SIZZLA, “Ghetto youth-ology”

Album de la semaine | 9 mars 2010

Reggae la sé sel medikaman nou ni

Je me suis souvent demandé comment je pourrais expliquer le reggae à mes enfants. Que dirais-je si on me demandait d’écrire un article dans “Le reggae pour les nuls” ?
La réponse pourrait tenir en un mot : médicament.

Oui le reggae est un médicament, une sorte de thérapie douce. Un bon classique sur la platine (au hasard un Utterance de Black Uhuru ou un African postman de Burning Spear) et l’esprit “fly away“, s’élève vers des cieux subitement immaculés; le corps semblant se détacher de son enveloppe terrestre pour devenir caisse de résonance de ces syncopes mystiques et de cette basse hypnotique. On se sent léger mais Terrien, en phase et à sa place. En quelque sorte entre terre et ciel, un super substitut d’antidépresseur à moindre frais pour la Sécu. Mais gare! A peine lâche t-on le mot médicament que vient planer illico la notion de poison. Comme tout vaccin, le remède comporte en lui sa dose de venin. Et certains artistes dancehall jamaïquains, dont Sizzla, manient vigoureusement ce paradoxe.
Car Kalonji (son surnom), outre le fait qu’il est probablement le chanteur jamaïquain le plus doué de sa génération, traine derrière lui de belles casseroles. Appartenance proclamée à la secte rasta Bobo Dread - qui se fait remarquer par sa vie en autarcie, son traitement des femmes rétrograde et sa religion intégriste – et propos homophobes, anciens certes, malheureusement en vogue dans la Jamaïque des années 2000. Sizzla a fait (sincèrement?) son mea-culpa et semble, avec cet album, reparti sur de bons rails.
Ghetto Youth-ology est un véritable médicament. Un album sur vitaminé, boosté à la Juvamine et à inspiration divine. Et pour cause. Loin des surproductions digitalo-gonflantes qui éloigne parfois le reggae de ses racines, Sizzla propose un nu-roots attrayant, aux lyrics conscients. Lui le chanteur prolifique qui sort 2 albums par an (en général un bon et un mauvais) a tapé fort.

Produit par Melbourne Miller, bassiste du Firehouse Crew qui l’accompagne en concert, on se délecte d’un son chaud et organique à l’ancienne. La production est excellente, les arrangements sont discrets mais efficaces. Quelques effets sur la voix ou les instruments venant relever la musicalité de l’ensemble et le son résolument proche de l’analogique. Hormis 2 morceaux lovers arrivés là on ne sait comment, l’album est très bon. Il commence par 2 tueries “Jah love” et “Ghetto utes dem ah suffer“: excellente entrée en matière pour donner le ton de l’opus: amour et politique. Entre amour fraternel, engagement social et dénonciations à tout crin, c’est du bon Sizzla. Du lourd, quoi!
A noter enfin la belle pochette d’inspiration art naïf qui donne envie de voir remuer tous les booty de la Terre… le Printemps arrive, c’est bon ça!

PS: pour aller plus loin sur le sujet du venin bobo dread, lisez cette passionnante interview de Beenie Man qui dit avoir failli y laisser sa peau…

http://www.fluctuat.net/musique/interview/beenieman.htm

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par Jérôme | Commentaires (4s)


BETTE MIDLER, “Experience the Divine”

Album de la semaine | 1 mars 2010

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TOUTE L’EXPÉRIENCE DE LA DIVINE A ÉCOUTER !

Vraiment Bette Midler sait tout faire, actrice inoubliable dans le film rock dramatique “the Rose” (mon film préféré), chanteuse aux mille facettes passant du rock-pop au music hall, one woman show talentueuse et animatrice de télé, d’ailleurs c’est pourquoi elle s’est surnommée elle-même avec humour : the Divine Miss M.

Avec la compil’ de ses meilleures tubes des années 80 vous allez pouvoir vous émouvoir avec la chanson sublime “The rose” et les autres mélodies comme “From distance” et celle que j’adore “Wind beneath my wings“. Vous pourrez découvrir le titre “In my life” tiré du film “For the boys” qui est une reprise des Beatles, ainsi que des chansons plus rigolotes comme “Miss Ostis regrets” ou “Chapel of love“, plus une autre reprise avec “When a men loves a woman“….

L’incroyable diva hollywoodienne engagée et généreuse met tout son talent dans ce Greatest hits car la Rose n’est pas encore fanée malgré ses 65 ans, alors venez partager l’expérience musicale de la divine Bette.

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par Stéphane | Commentaires (0)


ACOUSTIC LADYLAND, “Living with a tiger”

Album de la semaine | 20 février 2010

Pour ceux qui avaient vu “Tetraband”, le quartet de Bojan Zulfikarpasic (Grenoble Jazz Festival 2008) ce groupe venu de Londres, c’est la moitié de Tetraband (Sebastian  Rochford, batteur hiératique, et Ruth Goller à la basse) + Peter Wareham au saxophone et Chris Sharkey à la guitare : Tetraband se définissait comme un groupe de jazz-punk, ACOUSTIC LADYLAND peut inverser les termes de cette définition et y rajouter un côté funk : ils s’abreuvent à la fois aux sources du free jazz (le sax n’est pas sans rappeler John Zorn ou Albert Ayler), du punk (rythmes à 100 à l’heure, basse obsédante, batterie hyper précise et présente), et du funk, avec ses mélodies cuivrées entêtantes .

Je ne peux m’empêcher de penser en les écoutant à cet ovni des années 80, James Chance (alias James White) & the Contortions, qui puisait aux mêmes sources  : même façon de souffler le chaud et le froid, même côté un peu râpeux du son tout en étant d’une précision extraordinaire : un concentré d’énergie (le tigre est dans le moteur), allié à un peu de provocation, une pointe de lyrisme, et pas mal de groove.

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Bojan Z et le Tetraband en studio


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par Martine | Commentaires (2s)


KEITH URBAN, “Love, pain and the whole crazy thing”

Album de la semaine | 15 février 2010

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Le mari de Nicole Kidman dans les CD de Country ?

Que pourrait bien faire le mari d’une célèbre actrice australienne dans les bacs à cd à la bibliothèque Kateb Yacine !
Eh bien, la raison de cette mystérieuse et surprenante présence à la cote 038.2 (musique du monde : Australie) c’est que notre chère Nicole s’est remariée en 2006 avec le célèbre chanteur de country australienne, j’ai nommé monsieur Keith Urban.

Nicole fut surement séduite par son album “Love, pain and the whole crazy thing” ou Keith nous chante son bonheur porté par sa voix ténébreuse.
Ce guitariste-chanteur doué nous offre une country-pop énergique et contemporaine qui fera chavirer votre cœur comme celui de Nicole avec des titres comme “once in a lifetime” ou “I can’t stop loving you” et vous donnera surement l’envie de pousser les meubles pour danser la country danse dans votre salon avec la chanson “I told you so” qui est ma préférée.

Alors embarquez-vous vite sur son album car avec Keith, l’Australie est vraiment devenue l’autre pays de la country music

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Keith Urban - I Told You So

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par Stéphane | Commentaires (0)


SCHUBERT, Lieder pour violoncelle & piano

Album de la semaine | 9 février 2010

Marie : On se fait quelques lieder de Schubert ?

Anne : OK, j’arrive !

Pierre-Yves : Heu, ben moi j’ai des courses à faire….

Dans le genre « chanson inavouable », moi j’adore les formules à faire hurler les puristes : les remix, les mélanges des genres, les hommages à , les plagiats délirants, les transcriptions et retranscriptions intempestives…

En voici une qui ne pourra pas vous laisser indifférent : des Lieder (des chants, donc) de Franz Schubert transcrits et interprétés par Alexis Descharmes au violoncelle et Sébastien Vichard au piano.

Schubert a écrit un nombre impressionnant de Lieder, de pièces pour piano à deux ou quatre mains, de pièces pour musique de chambre (trios, quatuors, octuor !) et paradoxalement peu de duos pour violoncelle et piano. Même sa célèbre sonate “Arpeggione” était prévue pour cet instrument là : l’ arpeggione, sorte de mix entre le violoncelle, la guitare et la viole de gambe. Tombé dans l’oubli, cet instrument fut vite remplacé par le violoncelle, que Schubert par ailleurs adorait.

Mais revenons à nos deux compères cités plus haut : élus « diapason d’or » en 2007 pour leur cd l’ « Œuvre pour violoncelle ” de Franz Liszt chez le même éditeur, ces deux jeunes trentenaires ont le talent vissé au corps : ils ont choisi quelques tubes Schubertiens comme An die Musik, Der Tod und das Mädchen (La jeune fille et la mort), Die Forelle (La truite) et leur donnent un vibrato sans paroles absolument convaincant.

Parions que cette version là n’aurait pas déplu à Schubert, d’autant qu’on dit toujours que le violoncelle est l’instrument le plus proche de la voix humaine : même si les lendemains de fête sont déjà loin, laissez vous bercer par le romantisme de ce bon vieux Franz, good vibrations…

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par Anne | Commentaires (7s)


LA MILONGA, ON N’AIME PAS CA…

Album de la semaine | 25 janvier 2010

Il y a des types qui mériteraient des baffes. Prenez “Minino” Garay par exemple. Déjà, s’appeler “le petit”, cela frôle la provocation quand on est un des géants du folklore et de la musique populaire argentine. Des milongas et autres zambas, dérivées d’un tango très sensuel, auxquelles Minino ajoute l’énergie et le physique de ses percussions.

Et côté physique, de l’avis unanime de mes collègues féminines, le petit est plutôt bien servi. Le genre grand prédateur, sourire carnassier et chemise ouverte, qui cristallise autour du piano blanc toutes les filles de la soirée pendant que vous compensez sur les cacahouètes.

Avouez que c’est énervant. D’autant qu’ en plus d’être beau et doué, il est sympa et fidèle le Garay. La preuve, son groupe “Los tambores del sur”, créé à Paris il y a plus de 20 ans, s’enrichit au fil des rencontres d’artistes aussi divers que le guitariste péruvien Pajaro Canzani ou Pierre Bertrand, le compositeur du Paris Jazz Big band, et compose une musique toujours plus inclassable et métissée. Carrément exaspérant.

Une petite remarque, tout de même, pour toutes celles qui ne manqueront pas de se ruer sur les bacs de leur discothèque préférée à la recherche des albums du bellâtre. Les textes de son dernier album “Qué lo Pario !” sont en partie écrits par sa mère. Mieux encore, la voix aussi féminine que sensuelle qui se demande si “la peau s’use à force d’être embrassée” est celle de sa femme…

Finalement, il est plutôt sympa ce type.

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par Nicolas | Commentaires (1)


SAM KARPIENA, “Extatic malanconi”

Album de la semaine | 18 janvier 2010

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- As-tu écouté “Extatic malanconi”?
-?
-C’est l’album de Sam Karpiena.
-??
-Le chanteur du groupe Dupain.
-???

Sam Karpiena a participé, dans le trio Gacha Empega au renouveau des polyphonies marseillaises, loin des clichés folkloriques, puis ce fut l’aventure du groupe Dupain, enraciné à Marseille, avec de l’électronique, une énergie rock et des influences musicales de tout le pourtour de la méditerranée pour l’album “L’usinà“. Pour “Les vivants” le groupe revient à la langue française ce qui donne une plus grande audience à leur textes.
Sam, le chanteur tente aujourd’hui l’aventure avec Bijan Chemirani, percussionniste connu, Daniel Gaglione et sa mandole et à la batterie Mathieu Goust du groupe grenoblois Mig.
Je reste subjuguée par la puissance de sa voix, lyrique ou allant vers la transe, voix qui pourrait être flamenca par son intensité qui confine à l’envoûtement, par la force des textes (la plupart en français) dont la langue est parfois traitée comme une matière.
Si vous voulez changer des chanteur(se)s susurrant(e)s…

Disque disponible à la bibliothèque Kateb Yacine.


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par Marie-Thérèse | Commentaires (0)


POWERSOLO, “Bloodskinbones”

Album de la semaine | 5 janvier 2010

Powersolo

En ce début d’année 2010, en plein cœur de l’hiver, alors qu’il fait froid dehors, j’aimerais vous présenter un disque qui va vous donner envie de danser devant vos cheminées : “Bloodskinbones”. 12 chansons, 30 minutes de rock teinté de blues, de country et de rockabilly poussé parfois jusqu’au punk. Je sais, c ‘est ambitieux et ceux qui ont relevé ce défi sont les Danois de PowerSolo proposant ici leur quatrième album. Les deux frères Kim “Kix” Jeppenson et Bo “Atomic Child” Jeppenson sont les membres  fondateurs de ce groupe atypique qui s’est taillé au fil des ans une solide réputation auprès des surfers en salopette, bien au-delà de leur Danemark natal.

Cependant, même quand on n’est pas né sur une planche à Hawaï, on peut quand même apprécier les ambiances sixties, les rythmiques sèches et l’énergie foudroyante de Bloodkinbones. Leur cocktail musical “punk-a-billy” sérieusement alcoolisé échauffe les sens et décoince les jambes avant qu’on ait le temps de dire ouf ! Néanmoins, avant d’apprécier les 12 titres, il faut passer l’épreuve de l’immonde pochette du CD :  les deux frères se baladent torses nus avec un index et un majeur en guise de jambes, sur un fond coloré rose et gris tout droit sorti de l’esthétique des émissions de télé des années 80… Effrayant ? Non, Kitch ? Peut être, Original ? Ça c’est le moins qu’on puisse dire. De toute façon, PowerSolo est avant tout un groupe de scène qui tourne depuis bientôt 15 ans en Europe et aux États-Unis. En France, on a pu les écouter aux Transmusicales de Rennes en 2004 et cette année au festival Europavox à Clermont-Ferrand. Comme plus aucune date n’est programmée en France pour l’instant, il vous faut passer l’épreuve de l’affreuse pochette pour écouter PowerSolo mais honnêtement ça vaut le coup. Même si on est en hiver et qu’il fait froid dehors, ça vous donnera envie d’aller danser sur les plages en salopette.

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http://www.myspace.com/powersolo

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par Anne-Sophie | Commentaires (2s)


TERJE ISUNGSET, “Hibernation”

Album de la semaine | 29 décembre 2009

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Le disque qui n’était pas dans vos suggestions d’achat !

Puisque nous allons vers l’hiver, voici une musique venue du froid, enregistrée en janvier dans un igloo près du cercle polaire… Hibernation est le titre du dernier album de Terje Isungset (et sa pochette est bleu glacier, bien sûr) .
Mais je vous recommande chaudement ce disque !
L’artiste est un multi-instrumentiste norvégien qui crée des ambiances méditatives au carrefour de la musique contemporaine et du chamanisme (avec la voix de la chanteuse Sara Marielle Gaup) .
Les instruments sont sculptés dans la glace et contribuent à l’étrangeté de ce disque qui nous porte au rêve et à l’harmonie.
J’avais aimé le duo norvégien Adjagas qui créait une musique personnelle sur des chants sami, je vais hiberner dans la douceur magique de la musique de Terje Isungset .
Les artistes du nord ont décidément autant d’originalité que de talent .

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par Marie-Thérèse | Commentaires (2s)


PIERS FACCINI, “Two grains of sand”

Album de la semaine | 23 décembre 2009

“Ahhh ! Piers Faccini !!”

Tel est le soupir de contentement que je pousse lorsque commence les premières mesures de “Two grains of sand” ! Je ne peux pas dire que je suis inconditionnelle car je l’ai découvert par cet album et je n’en ai pas écouté d’autres depuis. Mais celui-ci, quelle merveille ! Comme un macaron à la framboise ! Comment déguster le chanteur ?

- Se mettre les oreilles en chantilly en écoutant cet album en boucle, en baladeur, sur l’ordi, au travail, en se trémoussant sur ses chansons qui fleurent bon le “Graceland” de Paul Simon.

- Faire une visite succulente sur son site où l’on se régale de ses playlists éclectiques (sept volumes à ce jour et PJ Harvey y côtoie Amadou et Mariam), on se ravit les mirettes parmi ses œuvres - car l’homme est aussi peintre et photographe - et on lit son journal.

- Aller ensuite à un séance drive-in sur la Blogothèque et ses concerts à emporter

On y voit Piers déambuler dans Montmartre  ou en duo avec Camille reprendre une chanson de Nick Drake  en pleine cour d’immeuble. Miam ! Mioum! N’en jetez plus la coupe est pleine !

PS : On peut aussi être une chanceuse comme moi et l’avoir vu en concert au Marché Gare à Lyon et en être encore toute retournée.

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par Lisa | Commentaires (1)


JEREMY UDDEN, “Plainville”

Album de la semaine | 14 décembre 2009

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Mais qui est donc ce mystérieux Jeremy Udden ? Aucune trace de lui dans les tablettes discographiques de nos bibliothèques… d’où peut-il bien sortir ? Seule trace, sur internet, où il est fait mention d’un premier album : celui-ci serait donc le deuxième, édité sur le label américain Fresh Sound New Talent, qui, en accord avec son intitulé, nous fait découvrir des nouveaux venus sur la scène musicale.

Il s’agit ici d’un cocktail original, un jazz mâtiné de blues, de folk et de country : la première plage, qui donne son nom à l’album, est une ballade de toute beauté qui nous plonge dans un climat nostalgique de fin d’après midi alangui, avec saxophone rêveur, orgue à pompe étirant le temps, et le banjo qui ajoute la petite touche d’acidité indispensable : un son dont il est aussi difficile de s’extirper que du fond d’un hamac !

Le reste de l’album nous promène entre rythmiques rock-qui-ne-sont-pas-vraiment-du-rock, ballades décalées, valses plutôt “clac clac pam” que “poum poum tchak”, le résultat évoquant plus Bill Frisell que le bal musette, …bref un disque plein de (bonnes) surprises et de chausse-trappes à oreilles, qui n’est jamais tout à fait là où il semble être, tout en nous prenant dans le sens du poil.

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par Martine | Commentaires (2s)


KINSHASA MON AMOUR

Album de la semaine | 8 décembre 2009

Le Staff Benda Bilili, vous les avez peut-être croisé cet été au cours d’une lecture ou au détour d’un reportage. Il est vrai que ce groupe congolais hétéroclite ne passe pas inaperçu. Composé de musiciens handicapés et d’enfants des rues, répétant la nuit près du zoo de Kinshasa, le groupe attire la sympathie. Leur histoire est belle. D’autant plus belle, que le succès de leur premier album permet aujourd’hui à Ricky, le bricoleur, à Koko, le roi du bras de fer ou à Théo, dignitaire déchu, d’entrevoir l’espoir d’une vie meilleure.

Loin de moi l’idée de vouloir jouer les rabat-joie, ce n’est pas mon genre, vous le savez bien. Mais tout de même, face à l’unanimité des louanges, je me suis interrogé. Si son histoire ne tenait pas du conte de fée, le staff aurait-il bénéficié d’un tel engouement médiatique ? Oui, vous avez raison, je chipote. Oui, le succès du Staff est mérité et il repose évidemment sur les qualités de sa musique.

Une rumba kinoise profonde, métissée d’ accents funk, blues et portée par la virtuosité du jeune guitariste Roger. Des textes engagés, véritables chroniques de la vie quotidienne de Kinshasa, une ville qui s’écoute plus qu’elle ne se voit. Un cri d’espoir et d’amour que vous aurez envie de reprendre en cœur avec Ricky et sa bande : très très fort.

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STAFF BENDA BILILI (et le sex machine)

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par Nicolas | Commentaires (1)


ORELSAN, “Perdu d’avance”

Album de la semaine | 30 novembre 2009

 

Si depuis quelques jours le devoir de réserve des artistes fait les beaux jours des gazettes (voir ici l’affaire Marie N’Diaye) qui aurait cru il y a encore quelques années qu’on en arriverait à un tel point de cynisme ? Ou qu’une collectivité locale oserait prendre le risque d’interdire un disque ?

La polémique démarra en France lorsque, suite au morceau Sale pute qui fit un gros buzz, des concerts d’Orelsan furent annulés et que l’élu à la Culture de la ville de Paris demanda que son album soit retiré des collections des bibliothèques de la ville. Enorme bêtise bien entendu car on n’a guère fait mieux pour attirer l’attention médiatique et donner envie d’écouter celui qui reprend le flambeau des chanteurs censurés, à l’instar d’un Georges Brassens des années Debré ou Pompidou.

Premières impressions : l’Orelsan n’y va pas avec le dos de la cuillère avec la gent féminine. Ok le petit gars n’est pas très fair-play question demoiselles. Dont acte. Mais surtout qu’est ce qu’il a l’air malheureux et déprimé le bonhomme. Et c’est peut-être ça la clé de cet album, ce qu’il faut finalement en retirer : Orelsan nous en apprend drôlement plus sur l’état de l’adolescent et du jeune qu’un mauvais article de vulgarisation psychologique.

Explication de textes : le jeune n’a plus beaucoup de repères (Perdu d’avance), le jeune est parfois déprimé (Etoiles invisibles), mysogine et souffre de misère affective, il est même quelquefois mythomane (Jimmy), le jeune a envie qu’on s’intéresse à lui. Bref, le jeune est comme tout le monde, en devenir, et a besoin de faire sa place (Courez courez ) quitte à choquer en laissant ses pulsions s’exprimer. Et surtout le jeune a peur. Comme expliqué dans cette magnifique chanson, la perle de l’album, Peur de l’échec. Ce gamin est angoissé, il n’a pas de perspectives. Mais après tout, est-ce que ses textes ne font pas que refléter le cynisme dans lequel il a toujours baigné, ce dont on l’a abreuvé depuis sa plus tendre enfance: “c’est la crise alors je te préviens tu vas être dans la merde. Et estime toi  heureux de ne pas être une femme ce serait pire”. Bercé par le machisme millénaire. Biberonné aux Rolex à 50 piges et aux subprimes des magnats du Cac 40. Gavé par l’imagerie moderne de héros hétéroclites où se côtoient l’Abbé Pierre et Bernard Tapie. Un jeune dans l’air du temps quoi.

Je vais vous dire, je l’ai beaucoup aimé cet album. Pour sa détresse, sa sincérité et sa naïveté adolescentes touchantes. Pour son coup de pied dans la fourmilière des bien-pensants bobos, pour son côté punk et abîmé. Si dans les années 80 on voulait comprendre la misère intellectuelle de nos parents il fallait écouter Michel Sardou. En 2009 si on veut comprendre la perte de repères de la jeunesse on tend l’oreille sur Orelsan. Bullshit!!

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par Jérôme | Commentaires (8s)


GETATCHEW MEKURIA & THE EX, “Moa anbessa”

Album de la semaine | 23 novembre 2009

8 mai 2008, L’Usine, Genève. Retrouvailles avec le groupe The Ex, une fois encore je suis au rendez-vous pour voir et surtout entendre ce groupe à nul autre pareil. Mais au bout du quatrième (ou cinquième ?) concerts, il me faut autre chose, une excitation particulière pour me faire déplacer à 2 heures de route de Grenoble, aller-retour dans la nuit et boulot le lendemain s’il vous plaît. Cette fois-ci, c’est leur association avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria qui m’a mis la puce à l’oreille. Getatchew est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce qu’on appelle communément l’ethio-jazz. Si vous avez vu Broken Flowers, vous avez alors forcément écouté son acolyte Mulute Astatke qu’en passionné et connaisseur de musique Jim Jarmusch avait déniché pour la bande originale de son film. La rencontre avec The Ex s’est faite à l’occasion d’une tournée en Éthiopie. Le groupe toujours avide de nouveaux espaces sonores à défricher avait rencontré de nombreux musiciens dont Getatchew.

Et une fois encore, le concert est hors du commun : l’alchimie qui s’opère entre ce groupe parti du punk-rock le plus radical et bruitiste et ce papi qui sculpte un somptueux phrasé entre le jazz et la musique orientale est totale. Comme souvent, le plaisir des musiciens à être ensemble est manifeste et l’on jurerait qu’il s’agit d’un groupe rodé par des années de route et de concerts communs : en plus de The Ex au grand complet et de Getatchew Mekuria on trouve sur scène un mini-big band (une trompette, un saxo et une clarinette) ainsi qu’un danseur éthiopien contorsionniste qui réalise des prouesses avec son corps (pas de mauvais esprit !). Une musique joyeuse, qui groove et qui réussit haut la main l’alliance du rock et de la musique africaine.

En plus du disque, vous pouvez également emprunter le DVD du concert enregistré dans le cadre de la clôture du festival “Banlieues bleues” en 2007.

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par Julien | Commentaires (0)


ALBOROSIE, “Escape from Babylon”

Album de la semaine | 12 novembre 2009

Le petit monde du reggae international, toujours à l’affut de nouveautés, ne jure plus que par un nom depuis quelques mois: l’italien Alborosie.

Demandez un peu autour de vous un avis sur la musique venue d’Italie. Je sens poindre les sourires… Adamo, Eros Ramazzotti, “La chate mi cantare”, les mandolines Napolitaines ou au mieux Paolo Conte. Rien de super affriolant n’est sorti des frontières de la patrie de Claude Barzotti depuis quelque temps. J’attends avec impatience vos corrections dans les commentaires pour changer d’avis…

A la première écoute de l’album Escape from Babylon, en plus du hochement de tête traditionnel qui signifie que le son est bon, ce qui marque c’est la qualité des productions et le mélange efficace entre plusieurs courants qui ont fait le succès du reggae depuis 45 ans. Ska, roots (tiens, c’est le retour des clavinets, Wire Lindo le mystique claviers des Wailers va être content), rub-a-dub et ses effets dubs, dancehall. C’est un fait, Alborosie a compris mieux que tout le monde que le reggae c’est un peu comme le foot, dans les moments de crise il faut toujours revenir aux fondamentaux. Et on appréciera, pour les plus spécialistes, les clins d’œil à Marley, Horace Andy, Alpha Blondy ou Eek A Mouse.

Entouré, aux chœurs, des mythiques Tamlins et de Dennis Brown ressuscité par un sample judicieux, Alborosie nous offre un sacré coup de frais et une bonne claque à tous ceux qui ne jurent que par le moderne ragga-dancehall et qui se moquent du reggae roots comme d’une vieille tante à moustache. Et ce genre de baffe, on aime.

En plus d’1 ou 2 titres plus légers, ses textes sont engagés : présence militaire américaine en Afrique, politique intérieure berlusconienne - pardon italienne -, critique de l’usage de drogues (dures bien sur, car faut pas pousser quand même, c’est du reggae), méfaits de la mondialisation et de l’argent, etc. Move on Babylon!

Enfin, cerise sur le gâteau, une savoureuse dédicace intitulée Mr. President fait rimer “Silvio Berlusconi” avec “Mafia macaroni” et rien que pour ça, Alborosie décroche haut la main la peu courue palme 2009 de l’humour en reggae.

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http://www.myspace.com/alborosie

http://www.reggae.fr/artiste-biographie/837_Alborosie.html

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par Jérôme | Commentaires (4s)

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