoah Sanders (”Le créateur a un super plan…”) ou de Janis Joplin demandant au seigneur de lui payer une Mercedes Benz pour faire un tour en ville, ils réussissent à nous plonger dans un état intermédiaire entre nostalgie et  jubilation. Et on ne sait pas s’il faut les croire lorsqu’ils disent “On a voulu essayer d’oublier. Juste on se rappelle une dernière fois et après, on arrête, c’est promis.”

Dans les 3 cas, des reprises qui ne sentent pas la naphtaline!  Et qui réconfortent, sans tomber dans le passéisme : si les “tubes” de nos jeunes années sont en passe d’entrer dans le grand livre des standards, c’est qu’ils le valent bien!

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par Martine


Un paquet de clopes et KIND OF BLUE svp !

Album de la semaine | 18 avril 2011

bartabac

Quelle ne fut pas ma surprise chez mon buraliste il y a quelques semaines, de tomber nez à nez sur un vinyle en vente à 5€…

Et  pas n’importe lequel puisque m’était proposé le Kind Of Blue de Miles Davis, un des albums les plus influents de l’histoire du jazz et aussi le plus vendu à ce jour.Miles dans les rayonnages, entre Auto Plus, Chiens d’Attaque et Hot Vidéo… j’ai un moment de doute. Altaya - le diffuseur - se diversifierait-il ? Altaya, vous savez ces pubs TV qui proposent le premier numéro d’une collection d’avions de guerre ou de voitures de collection à des prix attractifs pour vous inciter à acquérir toute la série au fil des semaines… Après les Figurines napoléoniennes et la 2CV originale de 1948, voilà que la maison d’édition, consciente de la portée symbolique (futuriste ?) du vinyle viendrait marcher sur les plates bandes des brocanteurs et des rares disquaires encore en vie1 pour proposer de la galette à 5€ ? Depuis Les voitures de Michel Vaillant et Collectionnez les blindés allemands de la seconde guerre mondiale j’avais catalogué Altaya parmi les mercantiles winners, prêts à faire de l’argent sur le dos du péquin venant acheter son Dauphiné Libéré pour analyser la vingtième défaite de la saison du GF382. Sale-petit-bobo-lecteur-du-Monde-Diplomatique que je suis… L’argent n’a pas d’odeur et le moindre des biens - culturel ou pas - potentielle source de profit se voit inexorablement broyé par les mâchoires de Babylone ! Kind of blue

Kind of Blue à 5€… S’agissait-il d’une arnaque ? Un vinyle pressé en Chine à partir du master3 de la version CD ? Un stock de vinyles libyens exfiltrés du pays à l’occasion des évènements récents ? Ni une ni deux je file sur internet pour en savoir plus et j’apprends via un forum de discussion qu’il s’agit bien d’un disque noir de bonne facture et que la qualité est au rendez-vous… Je tente le coup, refile 5€ à mon buraliste de chasseur (je n’aime pas les chasseurs mais ça na rien à voir avec le sujet) et reviens chez moi mon précieux sésame sous le bras. Là, mes enfants ouvrent de grands yeux ébahis et j’anticipe toute remarque désobligeante en me lançant dans une grande étude historique comparée des mérites et inconvénients des supports pour la musique. Gagné ! J’ai réussi à les intéresser. Je file direction la platine et dès les premières mesures deux camps s’affrontent. La plus petite est ravie des chewing-gum que je lui ai rapportés, le plus grand apprécie le relief, la profondeur et la qualité du son. J’en rajoute des tonnes sur la médiocrité de son des MP3 et la compression numérique, et pour le féliciter d’écouter encore son père lui offre fièrement le divin album !

Plusieurs morales à cette affaire…Paquet BonuxLes produits culturels deviennent des marchandises comme les autres et l’exception culturelle à la française n’en a sans doute plus pour très longtemps… voyez Google qui numérise tout ce qui bouge en bouquins. On avait eu droit il y a quelques années à Kool And The Gang dans les paquets de lessive Bonux, voilà que le jazz s’invite dans nos bars-tabacs. Cette musique de rebelles, harcelée par l’Amérique Wasp4 dès les années 20 et forcée à l’exil en Europe, se retrouvant en tête de gondoles de nos commerces de proximité pour faire vendre. Le vinyle jazz vendeur… le vinyle tendance… On peut légitimement s’interroger sur la valeur symbolique et la qualité sonore incomparable de ce support que l’on aurait tort de croire enterré… son corps est encore chaud, demandez donc aux sound-systems5 de la région s’il leur viendrait à l’idée de mixer des CD !Le bar-tabac, commerce de proximité s’il en est, renforce son aura de 3ème lieu… bien légitime. Le troisième lieu, cette alternative au foyer et au travail, est l’endroit que l’on fréquente pour tisser du lien social, faire des rencontres, se détendre… Avant d’être peut-être un jour la bibliothèque, force est de constater que, malgré la bonne volonté des bibliothécaires pour désacraliser le lieu et le rendre convivial, le chemin reste long… (et si les bibliothécaires musicaux se mettaient à vendre de manière régulière dans leurs bibliothèques les documents retirés des collections)… Quelques jours après on trouvait sur un célèbre site marchand en ligne, la version Kind of Blue / Altaya (reconnaissable à son sticker “Pochette originale”) en vente à 30€…La bonne nouvelle du jour c’est que le vinyle pourrait bien avoir de l’avenir !

Où trouver ce document ?

  1. On apprend avec beaucoup de tristesse la cessation d’activités du disquaire grenoblois Magic Bus qui recentre ses activités sur “ce qui marche”: fringues etc. Au cours de la décennie 2000-2010, le nombre des disquaires est passé de 3000 à 130 []
  2. GF38 (Grenoble Foot 38) : la seule équipe de football au monde capable de tomber sur des investisseurs japonais radins []
  3. Master : enregistrement d’origine destiné à être retravaillé ou dupliqué []
  4. Wasp (White Anglo-Saxon Protestant) : désigne les blancs d’origine anglo-saxonne et protestante qui ont émigré en masse aux États-Unis dès les premières colonies fondatrices, et dont la pensée et le mode de vie furent structurels pour cette nation []
  5. Sound-system : au sens strict, désigne le matériel de sonorisation utilisé lors d’une soirée. Par extension, désigne également les groupes de DJ qui mixent les morceaux (et parlent ou chantent éventuellement) lors des soirées reggae []
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par Jérôme


Avril en musique!

Musique en bibliothèque | 15 avril 2011

Retour en image sur les 4 concerts qui se sont tenus à la bibliothèque Kateb Yacine en avril 2011.


Voir le site d’Nguyen Lê
Voir le site de Little Fuss
Voir le site d’aLamanon

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par Emeline


EDOUARD BINEAU, “Wared”

Album de la semaine | 4 avril 2011

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Un album qui boucle la boucle, de la première plage intitulée “Rootless”, qui revendique la liberté de s’affranchir des racines, jusqu’à la dernière qui au contraire s’ancre dans les racines les plus profondes du jazz, : le blues.

Entre les deux, Edouard Bineau (oui, celui-là même qui nous avait charmé avec son hommage au Facteur Cheval en duo avec Sébastien Texier), nous promène  dans les différentes contrées qui inspirent son jazz : comme Georges Brassens, il se fait tout petit, après quoi il entreprend de charmer les pierres : il faudrait effectivement être plus résistant que la pierre la plus dure pour ne pas fondre en écoutant le son velouté du saxophone de Daniel Erdmann (entendu dans Das Kapital) et les notes perlées du piano d’Edouard Bineau, soutenus par la basse d’une rondeur exemplaire de Gildas Boclé et la batterie infaillible d’Arnaud Lechantre.

“Un tabouret pour deux” est l’occasion d’une petite discussion entre le piano et le saxophone soprano, comme deux gamins argumentant à mi-voix pour savoir qui aura le droit de s’asseoir; heureusement le “Fauteuil pour trois”, où l’on peut se raconter des petites histoires dans le creux de l’oreille, met tout le monde d’accord.

Le titre “Mama Rose” évoque par contre un épisode douloureux de notre histoire récente : c’est le titre d’un thème d’Archie Shepp  (saxophoniste afro-américain, un des derniers grands de l’ère de Coltrane puis du free jazz, et de passage à Grenoble dans le cadre du premier festival “Les Détours de Babel“) dans lequel il rend hommage à sa grand-mère Rose, qui a connu les misères et les humiliations de l’esclavage. Les solistes se font ici poignants : nul doute qu’ils avaient à l’esprit cet épisode tragique de l’histoire humaine…

Pas une redite, et comme dirait Georges, rien à jeter dans cet album (dans lequel Sébastien Texier mêle sur trois plages le son de son saxophone alto à celui du ténor de Daniel Erdmann).

Pour avoir les dates à venir : MySpace (vers chez nous, ce sera cet été à Crest).

Où trouver cet album ?

Une petite video pour  se donner envie d’aller les écouter en concert :


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par Martine


CHRISTOFER BJURSTROM, “Carnet de croquis d’un voyageur immobile”

Album de la semaine | 1 mars 2011

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Christofer Bjurström, le plus breton des suédois, ou le plus suédois des bretons, au choix, puisque ce voyageur venu de contrées septentrionales a posé ses bagages et sorti ses pastels en Bretagne…

Il y a déjà quelques années, un des premiers disques de ce pianiste, “Doucement au réveil“, avait secoué délicatement les petits matins d’une brochette de discothécaires grenobloises séduites par ses mélodies. Du coup, chacun de ses enregistrements était accueilli avec une attention particulière, jusqu’à celui-ci, qui a du mal à quitter le tiroir de mon lecteur CD.
Dans cet enregistrement, il marie avec bonheur les sons de son piano (et de sa flûte harmonique) à ceux de la clarinette de son alter ego musical Christophe Rocher, mais aussi aux sonorités aussi diverses que celles d’un saxophone baryton, un violoncelle, une clarinette basse, une contrebasse (que de graves!), une mandoline, un violon, ou des percussions, selon les climats développés.

Chacun de ces croquis, inspirés par des films muets du début du siècle (le XXème), nous plonge dans des univers tour à tour enjoués et comme montés sur ressorts (”le petit théâtre“), folâtres (comme la clarinette de “Subrepticement“, qui se fait nostalgique dans “Le matin avec regret“), inquiétant (”Sur le grand fleuve noir“, comme par hasard inspiré par “les mains d’Orlac“, histoire de ce pianiste qui se fait greffer des mains d’assassin), carrément sombre voire grinçant (”Dans les catacombes“), ou féérique et mystérieux comme dans “Oasis dans le soir“, où l’on voit surgir du crépuscule des danseuses orientales aux chevilles garnies de sonnailles…
Bref, un disques aux atmosphères variées qui ménagent les surprises, sans sacrifier la cohérence du propos (il faut dire que Christofer Bjurstrom s’est fait une spécialité de la mise en musique de films muets tels que “Loulou” de G.W.Pabst, Steamboat Bill Junior de Beaster Keaton , ou encore Pêcheur d’Islande de Baroncelli, et autres formes “hybrides” : pour plus de détails, allez donc jeter un œil et une oreille sur le site de la coopérative d’artistes Marmouzic.

Que vous dire encore, sinon que ce disque est recommandé par Les Allumés du Jazz, revue trimestrielle consacrée comme son nom l’indique au jazz mais aussi à ses périphéries, sur laquelle souffle un vent de liberté et de gratuité peu courantes, revue que je vous recommande en retour, et chaudement ! (disponible à l’espace musique de la bibliothèque du Centre Ville).

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par Martine


L’ENFER, C’EST LE SILENCE…

A découvrir | 31 janvier 2011

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…pour un bibliothécaire musical, quoi de plus normal que de reprendre à mon compte le titre de ce nouvel opus de la BD Blacksad. Le privé à tête de chat reprend du service et s’aventure dans l’atmosphère mythique de la Nouvelle-Orléans des années 50.

blacksad.jpgBlacksad est une série de Canales & Guarnido qui convoque pas mal d’archétypes tout en essayant de créer une histoire originale : vaste programme ! On y trouve donc le roman noir américain, la figure du privé, Philip Marlowe, Humphrey Bogart, l’imperméable beige, etc, etc. Fort bien me direz-vous, mais quel rapport avec la musique et que vient faire une bd sur Bmol ?

Et bien c’est qu’ici la même recette est appliquée à la New-Orleans qui devient la toile de fond de l’histoire. Et si je vous parle de new-orleans, vous me dites bien sur jazz new-orleans, dixieland, fanfare créole, toutes les images musicales que charrie spontanément cette ville.
blacksad2.jpgAu point que cette toile de fond prend au fil des pages presque plus d’importance que l’histoire elle-même. Car au fond, on se moque un peu de l’intrigue pour s’imprégner de l’atmosphère : le jazz omniprésent à chaque coin de rue (et des cases de la bd), le musicien génial et héroïnomane (qui a dit Charlie Parker ?), les clubs de jazz enfumés, le carnaval coloré, la sorcellerie vaudou, tout est là et pourtant, ça fonctionne. La réussite de la bd tient aussi beaucoup au dessin qui permet justement de faire exister cette atmosphère et d’y croire malgré cette accumulation de clichés. Un dessin vif, réaliste - si tant est qu’on puisse parler de réalisme au sujet de personnages à têtes d’ hippopotame, de bulldog, de coq - qui fourmille de détails et le soin quasi cinématographique accordé au découpage achève de me convaincre.

On entend la musique résonner partout dans les planches de “L’enfer, le silence” et c’est sans doute pourquoi ce nouvel album m’a tant plu. Et oui, on ne se refait pas…

Où trouver ce document ?

New Orleans jazz [Compilation] 3cd


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par Julien


NOEL EN DECEMBRE…

A découvrir | 6 décembre 2010

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Comme chaque année à la même époque, voici venir Noël, avec ses boules, son Tino Rossi, sa douce et sainte nuit…

Alors si vous êtes un peu las d’entendre “Petit papa Noël” en boucle, et que vous avez envie de sonoriser votre réveillon de façon un peu moins conventionnelle, voici quelques propositions puisées dans les fonds des bibliothèques :

# Si vous avez le swing dans le sang :

Carla’s Christmas carols, de Carla Bley, grande dame de l’arrangement, avec Steve Swallow et un quintette de cuivres (où vous trouverez entre autre une version jazzy de “O Tannenbaum”)

Ella wishes you a swinging Christmas, d‘Ella Fitzgerald, enregistré en 1959 et 1960, avec grand orchestre et choristes : génial pour esquisser quelques pas de danse pour se mettre en appétit

Golden Gate Quartet chante Noël, qui contient la version la plus gospel de “Silent night” (Douce nuit), à se garder pour la fin, histoire de ne pas s’endormir avant la bûche

# Si vous avez le blues :

B.B. King : A Christmas celebration of hope, album qui commence par “Please come home for Christmas” et se poursuit par “Lonesome Christmas”, mal parti pour l’ambiance… heureusement, un peu plus loin on trouve “Merry Chritmas baby” et “Christmas love”…ouf, tout n’est pas si noir!

# Si vous avez le rythme dans la peau :

Elvis Presley : Elvis sings The wonderful world of Christmas, et Elvis’ Christmas album,  ou le rebelle du rock confit dans le sucre

Brian Setzer Orchestra : Boogie woogie Christmas : un peu plus musclé! (Jingle bells en boogie : impeccable pour faire glisser le foie gras !)

# Si vous passez Noël à la plage :

Les Beach Boys, évidemment, avec leur album Ultimate Christmasà écouter allongé sur la planche de surf

# Si vous voulez malgré tout rester consensuel, et ne pas vous mettre mal avec votre beau-frère qui pense que le rock est obscène et que le jazz est la musique du diable, vous pouvez puiser dans les oratorios de Noël de Bach, Charpentier, Telemann ou Corelli, entre autres compositeurs : là, vous avez l’embarras du choix.

Plus contemporain - donc moins consensuel - mais tout de même de saison, et magnifique : Twenty polish Christmas carols, de Witold Lutoslawski : une œuvre pour soprano, chœur de femmes et orchestre

# Si vous voulez rester classique, mais laïc et instrumental, la Petite musique de nuit de Mozart est parfaite, ou bien son Concerto pour clarinette : mais là, attention, vos convives risquent de rester la fourchette en l’air et de laisser refroidir la dinde aux marrons tellement c’est beau !

# et si vraiment Noël vous colle des boutons et que vous avez l’esprit un brin frondeur, reculez de quelques cases sur Bmol, et reportez-vous à l’article d’Emeline intitulé “Musique et film d’horreur”

Voilà, si vous ne trouvez pas votre bonheur ici, n’hésitez pas à faire appel à vos discothécaires préféré(e)s…

PS : j’aurai bien aimé vous proposer un peu de reggae, pour la détente avant ou après cette longue soirée, mais Noël n’est pas inscrit dans le calendrier rastafari; par contre, rien ne vous empêche de glisser le dernier album de Tiken Jah Fakoli, African revolution, dans les souliers de votre petit neveu de 17 ans (celui qui aimerait bien se faire des dreads, mais dont les parents trouvent que ça fait mauvais genre et nid à poussière) : le contenu après tout n’est pas si loin de l’esprit de Noël : rêve de fraternité et de justice !

et au fait,…JOYEUX NOËL !!!

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par Martine


LUCIEN DUBUIS TRIO & MARC RIBOT, “Ultime cosmos”

Album de la semaine | 13 septembre 2010

En Suisse, il n’y a pas que le chocolat…

“Ultime cosmos” (mais pas ultime galette espérons-le), ce troisième album du trio helvète renouvelle le plaisir que j’avais eu à découvrir les précédents : le premier,  Tovorak a déjà été un de mes coups de cœur lors de sa sortie - m’évoquant, Suisse oblige, une tablette de chocolat au piment, mélange d’énergie, de candeur (apparente) et de surprises.

Le suivant, intitulé fort à propos Le retour, confirmait cette impression, et était à nouveau dans mon top 5 de l’année (2007 me semble-t-il).

Sur “Ultime cosmos”, Lucien Dubuis (sax alto, clarinettes basse et contrebasse) officie toujours en trio avec Roman Nowka à la basse et Lionel Friedli à la batterie, augmenté cette fois d’un invité de marque : Marc Ribot, qui a traîné l’élégance de sa guitare dans des univers aussi divers que ceux de John Zorn, Marianne Faithfull, Laurie Anderson ou Alain Bashung, tout en pratiquant des incursions vers la musique brésilienne, et dont la présence sur cet album tempère le côté “art brut” du trio sans en gommer l’énergie.

Les compositions de Lucien Dubuis évoquent moins le monde de l’enfance que dans ces précédents albums, abandonnant les “Il était une fois”, “Bouillie de carottes” , et autres “Gouttes au nez” (et oui, les enfants grandissent…); la pochette n’arbore plus les dessins du petit Mateo, nous entrons visiblement dans la tranche adolescente, science fiction et jeux vidéos… Mais toujours assises sur une pulsation binaire, les compositions du trio ont gardé cette saveur de confiseries aux accents rock ou aux allures de ballades nonchalantes, soumises à des poussées de fièvre exultatoires (je ne suis pas sûre que le mot existe, mais c’est bien l’effet que ça me fait !) : un mélange de pulsation rock, de riffs funky, d’improvisations jazz, avec ce fameux zeste de piment qui surprend et chatouille les oreilles!

Cerise sur le gâteau, le disque est doublé d’un DVD, dans lequel, outre des instantanés du processus de l’enregistrement de l’album et des captations de concert, on découvre en bonus :

- des images de la clarinette contrebasse, cet instrument étonnant aux sonorités d’ancêtre que Lucien Dubuis sait faire “groover” comme une jouvencelle.
- que les qualités d’isolant phonique des boîtes d’œufs ne seraient pas un mythe.
- que l’accent suisse n’est pas forcément celui qu’a immortalisé la pub pour Ovomaltine, et enfin que les regards malicieux échangés par les musiciens nous prouvent que non, la création ne se fait pas forcément dans la douleur…

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par Martine


KNOCK’ON OUD

A découvrir | 23 août 2010

Le oud sort de son carcan traditionnel pour flirter avec le jazz. L’occasion pour lui de se frotter à un plus large public … pour notre plus grand plaisir!

Le oud est un instrument à cordes pincées issu de la famille des Luths. Originaire du Maghreb et du Moyen Orient, le oud comporte 5 cordes doublées et une corde simple (qui produit le son grave). De part sa sonorité dotée d’une grande résonance, il est l’instrument roi de la musique Orientale, de la musique arabo-andalouse, jusqu’à la musique chaabi. Depuis quelques années il a fait son apparition dans le jazz avec des artistes tels que Anouar Brahem, Rabih Abou-Khalil, ou Dhafer Youssef. C’est le moment de faire plus ample connaissance avec lui.

methode-de-oud.jpgLa méthode de Oud  par Abdou Ouardi (éd. J.J. Rebillard, 2009)
Les éditions J.J. Rebillard ont relookées leurs collections de partitions, elles offrent maintenant à leurs lecteurs des méthodes à la maquette soignée et surtout au contenu plus large. En effet avec cette méthode de oud, Abdou Ouardi (professeur au Conservatoire d’Essaouira et chef d’orchestre de la ville de Safi), resitue historiquement cet instrument et présente les plus grands joueurs à travers l’histoire musicale du oud. Puis l’instrument est passé au peigne fin avec une explication détaillée des différentes typologies de oud. Vient ensuite la partie technique, où Abdou Ouardi aborde la tenue de l’instrument, le plectre (sorte de médiator) et enfin les exercices de jeu. Une méthode claire et très complète avec un disque d’accompagnement et de démonstration.

anouar-brahem-the-astounding-eyes-of-rita.jpgSi vous n’êtes pas musicien, laissez-vous plutôt bercer par le dernier album d’Anouar BrahemThe astounding eyes of Rita“, sorti en 2009 chez ECM. Anouar Brahem est un des maîtres actuel du luth, il mêle avec virtuosité tradition et musiques improvisées. Sur cet album il est accompagné d’une clarinette basse (Klaus Gesing), d’une guitare basse (Bjorn Meyer) et de percussions : darbouka et bendir (Khaled Yassine). Un album intimiste où la poésie du oud est assenée par touches légères. Un véritable appel à la rêverie et au voyage. Invité lors du dernier Grenoble Jazz Festival, Anouar Brahem a plongé la salle entière dans un état second. Comme une hypnose collective où l’esprit part à la dérive, une musique qui touche à l’âme.

Vous l’aurez compris, le oud est un instrument magique dont la musicalité véhicule des sentiments forts. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un instrument vieillot! Les bibliothèques sont là pour vous prouver le contraire, de nombreux autres disques, DVD et partitions vous-y attendent, profitez-en!

Où trouver “la méthode de Oud”?

Où trouver “The astounding eyes of Rita”?


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par Emeline


CHRISTOPHE MONNIOT, “Vivaldi universel [saison 5]”

Album de la semaine | 3 mai 2010

Coup de cœur pour un coup de gueule !

Ce coup de gueule qui m’a tant plu, c’est celui que Christophe Monniot pousse à travers son “Vivaldi universel [saison 5]” : le jazz a toujours été pour moi une musique de résistance et de lutte, depuis le blues des esclaves africains déportés vers le nouveau monde dans laquelle il plonge ses racines, jusqu’au free jazz  qui voulait faire éclater les cadres établis, sur fond de lutte contre la ségrégation raciale.

Ici encore, ce jazz-là exprime sa révolte contre l’inacceptable : la 5ème saison dont il est question, c’est celle qui nous advient, déréglée par l’aveuglement des sociétés occidentales et la course aveugle au profit : réchauffement climatique, pollutions irréversibles, avancée du Sahara qui pousse les populations à l’exode, alors que les pays “riches” ferment leurs portes…

Christophe Monniot fait ici feu de tout bois pour nous toucher au vif : partant des thèmes des Quatre saisons de Vivaldi, il mêle aux sons des saxophones (les siens + celui du quatuor Arcanes) la bande originale de Sylvie Gasteau (”les arrières saisons”), constituée de voix d’enfants, de réflexions de paysans sur la météo, et de la lecture d’extraits d’un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Un disque qui nous rappelle haut et fort que la musique est toujours d’une façon ou d’une autre ancrée dans son époque, que l’indignation et la révolte la traversent et peuvent être portées par elle, sans rien sacrifier de ses exigences artistiques.

Preuve aussi que le jazz est toujours aussi vivant, toujours prêt à s’ouvrir à tous les moyens d’expression, toujours prêt à s’affranchir des codes et des clichés.

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http://www.inclinaisons.com/artistes/index.php?ref=christophe-monniot-131&id=135

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par Martine


LE CHIEN DEGUISE EN VACHE

Musique en bibliothèque | 28 mars 2010

delaunay-heuvel2.jpg

Petite rétrospective du concert du 27 Mars avec Catherine DELAUNAY et Pascal VAN DEN HEUVEL, à la bibliothèque Kateb Yacine.

delaunay-heuvel.jpgDans le cadre du 38ème Grenoble Jazz Festival, la bibliothèque a pu recevoir ce duo jazz et musiques improvisées, un dialogue continu entre clarinette et saxophone, une musique évocatrice et presque cinématographique…

Un grand merci à Catherine & Pascal … et à la pluie qu’ils ont su inviter au concert!

Retrouvez “le chien déguisé en vache” sur www.lesneuffillesdezeus.com

Le CD est disponible à la bibliothèque Centre Ville et prochainement à Kateb Yacine. (cliquez)


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par Emeline


PETRUCCIANI - NHOP

Album de la semaine | 25 mars 2010

“All blues à Copenhague”. En 2009 là-bas, le vrai blues oui, celui des débats d’urgence qui accouchent d’une souris…

En 1994, un grand concert, donné au Copenhagen Jazzhouse par 2 grands jazzmen morts bien trop tôt : Michel Petrucciani en 1999 à 37 ans, Niels-Henning Ørsted Pedersen en 2005 à 59 ans (c’est lui, NHǾP !). Un piano, une contrebasse, c’est tout : formule risquée où chacun doit assurer mélodie, rythmique, harmonique, ensemble, ou seul, ou à tour de rôle, et prendre sa place tel un acrobate. En jazz, autant de façons de jouer que de partenaires avec soi, là est la difficulté – malgré cette magie du “jouer ensemble”, possible de façon impromptue grâce à une grille d’accords sur un morceau de papier !

Dans ce disque, 15 standards, dont certains tubes comme “Autumn leaves“, “Someday my prince will come“, “Round midnight” : comme le dit si bien Pascal Anquetil, auteur du texte de présentation du disque absolument croustillant (le texte) : “Danger ! Le standard est ce qui pardonne le moins […] il y faut le juste tempo, l’intro qui égare, la mesure qui déroute, la ré-harmonie qui intrigue […]: c’est ce défi que réussissent si magnifiquement Michel et Nhǿp.”

Un hommage à deux grands comme ceux-là s’imposait à l’heure où le Grenoble Jazz Festival bat son plein, avec une belle brochette de musiciens bien vivants que vous devriez aller écouter (consultez notre discographie) : d’autant plus que ce festival est la dernière édition en tant que tel à Grenoble. L’an prochain, un festival fusionnant celui-là et les 38e Rugissants  aura lieu en avril. Il est vrai que toutes les musiques fusionnent de plus en plus et nos interrogations pour savoir où les ranger en témoignent ! Mais bon, le jazz reste le jazz, même 38 éditions plus tard (« ah ! mais c’est pour ça qu’ils fusionnent alors ? »)

En attendant ne manquez pas samedi prochain 27 Mars à 13h le concert à la bibliothèque Kateb Yacine « Le chien déguisé en vache » : tout un programme ! Entrée libre bien sûr, comme d’habitude

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par Anne

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