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canaille.jpg LA CANAILLE, "Une goutte de miel dans un litre de plomb"
Révélé au Printemps de Bourges et après une tournée en France, La Canaille sort son premier album. Du hip-hop nourri au rock et à la world music. Des paroles engagées voire anarchistes (voir le titre "Ni dieu ni maître") mais toujours sensées, chroniques du monde mâtinées d'allégories frappantes. Du scratch pour souligner le tout sans être omniprésent. Une ambiance dure, sombre mais sans déprime, qui sonne plutôt comme un appel à la lutte contre les injustices, thème classique du rap mais dont la mise en scène textuelle et musicale en relève la saveur comme... une goutte de miel dans un litre de plomb. Un album réussi qui redonne envie d'écouter du hip-hop français.


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CYNDI LAUPER, “Memphis Blues”

Album de la semaine | 7 février 2011

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Quand Cyndi Lauper rend hommage au Blues sur la route de Memphis ça donne “MEMPHIS BLUES”…

J’avoue franchement, je ne suis pas amateur de blues et je ne connais pas grand-chose à ce style de musique. Mais apprenant que Cyndi Lauper, égérie engagée et délirante de la pop-music américaine reprend des standards de blues pour son nouvel album, ma curiosité fut aussitôt attisée par ce nouveau virage musical.Un changement de style pour Cyndi après un dernier album électro-dance qui prouve sa capacité vocale et artistique à chanter dans tous les genres musicaux.

Ayant écouté des extraits sur le net, ce fut la révélation ! J’ai apprécié ce blues teinté de rock grâce à l’originalité et la qualité musicale de ces reprises, d’ailleurs ne dit-on pas que le blues a influencé la naissance du rock ?Alors je me suis précipité pour faire partager cette nouvelle et demander l’achat de l’album de Cyndi à ma collègue Emeline qui est chargée d’acheter les cd de ce genre.

Il faut dire que sur ce coup là, Cyndi a su s’entourer de bluesmen de grande renommée comme l’éternel B.B. King et le pianiste-compositeur Allen Toussaint pour le sublime “Early in the morning“, le guitariste-chanteur Johnny Lang pour “Crossroads” et “How blue can you get“, l’harmoniciste Charlie Musselwhite avec “Down don’t bother her” et un autre duo avec la chanteuse Ann Peeples sur “Rollin and Tumblin“.Avec cet album mélangeant le rock et le rhythm’n'blues, notre rockeuse pop fait un retour aux origines du rock n’roll sur la route de Memphis, la capitale du blues et vous fera rentrer comme moi dans l’âme du blues à travers ces réinterprétations de chansons de légendes.Finalement écouter le blues de Cyndi Lauper c’est plutôt une expérience renversante.

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par Stéphane | Commentaires (2s)


MALTED MILK, “Sweet soul blues”

Album de la semaine | 24 janvier 2011

Carte postale de Nantes-sur-Mississipi…

Nantes serait-elle en train de devenir une plaque tournante de la musique, un trait d’union entre les deux rives de l’Atlantique, et au-delà ?  Après Tribéqa, voici le groupe Malted Milk, pur beurre du pays nantais, que, les yeux fermés, j’aurais imaginé plus en casquette néo-orléanaise qu’en casquette de marin-pêcheur : c’est un groupe de blues-soul ou de soul-blues - comme on veut - aux accents funky, que l’on croirait tout droit sorti moitié de Memphis pour la voix, moitié de la Nouvelle-Orléans pour les lignes de cuivre à vous faire décoller le couvre-chef, sans parler des ponctuations au sax baryton qui vous font tressaillir les bases arrières…

Leur nom est en lui-même tout un programme : Malted Milk est le titre d’un morceau de Robert Johnson, “LA” référence en matière de blues historique, celui-là même qui aurait vendu son âme au diable, un soir à la croisée des chemins, contre une virtuosité inégalable à la guitare (son jeu a effectivement influencé tout le blues d’après guerre, et plusieurs de ses compositions sont devenues des classiques du blues ou du rock, comme “Sweet home Chicago”).

Leur deuxième parrain, dont ils reprennent ici “Don’t burn down the bridge”, est le bien nommé Albert King (un des 3 “kings” du blues avec B.B. et Freddie), qui dès le début des années 60 avait teinté son blues de rhythm’n'blues et de rock.

Autres figures tutélaires de l’album : Stevie Wonder, grand maître de l’arrangement, auquel le groupe emprunte “All I do”, dans une version très funky, ainsi que Syl Johnson, grande voix de la soul (”I hear the love chimes”).

Enfin l’album se clôt sur une reprise d’un grand classique du blues, “Hard times killing floor blues”, de Skip James, blues sombre et dépouillé venu tout droit du Delta du Mississipi, porté par une voix haut perchée.

Bref, un disque qui navigue avec bonheur dans les eaux des musiques afro-américaines, certes pas forcément nouvelles, mais toujours vivantes et efficaces, et qui nous montre, s’il y avait des sceptiques, que le blues a largement passé les frontières de son berceau d’origine.

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par Martine | Commentaires (1)


INNA DE YARD “Masters of reggae in acoustic”

Album de la semaine | 20 décembre 2010

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Il est de ces concerts dont on se rappelle longtemps. Comme des amours de vacances, ils laissent une trace indélébile, douce et sucrée, comme une expérience hors du temps.

Seignosse, Landes 27 juillet 2010.

Un concert reggae quand on est en vacances dans l’un des plus beau coin de France ca ne se refuse pas… A 5 km de notre villégiature, Seignosse. Sous les pins, par un temps doux propice à toutes les découvertes, une salle des fêtes posée sur la plage fait face à une mini-arène où de minables vachettes doivent donner un peu de plaisir à quelques touristes en mal de traditions.

On pénètre dans la salle et tout de suite l’atmosphère est estivale. 3 pauvres gars font office de service d’ordre, de jeunes vacanciers en tongues venus d’Hossegor, quelques babs qui ont du faire du stop, 2 ou 3 dreads … ouais, pas de doute on est vraiment en vacances là! Le concert a déjà débuté mais quelque chose cloche… Ou plutôt 2 choses, bien sur! D’abord ca fume dans la salle… à l’ancienne. Le pied! Et on se replonge immédiatemment dans ces lives d’antan où la fumée était partie prenante du spectacle. Ces temps bénis où l’on avait encore un peu de liberté en écoutant du bon son, bordel! La fumée est quand même un peu plus classe que l’odeur d’aisselles du voisin…

inna.jpgEt puis la seconde surprise vient du son… bon sang! Pas de basse sur cette première partie de set! Une batterie (Kush McAnuff), des percus (Alphonso Craig et consorts), un piano acoustique (Muctar Wurie) et une guitare (Earl Chinna Smith) tiennent lieu de bande-son pour un Clinton Fearon rayonnant et nous proposant les plus grands tubes de sa composition, immortalisés par Gladiators dont il tint la basse et les chœurs pendant près de 20 ans. Ca claque et ca le fait carrément: Mr Chatterbox, Chatty chatty mouth, Rich man poor man… Côté percu, elles sont à tour de rôle tenues par ceux que je vais reconnaître peu à peu. Kiddus I prend la suite et nous fait vibrer de son mythique Graduation in Zion, imparable tube découvert dans le film Rockers. Cedric Myton, leader des Congos himself prend la scène à son tour et nous envoûte avec sa fabuleuse voix de falsetto. Fisherman, Forever young… Grosse claque! Sa voix n’a pas bougée malgré ses 63 ans, il danse et offre tout ce qu’il a. Inspiré, comme envoûté par ce reggae music qui semble rythmer sa vie, éternelle source d’inspiration…

Matthew McAnuff arrive à son tour et nous offre quelques morceaux, visiblement inspiré par l’entourage de ces papis, cultes s’il en est. Et tour à tour, chacun quitte cet impressionant alignement de percussions digne d’une cérémonie rasta, on songe aux Mystic Revelation of Rastafari, pour prendre le micro et nous asséner les tubes qui ont accompagné notre jeunesse. Earl Chinna Smith fait le job, en toute discrétion. Lui dont le nom apparaît dans plus de 1000 albums, le Michel Drucker du reggae qui à joué avec les plus grands (Marley, Tosh, Spear, Black Uhuru…) semble imperturbable dans son rôle de chef d’orchestre. Clinton Fearon tient la baraque. Ses morceaux, reconnaissables entre mille pour qui a écouté Gladiators au lieu d’aller en cours de physique au lycée, sont une invitation. Des tubes à la chaine, des berceuses…

inna_de_yard1.gifOn se pince pour ne pas réver… ce concert est tout simplement fabuleux et les quelque 300 personnes du public semble partager ce moment hors du temps. Pas que! A la pause, en attendant Winston Mc Anuff, les artistes rejoignent le public à l’extérieur sur les pelouses pour taper la causette et prendre la température. Ce n’est pas un concert, c’est une soirée entre potes. Des petits groupes se sont formés, Chinna fait le malin en goûtant les spécialités locales. Kiddus tchek* toux ceux qui ont vu Rockers au moins une fois dans leur vie. Andrew Mc Anuff semble avoir demandé l’autorisation de minuit à son père. Ca rit, ca fume… ca fume, ca rit. Aucune frime, pas de bling bling pour ces gars qui en raconteraient à plus d’un en matière de musique. Tout simplement un moment magique…

Si vous regrettez déjà de ne pas avoir vécu ce concert, il est temps de se rattraper puisque Makasound a eu l’excellente idée d’immortaliser ces moments dans un coffret CD/DVD, concert enregistré lors de la prestation d’Inna De Yard au Printemps de Bourges 2009.

Un des plus surs moyens de capter ce qu’est l’essence du reggae et des musiques traditionnelles caribéennes…

Où trouver ce document?* Tchek: salut des amateurs de reggae/hip-hop, une tape dans la main et poing contre poing.

PS: Le projet Inna de Yard consiste à retrouver le forme originelle des morceaux reggae à leur création: en session accoustique, avec un minimum d’instruments (voix, guitare, percussion parfois) dans l’arrière cour (”yard”) des maisons. Les 8 albums de la collection sont disponibles dans les bibliothèques de Grenoble.

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par Jérôme | Commentaires (1)


LADY ANTEBELLUM, “Need you now”

Album de la semaine | 29 novembre 2010

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La country moderne déferle dans les bacs avec Lady Antebellum…

Qui pourrait bien se cacher derrière ce nom bien mystérieux Lady Antebellum?
C’est un groupe américain de country : un trio venu tout droit de Nashville dans le Tennessee composé de la charmante et gracieuse Hillary Scott, fille de la chanteuse Linda Davis. Hilary fut découverte sur Myspace par le chanteur Charles Kelley qui a fait appel à son ami d’enfance, le guitariste Dave Haywood.

Pour lever le voile sur la signification linguistique du nom énigmatique du groupe, il faut faire un petit cours d’étymologie. En effet le groupe a utilisé pour se nommer un mot anglais “Antebellum” d’origine latine (”Ante” veut dire Avant et “Bellum” signifie la Guerre) qui dans l’historiographie américaine désigne la période de la montée du séparatisme conduisant à la guerre civile américaine de 1861-1865 (guerre de Sécession). Un terme donc historique utilisé dans le Sud des Etats-Unis d’où le groupe est originaire.

Vous avez tous succombé cet été au slow Need you now. Leur deuxième album éponyme, qui bénéficie de l’engouement actuel grandissant des Français pour la musique et la danse country, fait un carton en France et sur la planète !
Cela fait déjà deux ans que je connais le groupe, leur premier album est beaucoup plus folk que le suivant. J’étais sûr que ce savant mélange de country et de musique pop basé sur le duo vocal subtil de Kelly et Charles, allait exploser dans les charts internationaux. C’est chose faite et c’est tant mieux pour nos oreilles musicales.

Une reconnaissance artistique qui permet aux membres du groupe d’écrire aussi pour d’autres artistes, Luke Bryan par exemple, ou de faire un duo dans le dernier album du groupe Maroon 5. Ainsi le meilleur groupe américain du moment aux multiples récompenses vous réconciliera avec la country moderne avec les titres comme “I run to you“, “American honey“, ou encore “Our kind of love“.

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par Stéphane | Commentaires (3s)


SHE KEEPS BEES, “Nests”

Album de la semaine | 22 novembre 2010

She Keeps Bees c’est l’histoire parfaite d’une rencontre de deux personnalités que rien ne prédisposait vraiment à faire carrière dans la musique.

Jessica Larrabee (guitare/voix) et Andy LaPlant (batterie) se sont rencontrés à Brooklyn en 2005. Elle est serveuse dans un bar dont il est un client régulier, et c’est à force de boire des bières ensemble et de discuter musique qu’ils finissent par se faire mutuellement écouter leurs compositions, c’était en 2005, et à jouer (et sortir) ensemble, c’était en 2006.

Le conte de noël moderne de tout musicien amateur et de ses rêves de reconnaissance commencent ainsi. La suite c’est un label anglais, Names, qui découvre leur 1er album fabriqué maison par hasard et tombe sous le charme, et la petite serveuse qui lâche son boulot pour une tournée européenne.

Mais d’où vient ce nom de groupe étrange et le titre énigmatique de leur deuxième album? L’analogie avec les abeilles (bees) vient du nom de la chanteuse et du fait que les abeilles sont, pour elle, “le sang de la terre” tout comme la musique. Nest (nid) parce que l’album a été bricolé à la maison et que la déco de leur appart’ rappelaient des nids (je ne vois pas bien comment mais bon…). Ne cherchons donc pas plus loin matière à interprétation.

She Keeps Bees c’est avant tout un duo. Pas besoin en effet de s’encombrer d’un groupe quand ca fonctionne si bien à 2 et que la création s’en trouve ainsi libérée. Comme d’autres couples de musiciens célèbres, on pense aux Kills sans la brutalité ou aux White Stripes pour la batterie assez sommaire, le dépouillement est de mise. Les guitares sont vibrantes, profondes, recherchées et subtiles. Aucun artifice. Même les parties chœurs, seul sacrifice au re-re*, se justifient. Le tout est assez sommaire, on se surprend parfois à relever les défauts techniques de chacun… mais curieusement cela ne gâche rien.

Andy La Plant qui a enregistré et mixé l’album a appris la batterie pour l’occasion. Il a su donner un son singulier au projet, les inspirations folk revisitées donnent à l’ensemble un son rock qui lorgne ostensiblement vers le blues. La voix de Jessica est magnifiquement mise en valeur, inspirée et fascinante. On songe à PJ Harvey pour l’intensité et l’émotion qui s’en dégagent. On en ressort mélancolique mais plein d’espoir, et on ficherait un billet que les histoires entendues sont belles et tragiques.

Un très bel album intense, dépouillé et brut… L’exemple même qu’une guitare et une voix quand c’est inspiré ca fonctionne.

* re-re : enregistrements successifs de parties musicales ou de voix rajoutées les unes sur les autres.

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par Jérôme | Commentaires (1)


BASTIEN LALLEMANT, “Le Verger”

Album de la semaine | 8 novembre 2010

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Bastien pousse-au-crime !

chou.jpg“Avez-vous pensé au poison?” nous susurre-t-il à l’oreille! Et  l’on croit entendre Gainsbourg, époque L’homme à la tête de chou, puis très vite on oublie la voix du “maître” pour plonger dans l’univers de Bastien Lallemant. Ses douze textes, inspirés du roman noir, sont autant de pépites tout droit sorties des meilleures pages du genre littéraire. On est séduit immédiatement, c’est comme un coup de foudre! Les mélodies, toutes réussies sans exception, s’ajustent à la perfection dans l’écrin végétal de ce Verger, décidemment inquiétant!Disons-le clairement, je suis définitivement envoûtée par ces “murder ballads”!Autant dire que ce 3ème album (après “Les premiers instants” et “Les Erotiques”) est sans aucune faute de goût, sans un seul “dérapage”, sans essoufflement, bref c’est un disque ambitieux et magnifique, un baume sonore, un délicieux poison! Mes oreilles ne se lassent pas des sublimes trouvailles musicales, je déguste les textes ciselés et cruels de Bastien Lallemant, sa voix au timbre posé et distancié lui permettant d’égrener des horreurs  (”Le verger aux petits” par exemple) sans en avoir l’air.L’homme à la guitare, le doux cow-boy pratique l’autodérision fuselée, l’humour noir et la mélancolie comme autant d’armes inoffensives, accompagné dans ce “Verger” par Albin de la Simone et Bertrand Belin qui, comme Bastien Lallemant, font partie de cette génération d’auteurs qui accordent à la composition des mots et des mélodies toute l’attention d’orfèvres exigeants.

Il aura fallu 5 ans à Bastien Lallemant pour faire émerger ce projet, après Les Erotiques sorti en 2005. Et on se surprend à penser que, tant mieux, si tout ce temps a permis de faire mûrir ce beau fruit  que nous savourons aujourd’hui. L’objet final sorti en mai est simple et élégant : il  contient un petit livre avec les textes et quelques dessins à l’encre de Bastien Lallemant ainsi qu’une série de photos réalisées par Valérie Archeno et une plage vidéo sur le CD.A quand un concert programmé à Grenoble ?

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PS : B. Lallemant publiera un livre chez La Machine à Cailloux (coll. Carré), maison d’édition qui invite les artistes à réfléchir et à écrire sur la création artistique et son processus (déjà parus Mathieu Boogaerts, Dominique A., Albin De La Simone, Arman Méliès…).

Re-PS : Bastien est également en tournée avec le ciné-concert : “Les aventures du prince Ahmed”.

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par Catherine | Commentaires (0)


MOUSS & HAKIM, “Vingt d’honneur”

Album de la semaine | 18 octobre 2010

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Invitation au vingt d’honneur : entrée gratuite, participation vocale recommandée.

En ces temps d’intense paix sociale, c’est avec plaisir que nous vous invitons à réviser vos classiques : ce double album de Mouss et Hakim intitulé « VINGT d’honneur » n’en manque pas.  Avec une sélection de chansons écrites par des artistes algériens émigrés sur le premier disque, et d’autres titres comme Paso del Abro, Bella ciao, Bandiera, Motivés, etc.  sur le deuxième,  ces deux frères toulousains ont enflammé des salles entières, qu’ils soient des groupes « Zebda, » « 100% Collègues » « Motivés » en duo ou version « Origines Contrôlées ».Pendant  VINGT ans (voilà pour le titre), de 1989 à 2009, il ont enregistré des concerts live et nous en livrent le meilleur. Vous apprécierez avec quel joyeux enthousiasme ils ont réussi l’opération, et ces ambiances ne manqueront pas de vous secouer les neurones dans le bon sens, alors que l’automne galopant - et le reste - vous emmènerait droit dans une implacable morosité…Et pendant que vous êtes sur Bmol, allez donc écouter l’interview de Magyd Cherfi (le troisième larron) lorsque nous l’avions accueilli à la bibliothèque Kateb Yacine.

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par Anne | Commentaires (1)


LOREENA MCKENNITT, “A Mediterranean Odyssey”

Album de la semaine | 13 octobre 2010

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Embarquez pour une Odyssée celtique autour de la Méditerranée avec Loreena McKennitt.

La grande prêtresse de la musique celtique, Loreena McKennitt vous entraîne dans une incroyable odyssée musicale autour la Méditerranée avec son nouveau double album : “A Mediterranean Odyssey” composé de 2 CD :”From Istanbul to Athens” et “The olive and the cedar“.

Accompagnée de sa harpe ou de son accordéon ainsi que de sa voix mystique, la féérique Loreena vous conduira, avec cette compilation de ses meilleures mélodies (dont certains titres en Live), sur les traces de Marco Polo. Vous passerez par les portes d’Istanbul et d’Athènes pour suivre un caravansérail, puis vous irez danser un tango à Evora, fêter le Shabbat en écoutant la chanson de Pénélope, vous fondre dans la foule dans un marché nocturne à Marrakech pour voir la danse du mime. Vous ferez ensuite un rêve mystique à Santiago pour enfin faire une halte dans une contrée lointaine au dessous du ciel de la Phrygie.

Alors fermez les yeux, laissez vous conduire en toute sérénité par l’envoutante et gracieuse Loreena, au cœur des légendes médiévales du bassin méditerranéen. Une odyssée à travers l’espace et le temps, parfumée de senteurs d’olive et de cèdre, qui vous mènera par son génie musical fusionnel, sur les pas de la rencontre de l’Orient avec l’Occident.


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par Stéphane | Commentaires (1)


ALAIN BASHUNG, “Novice”

Album de la semaine | 27 septembre 2010

Faisons fi de la nouveauté ! Face à la croissance exponentielle des sorties de disques, il est peut-être temps de (re)découvrir quelques pépites enfouies dans le cours de l’histoire du rock.

Novice (1989), c’est la période avant l’explosion grand public de l’album “Osez Joséphine” et sa pelletée de tubes (”Volutes”, “Madame rêve”, le titre éponyme). Nul jugement de valeur dans cette présentation. Car de l’underground des débuts au succès commercial des 90’s et 00’s, Bashung a toujours maintenu une démarche exigeante et a suivi sa trajectoire artistique en marge des courants et des modes, imposant la force et la cohérence de son univers. On retrouve donc sur cet album ses qualités habituelles de compositeur et de parolier : textes à multiples sens, jeux de mots et chausse-trappes (”Le duc n’en fait qu’à sa guise”, “Un pyromane a du génie et s’en met plein la lampe” sur Pyromanes,”T’es parti avec mes revenus, Vers quel crayon s’est-elle taillée désormais ?” sur Bombez, “Yaoundé qu’est pipé”, etc, etc). On retrouve également une autre caractéristique de son travail, sa capacité à s’entourer, rappelant ainsi qu’il était aussi un excellent musicien et accessoirement un des rares artistes hexagonaux capables de se frotter à la crème du rock international: Phil Manzarena (Roxy Music) et Blixa Bargeld (Einsturzende Neubauten, Nick Cave) aux guitares (plus tard ce sera Marc Ribot et Link Wray sur l’album Chatterton accompagné du trompettiste de jazz Stéphane Belmondo), Colin Newman de Wire à la production. Et bien sur Boris Bergman à l’écriture, laissant  pour la première fois la place sur plusieurs titres au nouveau venu d’alors Jean Fauque.

Le résultat est assez surprenant : l’album est très sombre (à l’image de sa superbe pochette qui annonce fièrement la couleur), avec un coté new-wave voire même industriel (beaucoup de boite à rythmes et de claviers notamment, un son très froid, l’influence souterraine de Blixa Bargeld ?), globalement sans concessions à l’image des albums Roulettes Russes ou Pizza  du début de carrière mais sans les tubes (Gaby Oh Gaby, Vertige de l’amour) qui permettaient de faire passer la pilule auprès des maisons de disque. Une sorte de suicide commercial qui contient pourtant une brassée de perles : “Légère éclaircie”, “Alcaline”, “Bombez”, “By proxy”. Un album qui mériterait donc de retrouver la lumière…

A noter que France Inter à diffusé cet été une série de 10 émissions intitulée “Bashung de l’aube à l’aube” qu’il est possible de réécouter à cette adresse :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/archives.php

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Ci-dessous le titre Légère éclaircie capté pendant la tournée résolument rock de 1995…


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par Julien | Commentaires (0)


FANFARLO, “Reservoir”

Album de la semaine | 20 septembre 2010

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Sorti partout, sauf en France, et distribué sur le web pour la modique somme de 1$ par le groupe lui-même en 2009, le premier album de Fanfarlo est une invitation au voyage, à la manière baudelairienne (en référence à la nouvelle “La Fanfarlo” de Baudelaire).
Bruitages étonnants, dès le premier morceau, mélodies qui collent au tympan, songwriting envoûtant et exigeant, on l’écoute en boucle sans se lasser (avis perso!).

La voix du chanteur suédois, Simon Balathazar, y est pour beaucoup. Intros intrigantes, session de cuivres, handclaps, violons aux côtés des plus traditionnelles guitares et batteries construisent un espace sonore élégant et très construit qui a conquis David Bowie himself c’est ce qu’il se dit sur le web)!

Pop orchestrale, folk voyageur, indie rock, c’est comme on veut mais c’est prometteur.

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par Catherine | Commentaires (3s)


LUCIEN DUBUIS TRIO & MARC RIBOT, “Ultime cosmos”

Album de la semaine | 13 septembre 2010

En Suisse, il n’y a pas que le chocolat…

“Ultime cosmos” (mais pas ultime galette espérons-le), ce troisième album du trio helvète renouvelle le plaisir que j’avais eu à découvrir les précédents : le premier,  Tovorak a déjà été un de mes coups de cœur lors de sa sortie - m’évoquant, Suisse oblige, une tablette de chocolat au piment, mélange d’énergie, de candeur (apparente) et de surprises.

Le suivant, intitulé fort à propos Le retour, confirmait cette impression, et était à nouveau dans mon top 5 de l’année (2007 me semble-t-il).

Sur “Ultime cosmos”, Lucien Dubuis (sax alto, clarinettes basse et contrebasse) officie toujours en trio avec Roman Nowka à la basse et Lionel Friedli à la batterie, augmenté cette fois d’un invité de marque : Marc Ribot, qui a traîné l’élégance de sa guitare dans des univers aussi divers que ceux de John Zorn, Marianne Faithfull, Laurie Anderson ou Alain Bashung, tout en pratiquant des incursions vers la musique brésilienne, et dont la présence sur cet album tempère le côté “art brut” du trio sans en gommer l’énergie.

Les compositions de Lucien Dubuis évoquent moins le monde de l’enfance que dans ces précédents albums, abandonnant les “Il était une fois”, “Bouillie de carottes” , et autres “Gouttes au nez” (et oui, les enfants grandissent…); la pochette n’arbore plus les dessins du petit Mateo, nous entrons visiblement dans la tranche adolescente, science fiction et jeux vidéos… Mais toujours assises sur une pulsation binaire, les compositions du trio ont gardé cette saveur de confiseries aux accents rock ou aux allures de ballades nonchalantes, soumises à des poussées de fièvre exultatoires (je ne suis pas sûre que le mot existe, mais c’est bien l’effet que ça me fait !) : un mélange de pulsation rock, de riffs funky, d’improvisations jazz, avec ce fameux zeste de piment qui surprend et chatouille les oreilles!

Cerise sur le gâteau, le disque est doublé d’un DVD, dans lequel, outre des instantanés du processus de l’enregistrement de l’album et des captations de concert, on découvre en bonus :

- des images de la clarinette contrebasse, cet instrument étonnant aux sonorités d’ancêtre que Lucien Dubuis sait faire “groover” comme une jouvencelle.
- que les qualités d’isolant phonique des boîtes d’œufs ne seraient pas un mythe.
- que l’accent suisse n’est pas forcément celui qu’a immortalisé la pub pour Ovomaltine, et enfin que les regards malicieux échangés par les musiciens nous prouvent que non, la création ne se fait pas forcément dans la douleur…

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par Martine | Commentaires (1)


LCD SOUNDSYSTEM, “This is happening”

Album de la semaine | 30 août 2010

This is happening !!! En voyant le titre du dernier album des LCD Soundsystem, je me suis dit qu’il était bien choisi : j’attendais avec impatience qu’il arrive et je n’étais pas la seule. Enfin un album qui ne nous donne pas l’impression de danser sur du grand n’importe quoi ! Groupe porté par le talentueux producteur touche-à-tout, scénariste James Murphy, LCD Soundsystem a vite remporté l’adhésion du public grâce à des mélodies intelligentes et efficaces. En trois albums, le groupe est devenu une référence de la scène électro-rock et une figure emblématique de la première décennie des années 2000. Les bons sons bien sentis et tellement groovy ont séduit la critique, les clubbers mais aussi les amateurs de rock plus traditionnel, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Non dépourvu d’humour, un des titres le plus populaire du groupe se nomme Daft Punk is playing at my house, et rend ainsi un bel hommage au duo électro français.

Après avoir mêlé le punk et la house, ce dernier opus s’oriente vers une power-pop décidée à régler son compte au glam-rock. Autrement dit, This is happening  fait du bien à la tête et aux jambes notamment de ceux qui peuvent être nostalgiques de David Bowie, période fin des années 1970. Peu enclin à rentrer dans la norme des morceaux de 3 minutes 50 (et donc à passer à la radio), un seul morceau des 9 composant l’album dure moins de 5 minutes. A sa sortie, James Murphy a annoncé que ce serait le dernier album du groupe et qu’il souhaitait se consacrer à d’autres projets par la suite.

Enfin sachez que le but ultime de cet article est de vous donner l’occasion de regarder le clip déjanté du morceau “Drunk girls” réalisé par le génial Spike Jonze qui témoigne bien de l’auto-dérision du groupe. Si This is happening est réellement le dernier album des LCD Soundsystem, j’ai été emballée qu’il soit arrivé jusqu’à mes oreilles et j’attends la suite.

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par Anne-Sophie | Commentaires (3s)


CHANSON PLUS BIFLUOREE, “La Folle histoire de la chanson, de la préhistoire au slam”

Album de la semaine | 4 août 2010

Où l’humour fou …

Une histoire de la chanson française en douze morceaux… quelle gageure ! Depuis 1985 cet ex-quatuor, - actuellement trio - désopilant s’est fait connaître par ses pastiches de chansons connues, celle de Ouvrard “Je ne suis pas bien portant” par exemple, qui devient un hymne consacré aux déboires de l’informatique ou “Moi je fais la vaisselle” sur l’air de “J’ai encore rêvé d’elle”.

Musicologues avertis et interprètes délirants, ils  savent jouer dans tous les styles, télescopant les époques, alliant humour et parodies. Dans ce disque et le spectacle burlesque du même nom ils revisitent le patrimoine de la chanson française, de sa naissance à son apogée, nous faisant voyager dans le temps et l’histoire.

La rétrospective utilise des airs connus, - Charles Aznavour prête sa Bohême pour “L’ OGM”, Jacques Brel se retrouve compositeur de “Ce soir j’attends Ségolène”-, passe par un folk plus folklorisant si c’est possible que les originaux des années soixante-dix, fait un clin d’œil aux chansons engagées (Dominique Grange !), libertines ou à dénonciation sociale.

Avant de terminer par une Marseillaise de la paix , nettement moins revancharde et sanguinaire que l’officielle, le trio slame un hommage à la nouvelle scène française, citant les artistes actuels que vous connaissez peut-être, peut-être pas, mais, vous savez quoi ? Nous avons leurs disques à la médiathèque !

Quant à moi, celle que je préfère, qui m’a vraiment fait rire, c’est la deuxième chanson de l’album…

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par Marie-Thérèse | Commentaires (0)


MELISSA ETHERIDGE, The first lady of Rock’n'roll

Album de la semaine | 27 juillet 2010

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Décidément le fonds Commun recèle des trésors musicaux inépuisables.

En effet, quelle n’a pas été ma surprise (un jour pluvieux de ce mois de Mai) d’y trouver, non pas un, mais deux albums “Little secret” et “Yes I am” de la plus grande chanteuse de rock américain : Mélissa Etheridge surnommée la “Bruce Springsteen féminine”.

Ça fait déjà 25 ans que Mélissa écrit et chante à la guitare toutes ses chansons d’une voix unique à la Janis Joplin. C’est une rockeuse charismatique défendant les minorités (ayant fait son coming out), courageuse en s’étant battue contre un cancer ainsi qu’une artiste engagée pour l’environnement en écrivant et chantant le magnifique titre de la BO “I need to wake up” du film-documentaire de Al GoreUne Vérité qui dérange“.

Sur ces deux albums de notre guitariste-rockeuse vous pourrez vous émouvoir avec “Come to my windows” et “Nowhere to go” ainsi que prendre votre guitare électrique pour vous déchainer sur “Your little secret” et “I’m the only one” ou “I want to come over“.

Finalement Mélissa reste une rockeuse remplie de bons sentiments risquant par son style musical sûr, d’ensoleiller vos journées.

Où trouver “Little secret”?
Où trouver “Yes I am”?


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par Stéphane | Commentaires (1)


VOCE VENTU & MIEKO MIYAZAKI, “Tessi Tessi”

Album de la semaine | 19 juillet 2010

Le label Daqui (qui veut dire “d’ici” en occitan) est né de découvertes artistiques au Festival des nuits atypiques de Langon (en Gironde). Didier Pierrat, corse d’origine et directeur du Centre d’accueil franco-japonais de Paris l’a créé en vue de valoriser l’idée d’une identité ouverte et une vision plurielle de la culture, beau programme ! Cet enregistrement, réalisé dans une petite église d’Aquitaine, est un pur joyau : prenez cinq voix aguerries aux polyphonies corses, une virtuose du koto, et mélangez le tout. Cet improbable mariage de la Corse et du Japon frôle la perfection : pureté des voix, finesse des arrangements, originalité de l’ensemble…

Mieko Miyazaki a joué avec du beau monde : Nguyen Lé, Huongh Thanh, François Rossé, Ray Lema, Michel Benita. Les cinq chanteurs du groupe Voce Ventu, pour la plupart issus de la “Scola di cantu”, école ayant comme objectif de transmettre aux jeunes le chant traditionnel et  la musique corses, sont représentatifs de ce qui se fait de mieux dans le genre.

A l’écoute et à chaque morceau, on se dit : ” le suivant ne pourra pas être mieux”. Et bien si : ce disque a réussi à enthousiasmer parmi nous un fan de hip-hop et une fan de romantisme allemand, c’est dire ! Une petite vidéo-bonus vous plongera en plus dans l’ambiance passionnée de l’ enregistrement, avec en prime les interactions jubilatoires entre les musiciens.

Du grand art, tout simplement.

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par Anne | Commentaires (0)

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