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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


BLUT AUS NORD, “777 sect(s)”

Album de la semaine | 9 avril 2012

Pas sûr que ce soit avec cet album que je parvienne à vous faire aimer le black metal. Noir, monolithique, certains diront glauque et malsain (bah oui, c’est du black metal quand même !), 777 Sect(s) ne me convient d’ailleurs qu’à moitié, alternant les morceaux caricaturaux du genre (chants d’écorchés vifs, titres exécutés à la vitesse de la lumière, double pédale de batterie omniprésente, etc) avec des envolées lyriques particulièrement bien troussées. Explications ci-dessous…

Passé une première salve destructrice de près de 8 minutes, la lumière apparait enfin et c’est tant mieux tant je n’étais pas loin de jeter l’éponge devant tant de noirceur hurlée. J’ai bien fait de m’accrocher car dès le deuxième morceau Epitome 2 on change complètement d’ambiance. Non pas qu’on soit entré dans la légèreté mais le tempo ralentit considérablement, les chants hurlés prennent du recul et sont noyés derrière les murs de guitares, la batterie s’apaise et surtout, on tient enfin le fil d’une mélodie. De (ultra-)technique et démonstrative, la musique de BLUT AUS NORD vire à la mélancolie et au grandiose (voire à l’emphase diront les mauvaises langues) un peu comme du Godspeed You Black Emperor en plus puissant ou du Ausserwelt de Year Of No Light, deux albums à découvrir également dans les bibliothèques de Grenoble !

Malheureusement ensuite ça se gâte, les morceaux s’enchainent sans relief, sans la moindre aspérité à laquelle tenter de se raccrocher pour pénétrer dans ce bloc massif de violence et de noirceur (Epitome 3, une vraie torture).

Une nouvelle éclaircie avec Epitome 4 (hum…quel manque d’inspiration…) peut-être le morceau le plus varié entre structures noise presque classiques, reprise du thème du second morceau, blast ultra-violents et chants d’inspiration païenne. Pour finir en apothéose avec… et oui Epitome 6 et ces rythmes entêtants. Une mécanique sacrément précise et puissante qui révèle tout le savoir-faire du groupe, en particulier sur les morceaux les plus atmosphériques (2 et 6).

3 morceaux sur 6 c’est tout juste la moyenne me direz-vous, mais c’est assez pour me donner envie d’en savoir plus et de croiser leur route en concert histoire de mesurer ce que cette musique massive peut produire sur scène…

777 Sect(s) est typique de ces albums qui resteront définitivement obscurs et impénétrables à certains tandis que d’autres parviendront à trouver la clé qui leur permettra d’en saisir les beautés cachées. Un chemin de croix ou une route miraculeuse c’est selon. Bonne chance…

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LE MOIS INAVOUABLE #1

A découvrir | 9 janvier 2012

LES GUITAR-HEROES VERSION INAVOUABLE !

Steve Vai

Pour certains, le concept de guitar-hero est déjà en soi une faute de goût, ouvrant potentiellement la catégorie à un très grand nombre de musiciens. Quoiqu’il y en ait quand même qui avaient (ont) de la classe et qu’on ne peut réduire à leur seul instrument : Jeff Beck, Jimmy Page, David Gilmour ou encore Prince. Mais pour mettre tout le monde d’accord je vous présente ici 3 guitar-heroes inavouables chacun à leur manière. Attention, c’est du lourd !

Au premier rang d’entre eux, à tout seigneur tout honneur, l’inénarrable Yngwie Malmsteen. Venu des froides contrées du nord au début des années 80, ce guitariste prodige suédois à la vélocité inégalée et à la crinière très hair-métal (les amateurs du genre apprécieront) se proposait d’ effectuer la synthèse de la musique classique et du hard-rock à sa manière, c’est-à-dire sur le mode de la vélocité et du baroque, entendu ici dans tous les sens du terme. Le garçon a un peu vieilli et même s’il n’est toujours pas manchot, le caractère vain (et inavouable) de sa musique saute aux oreilles, mettant ainsi un terme aux illusions de ma jeunesse ! A savourer dans la vidéo ci-dessous.

Second dans la catégorie, Steve Vai, un peu disparu des radars ces temps-ci mais qui débuta dans l’ombre de Frank Zappa à la fin des années 70, excusez du peu. Un peu moins pompier musicalement que le précédent, mais tout aussi peu inspiré dans ses accoutrements et jusqu’au choix de ses guitares : couleurs criardes, fluorescentes, à trois manches, en forme de cœur, avec une poignée taillée dans le corps de l’instrument pour pouvoir la trimbaler plus facilement au supermarché du coin je suppose, bref, un original. Même verdict que pour Yngwie Malmsteen : brillant mais musicalement (et visuellement) indigeste, même si je lui trouve par instants des accents hendrixiens.

Reste le cas Buckethead, paradoxalement le moins inavouable peut-être. Certes le bonhomme est complètement frappadingue, mais il a eu le bon goût de travailler avec Bill Laswell dans le projet Praxis et tout récemment pour son dernier album avec le grand Bootsy Collins ! Le guitariste en impose comme il se doit mais de là à jouer en public avec un seau (bucket) sur la tête, il y a un pas à ne pas franchir ! Il a cependant la capacité de savoir jouer lentement, démontrant en quoi la route taillée par tous les guitar-heroes depuis 20 ans (déluge de notes et accélération tout azimuts) est irrémédiablement une voie de garage. Bref j’avoue une certaine sympathie pour ce Buckethead. C’est grave docteur ?

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LOSCIL, “Endless falls”

Album de la semaine | 26 décembre 2011

Si on vous dit musique “ambient”, vous pensez musique d’ascenseur, “new age”, musique de fond ou encore de relaxation ? Bon, il est peut-être temps de revoir quelques préjugés…

La musique ambient est plutôt une musique calme (et non soporifique) on est d’accord, ce qui a sans doute facilité toutes les assimilations hasardeuses avec les doux noms évoqués ci-dessus. Mais de même que le métal peut “agresser” de prime abord, que la techno est une musique de drogué et de fêtard pour le néophyte et le jazz une musique difficile, de même il importe de passer outre ses premières impressions pour laisser aux vestiaires ses a priori.

Avant tout l’ambient est une musique qui demande à l’auditeur un effort d’immersion et d’attention aux détails; tout le contraire donc de la musique d’ascenseur qui elle, est faite pour ne pas être entendue. C’est pourquoi il est souvent recommandé de l’écouter au casque pour en saisir toutes les subtilités, changements progressifs d’ambiance, de climat et d’atmosphère.

LOSCIL illustre à merveille ce qui fait les qualités d’un bon disque du genre : stimuler l’imagination et raconter une histoire sans paroles. Comme dans un bon film, on retrouve la mise en place de l’intrigue et du décor (les sons), l’évolution progressive de ceux-ci (des couches et trouvailles sonores qui apparaissent progressivement pour laisser la place à d’autres) et une résolution (bon là on dira le silence). D’ailleurs l’ambient n’est jamais très loin de la musique de film et nombreux sont les compositeurs qui passent de l’un à l’autre - par exemple le récent MURCOF, B.O. du film La sangre illuminada- et du statut de musicien à celui de sound designer (celui qui est chargé sur les grosses productions de cinéma du traitement du son dans le sens esthétique et artistique du film).

Loscil est un bon exemple du pouvoir de suggestion de cette musique, mais n’hésitez pas à aller jeter une oreille vers FENNESZ & SAKAMOTO, autre merveille du genre, ou encore PAN AMERICAN et son White bird release, tout sauf de la musique barbante pour qui se donne la peine de prêter un peu l’oreille…

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DICTIONNAIRE DE LA MAUVAISE FOI MUSICALE

A découvrir | 25 avril 2011

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Derrière un titre qui pourrait faire passer l’ouvrage pour un petit précis pour briller dans les conversations en ville, se cache en fait un ouvrage bourré d’humour et finalement non dénué d’un fond de vérité. Certes les définitions déclinées tout au long des (presque) 200 pages s’apparentent davantage à des sentences qui n’encouragent pas vraiment à la conversation courtoise et à l’échange; par contre si vous voulez faire rire votre auditoire, c’est dans la poche !

Alors sans déflorer toutes les bonnes feuilles du livre, voici un petit florilège de ce que vous y trouverez à travers un abécédaire :

alternative (scène) n.f. La scène alternative refuse l’idée d’industrie musicale, voire l’idée de musique elle-même.

balance n.f Réglage du son sur scène avant un concert. Devait commencer il y a deux heures.

bandana n.m. Accessoire scénique commun à Renaud, Axl Rose, Dick Rivers et certains bergers allemands.

chill-out (coin) n.m. A l’origine, endroit tranquille à l’écart du bruit dans une rave party. Désigne aujourd’hui dans les bars ou boites de nuit une zone lounge où le mojito est à 29 €.

fichier n.m Morceau de musique libre de droit.

grosse caisse (double) n.f Très fréquente chez les batteurs mono-testiculaire.

hype De nombreux groupes font une croix dessus. Ex : Justice, † (2007).

itunes Enlever le i.

manager n.m 1 Anc. Personne en charge de la promotion d’un artiste. 2 Mod. Personne en charge du spamming MySpace/Facebook/Twitter.

Tarantino (Quentin) Réalisateur très BOF.

et pour finir une définition qui m’a fait beaucoup rire et qui à le mérite de la concision; attention accrochez-vous, elle est un peu difficile (enfin tout dépend de vos références) :

U2 22U2, 222U2.

je vous engage aussi à lire entre autres les rubrique Krall (Diana), Répète, Huma (Fête de l’), Tecktonik, etc…

Pour finir, je vous signale un autre ouvrage mêlant avec bonheur humour et musique : Le petit livre rock d’Hervé Bouhris, livre dont j’ai déja parlé ici.

Dictionnaire de la mauvaise foi musicale de Josselin Bordat & Basile Farkas

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L’ENFER, C’EST LE SILENCE…

A découvrir | 31 janvier 2011

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…pour un bibliothécaire musical, quoi de plus normal que de reprendre à mon compte le titre de ce nouvel opus de la BD Blacksad. Le privé à tête de chat reprend du service et s’aventure dans l’atmosphère mythique de la Nouvelle-Orléans des années 50.

blacksad.jpgBlacksad est une série de Canales & Guarnido qui convoque pas mal d’archétypes tout en essayant de créer une histoire originale : vaste programme ! On y trouve donc le roman noir américain, la figure du privé, Philip Marlowe, Humphrey Bogart, l’imperméable beige, etc, etc. Fort bien me direz-vous, mais quel rapport avec la musique et que vient faire une bd sur Bmol ?

Et bien c’est qu’ici la même recette est appliquée à la New-Orleans qui devient la toile de fond de l’histoire. Et si je vous parle de new-orleans, vous me dites bien sur jazz new-orleans, dixieland, fanfare créole, toutes les images musicales que charrie spontanément cette ville.
blacksad2.jpgAu point que cette toile de fond prend au fil des pages presque plus d’importance que l’histoire elle-même. Car au fond, on se moque un peu de l’intrigue pour s’imprégner de l’atmosphère : le jazz omniprésent à chaque coin de rue (et des cases de la bd), le musicien génial et héroïnomane (qui a dit Charlie Parker ?), les clubs de jazz enfumés, le carnaval coloré, la sorcellerie vaudou, tout est là et pourtant, ça fonctionne. La réussite de la bd tient aussi beaucoup au dessin qui permet justement de faire exister cette atmosphère et d’y croire malgré cette accumulation de clichés. Un dessin vif, réaliste - si tant est qu’on puisse parler de réalisme au sujet de personnages à têtes d’ hippopotame, de bulldog, de coq - qui fourmille de détails et le soin quasi cinématographique accordé au découpage achève de me convaincre.

On entend la musique résonner partout dans les planches de “L’enfer, le silence” et c’est sans doute pourquoi ce nouvel album m’a tant plu. Et oui, on ne se refait pas…

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New Orleans jazz [Compilation] 3cd


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MAP OF METAL, la carte d’orientation du métalleux !

A découvrir | 10 janvier 2011

Vous qui pataugiez dans les dénominations un poil barbares telles que crust, sludge, screamo et autres trash, voici l’outil dont vous rêviez !

Map of Metal est un outil pédagogique (mais oui !) qui propose de découvrir l’univers des musiques dites “extrêmes” en se déplaçant sur une carte du plus bel effet. Vous passerez ainsi d’un continent à l’autre (du métal au death paré ici d’un noir du plus bel effet), d’une île à l’autre (je vous conseille particulièrement celle du rap-métal en forme de pièce d’un dollar) le tout dans un ordre chronologique. En effet en vous déplaçant de droite à gauche, vous remonterez le cours tumultueux du genre, des origines du blues-rock jusqu’aux dernières avancées (?) ultra-techniques actuelles. La carte est par ailleurs légendée ce qui vous permettra de faire les liens entre les genres de base, les fusions de styles, etc.

Pour chaque genre abordé, vous avez droit un petit historique (en anglais malheureusement) et, cerise sur le gâteau, un player qui vous propose à l’écoute les groupes importants du style.

L’occasion de rappeler que ces musiques ont toutes leur place dans les bibliothèques de Grenoble (au même titre que… euh Bénabar ?) et que vous en trouverez un large échantillon dans le réseau. Une envie soudaine et irrépressible d’écouter du sludge ? Vous trouverez Neurosis, Mastodon ou encore Baroness dans les bacs. Un peu de Grind pour faire passer les fêtes ? Napalm Death est disponible ! Une petite touche stoner metal pour bien commencer l’année ? Choisissez High On Fire ou Kyuss. Et pourquoi ne pas s’aventurer jusqu’au drone métal (le quoi ?) : Sunn O))), Boris, Nadja sont à découvrir. Idem pour le hardcore (Minor Threat), le death (Slayer), etc, etc.

Bonne exploration et faites-nous part de vos découvertes !

En bonus, un morceau d’un de mes groupes de métal préférés de tous les temps (et je pèse mes mots) Keelhaul, extrait de leur extraordinaire album II, que j’ai eu la chance de voir l’année dernière à Lyon. Cette fausse ballade perpétue à sa manière cette longue tradition du genre (pensez Stairway to Heaven de Led Zeppelin ou November rain des Guns N’ Roses), sans quoi le hard-rock ne serait pas tout à fait le hard-rock…


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ALAIN BASHUNG, “Novice”

Album de la semaine | 27 septembre 2010

Faisons fi de la nouveauté ! Face à la croissance exponentielle des sorties de disques, il est peut-être temps de (re)découvrir quelques pépites enfouies dans le cours de l’histoire du rock.

Novice (1989), c’est la période avant l’explosion grand public de l’album “Osez Joséphine” et sa pelletée de tubes (”Volutes”, “Madame rêve”, le titre éponyme). Nul jugement de valeur dans cette présentation. Car de l’underground des débuts au succès commercial des 90’s et 00’s, Bashung a toujours maintenu une démarche exigeante et a suivi sa trajectoire artistique en marge des courants et des modes, imposant la force et la cohérence de son univers. On retrouve donc sur cet album ses qualités habituelles de compositeur et de parolier : textes à multiples sens, jeux de mots et chausse-trappes (”Le duc n’en fait qu’à sa guise”, “Un pyromane a du génie et s’en met plein la lampe” sur Pyromanes,”T’es parti avec mes revenus, Vers quel crayon s’est-elle taillée désormais ?” sur Bombez, “Yaoundé qu’est pipé”, etc, etc). On retrouve également une autre caractéristique de son travail, sa capacité à s’entourer, rappelant ainsi qu’il était aussi un excellent musicien et accessoirement un des rares artistes hexagonaux capables de se frotter à la crème du rock international: Phil Manzarena (Roxy Music) et Blixa Bargeld (Einsturzende Neubauten, Nick Cave) aux guitares (plus tard ce sera Marc Ribot et Link Wray sur l’album Chatterton accompagné du trompettiste de jazz Stéphane Belmondo), Colin Newman de Wire à la production. Et bien sur Boris Bergman à l’écriture, laissant  pour la première fois la place sur plusieurs titres au nouveau venu d’alors Jean Fauque.

Le résultat est assez surprenant : l’album est très sombre (à l’image de sa superbe pochette qui annonce fièrement la couleur), avec un coté new-wave voire même industriel (beaucoup de boite à rythmes et de claviers notamment, un son très froid, l’influence souterraine de Blixa Bargeld ?), globalement sans concessions à l’image des albums Roulettes Russes ou Pizza  du début de carrière mais sans les tubes (Gaby Oh Gaby, Vertige de l’amour) qui permettaient de faire passer la pilule auprès des maisons de disque. Une sorte de suicide commercial qui contient pourtant une brassée de perles : “Légère éclaircie”, “Alcaline”, “Bombez”, “By proxy”. Un album qui mériterait donc de retrouver la lumière…

A noter que France Inter à diffusé cet été une série de 10 émissions intitulée “Bashung de l’aube à l’aube” qu’il est possible de réécouter à cette adresse :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/archives.php

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Ci-dessous le titre Légère éclaircie capté pendant la tournée résolument rock de 1995…


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HIGH ON FIRE, “Snakes for the divine”

Album de la semaine | 6 juillet 2010

Ces temps-ci on avait déjà encaissé de redoutables déflagrations dans le domaine des musiques extrêmes (pour faire court) que ce soit de la part de Municipal Waste (déjà évoqué ici par la pétulante Emeline), de Baroness ou des non moins redoutables Graf Orlock (hélas indisponibles dans vos chères bibliothèques pour le moment, se reporter ici ).

Et voici que déboule maintenant High On Fire sur la corde raide du hard-rock à l’ancienne (pour les solos de guitares façons concours de rapidité et l’univers heroic fantasy) et du métal le plus moderne (pensez le plus brutal). Qu’est-ce qui fait la qualité d’un groupe de métal en 2010 ? Qu’est-ce qui fait qu’après l’écoute de dizaine et de dizaine de galettes du genre on a encore envie de placer celle-ci dans le lecteur et d’afficher un sourire béat ?

High On Fire est capable de ralentir le tempo et de varier les ambiances (variations sur le même thème entendons-nous, voir le terrible “Frost Hammer“…); la section rythmique est implacable et fait feu de tout bois dans un même élan dévastateur, la voix du chanteur rugit à tout va (on notera un certain mimétisme avec celle de Lemmy de Motörhead) et accentue encore le coté épique du projet (tout le contraire de… voyons, Metallica au hasard). La mise en place est sans failles, le tout donne une impression de maitrise assez bluffante (”Ghost neck“) et vous laisse dans un état pantelant.

La première face est tout simplement un modèle du genre, la seconde tire un peu en longueur mais “ça reste du haut niveau” pour filer la métaphore sportive en ces temps de Coupe du Monde (Mesdames, je compatis par avance).
Puissance, technique, maîtrise, non ce n’est pas une pub pour une bagnole ou le dernier aspirateur multifonctions mais bien “Snakes for the divine” de High On Fire. A écouter le matin devant votre tasse de café si vous vous sentez léthargique…
Une petite vidéo pour vous faire une idée de la bête. Attention les yeux, tout y est : barbu au sommet d’une montagne, serpent diabolique, hache médiévale, etc, on se croirait dans Les 3 Tours

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ERIC ALDEA, “Cutting flat”

Album de la semaine | 5 avril 2010

Hiver 2009. Le groupe Zëro est en ville ce soir à La Bobine (l’ancienne, rue Clément). En fan des feu-Bästard et des feu-Deity Guns (soit tout un pan de l’underground musical français des années 90 avec Hint, Portobello Bones et bien d’ autres), je me devais d’y être. Le concert fut excellent et comme je suis adepte des vinyles et autres beaux disques fait main, je me suis rué sur le stand du groupe histoire d’y dénicher une perle rare. Et là je discute le bout de gras avec le chanteur / guitariste et j’en viens à évoquer ma profession de bibliothécaire. Aussitôt il me tend un disque en me disant que je peux le mettre dans les collections si ça me plaît. Après écoute religieuse (comme à chaque fois que j’écoute un disque, conscience professionnelle oblige !), je me dis que cet homme là a bien du talent et décidément plus d’une corde à son arc.

Cutting flat est en fait la musique d’un spectacle de danse de la Compagnie La Baraka donné entre autres au Théâtre national de Chaillot en 2004. Rien à voir ici avec la noise rugueuse ou l’expérimentation bruitiste des débuts. La musique oscille entre atmosphères planantes (”Tchel sara”, “G-Dur KB”) et orientales (”Ouverture”, “Hammam”), citations jazz au milieu d’orchestre contemporain (”Hasmig & Chloé”) et musique industrielle (”Chutes”), voire musique de films (”L’éveil”). Les guitares ont laissé la place aux violons, flutes, saxophone, violoncelle, piano et ondes Martenot. On tient bien là à un disque “Inclassables” (là où on range les albums qui ne rentrent pas facilement dans des cases, marqués du chiffre 7), mais en même temps une musique facile d’accès et dont le charme infuse lentement mais surement.

A écouter ce disque, on se dit que le spectacle qu’il venait illustrer devait être magnifique. Tiens, un (trop) court extrait pour se faire une idée…

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LA CUVEE GRENOBLOISE, MILLESIME 2010 !

Musique à Grenoble | 1 février 2010

A l’occasion de la sortie de la Cuvée grenobloise, neuvième du nom, rencontre-interview avec Benoit de l’association Dynamusic, responsable de cette compilation du plus grand intérêt dès qu’on s’intéresse un tant soit peu à la scène musicale de Grenoble.

Écoute ci-dessous :

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GETATCHEW MEKURIA & THE EX, “Moa anbessa”

Album de la semaine | 23 novembre 2009

8 mai 2008, L’Usine, Genève. Retrouvailles avec le groupe The Ex, une fois encore je suis au rendez-vous pour voir et surtout entendre ce groupe à nul autre pareil. Mais au bout du quatrième (ou cinquième ?) concerts, il me faut autre chose, une excitation particulière pour me faire déplacer à 2 heures de route de Grenoble, aller-retour dans la nuit et boulot le lendemain s’il vous plaît. Cette fois-ci, c’est leur association avec le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria qui m’a mis la puce à l’oreille. Getatchew est considéré comme l’un des pères fondateurs de ce qu’on appelle communément l’ethio-jazz. Si vous avez vu Broken Flowers, vous avez alors forcément écouté son acolyte Mulute Astatke qu’en passionné et connaisseur de musique Jim Jarmusch avait déniché pour la bande originale de son film. La rencontre avec The Ex s’est faite à l’occasion d’une tournée en Éthiopie. Le groupe toujours avide de nouveaux espaces sonores à défricher avait rencontré de nombreux musiciens dont Getatchew.

Et une fois encore, le concert est hors du commun : l’alchimie qui s’opère entre ce groupe parti du punk-rock le plus radical et bruitiste et ce papi qui sculpte un somptueux phrasé entre le jazz et la musique orientale est totale. Comme souvent, le plaisir des musiciens à être ensemble est manifeste et l’on jurerait qu’il s’agit d’un groupe rodé par des années de route et de concerts communs : en plus de The Ex au grand complet et de Getatchew Mekuria on trouve sur scène un mini-big band (une trompette, un saxo et une clarinette) ainsi qu’un danseur éthiopien contorsionniste qui réalise des prouesses avec son corps (pas de mauvais esprit !). Une musique joyeuse, qui groove et qui réussit haut la main l’alliance du rock et de la musique africaine.

En plus du disque, vous pouvez également emprunter le DVD du concert enregistré dans le cadre de la clôture du festival “Banlieues bleues” en 2007.

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PINK FLOYD, “Obscured by clouds”

Album de la semaine | 21 septembre 2009

Voilà un disque peu connu et souvent mal-aimé dans la discographie de ce groupe-monument. Faites le test : demandez autour de vous quel album les a marqué, vous aurez sans doute (dans le désordre) “The Wall”, “Dark Side of the moon”, peut-être “Animals” ou encore “Wish you were here”, mais nulle trace à n’en pas douter de ce disque. Sans parler des (nombreuses) compilations qui ne daignent pas lui accorder la moindre place et du groupe lui-même qui l’a très peu joué en concert, semblant ainsi avaliser le sentiment général. Le fait d’avoir pris place entre deux des sommets artistiques du groupe “Meddle” (1971) et “Dark Side of the moon” (1972) n’est sans doute pas étranger à ce traitement injuste (bon, je ne parle même pas de la pochette).

Pourtant ce disque a de réelles qualités. Bouclé en quelques jours dans les studios du fameux Château d’Hérouville (où enregistrèrent dans les années 70 entre autres David Bowie, Iggy Pop, Magma et Higelin deux de ses meilleurs albums “Champagne pour tout le monde” “… Caviars pours les autres”), il s’agit en fait de la bande originale du film La Vallée de Barbet Schroeder. La Vallée se déroule en Papouasie-Nouvelle Guinée et raconte la quête (vaine, on l’aura deviné) d’une “vallée obscurcie par les nuages mais accessible aux esprits téméraires ” perdue au fin fond des montagnes. Film bien en accord avec son époque et la figure du hippie qui largue les amarres pour partir à l’aventure en quête de nouvelles expériences…

Le groupe a habilement exploité cet aspect en intégrant des extraits de chants traditionnels présents dans différentes scènes du film. Assez peu de chants (ici assurés par David Gilmour) et beaucoup de titres instrumentaux comme le veut le Pink Floyd première époque et donc une grande place accordée aux claviers et à la guitare (nul besoin de vous vanter le lyrisme du même Gilmour, voire le titre “Childhood’s end” entre autres) . Roger Waters est encore dans l’ombre à assurer sa partie de musicien plutôt que de tirer la couverture à soi comme il adviendra plus tard… L’ensemble est équilibré et réserve quelques tubes potentiels dont le titre “Stay”. On est loin sans doute des morceaux de bravoure et des concepts-albums à venir mais je n’en démord pas : “Obscured by Clouds” est un album à reconsidérer…

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THRU-YOU : L’ART DU REMIX A L’HEURE DE YOUTUBE

A découvrir | 25 août 2009

kuti.jpg

Le principe est à la fois très simple et un peu compliqué à expliquer. En fait, il s’agit d’une re-création musicale à partir des milliers de clips musicaux et leçons d’instruments que postent sur YouTube des amateurs passionnés. Chacun de ses extraits ne présenterait pas forcément/toujours beaucoup d’intérêt en soi, mais c’est justement là que réside le talent de cet artiste israélien du nom de Kutiman. Parvenir à faire de tout ça un mélange cohérent et ne plus distinguer les coutures tant son art du collage et du patchwork est grand. C’est en fait tout simplement du remix à l’heure d’internet et de YouTube, sauf que la base de données est accessible à tous et immense. L’autre intérêt est de pouvoir rassembler un grand orchestre sans difficulté : ici plusieurs guitaristes, un bassiste, un batteur, un trompettiste et saxophoniste, un harmoniciste, un chanteur, un orgue hammond, etc, etc, et même un theremin. Qui dit mieux ? A noter que l’artiste a noté et crédité scrupuleusement chacun des musiciens et vidéos dont il s’est servi (voir la rubrique “crédits).

Une démarche novatrice : faire de la musique sans être musicien on connaissait déjà, mais sans platines, vinyles et logiciels musicaux, là c’est une première !

J’ai un petit faible pour la première vidéo “The mother of all funk chords” mais allez jeter un œil au site, les autres ne sont pas mal non plus. La seconde vidéo est la présentation du projet pour les anglophones…

http://www.thru-you.com

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PATTI SMITH & KEVIN SHIELDS, “The Coral Sea”

Album de la semaine | 18 août 2009

coral.jpgPatti Smith

Ode au photographe controversé Robert Mapplethorpe (dont les œuvres en noir & blanc en partie érotiques continuent de se heurter à la censure) qui partagea sa vie avant d’être emporté par le sida en 1989, la démarche de Patti Smith est simple et elle tient en une phrase placée dans le livret :”Après sa mort, je voulais lui donner autre chose que des larmes, c’est pourquoi j’écrivis “The Coral Sea“. Démarche simple à énoncer mais ô combien casse-gueule délicate à mettre en œuvre. Imaginez deux sessions d’à peu près une heure chacune, avec le dispositif le plus simple qui soit : elle récite son long poème, lui l’accompagne avec des nappes de guitares éthérées. Comment rendre l’expérience intéressante sur la durée ? C’est pourtant le tour de force réussi ici. Essentiellement grâce à de subtiles variations : dans la voix et dans le jeu de Kevin Shields qui s’adapte parfaitement aux émotions charriées par le texte. En congé de son groupe My Bloody Valentine malgré la énième annonce d’un prochain album, on redécouvre qu’il est un excellent guitariste et pour l’avoir sorti de sa retraite dorée on remerciera là aussi la chanteuse.

On pourra sans doute ergoter sur la nécessité de sortir deux cd qui ne sont que deux interprétations d’une même œuvre et trouver que les différences ne justifiaient pas de sortir ce disque dans un format aussi long (j’ai une préférence pour la deuxième session plus intense, moins contemplative). Mais rien vraiment d’essentiel.

Une musique belle, étrange, poétique qui vous arrache aux pesanteurs du quotidien : rarement un(e) artiste aura réussi à faire passer tant d’émotions (de l’amour, de la colère, de la tristesse, du doute) par la seule grâce de sa voix. Un peu comme Bob Dylan, vous pouvez être totalement hermétique à l’anglais et transporté malgré tout par ces longs poèmes scandés sur un fond de nappes sonores. Avec cette œuvre, elle aura réussi sans doute le plus bel hommage qu’elle pouvait rendre à son compagnon…

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Vidéo du mois : MASERATI, “This is a sight we have…”

A découvrir | 18 mai 2009

MASERATI j’en ai déjà parlé ici pour dire tout le bien que j’en pensais. Et comme si ça ne suffisait pas, je découvre cette vidéo du groupe qui joint aux qualités musicales déjà évoquées un sens de l’humour assez corrosif et décalé ! Ici pas de revival années 80 si ce n’est pour s’en moquer : un simple bandeau éponge réussit à convoquer en un instant toute une époque (pas vraiment bénie) : celle de la réussite personnelle forgée à la force du poignet, du volontarisme et de la “pensée positive”…

Ah la la, le monde n’est pas toujours tendre avec les “winners” obligé de subir les sarcasmes et incompréhensions des médiocres…

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par Julien

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