THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline
Blonde Redhead aura mis du temps à sortir de l’ombre, notamment grâce à un lent basculement d’un rock bruitiste très inspiré par Sonic Youth vers des chansons pop à l’ambiance Mélody Nelsonienne. Melody of Certain Damaged Lemons est le symbole de ce changement de cap : après un In an Expression of the Expressible plus expérimental que jamais - et très moyen, avouons-le - ce groupe new-yorkais cosmopolite (une Japonaise et deux Italiens, jumeaux qui plus est) choisit d’épurer son son - la chanson-exutoire de deux minutes “Mother” mise à part.
Et la sauce prend. Pour peu que les voix singulières de Kazu et d’Amedeo Pace ne vous perturbent pas, vous ne pourrez qu’être séduits par cette succession de brillantes chansons entre pop kitsch (la primesautière et surprenante “This is not”) et rock sombre (”Melody of Certain Three” et son riff saisissant), relevée par l’excellent jeu de batterie de Simone Pace, probablement l’un des batteurs les plus créatifs dans le milieu rock à l’heure actuelle.
Melody of Certain Damaged Lemons est un chef d’œuvre déguisé en disque monotone. Rien que ça. Melody of Certain Damaged Lemons / Blonde Redhead (Touch and Go, 2000)
Que trouve-t-on dans Rien ? Tout et n’importe quoi. La lecture des dernières volontés du Général de Gaulle, des extraits de la série TV “Dallas”, un reportage sur le bathyscaphe…
le tout mêlé à une musique s’inscrivant dans la lignée “post-rock” de groupes comme Godspeed You ! Black Emperor, avec néanmoins un côté dilettante qui fait le charme de ce Requiem pour des baroqueux, titre pompeux pour un disque “récréation”, dont la solennité est automatiquement dynamitée par ces sales gosses.
Il y a de la farce dans ces collages, cependant l’exécution est parfaitement maîtrisée. Comme je l’annonçais en préambule, on trouve tout et n’importe quoi dans cet album, certes, mais pas n’importe comment.
Long à démarrer, Requiem pour des baroqueux gagne en intensité piste après piste, pour s’achever de manière magistrale. Mention spéciale au deuxième titre, “The Dallas Sessions”,
qui développe dans un laps de temps très court beaucoup de sensations différentes, à la manière du “Happiness is a warm gun” des Beatles. Requiem pour des baroqueux / Rien (Un Dimanche, 2003)
TTC est un peu le Minitel du rap français : look à la fois avant-gardiste et désuet, contenu simple voire criard, on ne sait pas très bien de quoi il retourne, mais on sent qu’il se cache quelque chose d’important sous ces dehors volontiers étranges.
Pour continuer avec les comparaisons, TTC est au rap ce que Katerine est à la chanson. Il y a ceux qui trouvent ça ridicule, ceux qui se demandent si c’est du deuxième degré, et ceux qui connaissent les textes par cœur, déclarant invariablement aux deux catégories précédentes, sur un ton un brin hautain : “Vous n’avez rien compris”.
A vrai dire, jusqu’ici, je faisais partie de la deuxième catégorie de personnes. Et puis, amusé par la rigolote bizarrerie de leur dernier clip “Téléphone”, je décide d’écouter le disque en entier. Et là, contre toute attente, sans même comprendre pourquoi (surtout pas !), je trouve ça bien. Ces textes foutraques ânonnés façon récitation de CE2, ces beats grossiers, ces mélodies primaires, rien à faire, tout ça me plait.
Ne me demandez pas de vous expliquer le mystère TTC, je n’en sais rien. Essayez-vous même, c’est le seul conseil que je puisse vous donner.