N’oubliez pas de vous en souvenir…
En flânant samedi après-midi entre les rayonnages de ce “disquaire” place Grenette, je n’ai pu m’empêcher de remarquer ces têtes de gondoles qui brillent, m’incitant à célébrer les 25 ans de Thriller ou encore les 30 ans de la New wave. S’en suivent des réflexions en chaînes toutes dispensables je vous l’accorde, du genre “Quoi, déjà 30 ans!” ou encore “Tiens, il a quel âge alors Robert Smith maintenant ?”
Ensuite, je ne peux m’empêcher de me faire du souci sur l’avenir de la musique sur support “physique” (= sur CD quoi). N’a-t-on plus rien à écouter que de la redite ? Les maisons de disques sont-elles devenues frileuses au point de préférer rééditer plutôt que produire ? (mouais, pas bien neuf non plus comme pensées)? Suite de ma réflexion : peut-on quand même se permettre de ne pas parler de cette “actu” dans le Bmol?
C’est vrai que ce n’est peut-être pas nécessaire … en même temps j’adore Thriller et encore plus la New wave, alors pourquoi ne pas me faire plaisir? Et puis, pourquoi au bout de 25 ou 30 ans, j’adore toujours écouter çà ? Pourtant, par définition, mon métier de bibliothécaire musical m’oblige (quelle corvée!) à écouter plein de choses différentes, alors pourquoi mon cœur reste-t-il soudé aux années 80 comme une huître à son rocher? J’en étais à ces réflexions en sortant du magasin quand je tombe sur une publicité pour un fleuriste en ligne me sommant de ne surtout pas oublier la fête des grand-mères et de bien me faire comprendre qu’elle ne se remettrait pas de cet infâme oubli de ma part (avouez, vous avez oublié aussi). Le temps de monter dans le tram, j’avais trouvé ce que je ressentais par rapport à tout ça : de l’agacement. Ras le bol de ce chantage affectif incessant et de cette exploitation du filon “nostalgie musicale de mon enfance“. Car, pour finir, c’est à mon compte en banque qu’on s’adresse encore une fois, comme un gros post-it collé sur mon chéquier, m’incitant à faire ce lien si facile entre l’affectif et le financier. Ridicule!…comme si la New wave, ou ma grand-mère avaient besoin de ça pour se rappeler à mon bon souvenir
Alors pour ceux que ça intéresse voilà quelques liens utiles pour ne pas passer à côté de l’ actu et se replonger dans Thriller ou la new-wave à moindre frais!
Thriller / Michael Jackson (Epic, 1982)

History vol.1 : videos greatest hits [DVD] / Michael Jackson (Sony, 2001)

History on film, vol.2 [DVD] / Michael Jackson (Sony, 1998)
Trois perles New-Wave dans les bibliothèques de Grenoble :
A collection [DVD] / New Order (Warner, 2005) 
Black Celebration / Depech Mode (Mute, 1986)
Greatest hits [partition pour chant et guitare avec tablature] / The Cure (Music Sales, 2001) 
Commentaires (4s)
Les conséquences de la dématérialisation de la musique (avec le standard de compression des fichiers musicaux, le format mp3) laissent entrevoir une possible gratuité de la musique à terme (financée par la publicité par exemple). Certains des acteurs du marché de la musique le reconnaissent à demi-mot (notamment lors du dernier Marché International de la Musique à Cannes, le MIDEM). La musique ne serait plus qu’un produit d’appel destiné à vendre autres chose : des lecteurs mp3, des graveurs, des disques durs externes, “du merchandising, des contrats de licence de droit et surtout les concerts, qui seront demain la première richesse de l’industrie musicale” (Chris Anderson, dans le dossier de Libération “Y a-t-il une vie après le Cd ?”). D’ailleurs ce qu’on appelle les majors (c’est à dire les grandes maisons de disques) font partie de multinationales qui produisent aussi les graveurs de cd et dvd et les ordinateurs grâce auxquels on peut copier et télécharger de la musique : leur reconversion semble donc toute tracée.
Webographie :
Vous êtes au courant : trop d’information tue l’information. N’est-ce pas ce qui est entrain d’arriver sur la toile ? On peut légitimement se poser la question quand on liste le nombre de sites musicaux à votre proposition sur Internet.
Ces sites participatifs proposent donc des écoutes en streaming (pour ma grand-mère : le streaming c’est le fait de pouvoir écouter de la musique sur Internet sans avoir à (pouvoir) télécharger le fichier) protégeant ainsi les artistes du pillage de leur titre et leur assurant une médiatisation importante due au nombre incommensurable de visites par jour.
Loin de moi l’idée d’aller dénoncer ce procédé de web participatif ou les communautés d’internautes se font part de leur goûts musicaux mais comprenez bien que je prêche pour ma paroisse : quel est le meilleur moyen de se retrouver dans ce conglomérat de musique à part aller demander de l’aide dans les bibliothèques ? Alors pour conclure on pourrait dire que Myspace, Dogmazik ou Last.fm sont des outils indispensables de médiatisation et de partage de la culture musicale mais que l’avalanche de titres qu’elle vous propose nuit souvent au bon partage de l’information. Alors pour rester brancher, suivez le discothécaire il vous guidera sans peine dans cet océan virtuel, comme un phare à l’horizon de vos envies musicales !
Le site web
Mais avant toutes choses, il convient de tordre le coup à quelques rumeurs insistantes : NON, le discothécaire n’est pas chez lui à écouter une pile de disques en retard en lisant un bon fanzine le tout agrémenté d’une boisson glacée; il n’est pas non plus sur les pistes ensoleillées dégoulinant de crème bronzante; encore moins à peaufiner les derniers réglages de son revers avant la finale de la coupe de France de tennis (de 5è division).









