4 juillet 2008

Via Musique : ou comment faire rimer vacances avec découvertes musicales

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L’été,  c’est le moment tant attendu  pour l’aventure de la vie et les grandes découvertes musicales et je vais donc vous narrer dans le détail (enfin presque) une tranche de ma “Rock-collection” personnelle que ne renierait pas Laurent Voulzy. Mais contrairement à lui, ce n’est pas au camping des “Flots bleus” que j’ai eu mes premiers véritables émois musicaux.

Soucieux de donner toutes ses chances à leur progéniture, mes parents m’ont envoyé en voyage linguistique à Bristol, en Angleterre, afin que je sois capable de dire, dans la langue de Shakespeare, autre chose que “Who do you love” et “One bourbon, one whisky, one beer”. Bristol, en 1978, n’était pas encore le laboratoire trip-hop que la ville deviendra par la suite mais la musique était déjà bien présente et les disquaires à tous les coins de rue.

Et c’est avec l’excellent album “Live and dangerous” de Thin Lizzy, que j’ai ramené en France, que j’ai perfectionné mon anglais et démarré mon éducation hard-rock. Le visuel de la pochette ne laissait pas de doutes : ça allait déchirer !

Groupe irlandais avec le chanteur bassiste Phil Lynott, Thin Lizzy a décliné le hard-rock avec le blues et la soul. La fougue et la rythmique hard sont bien présentes et prennent toute leur ampleur sur ce “live”. Groupe emblématique de l’époque, qui marquera fortement les futurs groupes de hard-rock.

En 1979, voyant que mes progrès en anglais avaient été timides mais néanmoins visibles, mes parents m’ont à nouveau vanté les mérites du séjour linguistique et c’est à Northampton, dans le nord de l’Angleterre que j’ai fait mon immersion culturelle. Et c’est les cheveux dressés sur la tête, des épingles à nourrice plein le T-shirt (au grand dam parental) et avec le fabuleux premier album des Ruts en poche que j’ai retrouvé le giron familial.
Album coup de poing ou le mouvement punk montrait qu’il était gagné, toujours et encore, par la  fièvre de la révolte et déjà axé sur la fusion musicale avec le reggae. A écouter le sublime morceau reggae divinement pulsé “Jah war”, on comprend que la voie était tracée pour les Clash et leur « London calling ».

Se désespérant de moi et ne sachant plus comment manipuler cette adolescente rebelle, c’est dans le massif du Taillefer qu’ils m’ont envoyé crapahuter, l’année suivante, pour être à l’abri de toute crise (musicale) adolescente. Mais, la musique est partout, c’est bien connu ! Et c’est Thiéfaine que j’ai découvert cette année là. L’animateur montagne était amoureux fou de “La fille du coupeur de joints”. Auteur d’albums “noirs” et désespérés entre rock et chansons, Thiefaine a donné un autre ton à la chanson française.

Si le récit de mes tribulations musicales éveille en vous des (mauvais ou nostalgiques) souvenirs de vacances, lâchez-vous sur le blog (…non, vous n’êtes pas seuls…) et à nous tous, nous allons faire la plus belle bande son de tous les étés inoubliables, voire de tous les étés pourris.

Et … bonnes vacances musicales.
Live and dangerous / THIN LIZZY (1978)Voir la notice

The Crack / THE RUTS (1979)Voir la notice

Routes 88 / H.F THIEFAINE (1988)Voir la notice

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15 mai 2008

Via Musique : le grand chambardement de mai 68 en France

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Alors que la déferlante musicale anglo-saxonne explose tout sur son passage, que se passe-t-il sur le front français en 1968 ? La période yé-yé s’essouffle, les chansons mièvres des chanteurs ne font pas le poids face à l’invasion des groupes anglo-saxons. Difficile de rivaliser avec le duo Lennon / McCartney, Bob Dylan et les Beach Boys.

Tant bien que mal, notre rocker national Johnny Hallyday résiste en chantant ” Noir, c’est noir. ” Antoine commence à distiller, bien gentiment, des idées dans l’air du temps par l’intermédiaire de ces ” élucubrations “. Hugues Aufray adapte les chansons de Bob Dylan en français. Un courant contestataire verra le jour à partir de 1969 avec des chanteurs comme François Béranger, Catherine Ribeiro, Colette Magny et Graeme Allwright. Pour l’heure, les artistes confirmés sont encore là ( Brassens, Brel, Ferré, Nougaro…etc) et ils savent se montrer incisifs quand il faut réveiller les consciences, mais une nouvelle génération de chanteurs français va naître en marge de la contestation ” mai soixante-huitarde ” et elle va remodeler le paysage musical français pour les décennies à venir.

La cavalerie / JULIEN CLERC (1968)Voir la notice

julien-clerc.jpgC’est en 1966 que Julien Clerc va rencontrer Etienne Roda-Gil et ensemble, ils vont écrire de belles pages musicales. Le duo sort, en 1968, le titre “la cavalerie” et ce sera le début d’une collaboration gagnante. Rien de véritablement subversif dans ce premier texte mais un chant particulier qui fera remarquer Julien Clerc. Il sera alors tête d’affiche pour la comédie musicale hippie “Hair“, en 1969. Le début d’une longue carrière.

Animal on est mal / GERARD MANSET (1968)Voir la notice


gerard-manset-animal-on-est-mal.jpgSorti d’abord en 45t, puis en 33 t, “Animal, on est mal” nous fait découvrir un artiste atypique, à mille lieux de tous les canons de la mode et du show-business. Véritable auteur –compositeur, Gérard Manset se lance rapidement dans la composition d’un oratorio symphonique, la Mort d’Orion. Loin des médias et du monde, Gérard Manset développe un univers musical personnel sombre et mystérieux. Auteur à part, il n’en restera pas moins très présent dans la sphère musicale française en faisant paraître régulièrement des disques et en écrivant pour d’autres personnes..


Mon frère /
MAXIME LE FORESTIER
(1972)
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maxime-le-forestier-mon-frere.jpgRemarqué dés 1968, Maxime Le Forestier marche dans les traces de Brassens, mais il ajoute dans ces compositions le folk américain. Son premier album, après quelques 45 t en 1968, est composé de ballades à la guitare, sur lesquelles il chante des textes politiquement incorrects. Le morceau Parachutiste est une ode anti- militariste et San Francisco deviendra l’hymne hippie français.

 

A suivre…..

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6 mai 2008

Via Musique : le grand chambardement de mai 68

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Si le mois de mai 1968 symbolise le début d’une longue histoire dans laquelle il est question de pavés et de plages, de révolution et de liberté, la musique avait pris son envol bien avant et avait fait sa propre révolution sonore. En effet, le souffle de la liberté avait gonflé (à l’acide et aux fleurs) les voiles du mouvement psychédélique, et cela dès l’été 1967. L’année 1968 se révèlera être la charnière entre le “Flower-power” américain et le premier “gros” son rock des Led Zeppelin qu’on a qualifié de hard, car sur-vitaminé aux amplis Marshall et aux riffs ravageurs de Jimi Page, en 1969.

Voici une sélection pour revenir sur les incontournables de l’année que je dédie à tous les manifestants de l’époque (et aux autres aussi), trop occupés à organiser des barricades et autres batailles rangées avec les forces de l’ordre.

Elvis Presley

68 comeback special [DVD] / ELVIS PRESLEY (1968)Voir la notice

Elvis Presley fait son grand retour à la télévision américaine, après son mariage avec Priscilla. Alors que le monde est à feu et à sang, Elvis reste le garant éternel du rock’n ‘roll américain. Il nous livre quelques compositions parmi ses plus connues, le tout émaillé par quelques roucoulades et éclats de rire. Une prestation qui reste encore intéressante avant sa décadence future.
Une valeur sûre opposée à la contestation musicale montante.

Rolling Stones - Beggars banquet

Beggars Banquet / ROLLING STONES (1968)Voir la notice

Album charnière également pour les Stones car il symbolise la fin de l’ère Brian Jones et le début du duo gagnant : Jagger - Richards. Cet album est fortement inspiré par les événements parisiens et internationaux. La chanson “Street fighting man” parle des émeutiers, d’ici et d’ailleurs, et est même un temps interdite aux Etats-Unis. Avec cet album, les Stones montrent qu’ils ne sont pas uniquement un groupe à singles et nous délivre un disque sublime pétri de blues et de country, dans des versions acoustiques pour la plupart.

MC5 - Kick out the jam

Kick out the Jams / MC5 (1968)Voir la notice

En pleine période hippie, les MC5 vont poser les jalons d’un futur punk-rock. Enregistré en live, cet album est un condensé de la critique sociale et politique émergente aux Etats-Unis et de toutes les revendications anti-discriminatoires. Les guitares sont à feu et à sang, comme le chant et les harangues du chanteur. Album et groupe culte, qui en un opus a posé les bases d’une musique différente, originale et en pleine mutation. Pour la petite histoire, le guitariste du groupe Fred « Sonic » Smith sera le futur mari de Patti Smith.

Van Morrisson - Astral weeks

Astral weeks / VAN MORRISON (1968)Voir la notice

Le disque de la rupture pour Van Morrison, qui après des débuts musicaux très marqués par le rock (voir son groupe THEM ), composera, avec des musiciens d’univers variés, un album très introspectif, décalé et poétique. Cet album remarquable sera le précurseur d’un style plus personnel que développeront plus tard Nick Drake et d’autres. Ovni sur la scène musicale du moment, ce disque est audacieux, ambitieux et inoubliable. Un célèbre critique rock, Lester Bangs, le qualifie de « preuve qu’il restait quelque chose à exprimer musicalement à coté du nihilisme et de la destruction ».

A suivre…

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8 avril 2008

Olivier Messiaen, ornithologue-rythmicien et… dauphinois (1908-92)

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S’il avait été aussi solide qu’un poilu de la Grande Guerre, Messiaen aurait fêté ses 100 ans cette année. C’est justement pendant cette période, en 1914 exactement que la famille Messiaen séjourne pour la 1ère fois à Grenoble. C’est peut-être ce souvenir qui inspirera à Olivier sa passion pour notre région qu’il concrétise dès 1935 en s’installant tous les étés à Petichet dans une maison qui surplombe le lac. Et c’est là qu’il a souhaité reposer sous un oiseau de marbre dans le très paisible petit cimetierre entourant l’église. Cet anniversaire passe relativement inaperçu, les médias étant fort occupés à faire encore monter les ventes de Monsieur Herbert von K. qui lui aussi aurait eu 100 ans mais est largement mieux placé dans les Top 50 du classique bizness.

L’œuvre musicale de Messiaen n’est donc plus très “branchée” et il faut bien reconnaître qu’il est effectivement difficile de l’utiliser comme fond sonore pour le réveillon de Nouvel An ou comme sonnerie de portable. Il s’agit d’une musique savante très construite mais dont une grande partie est accessible même sans connaître les codes de composition. C’est une musique de glorification qui exalte sa foi chrétienne et exprime souvent avec une simplicité touchante son admiration pour les beautés du monde. Il fait volontiers partager ses certitudes musicales et spirituelles à qui se montre réceptif.

La tombe de l'auteurDans ses grandes œuvres pour orchestre la masse orchestrale très importante n’est jamais pesante et il ne lésine pas sur les percussions et les cuivres : Turangalila, Des canons aux étoiles

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3 avril 2008

La famille c’est lyrique : trois exemples tirés de 3 œuvres majeures du répertoire

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MOZART, Les Noces de Figaro : Le sextuor de l’Acte III : Figaro, Marcelline, Bartolo, Curzio, Le Comte, Suzanne”Riconoci in questo amplesso una madre, amato figlio”

Le nozze di figaroRappel des faits : à l’occasion du mariage de Figaro et de Suzanne le comte Almaviva très sensible aux attraits de la soubrette de sa femme imagine de rétablir le droit de cuissage….rien que ça ! ! ! Avec Marcelline et Bartolo il noue des intrigues assez complexes pour faire épouser Figaro par Marcelline , c’est là que plus personne ne comprend rien au livret ! ! ! Mais … surprise : Figaro se révèle être le fils de Marcelline et Bartolo, et dans la stupeur générale : “sua madre ???”, “sua padre ??” les gifles pleuvent mais les projets libidineux du Comte semblent bien compromis

Cet ensemble de 2 voix de femmes et 4 d’hommes permet d’apprécier les différences de timbres entre les 4 barytons et les 2 sopranos et de se réjouir de la vélocité vocale des chanteurs qui doivent assurer à ce sextuor une vivacité et un rythme contagieux. Direction René Jacobs excellente distribution très homogène.

Le Nozze di Figaro / W.A. Mozart (Harmonia Mundi, 2004)Voir la notice

VERDI, La Traviata : Air de Germont “Pura siccome un angelo” et duo avec Violetta à l’Acte II

Morceau de bravoure de tout baryton qui se respecte, cet air de l’acte II sonne la fin du bonheur pour Violetta et Alfredo. Giorgio Germont, type même du Pater Familias vient exposer les règles de bienséances de l’éducation bourgeoise, qui ne saurait tolérer une ” traviata ” dans la famille :

“Pure comme un ange
Dieu m’a donné une fille
Si Alfredo refuse à présent
De retourner au sein de sa famille
Le jeune homme aimant et aimé
Qu’elle devait épouser”
Se refuse à ces liens
Qui nous rendaient heureux !!!! ”

C’est généralement dans cette scène du sacrifice de Violetta acceptant de se séparer de son amant pour le bien de sa jeune sœur que sortent les premiers mouchoirs.(Rôle de Germont très bien chanté par Thomas Hampson, celui de Violetta étant tenu par Anna Netrebko).
La Traviata [DVD] / Giuseppe Verdi (Deutsche Grammophon, 2005)

BERG, Wozzeck : Berceuse de Marie Acte I Scène 3 “Eia popeia…Mädel, was fängst Du jetzt an ?”
Alban Berg - WozzeckLa fille-mère la plus célèbre de l’opéra commence dès l’acte I à comprendre que la famille monoparentale c’est pas le rêve. Elle chante une berceuse poignante à son fils sur un thème repris dans la scène finale où une des dernières répliques “Dein mutter ist tot” (Ta mère est morte) confirme à l’enfant qu’il est seul au monde et que cet opéra n’est pas le plus gai du répertoire.

Cette œuvre majeure de l’opéra nécessite des chanteurs qui non seulement assurent musicalement et vocalement mais manifestent une présence et un engagement parfaits. C’est Hildegarde Behrens qui chante ce rôle difficile dirigée par Claudio Abbado.

Wozzeck [DVD] / Alban Berg (RM Associates, 1987)

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13 février 2008

La reprise est au rock ce que le standard est au jazz…

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Jimi HendrixLa reprise est au rock ce que le standard est au jazz. C’est un morceau que des interprètes, autres que le créateur, essaient de se réapproprier, pour le jouer tel quel, pour l’adapter ou pour le magnifier. Il en est ainsi de nombreuses reprises qui ont égalé ou fait connaitre l’original : “House of the rising sun” , “Mister tambourine man”, “Hey Joe” et “All along the watchtower” par exemple. Des reprises finissent même par exister principalement par leur nouvelle interprétation.
Pour preuve, la reprise du titre de Leadbelly, chanteur de blues et de folk noir américain, “Where did you sleep last night” par Kurt Cobain et son groupe Nirvana.
En effet, Kurt Cobain a tellement habité son interprétation, en lui donnant une forte charge émotionnelle, que sa reprise est devenue une référence.Kurt Cobain

Les artistes aiment se mesurer aux grands « classiques rock » et depuis quelques mois, nous voyons apparaître, dans nos bacs, des albums complets de reprises.

A noter et à écouter les albums suivants :

patti-smith-twelve.jpgPatti Smith, grande prêtresse du rock, propose sa relecture de grands classique rock.
Twelve / Patti SmithVoir la notice

Sur les deux opus, le groupe Nouvelle Vague aborde les grands titres fédérateurs et emblématiques de la new-wave, sur un tempo de bossa.
Bande à part / Nouvelle VagueVoir la notice

Cat Power pour sa part, sort également un album de classiques de la musique nord-américaine [disponible très bientôt dans les Bibliothèques de Grenoble].

Mais je voulais attirer votre attention sur le disque de reprises de Nick Cave (que j’emporterai sur une île déserte) et que vous vous devez d’écouter.

Nick Cave - Kicking against the pricksDans cet album, Nick Cave se frotte à ses auteurs-compositeurs fétiches (John Lee Hooker, Johnny Cash, Leadbelly …..) pour leur rendre hommage. Sorti en 1986, cet album nous propose un voyage initiatique sur les traces du blues et de la musique américaine. Culture du sud des Etats-Unis qui a fortement influencé son œuvre. Sa voix grave, voire sépulcrale, vient hanter une instrumentation basique et primitive, en vue de retrouver l’essence même de la musique « blues ». Des reprises toutes plus déroutantes et surprenantes les unes que les autres. Des traditionnels revus et sacrément corrigés et qui nous laissent médusés.
Kicking against the pricks / Nick Cave and the Bad SeedsVoir la notice

Et pour la prochaine fois, comme je viens de révéler mon admiration pour (l’œuvre de) Nick Cave, je vous proposerai un Via Musique sur lui, mais en attendant, je vous invite à nous proposer vos meilleures reprises…

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5 février 2008

Via Musique: où comment aller à la rencontre de DANIEL DARC

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A l’heure où sort le dernier album (flamboyant) de Daniel Darc, intitulé en hommage à Coltrane “Amours suprêmes”, l’occasion est trop belle de retourner aux origines de son œuvre discographique.
Au commencement était Taxi Girl…

Taxi Girl - Suite et finFer de lance de la New-wave française dans les années 80, le groupe Taxi Girl écrivit deux succès avec les titres “Mannequin” et “Chercher le garçon”.
Le groupe a été une formation emblématique de la scène hexagonale, grâce ou à cause du penchant de Daniel Darc pour les grandes figures rebelles du rock (Johnny Cash, Iggy Pop, …) et son comportement jusqu’au-boutiste. Après la dissolution du groupe, Daniel Darc poursuivra sa carrière en solo.
Suite et fin [compilation] / Taxi Girl (New Rose) Voir la notice

Daniel Darc - NijinskyAvec Ninjiski, Daniel Darc propose son projet musical le plus abouti aprés Taxi Girl. Cet album, malgré de très belles chansons, reste méconnu mais il mérite largement que l’on revienne y “jeter une oreille”.

Ses textes nous plongent au coeur de son univers poétique, univers qu’il portera au plus haut avec l’album “Crèvecœur”.
Nijinski / Daniel Darc (Bondage, 1994) Voir la notice

Daniel Darc -Creve-coeur Ecrit par Daniel Darc et arrangé par Frédéric Lô, cet album est le disque de la rédemption et de la sortie du désert musical. Les arrangements de Lô (par ailleurs lui aussi auteur et compositeur) servent à merveille les textes et la voix particulière de Daniel Darc. Des arrangements subtils et légers ornent la poésie de Daniel Darc. Ils donnent à l’album, qui présente une diversité de chansons et d’ ambiances, son unité…Une sensibilité à fleur de peau et humaniste.
Crèvecœur / Daniel Darc (Universal, 2004) Voir la notice

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15 janvier 2008

Via Musique : Francis Poulenc, moine ou voyou ?

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En 1917, il a 18 ans et présente à son prof du Conservatoire de Paris Paul Vidal son oeuvre “Rapsodie nègre”, pour baryton et orchestre de chambre. Commentaire du prof : ” votre oeuvre est infecte, inepte (…) c’est une couillonnerie infâme (…) Je vois que vous marchez avec la bande de Stravinski, Satie et compagnie, eh bien bonsoir ! “

Dans le même temps Jean Cocteau et Guillaume Apollinaire jouent les rebelles eux aussi… Cet avant-gardisme dans l’air du temps des années 20 s’ illustrera entre autre par les créations du Groupe des six (Francis Poulenc, Arthur Honegger, Georges Auric, Germaine Taillefer, Louis Durey, Darius Milhaud), qui composeront la partition du ballet Les mariés de la Tour Eiffel de Jean Cocteau.

On pourrait dire que Poulenc est un classique sensible et antiacadémique…

Conchord - Sextet for piano and wind quintetSextet for piano and wind quintet / Francis Poulenc (Sanctuary Records, 2005)Voir la notice

 

Ses créations sont d’une variété incroyable : “voyou” dans sa musique de chambre, écoutez donc le rondo du trio pour piano, hautbois et basson, le scherzo de la sonate pour hautbois et piano, la finale du sextet pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor !

Francis Poulenc - French contemporariesPoulenc and his french contemporaries / Francis Poulenc (Avie, 2006)Voir la notice

“Moine”, il peut le sembler dans ses magnifiques compositions religieuses “Salve Regina”, “O magnum mysterium”, “Litanies à la Vierge Noire” mais sa musique reste enjouée, lumineuse, apaisante.

 

Concerto pour orgue et orchestre

Autour du concerto pour orgue et orchestre / Francis Poulenc (Intrada, 2007)Voir la notice

Au départ commande d’une riche héritière (la fille d’Isaac Singer – les machines à coudre !), ce disque se distingue par sa profonde originalité : rarement orgue et orchestre se fondent ainsi en une atmosphère solennelle, ardente, lyrique, grandiose.

 

Trois disques différents, des interprètes de choix :

L’orchestre Conchord, 6 musiciens anglo-saxons à géométrie variable explorant avec bonheur toutes les formules de la musique de chambre proposées par Poulenc.

Le Choir of New College Oxford, dirigé par Edward Higginbottom, véritable institution depuis 600 ans, nous ravit une fois de plus par la pureté de ses voix.

Enfin l’organiste de grand talent Vincent Warnier et l’orchestre Les siècles dirigé par François-Xavier Roth concourent à mettre en relief un compositeur qui, s ‘il n’est pas inconnu, n’est pas non plus écouté le soir à la veillée ! Alors que franchement, si vous voulez de l’ émotion, laissez-vous gagner, toutes ces oeuvres en sont truffées, mieux que le foie gras…

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24 décembre 2007

Via Musique : où comment passer les fêtes de Noël et envisager l’avenir…

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Si, pour vous, les fêtes de Noël s’apparentent à un cataclysme, force 5 sur l’échelle de Richter…
Si l’harmonie familiale tant espérée risque de ne pas être pas au rendez-vous …
Si vous êtes en train de pisser le sang parce que cette foutue huître n’a pas voulu s’ouvrir… Alors ma sélection de cartes postales musicales de Noël est pour vous.

Tom Waits - Blue ValentineChristmas card from a hooker in Minneapolis” sur Blue valentine / Tom Waits Voir la notice

Tom Waits, avec sa voix reconnaissable entre toutes (une voix “trempée dans un fût de bourbon”) et son piano, nous livre ici un magnifique album. Sa musique amalgame le rock, le blues, le jazz et le cabaret et lui donne un côté bastringue inimitable. Sa chanson “Christmas card from…” est une très belle chanson intimiste, toute en douceur et en clair-obscur. Et sans hésitation, on plonge dans l’ambiance enfumée du cabaret de Tom Waits.

Stina Nordenstam - Soon after Christmas” sur Memories of a color / Stina Nordenstam Voir la notice

Stina Nordenstam, est une jeune artiste suédoise. Sa façon de chanter rappelle un peu Björk et Rickie Lee Jones. Ses albums se suivent et ne se ressemblent pas. Elle va son bonhomme de chemin entre la pop et la musique électronique. Avec “Memories of a color”, elle explore le style pop-jazzy. “Soon after Christmas” est un bel enchaînement après Tom Waits.

Mogwai - Ep+6Christmas song” sur EP + 6 / Mogwai Voir la notice

Mogwai est le groupe phare de la scène post-rock anglaise, avec plusieurs disques à leur actif. Ils proposent sur leurs albums, de nombreuses plages instrumentales où les ambiances atmosphériques alternent avec la violence sonique. Et le titre “Christmas song” conclue admirablement le cycle “cool” que je vous propose.

 

Et si malgré cela, vous n’êtes pas serein(e)s pour accueillir vos convives… il faudra que je vous la refasse. Peut-être avec les Ramones, les White Stripes et les Smashing Pumpkins, qui poussent derrière la porte pour vous souhaiter, avec moi (et malgré tout), un joyeux Noël.

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4 septembre 2007

Via Musique : Joy Division

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Control - Anton CorbijnA l’occasion de la future sortie en salle du film « Control » d’Anton Corbijn sur Ian Curtis et le groupe Joy Division, voici en avant-première un voyage musical dans l’œuvre du collectif qui aura changé, en moins de 3 ans, le cours musical des années 80, en géneral et la ville de Manchester, en particulier.

Joy Division - Unknown pleasuresUnknown pleasures / Joy Division (Factory, réed. 1985)cd5.jpg

Un must pour toute discothèque. Avec sa pochette minimale et sa musique synthétique, le ton est donné et rien ne sera plus jamais comme avant. Les compositions de Joy Division évoquent le monde intérieur de Ian Curtis et la ville de Manchester, en pleine décomposition post-industrielle. La musique est oppressante, mécanique et s’appesantit sous les rythmiques martiales des claviers et de la batterie. La voix particulière et troublante du chanteur vient hanter le tout. Le début d’une « nouvelle vague » musicale…

substance2.jpg« Love will tear us apart » in Substance : 1977-1980 / Joy Division (Factory , 1988) cd5.jpg

Ce titre, enregistré du vivant de Ian Curtis mais sorti après sa mort, en juin 1980, restera certainement comme un testament musical posthume (tout comme l’album Closer). Ce titre, qui parle du désamour, atteint rapidement la cinquième place des charts indés anglais. Elle allie une musicalité extraordinaire à des textes intimes; une réussite qui nous laisse sans voix et nous fait regretter les extraordinaires possibilités créatrices de Ian Curtis.

story.jpgNew Oder story / New Order (Warner, 2005) [DVD] cd5.jpg

Ce DVD retrace l’histoire du groupe Joy Division et New Order avec images d’archives et clips. Quelques morceaux du groupe sur scène permettent de se rendre compte du charisme et de l’originalité du collectif. Le groupe New Order renaît des cendres de Joy Division et se lance dans l’expérience musicale, en créant la techno-pop (cf. le titre « Blue Monday ») et l ‘effervescence de la Hacienda, mythique club de Manchester dans les eighties.

Voilà de quoi tenir en haleine, en attendant la sortie du film (sortie officielle le 26 septembre).

PS : et pour ceux qui douterait de la modernité de Joy Division, nos amis de Discoblog ont découvert un groupe qui nous fait remonter le temps…

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2 août 2007

Via musique : Joe Strummer

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Pour compléter musicalement le film de Julian Temple, ” Joe Strummer, the future is unwritten” (que je vous recommande), voici quelques pépites musicales que vous trouverez dans les Médiathèques de Grenoble.

julian.jpgjoestrummer.jpgjoestrummer.jpg joestrummer.jpg

En plus de sa participation au sein du groupe The Clash, dont vous trouverez la discographie officielle complète dans le réseau des bibliothèques de Grenoble , il faut absolument découvrir le reste de sa discographie en solo, car le bougre a continué à être inspiré et créatif bien après l’épisode The Clash.

earth.jpgEarthquake weather / Joe Strummer (Epic, 1999)
Médiathèque Alliance et Grand-Place (cote 2 STR)

Premier opus de Joe Strummer, l’album (de la rupture) est (malgré tout) dans la continuité du Clash. On retrouve quelques gimmicks musicaux caractéristiques. Mais dans l’ensemble, l’album est de bonne facture avec des morceaux bien ficelés et efficaces.

 

global.jpgGlobal a go-go / Joe Strummer and the Mescaleros (PIAS, 2001)
Médiathèque Grand-Place et Centre-Ville (cote 2 STR)

Cet album démarre sur les chapeaux de roue avec le génial morceau « Johnny appleseed ». On y découvre par la suite du rock mâtiné de rythmiques tropicales, reggae, dub et blues. Du grand Strummer.

 

future.jpgThe future is unwritten / Joe Strummer [B.O. du film de Julian Temple] (Sony, 2007) Médiathèque Grand-Place (cote 6.1 FUT)

Cette bande originale de film est un raccourci appréciable pour pénétrer dans l’univers musical du personnage. Joe Strummer a été un musicien emblématique du mouvement punk, très créatif et engagé. Un incontournable de la scène rock anglaise.

Une excellente mise en condition pour aller voir le film (date de sortie : 11 juillet 2007).

PS : un article sur Joe Strummer à lire sur la Blogothèque : “London calling, this is London calling”.

La bande-annonce du film :

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10 juillet 2007

Via Musique : Summer of love

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Via musique : le « Summer of love » californien de 1967 revu depuis Grenoble. Comment fêter, dignement et en musique, les quarante ans du mythique « Summer of love » de 1967 à San Francisco et Monterey ? En se replongeant dans l’atmosphère musicale et hippie du moment, en trois (seulement et arbitrairement !) incontournables :
jef.jpgSurrealistic Pillow / Jefferson Airplane (RCA Records, 198?)

Médiathèque Alliance et Grand-Place (Kateb Yacine)

Cet album fait de Jefferson Airplane le groupe phare de San Francisco et de la vague hippie. Publié en 1967, ce disque, plein d’énergie, de lumière et de romantisme devient l’album de référence du « Summer of Love ».

Grand classique du rock psychédélique, il reste le disque représentatif d’une époque où la musique sort des schémas classiques.

Cet album sorti en février 1967 est le second du groupe, il a été réédité en cd dans les années 80.

younger.jpgYounger than yesterday / Byrds (Columbia, réed. 1996)

Mediathèque Centre Ville et Grand-Place (Kateb Yacine)

Ce groupe californien a été à l’origine de nombreux courants musicaux : le folk –rock, le rock psychédélique et le country-rock. Leur créativité musicale est indéniable et c’est en fusionnant les genres musicaux qu’ils deviendront un groupe culte.

Younger than yesterday paraît en 1967 et devient le meilleur disque du groupe grâce à la présence de sublimes morceaux et d’audaces musicales qui fusionnent les styles (ex : ragga-rock). A (re)découvrir sans tarder.

woodstock.jpgWoodstock : 3 days of peace & music / Michael Wadleigh, réal. (DVD, Warner, 1994)

Médiathèque Grand-Place (Kateb Yacine)

Le Festival de Monterey, en 1967, fut le premier grand festival musical de tous les temps, porté par l’esprit du «Summer of love». Par contre, le Festival de Woodstock sera le dernier festival de cette époque emblématique.

En visionnant ce DVD, nous pouvons avoir une fugace idée du déferlement musical occasionné par ces festivals, mais surtout, appréhender la liberté de création et d’expérimentations que les groupes et artistes ont pu insuffler dans leur musique et la musique en général.

D’accord ! on était pas né en 1967, mais pas de regrets … et que cela ne nous empêche pas de profiter pleinement de l’excellente programmation du festival local Cabaret frappé et se faire notre « Summer of love » à nous !

PS : Le Cabaret Frappé on en parle également ici

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27 juin 2007

Via Musique : itinéraire musical en 2 temps et 3 cds

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Petite sélection electro-zen pour affronter les embouteillages de l’été
(ou comment aller au festival de Benicassim sans se stresser)

Pantha du Prince - This blissPantha Du Prince : This bliss (Nocturne, 2007)

Mediathèque Kateb Yacine (Grand Place)

Dès les premières notes, on rentre dans un univers intimiste. Les boucles synthétiques nous enveloppent et nous entraînent dans un voyage musical feutré et aérien. Une discrète rythmique nous rappelle que l’on est dans de la «house» délicate et finement arrangée. (http://www.panthaduprince.com/index.html)

Idéal pour commencer un long périple, à enchaîner avec :

To Rococo Rot - Taken from VinylTo Rococo Rot : Taken from vinyl (La Baleine, 2006)

Médiathèques Kateb Yacine (Grand-place), Abbaye et Centre ville

Le «groove» voluptueux de To Rococo Rot (collectif allemand) pourrait nous fait croire que nous sommes seuls sur une route traversant de grandes immensités désertiques (alors qu’ en fait, nous sommes bloqués au péage sur l’A7). On est transportés par des nappes électroniques ouatées et cotonneuses. Toujours une musique «électro» légère, vaporeuse et rêveuse.

Repeat Repeat - SquintsRepeat /repeat : Squints (Soma records, 2006)

Médiathèque Kateb Yacine (Grand-place)

Fondu enchaîné et habile mixage avec cette musique électronique synthétique, hypnotique et lancinante mais qui n’hésite pas à frétiller à l’approche de l’arrivée. De belles plages musicales basées sur des lignes minimales mais agréablement et merveilleusement funky. A écouter jusqu’à envoutement.

(http://www.somarecords.com/artists/repeatrepeat)

Et nous voilà enfin arrivés à bon port, pour danser sur le set du grandiose Carl Craig, digne représentant de la techno de Détroit.

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