LE LABEL HARMONIA MUNDI EST EN DEUIL

Via Musique | 2 mars 2010

Bernard Coutaz créateur du label Harmonia Mundi est mort ce week end, et si quelqu’un mérite un “hommage” de nos professions c’est bien cette forte personnalité du monde de la musique enregistrée.

Dans les années 1970-1980 malgré un emploi du temps déjà chargé par la gestion d’une maison d’édition à la pointe des redécouvertes musicales : (King Arthur d’Henry Purcell sous la direction d’Alfred Deller, vendu à 220 000 exemplaires !, l’exhumation de l’oeuvre de Marc-Antoine Charpentier par Les Arts Florissants de William Christie), il n’hésitait pas à venir porter la bonne parole dans les sessions de formation musique organisées par notre ancienne collègue Sylviane Lange.
Et certains de ceux qui étaient alors des discothécaires ont pu apprécier sa truculence et sa franchise au service d’un engagement pour la diffusion de la musique de qualité.
La politique éditoriale d’Harmonia Mundi s’est poursuivie au fil du temps avec la même exigence de qualité tant au niveau musical que dans la présentation des documents. Sans aucune démagogie cet éditeur non seulement maintient mais augmente son chiffre d’affaires (eh oui c’est aussi une entreprise commerciale !!) dans cette période où la plupart des majors crient au secours.

Il aurait été bien intéressant d’avoir l’avis de ce monsieur de 86 ans sur nos grands serpents de mer actuels (disparition du CD, dématérialisation de la musique etc…) mais il a tiré son chapeau et le monde en est peut être un peu moins harmonieux.

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par Marie H. | Commentaires (1)


Musique et fêtes de fin d’année

Via Musique | 31 décembre 2009

la-compagnie-creole.jpgMireille Mathieudeath-cab-for-cutie.jpg

Musique et fêtes de fin d’année ne font pas toujours bon ménage et en terme de bide musical, on peut même dire qu’on atteint des sommets. Mais pourquoi achète-t-on ces disques alors qu’on sait très bien qu’on ne les sortira qu’une fois par an, avec les guirlandes de Noël, et qu’on les rangera dès la première écoute avec un petit air gêné ?

Quoi qu’il en soit, les plus grands se sont frottés à l’exercice difficile du “chante Noël”, et même si ce phénomène est très américain (essayez les Jackson five, les Temptations ou encore le Rat Pack pour les meilleurs), les français se sont eux aussi sournoisement engouffrés dans la faille, pour notre plus grand bonheur … ou pas!
Et là je dois avouer que je me suis fait coiffé au poteau par le blog “la page culture“, qui a dégainé avant moi un excellent article sur les plus grands bides de Noël. Je m’incline donc et révise ma copie en me focalisant sur la nouvelle année!

En 2 mots : Bonne année ou Joyeux Noël = même combat! Espoir, bonheur, amour, voilà le tiercé gagnant et à ce petit jeu caracolent en tête la Compagnie Créole (”bonne année, meilleurs souhaits, la joie dans les cœurs”) et Mireille Mathieu (”la bonne année c’est de pouvoir rêver que tout peut arriver” ) …
Heureusement le rock est là comme un grain de poivre dans la papillote pour apporter sa dose de cynisme et de contestation. Je passerai sur le rouleau compresseur qu’est U2 avec “New years day“, pour vous présenter plutôt deux vidéos de groupes alternatifs : Death cab for Cutie et Six by Seven.
Death cab for Cutie est un groupe de Washington formé en 1997, qu’on connaît surtout au travers des séries télé (Six Feet Under, How I met your Mother, Californication ou les inavouables Experts-Miami). Voilà leur “New year” song, à écouter avec délectation, l’abus d’indie rock n’est pas dangereux pour la santé !


Et enfin les anglais de Six by Seven qui nous proposent ici une vision de la nouvelle année plutôt angoissante. Adieu optimisme, bonnes résolutions et bisous sous le gui. Six by Seven c’est un peu le côté obscure du lendemain de fête… so british !


Nous en profitons nous aussi pour vous souhaiter une très bonne année musicale à tous! N’hésitez pas, à enrichir la liste des tubes de fin d’année!Retrouvez Death Cab for Cutie et Six by Seven dans les bibliothèques de Grenoble.

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par Emeline | Commentaires (3s)


L’IMAGINATION AU POUVOIR : “Ca m’énerve”

Via Musique | 21 octobre 2009

marche.jpglarzac.jpgmanif.jpggris.jpg

1963 : Blowin’ in the wind de Dylan est reprise par les 250.000 manifestants de la Marche sur Washington de Martin Luther King

1974 : 100.000 personnes rejoignent le Larzac pour s’opposer à l’installation d’un camp militaire en écoutant Maxime Leforestier, Gilles Servat et La Bamboche

1995 : des millions de personnes descendent dans les rues Motivé(es)

Les  courants musicaux ont toujours accompagnés les luttes sociales et les sursauts de sociétés en mutation. On peut ainsi, en toute bonne foi sociologique, sonder l’état d’un pays à la musique qui y est produite.

Mercredi 7 octobre était la 1ère Journée mondiale du travail décent. Une journée bien d’actualité en ces temps un peu mouvementés : multiplication des plans sociaux, annonces hebdomadaires de licenciements, chômage en augmentation, etc.

Face à ces évènements pas très sexy, comment réagissent les employés concernés ? Plusieurs réponses possibles :

▪ le traditionnel manif’/blocage d’usine.

▪ la séquestration de patrons (plus très tendance depuis quelques mois).

▪ la très “à la mode” solution extrême et désespérée qu’est le suicide.

▪ et la plus imaginative, novatrice et peut être la plus payante de toutes : communiquer avec des outils modernes, via Internet si possible, en utilisant le moyen reconnu comme le plus efficace : la médiatisation.

On connaissait le Calendrier de lutte des Chaffoteaux où des ouvriers de l’usine posent nus (dommage, que des gros poilus !), voici maintenant que les luttes sociales s’emparent de la musique via Internet… et comment !

Si vous connaissez le clip d’Helmut Fritz qui fait fureur chez nos enfants et ados Ca m’énerve, vous apprécierez l’humour, la créativité et les propos des employés d’Akzo-Nobel de Grand-Quevilly (Seine-Maritime). Ils ont décidé de faire parler d’eux et de dénoncer une situation qui les énerve et surtout les angoisse : la délocalisation de leur usine à Montataire dans l’Oise.

Allez jeter un œil et n’hésitez pas à laisser des commentaires et à faire tourner auprès de vos contacts. Je suis sur qu’avec un peu de buzz les salariés d’Akzo-Nobel ne seront plus les seuls à être énervés…

http://akzonoubez.over-blog.com/


Ca m’enerve Vs Akzonoubez

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par Jérôme | Commentaires (1)


UNE ÉGLISE, VOUS AURIEZ ?

Via Musique | 30 septembre 2009

Vous faites partie de ces gens qui ne croient plus en Dieu depuis leur communion solennelle (celle où on se déguisait en mariée, trop bien !). Cependant, il ne vous déplairait pas de pouvoir louer une église pour un mariage, un baptême, un enterrement, sans curé de préférence; sans textes imposés par lui serait encore mieux  (ceux-ci, malgré leur ancestrale valeur, vous paraissent écrits dans une langue étrangère, ou alors leur sens profond est trop bien caché). Là, vous feriez trembler les vitraux au son des Queen, de Supertramp, de Jonasz ou de Brel (qui a dit : “que des vieux ringards” ?).

Mais voilà, ce n’est pas toujours possible : les curés ne sont pas encore tous modernistes, il faut dire que leur haut responsable, lui……… Alors, pour ne pas gâcher la cérémonie, et tenter de vous faire vibrer quand même, voici une sélection de musiques dites “religieuses” : si tout ça vous laisse froid et sans émotion, alors louez sans regret une salle des fêtes et collez du papier de couleur sur les fenêtres, peu importe le flacon…

MOZART : Laudate dominum, beatus vir, dans les Vêpres solennelles pour un confesseur

MOZART :  Hostias, Domine Jesu, Lacrimosa, dans le Requiem

FAURÉ : Libera me, Agnus Dei, Pie Jesu, Kyrie, dans le Requiem, et le Cantique de Jean Racine

SCHUBERT : Evensong, Die Nacht, dans Songs for male chorus

MENDELSSOHN : Vespergesang op 121 et Geistliches lied, dans Oeuvres sacrées

VIVALDI : Quis est homo et Fac ut ardeat, dans le Stabat Mater

VIVALDI : Beatus Vir, dans le Nisi Dominus

Tout cela pour, disons, un certain recueillement. Voici d’autres sélections teintées plutôt de majesté ou d’allégresse :

ELGAR : Pomp and circumstance, marche en ré majeur op 39 no 1

POULENC : no 14, dans Aubade

BACH : Concerto pour 3 clavecins BWV 1064 en do majeur, dans L’intégrale des concertos pour clavecins

SCHUMANN : Adagio et Allegro op 70

BEETHOVEN : Symphonie no 7

Ceci dit, j’ai vu des églises où l’on applaudit, d’autres où les enfants mangent des biscuits au pied de l’autel, ou des sorties en débâcle sur un air de Michel Sardou. Tout est possible donc, cette liste n’étant que subjectivement indicative. Si vous avez testé d’autres musiques elles agrémenteront forcément ce dossier, et nous aurons de quoi répondre à nos adhérents stressés par leur future cérémonie…

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par Anne | Commentaires (6s)


THRU-YOU : L’ART DU REMIX A L’HEURE DE YOUTUBE

Via Musique | 25 août 2009

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Le principe est à la fois très simple et un peu compliqué à expliquer. En fait, il s’agit d’une re-création musicale à partir des milliers de clips musicaux et leçons d’instruments que postent sur YouTube des amateurs passionnés. Chacun de ses extraits ne présenterait pas forcément/toujours beaucoup d’intérêt en soi, mais c’est justement là que réside le talent de cet artiste israélien du nom de Kutiman. Parvenir à faire de tout ça un mélange cohérent et ne plus distinguer les coutures tant son art du collage et du patchwork est grand. C’est en fait tout simplement du remix à l’heure d’internet et de YouTube, sauf que la base de données est accessible à tous et immense. L’autre intérêt est de pouvoir rassembler un grand orchestre sans difficulté : ici plusieurs guitaristes, un bassiste, un batteur, un trompettiste et saxophoniste, un harmoniciste, un chanteur, un orgue hammond, etc, etc, et même un theremin. Qui dit mieux ? A noter que l’artiste a noté et crédité scrupuleusement chacun des musiciens et vidéos dont il s’est servi (voir la rubrique “crédits).

Une démarche novatrice : faire de la musique sans être musicien on connaissait déjà, mais sans platines, vinyles et logiciels musicaux, là c’est une première !

J’ai un petit faible pour la première vidéo “The mother of all funk chords” mais allez jeter un œil au site, les autres ne sont pas mal non plus. La seconde vidéo est la présentation du projet pour les anglophones…

http://www.thru-you.com




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par Julien | Commentaires (1)


Ici la planète : Carnaval aux Antilles

Via Musique | 19 mai 2009

1963 : Blowin’ in the wind de Dylan est reprise par les 250.000 manifestants de la Marche sur Washington de Martin Luther King.

1974 : 100.000 personnes rejoignent le Larzac pour s’opposer à l’installation d’un camp militaire en écoutant Maxime Leforestier, Gilles Servat et La Bamboche.

1995 : des millions de personnes descendent dans les rues Motivé(e)s.

Les courants musicaux ont toujours accompagné les luttes sociales et les sursauts de sociétés en mutation. On peut ainsi, en toute bonne foi sociologique, sonder l’état d’un pays à la musique qui y est produite. Cette dernière traduit aussi bien les maux de ceux qui peinent à trouver leur place que l’insouciance d’une jeunesse à qui s’offre le monde et qui va tout déchirer. Les plus rigoristes objecteront que tout de même c’est pas trop sérieux comme démarche scientifique. Tut tut tut! La création artistique est un corpus sociologique suffisamment conséquent et fiable pour prendre la musique comme objet d’analyse d’un monde qui change. Faisons donc fi de toute bien-pensance pour endosser l’habit de l’enquêteur prêt à arpenter le monde… sur Internet.

1ère escale: les ANTILLES.

Vous n’êtes pas sans savoir, si vous suivez un minimum l’actualité (Lire la suite…)

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par Jérôme | Commentaires (8s)


Oh ! Gaby ! (Ou pourquoi j’aime GABRIEL FAURÉ)

Via Musique | 6 mai 2009

Des visages comme celui-là, on aimerait en croiser plus souvent : un beau grand-père au regard bienveillant, serein, ouvert… Son œuvre est à l’image de cette harmonie intérieure, elle sonne toute en sensibilité et subtilité.

Cette œuvre, vous l’avez forcément entendue sans le savoir, elle est souvent utilisée dans les musiques de film : récemment dans La vie moderne de Depardon : Elégie, pour violoncelle et piano, ou encore dans Copy cat de Jon Amiel : Requiem op. 48.

Il fut le professeur de Maurice Ravel, l’élève de Camille Saint-Saens. Comme Beethoven, il commence à avoir des troubles auditifs à l’âge de 53 ans et doit prendre sa retraite avant l’heure…Moins célèbre que Debussy et Ravel certes, mais talentueux : grâce, élégance et originalité ressortent de ces créations de toute beauté. Si vous voulez revigorer en vous le dicton “la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie“, préparez-vous un bon fauteuil, du chocolat, une bière blanche, et branchez ce Gaby-là dans vos oreilles. Une vraie douceur, un vrai Gaby le magnifique.
Découvrez donc :

la-bonne-chanson.jpgLa Bonne chanson, op. 61 ;Vingt mélodies : Deuxième recueil [etc.] / GABRIEL FAURÉ (Musique et Associés, 2008)

oeuvre-pour-violoncelle-et-piano.jpgL’oeuvre pour violoncelle et piano / GABRIEL FAURÉ (Harmonia Mundi, 2007)

requiem-op46.jpegRequiem op. 48 ;Cantique de Jean Racine op.11 [etc.] / GABRIEL FAURÉ (Decca, 1991)

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par Anne | Commentaires (1)


Hard-Rock is not dead !

Via Musique | 28 avril 2009


Il a quand même pris un bon coup dans l’aile, je vous l’accorde, mais le hard-rock ou le metal en général est encore tenace, après plus de 30 ans d’existence, l’heure est au bilan.

Pour beaucoup la mort du hard-rock a sonné en 1991, avec la sortie de l’album Nevermind de Nirvana, qui balaya sur son passage toute une génération de rockeur, faisant passer pour ringards les blousons cloutés et les cheveux longs peroxydés ainsi que les voix de chats ébouillantés.
Bref, tout ce qui faisait le folklore du hard-rock est mort avec l’arrivée du grunge (un mal pour un bien ?), depuis on utilise plus le terme de metal pour définir les survivants et les enfants des survivants du hard-rock.

Mais les fans (comme moi-même) sont des indécrottables et il était temps qu’un passionné se penche (Lire la suite…)

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par Emeline | Commentaires (9s)


See that my grave is kept clean

Via Musique | 6 avril 2009

En jazz comme en blues, un standard est un morceau souvent écrit par un auteur anonyme ou issu de la tradition folk et repris à l’infini par les musiciens du genre. Cette semaine, j’aimerais m’attarder sur un morceau du fondateur du blues Texan, BLIND LEMON JEFFERSON “See that my grave is kept clean.

blind_lemon_jefferson.jpgMorceau d’anthologie qui relate le dernier souhait d’un mourant, que sa tombe reste propre, que sa mémoire soit préservée. Reflet de la peur de mourir d’un artiste aveugle et itinérant dont la survie reste précaire. Un thème plutôt macabre mais récurrent dans le blues de Blind Lemon Jefferson (”Chinch bug blues“, “Mosquito moan“…) et qui a inspiré de nombreux bluesmen et artistes folk, surtout dans les années 60 (John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins“). On retrouve également cette chanson sous les titres “One kind favor” ou “Two white horses in a line“.
A l’occasion de la sortie du dernier BB KingOne kind favour“, revenons sur quelques versions intéressantes et disponibles dans les bibliothèques de Grenoble.

blind-lemon-jefferson.jpgThe complete classic sides remastered / BLIND LEMON JEFFERSON (Socadisc, 2003)
L’originale, on y perçoit l’essence même du blues texan si proche des folksongs (chansons rurales de l’époque), enregistrée en 1927, cette chanson est directement inspirée d’un spiritual des écoles d’évangélisateurs ruraux de la fin du 19ème. Ici la version remasterisée permet d’apprécier toute la sensibilité du chant et du jeu de guitare de Blind Lemon Jefferson.

bobdylan.jpgs/t / BOB DYLAN (Sony BMG, 2005)

Avec Bob Dylan, la renommée du morceau prend une ampleur mondiale. Dylan chante avec toute la fougue de sa jeunesse, un engagement très fort dans le morceau qui se charge d’une grande intensité émotionnelle.

bb-king-one-kind-favor.jpgOne kind favor / B.B. KING (Geffen records, 2008)

Comme à son habitude BB King nous livre ici une version très classe et qui mérite le détour. Une orchestration étoffée, un ton un peu plus enjoué, une version électrique, moins dans le pathos mais tout aussi originale.

little-pink-anderson.jpgSittin’ here singing the blues / LITTLE PINK ANDERSON (Pinnacle productions, 2008)

Little Pink Anderson est le fils de Pinkney Pink Anderson, jeune il a des problèmes avec la justice et passe quelques années en prison, dernièrement remarqué par l’association Music Maker, il tente de faire carrière et signe ici son premier album. Cette version est peut-être ma préférée tant la sonorité de la guitare est claire et la voix déchirante.

bjorn-berge.jpgSt. Slide / BJORN BERGE (Farmen, 2004)

Bluesman Norvégien la version de Bjorn Berge est peut-être la plus sombre, elle se distingue par l’utilisation d’une guitare à 12 cordes et par le chant monotone de Berge. Une version qui souligne le côté macabre de la chanson, mais qui en garde l’essence et la puissance émotionnelle d’un chanteur seul avec sa guitare.

Pour la petite histoire la fin de Blind Lemon Jefferson fut tragique, un soir après un concert privé, il se perd dans les rues enneigées de Chicago et y meurt de froid. En 1967, une fondation retrouve l’endroit où il mourut et y érige un mémorial, veillant depuis à ce que sa tombe reste propre… ouf !



Bjorn Berge live à l’Européen “See that my grave…”

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par Emeline | Commentaires (0)


Le SAXOPHONE BARYTON : ça swingue grave !

Via Musique | 10 mars 2009

A l’occasion du Grenoble Jazz Festival, nous remettons à l’honneur cet article sur le saxophone baryton déjà publié sur Bmol il y a quelques mois. Le GRENOBLE JAZZ FESTIVAL, on en parle aussi ici.

Dans les années 1840, Adolphe Sax, facteur d’instruments belge, dépose un brevet pour une nouvelle famille d’instruments - les saxophones - qu’il concevait sur le modèle des cordes, du soprano au baryton, mais en cherchant un son plus puissant en particulier pour étoffer le son des fanfares militaires.

Un des premiers compositeurs à l’adopter fut Hector Berlioz (Chant sacré pour sextuor à cordes), mais cette famille d’instruments n’a véritablement acquis ses lettres de noblesse qu’avec le jazz, où l’expressivité de son timbre, sa puissance et la variété de ses possibilités font merveille.
On a bien sûr tous dans l’oreille des exemples multiples de sax ténor ou d’alto, voire de soprano, mais quid du baryton, grand-père fondateur (car le baryton a été le premier de la série, créé à partir d’adaptations de la clarinette basse) ? Comme souvent dans le cas des tessitures graves, il a longtemps été cantonné à un rôle de second plan, en l’occurrence au soutien rythmique, ou voué aux ponctuations relançant les riffs de cuivre dans les big bands de jazz ou les formations de rhythm’n'blues.
Pourtant il lui arrive de s’affranchir de ce rôle grâce à des solistes d’envergure, qui manient le baryton comme l’alto ou la clarinette, ce qui est déjà un bel exploit physique, quand on envisage le gabarit de l’engin !

En voici quelques uns, qui ont marqué l’histoire de l’instrument, ou qui tracent encore leurs sillons, comme on disait au temps des disques vinyls :

Harry Carney : d’abord clarinettiste (clarinette et clarinette basse), il est celui qui le premier a fait sortir le baryton de son anonymat, en jouant dans l’orchestre de Duke Ellington quasiment jusqu’à la fin de sa vie, et en y prenant des chorus au baryton autant qu’à la clarinette.
Duke Ellington : Live at the 1957 Stratford Festival (Music & arts, 1989) (chorus au baryton sur “Sophiticated lady”)

Gerry Mulligan, représentant du “jazz cool” : a tenu un rôle de soliste dans le premier quartet sans piano de Chet Baker dès les années 50, a joué avec Miles Davis (Birth of the cool). Il a aussi composé et arrangé de nombreux thèmes dont certains, comme “Line for Lyons”, sont devenus des standards. (Lire la suite…)

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par Martine | Commentaires (1)


BJORN BERGE, le bluesman survolté venu du froid

Via Musique | 16 février 2009

Bjorn Berge

Vendredi 30 janvier s’est tenu à La Bobine, un concert du norvégien Bjorn Berge. Étant particulièrement fan du lascar je me suis rendue au concert avec mes copines et comme je ne m’en suis pas encore remise, je vais vous causer deux minutes du viking chantant.

Pas évident de faire du blues et d’être reconnu pour sa musique quand on vient de Norvège. BJORN BERGE a fini par y obtenir une victoire de la musique locale mais il a connu des années de galère avant de devenir un des artistes préféré des Norvégiens.

Puisant ses influences dans le répertoire de Robert Johnson ou Elmore James, Bjorn Berge est sur scène comme ses idoles : seul avec sa guitare. Et c’est ce qui donne toute la puissance de sa musique : une guitare, une voix caverneuse et un battement de pied, c’est tout, c’est simple et c’est puissant.

En France, Bjorn Berge s’est fait connaître par de nombreuses invitations lors de festivals et avec les deux albums suivants, jetez-vous dessus, c’est du lourd !

St. Slide / BJORN BERGE (Farmen, 2004)

st-slide.jpg
Une particularité de Bjorn Berge est son affection pour les reprises (normal pour un bluesman). Oui mais là il prend un malin plaisir à piocher dans des répertoires éclectiques qui lui sont cher, comme la sublime reprise de “Black Jesus” de Everlast (hip-hop) ou encore un bon vieux standard blues “what kind of favour“, mais quand il se frotte à des monuments du hard rock comme “Ace of spades” de Motorhead ça devient complètement jubilatoire.

I’m the antipop / BJORN BERGE (Stringmachine, 2006)

Bjorn Berge - I'm the antipop
Avec cet album on entre complètement dans son univers, sa voix prend toute son ampleur (bien que je regrette un peu certains effets de micros pas toujours très heureux), son jeux de guitare est sublimé. Comme un gamin, il réinvente les titres de ses groupes préférés : Red Hot Chili Peppers avec “Suck my kiss” ou “Testify” de Rage Against the Machine. Un disque qui révèle tout son talent d’interprétation mais sans éclipser ses propres compos qui tiennent carrément la route.

Avec sa guitare à 12 cordes Bjorn Berge dégage autant de puissance qu’un groupe de rock au complet. Un effet encore plus saisissant sur scène car il est aussi charismatique qu’attentif à son public. Une superbe rencontre d’autant plus, mesdames … qu’il est trop bôôô!!!
Un album “live in Europe” est d’ores et déjà disponible mais pas encore dans les bibliothèques de Grenoble. Ça peut s’arranger si vous le réclamez à corps et à cris … à vous de jouer …


Bjorn Berge - Ace Of Spades (Motorhead)

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par Emeline | Commentaires (1)


VIA MUSIQUE : LES CD QUI TRAINENT SUR MA PLATINE

Via Musique | 9 février 2009

Voici quelques nouveautés de fin 2008 que je découvre à l’instant et veut vous faire découvrir.

s/t / LADYHAWKE (Universal, 2008)

LadyhawkePremier opus d’une jeune neo-zéalandaise qui a tout compris au revival eighties, qui sévit actuellement dans la scène musicale internationale. Elle nous sert une électro-pop qui nous ramène aux heures flamboyantes du synthétiseur.

Une voix mutine à la Kim Wilde, sur synthés vintage et compositions pop entêtantes à souhait et à danser toute seule. De quoi la suivre dans son délire.

http://www.ladyhawkemusic.com/

Head stunts / DATSUNS (Pias, 2008)

The Datsuns - Head stuntsOn reste encore en Nouvelle-Zélande (bientôt l’autre pays du rock). Là, on ne sautille plus. On se contorsionne devant sa glace en prenant la pose des guitar-heroes et on saute à pieds joints. On change de rythme. Du rock, du binaire, du tchac-tchac-poum qui nous prend aux tripes et qui fait rimer Datsuns avec Ramones.

Une dizaine de chansons qui ressemblent à des haka rock’n'rolliennes. Pas d’autres choix que de rentrer dans la danse. One, two, three… let’s go.

http://www.thedatsuns.com/

03 / SON OF DAVE (naïve, 2008)

Son Of Dave - 03C’est le projet solo du chanteur de l’ancien groupe Crash Test Dummies. Avec sa voix grave et profonde et sa dégaine à la Tom Waits, il revisite le répertoire blues du Mississippi.

Homme à tout faire, homme-orchestre, il joue de l’harmonica, du tambourin, du sampler. Il compose un blues contemporain qui s’enracine dans les champs de coton.

http://www.myspace.com/thesonofdave

A écouter sans modération.

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par Rosie | Commentaires (1)


MUSIQUE EN TOUT LIEU, MÉLANGE HEUREUX…

Via Musique | 16 décembre 2008

Voici trois disques pas tout récents que j’ai redécouverts au hasard des retours à la banque de prêt, qui vous sortent des sentiers battus, avec une réelle audace : c’est HUGUES DE COURSON, compositeur et arrangeur, ancien compère du groupe folk “Malicorne”, compositeur pour les chorégraphies de Philippe Découflé qui les signe, et déclenchera à l’époque l’ enthousiasme ou la critique…

En 1994, avec Pierre Akendengué il publie “Lambarena : Bach to Africa”, joyeux mélange de Jean-Sébastien et de musique africaine, qui, nous devons l’admettre, présentent de belles similitudes.

En 1997, aidé de Ahmed el Maghraby, il conçoit Mozart l’ Égyptien” : pourquoi ce mélange ? D’abord, Mozart aimait l’Égypte, il s’en est plus d’une fois inspiré ; ensuite les Égyptiens aiment Mozart, et les deux concepteurs de ce projet ont su allier la finesse et le charme de ces deux styles.

En 2001, c’est “O’stravaganza”, un disque qui, comme son nom l’indique, s’inspire de Vivaldi et des musiques celtiques d’Irlande. Déjà, au 18e siècle, le musicien O’ Carolan rencontra le compositeur baroque Geminiani, qui lui fit connaître Vivaldi : là encore, le mariage de ces deux courants ne laisse pas indifférent, et la ressemblance peut même être confondante.

O'stravaganza
Musiques ethniques, musiques classiques, et déclinaisons variées autour et au cœur de ces deux styles : voilà de quoi enchanter vos oreilles pour patienter devant les congères sur les routes de l’hiver.

Que les puristes n’hésitent pas à nous incendier au bas de cet article, le débat reste ouvert !

 

Mozart l’ Égyptien / HUGUES DE COURSONvoirlanotice.jpeg

O’stravaganza / HUGUES DE COURSONvoirlanotice.jpeg

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par Anne | Commentaires (6s)


VIA MUSIQUE : BOUGE TON CORPS SUR LE DUBSTEP

Via Musique | 28 octobre 2008

L’électro et vous ça fait deux; depuis Daft Punk vous êtes largués et vous vous sentez vieux. Lisez la bafouille qui suit et regagnez en crédibilité devant les “jeunes” !

Originaire des quartiers sud de Londres, le Dubstep est un courant musical issu de la musique électro, bien entendu, mais pas seulement.
Né officiellement en 2002, le Dubstep n’a depuis cessé de faire bouger les londoniens en soirées branchées. Mélange de 2step et de Speed Garage (là je vous perd), le Dubstep c’est avant tout une question d’atmosphère et de basse. En effet, il se caractérise par son côté introspectif, sombre, urbain et plutôt minimal. Mais sa grande force, c’est de puiser dans les influences jamaïcaines des quartiers de Londres. Les DJ londoniens ont su parfaitement intégrer les influences Dub (reggae électronique) et amplifier la culture du sound-sytem. C’est dans les basses fréquences du Dub que se trouve la clé du Dubstep, sa fonction et son essence.

Afin d’illustrer mes propos, allez tout de suite emprunter les 4 disques qui suivent. Avec ça vous êtes tranquille, vous aurez rattrapé le retard.

 

Untrue / BURIAL (Huperdub Records, 2007)

Disque majeur du genre, c’est l’album qui fit connaître le Dubstep au grand public. Somptueux dans sa noirceur et puissant dans l’ampleur de ses basses et la lenteur de son rythme. Le producteur méconnu Burial force à la méditation et à l’errance.

 

Rinse, vol. 2 / SKREAM (Rinse Records, 2007)

Jeune producteur âgé d’une vingtaine d’années, Skream est pourtant un des fondateurs du mouvement Dubstep. Un album à écouter comme un témoignage du genre.

 

 

Diary of an afro warrior / BENGA (???, 2007)

Considéré par le label DMZ (le plus important en matière de Dubstep) comme l’un des producteur les plus doués et les plus influents de cette scène. Un album aux sonorités crues et très instinctives, des basses inspirées du dub mais aussi de la jungle.

 

Steppas’ delight : Dubstep present to future (Soul Jazz Record, 2008)

Une compilation pour clore cette initiation au Dubstep, présentant entre autre, des artistes du label DMZ mais pas uniquement. Une vision large et très tendance du mouvement où vous pourrez constater, maintenant que vous avez les oreilles aguerries, l’influence de la techno minimale sur le Dubstep.

 

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par Emeline | Commentaires (5s)


Via Musique : ou comment ne pas passer à côté de MARK LANEGAN

Via Musique | 9 septembre 2008

En lisant les chroniques de l’album des Gutter Twins “Saturnalia’, j’avais déjà la sensation diffuse, mais quasi certaine, que ce disque me plairait. La composition du groupe semblait alléchante et prometteuse : Mark Lanegan au chant. Là, vous foncez tête baissée sur votre feuille de commande pour acheter ce disque car ce gars-là, il suffit qu’il commence à égrener deux paroles pour que sa voix grave vous hypnotise. Venant du plus profond de ces entrailles, cette voix fait des ravages. Une voix burinée et vibrante à souhait qui pourrait vous lire le bottin (comme on le disait de notre Piaf nationale) sans que cela vous lasse. Alors retour dans le passé et plongeons avec plaisir dans la discographie de Mark Lanegan.

Ancien chanteur du groupe (injustement méconnu) The Screaming Trees (dont Dust est l’album le plus intéressant), il fait, depuis et régulièrement, des apparitions en guest-star dans plusieurs groupes (et non des moindres) comme les Queens of the Stone Age, Soulsavers… et a collaboré à plusieurs reprises, sur des chansons, avec PJ Harvey.

The winding sheet / MARK LANEGAN (Sub pop, 1989) Voir la notice

Premier album solo de Mark Lanegan, sorti en 1990 chez Sub-Pop. Alors qu’il commence sa carrière avec les Screaming Trees, il rentre en studio, pour enregistrer un disque de reprises folk et blues. Sur cet album interviennent les musiciens de la scène alternative naissante de Seattle (Kurt Cobain, Jack Endino, Kris Novoselic, etc). Album de ballades folk, ténébreuses et habitées, avec la reprise de Leadbelly “Where did you sleep last night” qui hantera Kurt Cobain. Sa voix grave accompagne superbement ces reprises. Un chanteur est né !

Bubblegum / Mark LANEGAN (Beggars Banquet, 2004) Voir la notice

Sorti en 2004, cet album est tout simplement de la “bombinette” musicale. C’est le projet le plus abouti de l’artiste. Écrit et composé intégralement par lui, il y développe toutes les facettes de son talent. A l’aise aussi bien dans des compos rock et agressives que des ballades mélancoliques. Les musiciens qui l’accompagnent sur cet album sont nombreux et tous aussi talentueux. PJ Harvey mêle sa voix à la sienne sur deux fabuleux morceaux. La différence des voix est tout simplement époustouflante et se complètent idéalement. C’est le choc des titans dont nous sortons KO.

En ce qui concerne les albums récents du sieur Lanegan, je vous invite à écouter les deux albums avec Isobel Campbell (albums de ballades à deux voix) et d’écouter son dernier projet en date avec les Gutter Twins, qui à première écoute ne risque pas de ternir l’image artistique de l’intéressé qui ne démérite pas. Affaire à suivre…

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par Rosie | Commentaires (0)

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