Des nouveautés comme s’il en pleuvait ! Les dernières acquisitions des Bibliothèques de Grenoble sont en ligne : cd, DVD, disques pour enfants et partitions sont classés par genre musical et par ordre alphabétique d’auteur / groupe sous forme de fichier pdf. A consulter ci-dessous.
Cet enregistrement est le résultat d’une commande que l’Ina-Grm (Institut National de l’Audiovisuel / Groupe de recherches musicales) a confié à Xavier Garcia (conception générale, sampler, traitements), Alexandre Meyer (guitare électrique) et Lucia Récio (voix) : Christian Zanési, du GRM, et Arnaud Touveron, de la phonothèque de l’INA, leur ont demandé d’utiliser librement 50 ans d’archives radiophoniques et d’en faire un “recréation” musicale. Xavier Garcia a fait de cette matière sonore une œuvre de collages et de mixages, mêlant des tranches de ces “ondes merveilleuses”, la guitare électrique et la voix comme autant d’éléments sonores. On y retrouve avec bonheur des citations de Coluche, Pierre Dac (et les inoubliables Albert Tunoulet et Raphaël Fauderche), le Général De Gaulle, le début des radios libres, et dans la série “la physique amusante”, un mode d’emploi pour régler la stéréo.
Suivons le conseil qui nous est donné : “Accordez vos appareils…”, et laissons-nous aller tour à tour à la nostalgie, au rire et aux questionnements sur l’avenir de la radio.
Pour suivre quelques pistes dans le domaine des musiques expérimentales et “de traverse”, un livre passionnant a été publié en 2007 par Philippe Robert aux éditions Le mot et le reste : “Musiques expérimentales : une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques”, préfacé par Noël Akchoté.
C’est un livre que l’on peut butiner au gré de son humeur : chaque texte met en lumière un enregistrement d’un créateur, et ne dépasse généralement pas les trois pages (et bien sûr vous pouvez retrouver bon nombre des musiciens cités dans les rayons des discothèques de Grenoble).
Ce livre est cité dans deux articles : sur le site Néosphères, qui comme son nom l’indique, s’intéresse aux musiques innovatrices dans tous les domaines (rock, jazz, électro, etc), et dans un article de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, intitulé “Musique expérimentale”, sur les différents emplois de ce terme, très clair et bourré de liens interessants.
Radiorama/ XAVIER GARCIA (Signature, Radio France 2006) Musiques expérimentales/ PHILIPPE ROBERT (Le mot et le Reste, 2007)
Un site amateur (www.avantgardeproject.org), qui propose des enregistrements de musique contemporaine ou électroacoustique jamais édités en Cd, numérisés à partir de vinyles au format Flac.
A chaque époque, historique ou personnelle, correspond une bande-son. En effet, qui n’a pas gardé en mémoire une mélodie qui a bercé son enfance, voire même un slow langoureux et interminable sur lequel mille et un émois se sont éveillés, avec des bons souvenirs…
Là, je m’égare un peu, mais il est vrai que c’est le printemps… C’est d’un autre printemps dont je voulais vous causer. En mai 68, le mot « révolution » était sur toutes les lèvres et les chansons ont accompagné ce mouvement de protestation. Je voulais vous proposer la lecture d’un ouvrage fort intéressant sur les chansons engagées, de quoi préparer une bande-son révolutionnaire imparable.
Christiane Passevant et Larry Portis ont écrit le “Dictionnaire des chansons politiques et engagées : ces chants qui ont changé le monde”, aux Editions Scali, sorti en 2008. Dans ce livre, ils nous proposent une très large sélection de chansons internationales (de l’Afrique aux Etats-Unis) engagées politiquement ou socialement.
L’intérêt s’est porté sur la chanson ouvrière, libertaire, contestataire et révolutionnaire. C’est pourquoi on y trouve aussi bien “Anarchy in the UK” des Sex Pistols que “Le temps des cerises“. Le répertoire international couvre aussi une large période : de La Commune à nos jours. Et des styles musicaux très larges : de la chanson française au punk, en passant par le folk.
Ouvrage objectif et généraliste avec un petit bémol cependant, on trouve de trop nombreuses citations concernant le chanteur Serge Utgé-Royo. Ceci étant, il est le seul défenseur de la chanson contestataire en France.
Voilà de quoi largement varier la programmation musicale des cortèges des manifestations et après “L’ Internationale“, on pourra entonner «tous ensemble» la magnifique chanson “Redemption song” de Bob Marley. Camarades révolutionnaires, à vos platines. C’est la lutte… en chantant !
Dictionnaire des chansons politiques et engagées / PASSEVANT & PORTIS (Scali, 2008)
Alors que je rangeais les documents dans les rayonnages de la bibliothèque, je suis tombée nez à nez avec Bob Dylan, enfin, sur son autobiographie intitulée “Chroniques”. L’actualité sur ce livre était dépassée (…les critiques avaient été élogieuses à sa sortie d’ailleurs…) mais un je ne sais quoi me poussait quand même à l’emprunter. Je tergiversais car je pensais connaître le personnage et son œuvre discographique. Fort heureusement, la curiosité l’a emporté sur la raison et j’ai plongé dans les lignes écrites par l’artiste.
Je suis parti en voyage dans le Greenwich Village des années 60, quartier de New-York qui en a vu d’autres mais qui a, aussi et surtout, vu l’émergence du mouvement folk. J’ai donc suivi les traces personnelles et musicales de Bob Dylan.
Bob Dylan n’étant pas le premier musicien venu, l’intérêt que l’on porte à son personnage est multiple et la lecture de ses « chroniques » s’est révêlée un vrai régal.
Dés le début, il n’a cessé de jouer avec les apparences pour casser une image trop lourde à porter. Il s’est inventé des tas de personnages pour tenter d’échapper à une popularité envahissante. Ce processus complexe est expliqué par l’auteur lui-même. On comprend ainsi pourquoi il a pris la fuite par moments, pourquoi il a fabulé, pourquoi il racontait des inepties pendant les interviews.
Mais, Bob Dylan est surtout un musicien hors-pair, amateur de musique et c’est en véritable amoureux de la musique qu’il nous parle du folk, de l’écriture musicale, du processus créatif, du travail en studio et des tournées, des musiciens qu’il adore (et il y en a beaucoup), de ceux qui l’accompagnaient et de la vie en général.
Les “Chroniques ” de Bob Dylan nous restituent le début d’une incroyable histoire : celle d’un artiste essentiel et surtout l’histoire du rock.
Chroniques vol.1 / BOB DYLAN (Fayard, 2005)
Je ne saurai trop vous recommander, après la lecture de son autobiographie :
- de visionner le fabuleux DVD documentaire que Martin Scorsese lui a consacré : No direction home.
- d’écouter sa discographie, disponible dans vos bibliothèques (c’est merveilleux une bibliothèque !)
- et surtout, si vous pouvez, d’aller le voir en concert en juin à Grenoble.
Le Printemps du Livre organisé par les Bibliothèques de Grenoble s’ouvre dans quelques jours. Le thème choisi cette année est la famille. Toujours soucieux de coller à l’actualité culturelle et musicale, les blogueurs-discothécaires se sont creusés les méninges pour vous proposer la vidéo adéquate à vous mettre sous la dent avant d’aller déambuler dans les allées de notre salon du livre à nous… C’est donc moi qui m’y colle…
Famille et musique ? Le sujet prête à dire. Le rock a depuis longtemps été émaillé d’affaires de famille plus ou moins glorieuses : les Jackson et leur rejeton de star planétaire, les Beach Boys et leur génial autiste de Brian Wilson, Ike & Tina Turner (notez au passage que les histoires de famille finissent mal en général)… les exemples seraient très nombreux.
Plus près de nous un cas retient l’attention : The White Stripes. Et ce n’est peut être pas un hasard si le terme de famille se réduit ici à sa plus simple expression : le couple. Eh oui messieurs dames. Car la famille n’est plus ce qu’elle était. Recomposée, décomposée, décomplexée, explosée ou individualisée. Le modèle patriarcal a fait son temps. Mai 68 est passé par là, n’en déplaisent à certains qui essayent de nous faire croire qu’il faut en liquider l’héritage… Et il faut désormais bien chercher pour trouver des groupes musicaux qui jouent en famille à plus de 2 membres! Encore faudrait-il se mettre d’accord pour savoir si le couple est bien une famille (une famille en devenir?). Mais là-dessus les auteurs invités au Printemps Du Livre auront sans aucun doute beaucoup plus à dire que moi.
White Stripes et la famille donc… Oui. Tout d’abord parce que la vidéo est excellente, mais cela n’a rien à voir avec le sujet. Ensuite parce que Jack White et Meg White, les 2 membres de White Stripes, s’affichent alternativement comme frère et sœur ou comme ex mari et femme (ah bravo la morale!). Vrai ou pas, cela en fait certainement le duo le plus créatif des années 2000. Talonnés par les hypnotiques The Kills, duo réellement mari et femme celui-là.
Enfin, last but not least, ce magnifique clip est réalisé par les très “bankable” français Michel Gondry qui a réalisé en 2007 le film Soyez sympa, rembobinez. Vous savez cette histoire de 2 gars qui ont effacé accidentellement tous les films de leur vidéo-club et qui s’attellent à les remplacer par des versions bricolées par leurs soins. Le sujet a inspiré tout un tas de remakes hilarants et même un concours.
On découvre dans “The Denial Twist” un univers lyrique et poétique qui réinvente l’espace domestique en jouant sur les formes et les tailles. Et des personnages tantôt bidibulles, tantôt filiformes. Très savoureux. Get behind me Satan/ The White Stripes
Pas étonnant donc que Gondry soit devenu le frenchy chouchou outre-Atlantique. Lui dont la marque de fabrique semble être l’expérimentation a aussi mis en images Björk, Radiohead, Beck, Daft Punk… et des tas de pubs. What else ? Rien à rajouter…
Devenus des habitués de la bibliothèque Kateb Yacine, le groupe d’étudiants du CNR (Conservatoire National de Région) de Grenoble, non content de squatter l’auditorium, se permet en plus de ça de nous proposer à chaque fois des concerts-lectures originaux et réussis, amenant à la bibliothèque un public toujours plus nombreux.
Ayant accumulé un retard de compte-rendu considérable et à court d’adjectifs, je préfère vous proposer ces petites vidéos de leurs dernières représentations.
Suite à une suggestion d’un lecteur sur Bmol, nous proposons aux usagers qui le souhaitent de faire partager leur coup de cœur pour un album qu’ils ont découvert dans le fonds des Bibliothèques Municipales de Grenoble : musique du monde, chanson française, pop/rock, classique, rap, reggae, (etc…) faites-nous partager les disques qui vous ont marqué et ont laissé une trace durable… Vous pouvez également évoquer un livre, une partition ou une méthode de musique si le coeur vous en dit…
Le mode d’emploi est tout simple : vous nous envoyez votre texte (soit en commentaire de ce billet soit à l’adresse mail du blog : bmolgrenoble@gmail.com) et nous nous chargeons de tout le reste (mise en page et publication sur le blog). Cela contribuera ainsi à élargir les propositions d’écoute tout en vous donnant la parole.
Alors à vos claviers !
PS : qui saura retrouver l’intégralité des disques (et artistes) dont la pochette est représentée sur la mosaïque ci-dessus ?
La Blogothèque on vous en a déjà parlé ici. Une des initiatives intéressantes de ce collectif de blogueurs passionnés de musique est d’avoir lancé les “Concerts à emporter”. A vrai dire une idée très simple mais à laquelle personne n’avait encore pensé ou mise en oeuvre (un peu comme la roue ou le fil à couper le beurre si vous voulez…) : filmer un concert dans les endroits les plus improbables et le plus souvent - par commodité - en acoustique.
C’est ainsi que vous auriez pu croiser les Young Gods (les énervés Suisses indus) en pleine reprise acoustique de “Gasoline Man” si vous vous baladiez nonchalement dans le Marais par une belle soirée du printemps dernier ou encore les Herman Dune dans une rue de leur quartier dans l’indifférence générale (encore des saltimbanques à faire la manche).
Et donc, s’il vous arrive de prendre les ascenseurs (ah mais ce n’est pas bien : mangez bougez !)voilàce qui aurait pu arriver : vous retrouvez nez à nez avec The Arcade Fire en pleine interprétation acoustique de”Neon bible”, titre extrait de leur album éponyme paru l’année dernière. Les gaillards ont l’air un peu à l’étroit mais cela ne les empêche pas de livrer une version enlevée : subtile orchestration pour feuilles de magazine arrachées et percussions sur parois métalliques…
Fred Chichin est mort le 28 novembre dernier à 53 ans d’un cancer foudroyant. Il avait fondé Les Rita Mitsouko en 1980 avec Catherine Ringer. Il en était le principal compositeur.
On a qualifié ceux nés dans les années 70 et 80 de génération Mitterrand, de génération perdue ou encore de génération Sida… Certes.
On pourrait parler aussi de Génération Rita Mitsouko tellement leurs mélodies et leur chansons-rock, toujours étonnantes, jamais banales, ont bercé nos oreilles, marqué les esprits et laissé quelques traces indélébiles dans l’histoire de la musique en France.
Retour en 1985. Alors qu’on commence sérieusement à désespérer du libéralisme, de la crise qui n’en finit pas et de la New-Wave (et oui, les courants musicaux ne naissent jamais par hasard…) survient sur les ondes un énorme ovni qui n’en finit toujours pas de faire parler de lui : Marcia Baila des Rita Mitsouko. Des synthés omniprésents, une mélodie accrocheuse, une cloche qui marque les temps et soutient ce groove si particulier. Et puis deux personnages et cette étrange gestuelle, semblant inventer un style, quelque chose d’inexplicable mais de résolument nouveau.
Nous avons choisi de revenir sur un autre clip marquant des Rita Mitsouko : “C’est comme ça“. Sorti en 1987 et extrait de l’album “The no comprendo”, il est magnifiquement mis en image par Jean-Baptiste Mondino.
Comme beaucoup nous avons été attristés par le décès de Fred Chichin. Le mieux à faire dans ces cas là est de redécouvrir ce qu’il nous a laissé en héritage. Et c’est pas mal du tout…
The No comprendo / Rita Mitsouko (Virgin Records, 1986)
La baronne Pannonica de Koenigswarter, riche héritière et passionnée de jazz, est devenue la muse et mécène des plus grands noms du jazz des années 50 : Charlie Parker (mort chez elle le 12 mars 1955), Miles Davis, Betty Carter, John Coltrane… et surtout Thélonious Monk.
Ce livre, enrichi de photos, recueille les trois voeux de chaque musicien hébergé par celle que les jazzmen avaient pris l’habitude d’appeler affectueusement “Nica”. Ouvrage unique et émouvant.
Morceaux choisis :
“Je me souviens qu’on m’a posé cette question quand j’étais petit ! Le premier ce serait d’avoir un anneau magique qui me permettrait de réaliser tous mes voeux, et je n’aurais donc pas besoin des deux autres.” Bill Evans
“Deux de mes souhaits se sont déjà réalisés : jouer avec Thelonious Monk et avec Dizzy Gillespie… Donc je n’ai plus qu’à en trouver un… Etre un grand jazzman.” Sam Jones
“Que ma musique ait du succès. Que ma famille soit heureuse. Qu’on me donne une amie géniale comme toi !” Thelonious Monk Les musiciens de jazz et leurs trois voeux/ Pannonica de Koenigswarter
Les éditions MelBay présentent un songbook avec CDs d’accompagnement sur l’œuvre inclassable de Mississippi John Hurt.
Mississippi John Hurt c’est un peu l’histoire d’un talent oublié pendant 35 ans, à croire que sa musique n’a été comprise que par les générations suivantes.
John Hurt est né dans le Mississippi en 1892, il passe la totalité de sa vie dans un minuscule village du nom d’Avalon. Marié pour la deuxième fois à Jessie, il est père de 14 enfants, travaille la terre et sur les chemins de fer pour nourrir tout ce petit monde.
Pas très original comme début d’histoire, oui mais depuis que sa maman lui a offert une guitare le jour de ses 9 ans, il prend un malin plaisir à reproduire tout ce qu’il entend autour de lui : blues, gospel, work songs, folk et country. Il devient très vite le songster (chanteur) de la contrée, celui qu’on invite pour animer les soirées noires comme blanches, le style de Mississippi John Hurt s’adaptant au blues, comme à la country.
Ce n’est que par hasard qu’il enregistre quelques titres avec un ami violoniste blanc Willie Narmour. Ces deux premiers enregistrements à Memphis puis à New York en 1928 tombent dans l’oubli et John Hurt retourne à ses cultures sans grand regret. Il faut attendre 1963 soit 35 ans plus tard pour que l’ethnomusicologue Tom Hoskins le retrouve et le porte sur le devant de la scène au New York Folk festival puis au Philadelphia Folk Festival. Le succès est immédiat et Mississippi John Hurt enregistre pour le label Piedmont la même année. Après d’autres rares enregistrements il meurt en 1966 au sommet de sa gloire.
Le style de Mississippi John Hurt est lié à sa région natale, il semble que ses influences se soient arrêtées à la fin du 19ème s. Il n’est pourtant pas un pur produit du Delta Bluesde l’avant-guerre, c’est plus un chanteur-musicien avec un style de picking bien à lui et sa technique de jeu de la main droite surprenante (basses alternées avec le pouce, mélodie dans les aiguës avec deux doigts).
Mississippi John Hurt s’est formé tout seul, à force de chercher à reproduire sur sa guitare ce qu’il avait dans la tête. “I just make it sound like I think it ought to”… “je fais juste sonner (les cordes de la guitare) comme je pense qu’elles doivent le faire” …
Retrouvez au travers de cette partition les morceaux les plus représentatifs de cet artiste inclassable, les 3 CD sont là pour vous accompagner dans votre apprentissage, ils reprennent chaque titre en les décomposant note par note et phrase par phrase.
Vous ne saviez pas quoi faire de vos longues soirées d’hiver … maintenant vous savez!
Shake that thing, the guitar of Mississippi John Hurt / MelBay Publications
En prolongement de la soirée du 13 octobre où Hocus Pocusétait en concert à Fontaine dans le cadre du festival Rocktambule, voici une petite leçon des rappeurs nantais… on attend vos commentaires !
Loin des clichés du gangsta-rap et des méchants tatoués en voitures de sport allemandes, ce groupe manie l’ironie et les textes percutants avec le sample d’inspiration soul-funk voire jazzy. Hocus Pocus se singularise enfin par l’utilisation des techniques propres au rap (samples, mix, scratches) mais aussi d’instruments traditionnels (de vraies guitares, une basse, un Fender rhodes, etc).
Voici donc un petit bijou de video très graphique et qui met en valeur les textes et le flow de 20Syl, un des deux mc’s du groupe (l’autre c’est Cambia). De quoi avoir envie d’en découvrir plus sur l’un des meilleurs espoirs de la scène hip-hop hexagonale… Ca tombe bien, leur nouvel album (”Place 54″) est sorti le 8 octobre et en attendant, vous pouvez déjà emprunter celui-ci :
Selon ma fille de14 ans, le monde se partage entre les fashions, les racailles et les intellos. Et à la limite les loosers mais bon, ils font souvent partie de la 3ème catégorie.
Elle nous a dit ça au détour de la conversation, un dimanche qui se finissait aussi tranquillement qu’il avait commencé. Je suis d’abord resté dubitatif, une telle sentence mérite réflexion. J’ai réfléchi un peu, et comme je suis son père et qu’il faut bien que je donne le change, j’ai ajouté : et les déjantés aussi! S’en est suivi une petite discussion et elle a fini par reconnaître qu’on pouvait facilement classer Angus Young dans cette dernière catégorie.
Cette définition du Monde aurait plu à Lester Bangs. Et avec une accroche comme ça ma fille aurait sans problème été embauché au magazine Rolling Stone en 1970 … enfin pas dans le même bureau que Lester parce que sur le fameux “sex drug & rock’n'roll”, le sieur en connaissait un rayon.
Il n’y a pas photo pour coller une étiquette sur le dos de ce bon vieux Lester, il aurait fait partie des déjantés, des barrés, des décalés … bref, des rockers.
Qui d’autre avant lui aurait pu chroniquer un disque en divaguant sur sa virée nocturne de la veille, qui aurait pu interviewer Jimi Hendrix en direct du paradis? Qui d’autre en aurait plus raconté dans ces mêmes chroniques sur ses frasques personnelles et sur l’esprit de son temps que sur le chorus du troisième morceau du dernier album de Jefferson Airplane que tout le monde préfèrera écouter? Qui aurait osé traiter Led Zeppelin, alors en pleine gloire, de “pédales émaciées”? Bangs! Il n’y avait que lui pour créer ce genre qui allait se révéler à la fois littéraire et ethnologique (excusez du peu) dans la lignée de ce qu’on nomme le journalisme gonzo popularisé par Hunter S. Thompson dans “Hell’s Angels : a strange and terrible saga”. Une façon subjective de traiter un sujet en parlant de soi en train de traiter le sujet.
Bangs! Bangs! Voilà Bangs qui me monte à la tête (quel nom quand même!). Quel bonheur de lire ses pages où de la musique qui pouvait passer pour du déchet d’après certains rock-critics trouvait grâce à ses oreilles : tout ce qui allait préfigurer le punk…
En guise de conclusion je vous laisse méditer cette définition de Hunter S. Johnson : “[Le reportage gonzo] conjugue la vivacité de plume du reporter confirmé, l’acuité visuelle du photographe de guerre et les couilles du quarterback au moment du lancer”…YEEAAH!
Fêtes sanglantes et mauvais goût/ Lester Bangs (Tristram, 2005)
Après six albums avec son groupe toulousain Zebda (rendu célèbre avec le tube “Tomber la chemise”) Magyd Cherfi a pris en 2004 un chemin solitaire avec un disque “Cité des étoiles”, et un livre “Livrets de famille”. Il récidive cette année avec “Pas en vivant avec son chien”, et “La Trempe”, qu’il présentera lors d’ une rencontre organisée en partenariat avec le festival Rocktambule.
“La Trempe”, où huit récits pétillants nous promènent dans sa vie avec un humour sensible et une verve captivante. Riche, sensible, atypique, pétulant de vie, ce livre vous fera rater votre arrêt de bus, c’est sûr…
Et parce que Magyd est non seulement poète mais chanteur, son disque illustre tout cela, dans une veine plus intimiste que ceux de Zebda ; nous retrouvons cette richesse explosive des textes, sur des musiques aux couleurs rap, salsa, reggae, musette, boogie ! Sans oublier l’ ironie, la dérision, les peintures sucrées-salées de notre société qui marche sur la tête et qui mobilise son sens aigu de la justice.
Si vous lisez “La Trempe”, ce que nous vous recommandons vivement, vous aurez la réponse à l’énigme de ce titre du disque “Pas en vivant avec son chien”, dans un grand éclat de rire !
Tout un tas de bonnes raisons pour venir rencontrer cet auteur poly-talentueux, et ensuite courir à son concert, le soir même, à l’ Espace Jargot de Crolles, pendant ce festival Rocktambule qui décidément ne nous déçoit jamais.
Rencontre avec Magyd Cherfi, vendredi 12 octobre à 17h30, Bibliothèque Kateb Yacine (Grand’ Place).
Voir Herman Düne c’est un peu comme partir à l’aventure, on s’attend à quelque chose et tout peut arriver. Printemps de Bourges 2005 : le concert commence sans qu’on s’en rende compte, comme si une bande de potes heureux d’être là et de se retrouver passaient une soirée à chanter. Une fille entre sur scène, chante un morceau et va s’asseoir en tailleur dans un coin, l’air rêveuse comme si elle était chez elle avec quelques amis et qu’elle se détachait un moment de la conversation. On se dit: “mais elle est du public ou elle chante avec eux cette fille ?”. C’était peut être la première partie ?
C’est un peu ça Herman Düne en concert, un anti-concert juste pour soi, un concert dans son salon, sans beaucoup de distance entre la fosse et eux. Si dans le public on réclame une chanson, ils la jouent avec un naturel qui déconcerte… plus trop l’habitude de la proximité avec les mégashows qu’on nous sert à longueur de festival estivaux.
Du côté des textes, la mélancolie amoureuse de David-Ivar répond à la douceur poétique d’André, les 2 frères franco-suédois qui constituent la colonne vertébrale du groupe.
Leur son est lo-fi, proche de celui des 60′ ou 70′ et en vidéo alors là…. tout ce que je viens de vous raconter se retrouve. Un moment de plaisir… Vous pouvez appeler mamie et les enfants, ils vont adorer!