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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


Manuscrit van Soldt + Stefano Landi

Album de la semaine | 12 janvier 2009

Quand s’annonce un CD du label Alpha, j’éprouve toujours un petit frisson de joie particulier. Leurs deux collections, que je surnomme “la blanche” et “la noire”- d’après la couleur de leur jaquette - comptent de véritables trésors, souvent lien entre musique “populaire” et musique “savante”, bien loin de tout “cross-over” *. Leur dernière parution, le Manuscrit Suzanne van Soldt est, une fois encore, à la hauteur de mon attente.

Le titre est intrigant : “manuscrit” relève davantage de la littérature que de la musique. En fait, il s’agit d’un cahier ou “livre de clavier”, laissé par une certaine Susanne Van Soldt, jeune flamande qui, à l’âge de seize ans, a adapté les “tubes” de son époque et les a transcrits pour clavecin ou virginal afin de les jouer dans le cadre familial. L’ensemble LES WITCHES (Les Sorcières) s’est rappelé les longues soirées où, dans les familles, chacun  se joignait au clavier, muni de son instrument propre et interprétait indifféremment danses, chansons profanes et spirituelles faisant partie du patrimoine commun.
Les instruments qui accompagnent ici le virginal sont probablement ceux que l’on voit représentés dans les festins, noces et kermesses de Brueghel, contemporain de notre Susanne : viole de gambe, luth, guiterne, cornemuse, cistre, ou encore rommelpot, tambour à friction typiquement flamand.
En résumé, ce disque, c’est tout cela : des couleurs sonores particulières, des airs limpides et majestueux, qui nous trottent encore dans la tête après l’écoute, et une invitation au voyage dans la Flandre de la fin du XVIème siècle…

*Pour Noëlle : la définition de Wikipédia : “Dans le contexte musical, le cross-over ou chiasmatypie signifie croisement ou enjambement entre un style de musique et un autre; c’est la pratique courante de la world music“.

Où trouver ce document?Descendons un peu vers le Sud, dans la Rome du début du XVIIème siècle pour trouver, toujours chez Alpha, mais dans la “collection noire” cette fois, mon préféré, mon tube, un des disques que j’emporterais sur une île déserte ! D’une beauté à couper le souffle ! On est accroché, dès l’entrée, par un air anonyme  : “Homo fugit velut sombra”,” l’homme fuit tel une ombre”, “passacaille de la vie”, qui donne son titre à l’album. Son refrain obsédant : “bisogna morire”, “il faut bien mourir”, est chanté - avec quelle intensité dramatique !- par Marco Beasley, irrésistible ténor à la voix suave. L’oreille va de surprise en enchantement à mesure que les arie, passacailles, villanelles, composées par Stefano Landi, se succèdent.Chanteurs et musiciens de l’Arpeggiata  nous transportent dans un monde de douceur et d’harmonie, par leurs voix, bien sûr, mais aussi grâce aux  cordes d’une variété de timbres inouïe : harpe baroque, théorbe, luth, viole de gambe, lirone… qu’accentue l’acidité du cornet. Vous ne pourrez plus vous en passer !

Homo fugit velut umbra / STEFANO LANDI

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par Annette


Discographie Olivier Messiaen en 9 CD et 1 DVD

Musique à Grenoble | 8 avril 2008

Pas facile de sélectionner 10 disques et DVD parmi une telle production - 100 œuvres, dont certaines comportent des effectifs et des durées peu ordinaires. Voici toutefois une modeste proposition pour entrer dans l’univers musical de ce compositeur singulier.

Quatuor pour la fin des temps (Adda, 1989)Voir la notice

Comme première approche, sans hésitation - elle a été la mienne -, une œuvre poignante, un solo de clarinette qui chante à la fois “l’abîme” (la guerre ?) et l’espoir (était-ce celui de Messiaen qui l’a composée et jouée alors qu’il était prisonnier de guerre en Silésie en 1940), et une formidable montée finale vers la lumière du violon (gage de la foi en l’homme du compositeur ?)

Trois petites liturgies ; Cinq rechants (Supraphon, 1991)Voir la notice

Parce que cette œuvre joyeuse - elle a immédiatement été appréciée par le public - permet d’entrer facilement dans l’univers de Messiaen (tant pis pour les critiques professionnels qui l’ont boudée quasi unanimement à sa création)
Même si on n’imagine pas les couleurs vives qu’il “voyait” et traduisait en sons, on est emporté par les voix cristallines et les rythmes hindous irrésistibles.

Des canyons aux étoiles [1971-1974] (CBS, 1988)Voir la notice

Je conseille cette symphonie à celles et à ceux qui partagent avec Messiaen l’amour de la montagne et des grands espaces. Créée pour les célébrations du bicentenaire des Etats-Unis et composée à la suite d’un séjour dans l’Utah, les Américains l’ont tellement appréciée qu’ils ont baptisé un de leurs sommets « Mount Messiaen ». Parmi les instruments, une machine à vent, une à sable, des cuivres chaleureux et un xylorimba produisent un univers étrange. De plus, le solo de cor a emporté (provisoirement) Marie-Hélène dans les étoiles, c’est tout dire…

Turangalila Symphonie (Deutsche Grammophon, 1991)Voir la notice

Il parait que cela veut dire “jeu” en sanscrit. Pour moi, c’est un kaléidoscope traduit en sons inouïs et en rythmes. Un vrai hymne à la joie !

Catalogue d’oiseaux (Accord, 2000)Voir la notice

Particulièrement recommandé aux ornithologues amateurs et à ceux qui n’ont pas le courage de marcher des heures dans la montagne pour entendre chanter le chocard des Alpes. Trêve de plaisanterie, Messiaen a ici transposé en musique les chants d’oiseaux qu’il a commencé à collecter depuis l’âge de 15 ans. Comme il n’était pas un ingrat, c’est à “ses modèles ailés” (et aussi à sa femme la pianiste Yvonne Loriod) qu’il a dédié l’œuvre.

La Nativité du Seigneur (Calliope / Harmonia Mundi, 1986)Voir la notice

Pourquoi précisément cette œuvre pour orgue ? Parce qu’il faut bien être un peu chauvin : elle a été écrite et créée à Grenoble par Messiaen alors âgé de 27 ans. En outre, elle est grandiose ! De ses propres dires, elle a été inspirée par les montagnes toutes proches. Et tenez-vous bien, en plus de toutes ses activités, ce musicien catholique « né croyant » tenait la tribune d’orgue de l’église de La Trinité à Paris tous les dimanches matin ! Des mauvaises langues prétendent que le curé de la paroisse avait demandé à Messiaen de réserver ses improvisations à la dernière messe et de jouer un répertoire plus classique aux deux premières…avant d’être célèbre, bien entendu…

Quatre études de rythme dans Le monde de Messiaen (Musidisc, 2001)Voir la notice

Plutôt pour les inconditionnels car un peu austère. C’est pourtant, aux dires des savants musicologues, les trois minutes de piano de la deuxième étude qui ont bouleversé l’histoire de la musique et ouvert à Boulez, Stockhausen (et bien d’autres) la porte de la musique sérielle…

Hommage à Olivier Messiaen (Montaigne, 1988)Voir la notice

Parce que ce concert a été l’un des temps forts de l’hommage rendu au maître pour son 80e anniversaire, par le monde musical, bien sûr, par son épouse la pianiste Yvonne Loriot et par l’un de ses élèves les plus célèbres, Pierre Boulez.

Saint François d’Assise : scènes franciscaines (Deutsche Grammophon, 1999)Voir la notice

Il fallait bien qu’Olivier Messiaen et Saint François d’Assise se rencontrent au-delà des siècles et des pays. Ils avaient tant à partager ! Voici l’œuvre que j’aimerais tant voir représenter pour ce centenaire : un orchestre de 120 musiciens, un chœur de 150 chanteurs, sans compter les solistes, la synthèse, dit-on, de ses thèmes favoris et de son langage musical. Elle dure 4 heures et demie. Folle entreprise ? Heureusement, il y a un disque !

La liturgie du cristal [DVD] (Idéale audience, 2007)Voir la notice

Plein d’interviews pour le voir et l’entendre en personne, écouter des extraits de ses œuvres, et même assister à un de ses cours au Conservatoire de Paris.

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par Annette


“Le blues de l’Orient” de Florence Strauss + Concerts Hussein Al-Bechari & Trio Joubran

Musique à Grenoble | 28 janvier 2008

Les amateurs de musique orientale ne sont pas en reste à Grenoble. Dans le cadre des “Musiques nomades”, La Faïencerie de La Tronche va accueillir le 29 janvier prochain le chanteur, poète et oudiste égyptien Hussein Al-Bechari. Accompagné de Mohamed Abou Zyed, au tabla et au daf, il interprétera des chants nomades de la Mer Rouge.

Le 2 février à l’Odyssée d’Eybens, nous pourrons voir et écouter le Trio Joubran. Les trois frères Samir, Wissam et Adnan, tous virtuoses du oud, sont Palestiniens originaires de Nazareth. A leur répertoire, des classiques de la musique arabe, de la musique traditionnelle, des compositions, des improvisations savantes.

Le Blues de l'OrientD’autre part, Mon Ciné programme actuellement, et pour quelques jours encore, un documentaire de Florence Strauss : “Le blues de l’orient”, qui développe un aspect inattendu de la musique orientale : le lien puissant qu’il fut, et est encore souvent, en dépit des obstacles idéologiques et politiques, entre les différentes communautés proche-orientales : musulmane, chrétienne et juive.
Nous suivons Florence Strauss dans sa trajectoire très personnelle : marcher sur les traces de son grand-père, le producteur Robert Hakim (et les classiques “Pépé le Moko”, “Casque d’or”, “L’avventura”…). Ce juif égyptien, qui assista à l’exode forcé de la communauté juive du pays de sa jeunesse, décida de couper les ponts avec l’Egypte. Il s’installa en France et interdit à ses filles d’y mettre les pieds. C’est donc sa petite fille, réalisatrice et passionnée de musique arabe, qui “ose” braver l’interdit familial et nous fait croiser des musiciens égyptiens, libanais, syriens, palestiniens et israéliens - le film est un moyen de transport qui nous permet de franchir aisément les frontières ! En Israël, elle a rencontré des musiciens nés dans les pays arabes alentour dont le patrimoine musical a été nourri par Mohamed Abdel Wahab et Oum Khalsoum. Ainsi le oudiste Salim Al Nour, né en Irak il y a 80 ans, lui confie que lorsqu’il est arrivé en Israël dans les années 50, la musique arabe était tellement mal vue qu’il a dû abandonner à contre cœur son activité de compositeur et d’interprète, devenant ingénieur pour gagner sa vie. Une fois à la retraite, il crée une école de musique arabe classique dans les faubourgs de Tel-Aviv. Aujourd’hui de jeunes musiciens, juifs et arabes, tels Yair Dalal, Taiseer Elias, nés en Israël, ont entrepris de préserver et faire vivre cet héritage.
Avec pour conseiller musical Abed Azrié, Florence Strauss nous mène ensuite dans des collines autour de Beyrouth où le trompettiste Nissim Maalouf nous explique l’importance du quart de ton dans la musique arabe, qui l’a obligé à rajouter un piston de plus à son instrument. Il en sort une musique étrange aux modulations inhabituelles à l’oreille occidentale. Au Caire, nous rencontrons le violoniste Abdou Dagher, puis à Alep, Hassan Haffar, qui pratique les cantilations de la musique soufi, et encore bien d’autres musiciens talentueux.

Un peu étourdie d’avoir traversé tant de pays et d’avoir rencontré autant de musiciens en si peu de temps, je suis sortie du cinéma comme d’un rêve éveillé, à la fois émue et émerveillée par l’atmosphère nostalgique de cette belle leçon de tolérance.
“Le blues de l’orient” a obtenu le Prix du meilleur documentaire musical attribué par la Sacem.

Nuits d’Orient : Musiques des 1001 nuits / AnthologieVoir la notice

Majâz / Trio JoubranVoir la notice

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par Annette


YASMIN LEVY, “Mano suave”

Album de la semaine | 26 décembre 2007

Yasmin Levy

On peut interpréter la musique séfarade - la musique que les juifs expulsés de la péninsule ibérique à la fin du XVIe siècle ont emportée avec eux, préservée et enrichie au fil des siècles - de différentes façons. Des interprètes venus d’horizons musicaux différents se sont intéressés à ce patrimoine en danger de disparition, essentiellement des chanteuses, car ce répertoire était majoritairement chanté et transmis par des femmes. On peut citer quelques exemples d’interprétations récentes : Montserrat Figueras, soliste de l’Ensemble Hespérion XXI, dirigé par le gambiste catalan Jordi Savall, la soprano française Françoise Atlan, qui y consacra trois disques, ou encore la chanteuse Marlène Samoun, dans un style plus populaire cette fois.

La chanteuse israélienne Yasmin Levy est la fille d’un ethnomusicologue qui était une des figures les plus importantes de la recherche et la préservation de la culture judeo-espagnole. Il est décédé en 1975, l’année de la naissance de Yasmin. C’est pour elle une “mission sacrée” de transmettre à son tour ce patrimoine et de “l’offrir au monde” pour l’empêcher de disparaître. D’une voix grave et fluide, aux arabesques mélancoliques, elle exprime la peine et l’espoir. Elle a écrit et composé elle-même deux chansons de l’album, mais la plupart sont puisés dans le répertoire traditionnel. Ces romances, ballades, poèmes sont chantées en ladino, langue d’exil des séfarades, mélange d’espagnol et de langues locales : hébreu, turc, arabe, selon les pays d’accueil. Les thèmes sont éternels : amour contrarié ou malheureux (Adio kerida, Perdono), berceuses (Nani,nani), nostalgie de Jerusalem (Imre kero), consolation apportée par Dieu ou plus simplement par la danse (Por la mia). Des musiciens provenant d’horizons différents (Espagne, Paraguay, Arménie, Canada, Turquie et Israël, bien sûr) mêlent leurs instruments traditionnels et leurs épices. Natacha Atlas les a rejoint sur le titre phare de l’album : Mano suave.

Merci à Yasmin Levy et ses musiciens de nous emporter pour un voyage vieux de 500 ans, fusionnant les racines andalouses avec les sonorités du monde arabe. “Réconciliation musicale” exemplaire. La musique est tellement plus forte que la politique.

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par Annette


Concert à la MC2 : David Krakauer ’s Klezmer Madness

Musique à Grenoble | 6 novembre 2007

David Krakauer's Klezmer Madness

Le clarinettiste new-yorkais David Krakauer sera de passage à la MC2 jeudi 15 novembre prochain. S’il reste des places, n’hésitez pas à venir écouter l’un des plus grands musiciens de la scène klezmer actuelle.

Ce virtuose à la technique étourdissante et au phrasé fluide et virevoltant est reconnu pour sa maîtrise des genres musicaux les plus variés : musique de chambre, jazz, world, avant-garde, il a collaboré par le passé avec de nombreux ensembles : Kronos Quartet, John Zorn, The Klezmatics, pour ne citer qu’eux.

Il sera cette fois-ci accompagné de son combo actuel : Klezmer Madness, auquel s’est joint Josh Dolgin, alias SoCalled, le fondateur du hip hop klezmer. Nostalgie et euphorie garanties pour une musique inclassable, véritable pont entre la musique traditionnelle des juifs d’Europe de l’Est et les sonorités actuelles les plus déjantées.



Quelques références que vous trouverez dans le réseau :

Jews with horns / The KLEZMATICS

Bar kokhba / JOHN ZORN & MASADA Chamber Ensembles 

The dreams and prayers of Isaac the blind / OSVALDO GOLIJOV & KRONOS QUARTET

Bubbemeises : Lies my gramma told me DAVID KRAKAUER

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par Annette

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