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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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MUNICIPAL WASTE "Massive aggressive"
Grenoble est sous la neige et vous avez froid : oubliez le vin chaud et écoutez plutôt du trash! Municipal Waste (déchets municipaux) est un excellent groupe composé de 4 gaillards plein d'humour, venus de Richmond (Virginie). Formés en 2001 ils ont pour particularité de présenter un trash très old-school, mais d'une puissance et d'une intensité assez incroyable. Connus également pour leurs concerts à l'ambiance festive, vous y verrez surement démarrer un circle pit. Eh oui, les concerts de trash sont de vrais moments de convivialité où l'on danse en cercle en se sautant dessus ... sans renverser sa bière (le circle pit)! Allez c'est bon, le trash ça existe depuis plus de 20 ans, arrêtez de vous dire que ce n'est pas pour vous ! Emeline

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POWERSOLO, “Bloodskinbones”

Album de la semaine | 5 janvier 2010

Powersolo

En ce début d’année 2010, en plein cœur de l’hiver, alors qu’il fait froid dehors, j’aimerais vous présenter un disque qui va vous donner envie de danser devant vos cheminées : “Bloodskinbones”. 12 chansons, 30 minutes de rock teinté de blues, de country et de rockabilly poussé parfois jusqu’au punk. Je sais, c ‘est ambitieux et ceux qui ont relevé ce défi sont les Danois de PowerSolo proposant ici leur quatrième album. Les deux frères Kim “Kix” Jeppenson et Bo “Atomic Child” Jeppenson sont les membres  fondateurs de ce groupe atypique qui s’est taillé au fil des ans une solide réputation auprès des surfers en salopette, bien au-delà de leur Danemark natal.

Cependant, même quand on n’est pas né sur une planche à Hawaï, on peut quand même apprécier les ambiances sixties, les rythmiques sèches et l’énergie foudroyante de Bloodkinbones. Leur cocktail musical “punk-a-billy” sérieusement alcoolisé échauffe les sens et décoince les jambes avant qu’on ait le temps de dire ouf ! Néanmoins, avant d’apprécier les 12 titres, il faut passer l’épreuve de l’immonde pochette du CD :  les deux frères se baladent torses nus avec un index et un majeur en guise de jambes, sur un fond coloré rose et gris tout droit sorti de l’esthétique des émissions de télé des années 80… Effrayant ? Non, Kitch ? Peut être, Original ? Ça c’est le moins qu’on puisse dire. De toute façon, PowerSolo est avant tout un groupe de scène qui tourne depuis bientôt 15 ans en Europe et aux États-Unis. En France, on a pu les écouter aux Transmusicales de Rennes en 2004 et cette année au festival Europavox à Clermont-Ferrand. Comme plus aucune date n’est programmée en France pour l’instant, il vous faut passer l’épreuve de l’affreuse pochette pour écouter PowerSolo mais honnêtement ça vaut le coup. Même si on est en hiver et qu’il fait froid dehors, ça vous donnera envie d’aller danser sur les plages en salopette.

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http://www.myspace.com/powersolo

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MORIARTY, “Gee whiz but this is a lonesome town”

Album de la semaine | 11 mai 2009

Hier soir, je me suis endormi en écoutant Gee whiz but this is a Lonesome Town de MORIARTY, et, comme on dit aux States, “I had a dream“.

Je m’appelle Jimmy. A 17 ans, j’ai quitté l’ennui du ranch familial pour vivre l’aventure avec la bande de outlaw de Gus. Désormais, je suis fier de mon nom. Hier, après le grand vol de la banque de Taos, j’aurai dû rester planqué dans le désert à somnoler auprès du feu en écoutant le chant du buffalo me susurrer Jimmy, won’t you please come home”. Mais rien au monde n’aurait pu m’empêcher de galoper vers le saloon pour écouter à nouveau Rosemary et son band et embrasser ma smart and preety lilly.

Aujourd’hui, debout sur le gibet, alors que le chanvre s’enroule autour de mon cou, j’ai peur et les miens me manquent enfin. Pauvre Jimmy, you can’t ignore the buffalo song.

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par Nicolas


See that my grave is kept clean

Via Musique | 6 avril 2009

En jazz comme en blues, un standard est un morceau souvent écrit par un auteur anonyme ou issu de la tradition folk et repris à l’infini par les musiciens du genre. Cette semaine, j’aimerais m’attarder sur un morceau du fondateur du blues Texan, BLIND LEMON JEFFERSON “See that my grave is kept clean.

blind_lemon_jefferson.jpgMorceau d’anthologie qui relate le dernier souhait d’un mourant, que sa tombe reste propre, que sa mémoire soit préservée. Reflet de la peur de mourir d’un artiste aveugle et itinérant dont la survie reste précaire. Un thème plutôt macabre mais récurrent dans le blues de Blind Lemon Jefferson (”Chinch bug blues“, “Mosquito moan“…) et qui a inspiré de nombreux bluesmen et artistes folk, surtout dans les années 60 (John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins“). On retrouve également cette chanson sous les titres “One kind favor” ou “Two white horses in a line“.
A l’occasion de la sortie du dernier BB KingOne kind favour“, revenons sur quelques versions intéressantes et disponibles dans les bibliothèques de Grenoble.

blind-lemon-jefferson.jpgThe complete classic sides remastered / BLIND LEMON JEFFERSON (Socadisc, 2003)
L’originale, on y perçoit l’essence même du blues texan si proche des folksongs (chansons rurales de l’époque), enregistrée en 1927, cette chanson est directement inspirée d’un spiritual des écoles d’évangélisateurs ruraux de la fin du 19ème. Ici la version remasterisée permet d’apprécier toute la sensibilité du chant et du jeu de guitare de Blind Lemon Jefferson.

bobdylan.jpgs/t / BOB DYLAN (Sony BMG, 2005)

Avec Bob Dylan, la renommée du morceau prend une ampleur mondiale. Dylan chante avec toute la fougue de sa jeunesse, un engagement très fort dans le morceau qui se charge d’une grande intensité émotionnelle.

bb-king-one-kind-favor.jpgOne kind favor / B.B. KING (Geffen records, 2008)

Comme à son habitude BB King nous livre ici une version très classe et qui mérite le détour. Une orchestration étoffée, un ton un peu plus enjoué, une version électrique, moins dans le pathos mais tout aussi originale.

little-pink-anderson.jpgSittin’ here singing the blues / LITTLE PINK ANDERSON (Pinnacle productions, 2008)

Little Pink Anderson est le fils de Pinkney Pink Anderson, jeune il a des problèmes avec la justice et passe quelques années en prison, dernièrement remarqué par l’association Music Maker, il tente de faire carrière et signe ici son premier album. Cette version est peut-être ma préférée tant la sonorité de la guitare est claire et la voix déchirante.

bjorn-berge.jpgSt. Slide / BJORN BERGE (Farmen, 2004)

Bluesman Norvégien la version de Bjorn Berge est peut-être la plus sombre, elle se distingue par l’utilisation d’une guitare à 12 cordes et par le chant monotone de Berge. Une version qui souligne le côté macabre de la chanson, mais qui en garde l’essence et la puissance émotionnelle d’un chanteur seul avec sa guitare.

Pour la petite histoire la fin de Blind Lemon Jefferson fut tragique, un soir après un concert privé, il se perd dans les rues enneigées de Chicago et y meurt de froid. En 1967, une fondation retrouve l’endroit où il mourut et y érige un mémorial, veillant depuis à ce que sa tombe reste propre… ouf !



Bjorn Berge live à l’Européen “See that my grave…”

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par Emeline


BJORN BERGE, le bluesman survolté venu du froid

Via Musique | 16 février 2009

Bjorn Berge

Vendredi 30 janvier s’est tenu à La Bobine, un concert du norvégien Bjorn Berge. Étant particulièrement fan du lascar je me suis rendue au concert avec mes copines et comme je ne m’en suis pas encore remise, je vais vous causer deux minutes du viking chantant.

Pas évident de faire du blues et d’être reconnu pour sa musique quand on vient de Norvège. BJORN BERGE a fini par y obtenir une victoire de la musique locale mais il a connu des années de galère avant de devenir un des artistes préféré des Norvégiens.

Puisant ses influences dans le répertoire de Robert Johnson ou Elmore James, Bjorn Berge est sur scène comme ses idoles : seul avec sa guitare. Et c’est ce qui donne toute la puissance de sa musique : une guitare, une voix caverneuse et un battement de pied, c’est tout, c’est simple et c’est puissant.

En France, Bjorn Berge s’est fait connaître par de nombreuses invitations lors de festivals et avec les deux albums suivants, jetez-vous dessus, c’est du lourd !

St. Slide / BJORN BERGE (Farmen, 2004)

st-slide.jpg
Une particularité de Bjorn Berge est son affection pour les reprises (normal pour un bluesman). Oui mais là il prend un malin plaisir à piocher dans des répertoires éclectiques qui lui sont cher, comme la sublime reprise de “Black Jesus” de Everlast (hip-hop) ou encore un bon vieux standard blues “what kind of favour“, mais quand il se frotte à des monuments du hard rock comme “Ace of spades” de Motorhead ça devient complètement jubilatoire.

I’m the antipop / BJORN BERGE (Stringmachine, 2006)

Bjorn Berge - I'm the antipop
Avec cet album on entre complètement dans son univers, sa voix prend toute son ampleur (bien que je regrette un peu certains effets de micros pas toujours très heureux), son jeux de guitare est sublimé. Comme un gamin, il réinvente les titres de ses groupes préférés : Red Hot Chili Peppers avec “Suck my kiss” ou “Testify” de Rage Against the Machine. Un disque qui révèle tout son talent d’interprétation mais sans éclipser ses propres compos qui tiennent carrément la route.

Avec sa guitare à 12 cordes Bjorn Berge dégage autant de puissance qu’un groupe de rock au complet. Un effet encore plus saisissant sur scène car il est aussi charismatique qu’attentif à son public. Une superbe rencontre d’autant plus, mesdames … qu’il est trop bôôô!!!
Un album “live in Europe” est d’ores et déjà disponible mais pas encore dans les bibliothèques de Grenoble. Ça peut s’arranger si vous le réclamez à corps et à cris … à vous de jouer …


Bjorn Berge - Ace Of Spades (Motorhead)

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par Emeline


VIA MUSIQUE : LES CD QUI TRAINENT SUR MA PLATINE

Via Musique | 9 février 2009

Voici quelques nouveautés de fin 2008 que je découvre à l’instant et veut vous faire découvrir.

s/t / LADYHAWKE (Universal, 2008)

LadyhawkePremier opus d’une jeune neo-zéalandaise qui a tout compris au revival eighties, qui sévit actuellement dans la scène musicale internationale. Elle nous sert une électro-pop qui nous ramène aux heures flamboyantes du synthétiseur.

Une voix mutine à la Kim Wilde, sur synthés vintage et compositions pop entêtantes à souhait et à danser toute seule. De quoi la suivre dans son délire.

http://www.ladyhawkemusic.com/

Head stunts / DATSUNS (Pias, 2008)

The Datsuns - Head stuntsOn reste encore en Nouvelle-Zélande (bientôt l’autre pays du rock). Là, on ne sautille plus. On se contorsionne devant sa glace en prenant la pose des guitar-heroes et on saute à pieds joints. On change de rythme. Du rock, du binaire, du tchac-tchac-poum qui nous prend aux tripes et qui fait rimer Datsuns avec Ramones.

Une dizaine de chansons qui ressemblent à des haka rock’n'rolliennes. Pas d’autres choix que de rentrer dans la danse. One, two, three… let’s go.

http://www.thedatsuns.com/

03 / SON OF DAVE (naïve, 2008)

Son Of Dave - 03C’est le projet solo du chanteur de l’ancien groupe Crash Test Dummies. Avec sa voix grave et profonde et sa dégaine à la Tom Waits, il revisite le répertoire blues du Mississippi.

Homme à tout faire, homme-orchestre, il joue de l’harmonica, du tambourin, du sampler. Il compose un blues contemporain qui s’enracine dans les champs de coton.

http://www.myspace.com/thesonofdave

A écouter sans modération.

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par Rosie


Album de la semaine #60 : OLU DARA, “Neighborhoods”

Album de la semaine | 15 décembre 2008

C’est l’histoire d’un disque qui a bien failli partir à la vente annuelle des bibliothèques et qui fut sauvé de justesse.

Chaque année, les bibliothécaires musicaux font du vide dans les bacs de disques afin de pouvoir réinjecter des nouveautés. Cette opération barbare s’appelle très justement le désherbage et c’est à cette tâche que je me suis collée en janvier dernier. J’en étais au bac de disques de blues quand je suis tombée sur celui d’Olu DaraNeighborhoods“; à première vu l’artiste m’étais inconnu et après vérification ce disque n’avais pas été emprunté depuis plus d’un an : l’exemple parfait du disque à désherber!

Ce n’est que par acquis de conscience que je demandais vérification auprès de ma collègue Brigitte quant aux CD à désherber. Avec horreur elle m’arracha “Neighborhoods” des mains; face à la violence de sa réaction je décidai de lui donner une deuxième chance (au CD) et m’empressai d’aller l’écouter.

OLU DARA (Charles Jones III) est trompettiste, guitariste et chanteur, pour l’anecdote c’est aussi le père du rappeur Nas (Nasir Jones). D’abord accompagnateur dans des formations de Jazz, il a sorti deux albums sous son propre nom, deux petits bijoux.

olu-dara1.jpgSur une base de blues, Olu Dara prend des libertés très assumées de funk, de soul, de musique d’Afrique et bien sûr de jazz.

C’est peut-être ce qui a causé du tort à ce disque, perdu dans les bacs de blues, il aurait très bien pu se glisser dans les bacs de soul ou de funk … ou de jazz.

Ce métissage de musiques, Olu Dara nous l’offre avec une grande générosité sur tout le disque passant de morceaux résolument blues et introspectifs (Strange things happen everyday) à des morceaux plus festifs ou la part belle est faite aux cuivres (Massamba) ou encore à des ballades jazz intimistes (Bluebird). A noté aussi la présence d’invités prestigieux comme Dr John (Neighborhoods) ou encore Cassandra Wilson (Used to be)

Neighborhoods” c’est la fusion des styles dans un tout cohérent et chaleureux, un disque qui m’a, en fin de compte, accompagné tout au long de l’année 2008 et que je me résous enfin à vous présenter ici tant il m’est devenu cher et tant je me désespère de ne pas le voir emprunté par les adhérents de la bibliothèque.

En conclusion, un disque superbe à emprunter de toute urgence (si jamais le message n’était pas assez clair…)

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par Emeline


Vibrationsmusic, un site à découvrir

A découvrir | 23 septembre 2008

http://vibrationsmusic.com/

Coup de projecteur sur ce site internet musical de qualité, complément essentiel de la revue papier que nous vous invitons à venir consulter dans les bibliothèques de Grenoble.vibrationsmusic1.jpg

Vibrations, revue Suisse fondée à Lausanne en 1991, met l’accent sur les musiques métissées : jazz, soul, rap, reggae, blues, musiques du monde, un regard large sur la musique en général. Une revue qui contient aussi parfois des compilations pour découvrir de nouveaux talents.
Pour ne pas en rester là, il existe désormais Vibrations sur le Net, un site pour s’offrir le luxe du multimédia : des clips, des extraits sonores, de nombreux articles, des approfondissements, et surtout des titres à télécharger.
Un complément indispensable à la revue, mis à jour très régulièrement, il contient des news “à chaud” que la formule papier ne peut pas fournir, des playlist d’artistes, des portraits, des interviews, des comptes rendus de concerts et critiques de films.

Un site dynamique au contenus indéniablement passionnant. Vous avez 5 minutes? tentez l’immersion vous serez vite “accro”.

http://vibrationsmusic.com/

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par Emeline


I’ve got the blues en 1 DVD, 5 CD et 1 BD

Toute la musique que j’aime, elle vient du DVD “En remontant le Mississippi”. Cette semaine je voudrais vous faire partager un itinéraire musical que mes oreilles ont emprunté cet été. Un parcours qui remonte les rives du Mississipi depuis la Louisiane jusqu’à Chicago.

En remontant le Mississippi [DVD] / C. FLÉOUTER & R. MANTHOULIS (Universal Music, 2007)Voir la notice

Ce documentaire tourné par deux reporters français, Claude Fléouter et Robert Manthoulis dans les années 70, retrace en deux chapitres l’histoire du blues aux Etats-Unis. Ce film est considéré comme une œuvre majeure sur l’histoire du blues, tourné à une époque où les artistes locaux étaient très peu médiatisés, surtout en Europe. Claude Fléouter et Robert Manthoulis filment les bluesmen dans leur environnements naturels, une ferraillerie du Delta, une rue de la Nouvelle Orléans ou un ghetto de Chicago. Des images d’archives précieuses qui illustrent avec justesse l’évolution de la musique blues, depuis sa naissance dans les champs de coton du Sud des Etats-Unis jusqu’à l’exode rural des noirs libérés qui emportèrent le blues dans les villes du Nord avec toutes les révolutions que cela implique, notamment le passage de l’acoustique à l’électrique. Un documentaire passionnant, qui met en avant des artistes de l’époque que le temps et la bibliothécaire que je suis avaient parfaitement oublié.

Pour faire mon mea-culpa je me suis empressée de racheter dans les jours qui ont suivit quelques disques devenus pour moi indispensables :

The Honeydripper’s Duke’s mixture / ROOSEVELT SYKES (Universal Music, 2004)

Roosevelt Sykes, en plus d’avoir un jeu de piano bien a lui est doté d’une vraie “gueule”. De quoi créer immédiatement l’ambiance piano-bar de la Nouvelle Orléans dans les années 50. Une jovialité communicative, c’est notamment l’homme qui influença Memphis Slim.

Gonna be some changes 1946-54 / ARTHUR “BIG BOY” CRUDUP (Cherry Red, 2008)

That’s all right Mama, si ça vous dit quelque chose ce n’est pas grâce à un certain Elvis Presley mais bien à Arthur “Big Boy” Crudup, guitariste de légende tombé dans l’oubli et c’est bien dommage.

Harlem Troubadours / SONNY TERRY & BROWNIEe McGHEE (Saga, 2005)Voir la notice

Un duo un peu plus connu mais tellement savoureux. Brownie McGhee à la guitare et l’aveugle Sonny Terry à l’harmonica, un couple d’enfer sur scène mais ne se supportant pas le reste de temps. Un album indispensable pour découvrir ou re-découvrir l’étendue de leurs talents.

Texas Country Blues / MANCE LIPSCOMB (Arhoolie productions, 2002)Voir la notice

Mance Lipscomb, ou la simple beauté d’un homme et sa guitare. Un blues rural avec un goût d’originel. Chanteur texan, qui n’est arrivé au blues que sur le tard, chantant plutôt des gospels ou du répertoire folk, cette expérience donne à son blues une dimension supérieure.

Spoonful of Blues / WILLIE DIXON & JOHNNY WINTER (Music Avenue, 2006)Voir la notice

Un bluesman à la contrebasse, l’expérience est suffisamment rare pour qu’elle mérite d’y jeter une oreille. On connaissait Mingus en jazz, Willie Dixon (dans un style un peu moins sulfureux) enflamme la scène en compagnie de monsieur Johnny Winter à la guitare. Attention talents, dommage que l’enregistrement ne soit pas de qualité égale d’un bout à l’autre du concert.

Le Rêve de Meteor Slim / FRANTZ DUCHAZEAU (Sarbacane, 2008)Voir la notice

Au final, vous ne pourrez pas sortir de ce parcours initiatique sans égratignures, alors finissez de vous faire du mal avec la lecture de la sublime BD “Le Rêve de Meteor Slim” de Frantz Duchazeau, comme un parallèle aux documents présentés ci-dessus. La vraie-fausse histoire d’un bluesman cherchant à échapper à sa condition par la musique. Pauvreté, injustices sociales, soleil, alcool et femmes, quelques grammes d’essence de blues entre vos mains.

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par Emeline


Via Musique : White is white !

Via Musique | 22 juillet 2008

L’excellente  revue musicale Magic (à lire et à consulter dans nos bibliothèques)  nous propose, dans son dernier numéro, une sélection de groupes avec le qualificatif anglais “Black” dans leur intitulé : la liste des groupes en black. De quoi élargir sa culture musicale,  sur une thématique rigolote. Nous n’avons pas voulu en rester là et avons décidé de réitérer l’expérience, mais sur une autre gamme chromatique. Ce sera donc une sélection de groupes (ou de personnes) en “White”.

A tout seigneur tout honneur :

The WHITE STRIPES, groupe américain de rock garage, composé de Jack et Meg White. Ces deux-là voient rouge et triturent le rock  à n’en plus finir. C’est sûr, ils ne sont pas blancs comme neige.

Le Métal aime le noir et le « côté obscur », mais il lui arrive de vouloir se racheter une virginité musicale, alors le drapeau blanc est hissé.

WHITESNAKE, groupe de hard-rock britannique, composé d’anciens membres de Deep Purple.

WHITE LION, groupe américain de glam métal, formé à New-York.

GREAT WHITE, groupe de hard rock très bluesy.

WHITE ZOMBIE, groupe de métal industriel américain : les Cramps revus et corrigés en thrash.

Dans un autre genre :

AVERAGE WHITE BAND, groupe écossais de musique funk qui a sévi entre 1974 et 1980. Des « p’tits blancs » pour une musique black.

BARRY WHITE, auteur, compositeur et chanteur américain de soul et de disco. Connu pour ses innombrables tubes et sa voix de basse inimitable. De la soul cousue de fil blanc.

Et le blues aussi :

BUKKA WHITE, chanteur et guitariste de blues américain. C’est le blues du Mississipi et des champs de coton qui s’exprime à travers lui.

TONY JOE WHITE, auteur, compositeur et guitariste américain de rock imprégné de soul, de blues et de gospel. A composé pour lui-même et bien d’autres.

Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive et elle n’attend que votre collaboration pour être enrichie. Alors pour l’amour du jeu et la beauté du geste, à vos claviers…

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par Rosie


2 semaines = 2 festivals

Musique à Grenoble | 23 juin 2008

visuel2008.jpegLa saison des festivals de musique est ouverte : on attaque du 25 au 03 Juillet avec Sur la route de Tullins et on embraye du 29 au 04 Juillet avec Grésiblues.

Sur la route de Tullins : le rendez-vous des amoureux de la country et des musiques d’influences américaines propose cette année une programmation éclectique.

Voir la programmation du festival IN

Sur la route de Tullins c’est deux grosses soirées de concerts mais aussi un festival off gratuit dans les rues de la ville et un tremplin pour les jeunes talents. Des manifestations variées et une ambiance incomparable qui ont toujours fait de ce festival une plaque tournante de la festivité. Mon conseil : allez découvrir Morley (jeune artiste pop américaine) le vendredi 27 juin, et promenez-vous dans les rue de Tullins pour le festival off le jeudi 26 au soir.

 

 

gresiblues.jpegGrésiblues : C’est 6 soirs de concerts dans 6 villes du Grésivaudan, avec une tête d’affiche et un artiste local invités. Tous les concerts sont gratuits!

Voir la programmation de Grésiblues

Mais c’est aussi l’occasion pour vous de faire un stage de 5 jours (un stage de blues bien entendu) avec des maîtres en matière d’harmonica, basse, guitare, batterie ou clavier. Grésiblues ne serait rien sans l’aide de ses nombreux bénévoles, un festival de qualité et convivial qu’il faut aller soutenir! Mon conseil: la soirée du 02 Juillet avec Roland Tchakounté et celle du lendemain avec Neal Black.

Il va falloir faire des choix pour la soirée du 03 Juillet: c’est soit Morcheeba au parc Paul Mistral, soit Neal Black à la terrasse. C’est cornélien, je vous l’accorde et je vous laisse y réfléchir en vous souhaitant encore une fois de très bonnes expériences de concert.

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par Emeline


Partition : Shake that thing, the guitar of MISSISSIPPI JOHN HURT

A découvrir | 5 décembre 2007

Les éditions MelBay présentent un songbook avec CDs d’accompagnement sur l’œuvre inclassable de Mississippi John Hurt.

Mississipi John HurtMississippi John Hurt c’est un peu l’histoire d’un talent oublié pendant 35 ans, à croire que sa musique n’a été comprise que par les générations suivantes.

John Hurt est né dans le Mississippi en 1892, il passe la totalité de sa vie dans un minuscule village du nom d’Avalon. Marié pour la deuxième fois à Jessie, il est père de 14 enfants, travaille la terre et sur les chemins de fer pour nourrir tout ce petit monde.
Pas très original comme début d’histoire, oui mais depuis que sa maman lui a offert une guitare le jour de ses 9 ans, il prend un malin plaisir à reproduire tout ce qu’il entend autour de lui : blues, gospel, work songs, folk et country. Il devient très vite le songster (chanteur) de la contrée, celui qu’on invite pour animer les soirées noires comme blanches, le style de Mississippi John Hurt s’adaptant au blues, comme à la country.

Mississipi John HurtCe n’est que par hasard qu’il enregistre quelques titres avec un ami violoniste blanc Willie Narmour. Ces deux premiers enregistrements à Memphis puis à New York en 1928 tombent dans l’oubli et John Hurt retourne à ses cultures sans grand regret. Il faut attendre 1963 soit 35 ans plus tard pour que l’ethnomusicologue Tom Hoskins le retrouve et le porte sur le devant de la scène au New York Folk festival puis au Philadelphia Folk Festival. Le succès est immédiat et Mississippi John Hurt enregistre pour le label Piedmont la même année. Après d’autres rares enregistrements il meurt en 1966 au sommet de sa gloire.

Le style de Mississippi John Hurt est lié à sa région natale, il semble que ses influences se soient arrêtées à la fin du 19ème s. Il n’est pourtant pas un pur produit du Delta Blues de l’avant-guerre, c’est plus un chanteur-musicien avec un style de picking bien à lui et sa technique de jeu de la main droite surprenante (basses alternées avec le pouce, mélodie dans les aiguës avec deux doigts).

Shake that thingMississippi John Hurt s’est formé tout seul, à force de chercher à reproduire sur sa guitare ce qu’il avait dans la tête. “I just make it sound like I think it ought to”“je fais juste sonner (les cordes de la guitare) comme je pense qu’elles doivent le faire”

Retrouvez au travers de cette partition les morceaux les plus représentatifs de cet artiste inclassable, les 3 CD sont là pour vous accompagner dans votre apprentissage, ils reprennent chaque titre en les décomposant note par note et phrase par phrase.

Vous ne saviez pas quoi faire de vos longues soirées d’hiver … maintenant vous savez!

Shake that thing, the guitar of Mississippi John Hurt / MelBay Publications Voir la notice

Mississippi John HurtAvalon Blues

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par Emeline


CAPTAIN LUKE, “Old Black Buck”

Album de la semaine | 24 octobre 2007

Captain Luke

Je fais souvent référence dans les coups de cœur musicaux que je choisis de vous présenter à la Music Maker Relief Foundation. Cette fondation de soutien aux anciens bluesmen & women du Sud des Etats-Unis a déjà édité deux compilations (disponibles dans le réseau des bibliothèques de Grenoble), la première m’avait mis la puce à l’oreille à propos de Pura Fé, celle-ci a depuis sortie deux albums superbes et tourne en France très régulièrement.

Cette fois-ci j’aimerais vous présenter celui qui pour moi est une tout aussi belle révélation, Captain Luke et son guitariste Cool John Ferguson.

Artiste assez irrésistible de part sa voix très grave et très sensuelle, Captain Luke porte encore sur lui les traces de sa vie nomade, commencée dans la campagne de Caroline du Sud, puis employé chez un ferrailleur à Winston-Salem avant enfin de trouver sa place comme chanteur dans les “drink-house”, où il aura une carrière itinérante sans toutefois connaître le succès.

 Remarqué dans ces deux compilations, il enregistre aujourd’hui avec Cool John Ferguson un album tout en douceur, résolument blues et pourtant mâtiné de comptine de son enfance “Old black buck”, frôlant la country et parfois la folk avec “rainy night in Georgia”.

Dans mon imaginaire de Grenobloise, l’écoute de cet album fait ressortir des images façon “Tom Sawyer”, comme une idée un peu idéalisée d’un Sud américain somnolant au rythme du Mississippi et du vent dans les champs de coton.

La réalité est pourtant bien différente et la révélation trop tardive d’un artiste comme Captain Luke en est la preuve.

Old Black Buck / Captain Luke (Pinnacle, 2007) Voir la notice

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par Emeline


JAMES “BLOOD” ULMER, “Bad blood in the city”

Album de la semaine | 19 septembre 2007

Comme beaucoup d’Américains, JAMES “BLOOD” ULMER a assisté médusé à l’ouragan Katrina et au sort qui était réservé à la population - essentiellement noire - de La Nouvelle-Orléans. Encore sous le choc des images de misère et d’abandon que lui renvoyaient les télévisions, l’artiste s’attelle à la tache de ce disque éminemment politique. Car les titres de l’album ne laisse aucun doute : “Dead Presidents”, “This land is nobody’s land”, “Commit a crime”, “Old slave master”, il s’agit bien ici de régler son compte à l’administration Bush qui non content d’avoir laissé la région à l’abandon, n’a daigné lever le petit doigt pour secourir les habitants de la Nouvelle-Orléans que plusieurs jours après le passage de l’ouragan…

Epaulé par Vernon Reid, le guitariste qui officia au sein de feu Living Colour et qui est également ici producteur, il enfante dans la colère un disque de blues atypique au croisement du rock, de la soul (”Let’s talk about Jesus”), du gospel (”Katrina”) et en tout cas loin des solos de guitares fleuves et des plans classiques du genre. 5 compositions originales et des reprises dont “This land is nobody’s land” de John Lee Hooker, beaucoup de rythmes et d’atmosphères différents sur ce disque très abouti.

C’est en revenant aux sources du blues qu’il entrevoit même par instant le futur d’un genre qu’on pensait moribond. Et pour ce qui est de la conclusion, “There is power in the blues” chante James. Tout est dit.

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par Julien


NUBLUES, “Dreams of a bluesman”

Album de la semaine | 29 avril 2007

Qui a dit que le blues était mort ? Certainement pas Nublues, ce groupe Londonien dont les membres à peine âgés de 20 ans se jouent des styles avec une facilité déconcertante.

Nublues - Dreams of a bluesmanLeur problématique : remettre le blues au goût du jour ou tout au moins l’inclure dans une optique plus contemporaine.

Nous avons fait sur ce disque un mariage entre la technologie actuelle et un style roots. Nous avons utilisé des vieux instruments dans un studio très équipé et nous y avons ajouté du rap, du scratching. Ceci pour permettre aux jeunes de s’intéresser à notre style.” Ramon Goose.

Pas étonnant donc de découvrir dans “Dreams of a blues man”, leur premier album, un blues très urbain d’une maturité remarquable. Savant mélange de riffs à la John Lee Hooker associés aux samples et aux scratches ainsi qu’au phrasé Hip-Hop du chanteur, Jay Nicholls.

Mais n’allons pas pour autant essayer de leur coller une étiquette de “Blues Hip-Hop” qui serait réductrice : NuBlues c’est du blues avant tout … et du bon !

Pas la peine d’en dire plus, allez vite vous faire une opinion, le CD est disponible dans le réseau des BM de Grenoble.

Dreams of a bluesman / NubluesVoir la notice

NuBlues : Jay Nicholls (Chant), Ramon Goose (Guitare), Ed Vans (basse), Paul Francis (Batterie).

Le site internet de Ramon Goose et de Nublues

Nublues sur Myspace

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par Emeline


JIMI HENDRIX : “Band of Gypsys”

Album de la semaine | 21 mars 2007

Faisons fi de la nouveauté ! Face à la croissance exponentielle des sorties de disques, il est peut-être temps de (re)découvrir quelques pépites enfouies dans le cours de l’histoire du rock.

gypsys.jpgContrairement à ce que sa pléthorique discographie pourrait laisser croire, Jimi Hendrix n’a publié que très peu d’albums de son vivant : 3 albums studios (Are you experienced ?, Axis Bold as love & Electric Ladyland) et un concert Band of Gypsys. Tout le reste n’est que sorties douteuses, enregistrements pirates de mauvaise qualité, compilations et concerts d’intérêt variable.
Band of Gypsys fut capturé lors du nouvel an 1970 à New York avec un nouveau groupe : Buddy Miles à la batterie et Billy Cox à la basse et au chant sur deux titres. Certains ont cru déceler dans cet album un virage vers le jazz, pour ma part j’y entends à peu près tout sauf ça : du blues, du funk, de la soul et du rock. Il n’y a qu’à écouter les déflagrations sonores de “Machine Gun” et les stridences qu’Hendrix parvient à tirer de sa guitare pour en être convaincu. Si vous voulez écouter un musicien réellement inspiré, qui a assimilé toutes les techniques de son instrument avant de les repousser pour l’inscrire dans une nouvelle dimension, alors jetez une oreille sur ce disque : rythmiques funky, aller-retours solo/ accompagnement, approches nouvelles du son, le plus étonnant restant ses longues improvisations qui ne sont jamais pesantes mais témoignent au contraire d’un renouvellement permanent.

Même si le ton de cette chronique laisse peu de doute sur mon objectivité concernant tout ce qui touche au divin gaucher, j’affirme qu’il n’est pas nécessaire d’être guitariste pour apprécier cet album à sa juste valeur : énorme.

Où trouver cet album ?

purple1.gifA écouter également le très bel hommage de Nguyen Le à l’œuvre de Jimi Hendrix.

Purple : celebrating Jimi Hendrix / Nguyen L

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par Julien

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