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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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LADY ANTEBELLUM, “Need you now”

Album de la semaine | 29 novembre 2010

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La country moderne déferle dans les bacs avec Lady Antebellum…

Qui pourrait bien se cacher derrière ce nom bien mystérieux Lady Antebellum?
C’est un groupe américain de country : un trio venu tout droit de Nashville dans le Tennessee composé de la charmante et gracieuse Hillary Scott, fille de la chanteuse Linda Davis. Hilary fut découverte sur Myspace par le chanteur Charles Kelley qui a fait appel à son ami d’enfance, le guitariste Dave Haywood.

Pour lever le voile sur la signification linguistique du nom énigmatique du groupe, il faut faire un petit cours d’étymologie. En effet le groupe a utilisé pour se nommer un mot anglais “Antebellum” d’origine latine (”Ante” veut dire Avant et “Bellum” signifie la Guerre) qui dans l’historiographie américaine désigne la période de la montée du séparatisme conduisant à la guerre civile américaine de 1861-1865 (guerre de Sécession). Un terme donc historique utilisé dans le Sud des Etats-Unis d’où le groupe est originaire.

Vous avez tous succombé cet été au slow Need you now. Leur deuxième album éponyme, qui bénéficie de l’engouement actuel grandissant des Français pour la musique et la danse country, fait un carton en France et sur la planète !
Cela fait déjà deux ans que je connais le groupe, leur premier album est beaucoup plus folk que le suivant. J’étais sûr que ce savant mélange de country et de musique pop basé sur le duo vocal subtil de Kelly et Charles, allait exploser dans les charts internationaux. C’est chose faite et c’est tant mieux pour nos oreilles musicales.

Une reconnaissance artistique qui permet aux membres du groupe d’écrire aussi pour d’autres artistes, Luke Bryan par exemple, ou de faire un duo dans le dernier album du groupe Maroon 5. Ainsi le meilleur groupe américain du moment aux multiples récompenses vous réconciliera avec la country moderne avec les titres comme “I run to you“, “American honey“, ou encore “Our kind of love“.

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par Stéphane


SHE KEEPS BEES, “Nests”

Album de la semaine | 22 novembre 2010

She Keeps Bees c’est l’histoire parfaite d’une rencontre de deux personnalités que rien ne prédisposait vraiment à faire carrière dans la musique.

Jessica Larrabee (guitare/voix) et Andy LaPlant (batterie) se sont rencontrés à Brooklyn en 2005. Elle est serveuse dans un bar dont il est un client régulier, et c’est à force de boire des bières ensemble et de discuter musique qu’ils finissent par se faire mutuellement écouter leurs compositions, c’était en 2005, et à jouer (et sortir) ensemble, c’était en 2006.

Le conte de noël moderne de tout musicien amateur et de ses rêves de reconnaissance commencent ainsi. La suite c’est un label anglais, Names, qui découvre leur 1er album fabriqué maison par hasard et tombe sous le charme, et la petite serveuse qui lâche son boulot pour une tournée européenne.

Mais d’où vient ce nom de groupe étrange et le titre énigmatique de leur deuxième album? L’analogie avec les abeilles (bees) vient du nom de la chanteuse et du fait que les abeilles sont, pour elle, “le sang de la terre” tout comme la musique. Nest (nid) parce que l’album a été bricolé à la maison et que la déco de leur appart’ rappelaient des nids (je ne vois pas bien comment mais bon…). Ne cherchons donc pas plus loin matière à interprétation.

She Keeps Bees c’est avant tout un duo. Pas besoin en effet de s’encombrer d’un groupe quand ca fonctionne si bien à 2 et que la création s’en trouve ainsi libérée. Comme d’autres couples de musiciens célèbres, on pense aux Kills sans la brutalité ou aux White Stripes pour la batterie assez sommaire, le dépouillement est de mise. Les guitares sont vibrantes, profondes, recherchées et subtiles. Aucun artifice. Même les parties chœurs, seul sacrifice au re-re*, se justifient. Le tout est assez sommaire, on se surprend parfois à relever les défauts techniques de chacun… mais curieusement cela ne gâche rien.

Andy La Plant qui a enregistré et mixé l’album a appris la batterie pour l’occasion. Il a su donner un son singulier au projet, les inspirations folk revisitées donnent à l’ensemble un son rock qui lorgne ostensiblement vers le blues. La voix de Jessica est magnifiquement mise en valeur, inspirée et fascinante. On songe à PJ Harvey pour l’intensité et l’émotion qui s’en dégagent. On en ressort mélancolique mais plein d’espoir, et on ficherait un billet que les histoires entendues sont belles et tragiques.

Un très bel album intense, dépouillé et brut… L’exemple même qu’une guitare et une voix quand c’est inspiré ca fonctionne.

* re-re : enregistrements successifs de parties musicales ou de voix rajoutées les unes sur les autres.

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par Jérôme


BASTIEN LALLEMANT, “Le Verger”

Album de la semaine | 8 novembre 2010

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Bastien pousse-au-crime !

chou.jpg“Avez-vous pensé au poison?” nous susurre-t-il à l’oreille! Et  l’on croit entendre Gainsbourg, époque L’homme à la tête de chou, puis très vite on oublie la voix du “maître” pour plonger dans l’univers de Bastien Lallemant. Ses douze textes, inspirés du roman noir, sont autant de pépites tout droit sorties des meilleures pages du genre littéraire. On est séduit immédiatement, c’est comme un coup de foudre! Les mélodies, toutes réussies sans exception, s’ajustent à la perfection dans l’écrin végétal de ce Verger, décidemment inquiétant!Disons-le clairement, je suis définitivement envoûtée par ces “murder ballads”!Autant dire que ce 3ème album (après “Les premiers instants” et “Les Erotiques”) est sans aucune faute de goût, sans un seul “dérapage”, sans essoufflement, bref c’est un disque ambitieux et magnifique, un baume sonore, un délicieux poison! Mes oreilles ne se lassent pas des sublimes trouvailles musicales, je déguste les textes ciselés et cruels de Bastien Lallemant, sa voix au timbre posé et distancié lui permettant d’égrener des horreurs  (”Le verger aux petits” par exemple) sans en avoir l’air.L’homme à la guitare, le doux cow-boy pratique l’autodérision fuselée, l’humour noir et la mélancolie comme autant d’armes inoffensives, accompagné dans ce “Verger” par Albin de la Simone et Bertrand Belin qui, comme Bastien Lallemant, font partie de cette génération d’auteurs qui accordent à la composition des mots et des mélodies toute l’attention d’orfèvres exigeants.

Il aura fallu 5 ans à Bastien Lallemant pour faire émerger ce projet, après Les Erotiques sorti en 2005. Et on se surprend à penser que, tant mieux, si tout ce temps a permis de faire mûrir ce beau fruit  que nous savourons aujourd’hui. L’objet final sorti en mai est simple et élégant : il  contient un petit livre avec les textes et quelques dessins à l’encre de Bastien Lallemant ainsi qu’une série de photos réalisées par Valérie Archeno et une plage vidéo sur le CD.A quand un concert programmé à Grenoble ?

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PS : B. Lallemant publiera un livre chez La Machine à Cailloux (coll. Carré), maison d’édition qui invite les artistes à réfléchir et à écrire sur la création artistique et son processus (déjà parus Mathieu Boogaerts, Dominique A., Albin De La Simone, Arman Méliès…).

Re-PS : Bastien est également en tournée avec le ciné-concert : “Les aventures du prince Ahmed”.

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par Catherine


DE LA NOUVEAUTE PLEIN LES CARTONS !

Musique en bibliothèque | 1 novembre 2010

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Moment magique du métier de bibliothécaire musical : l’ouverture du carton, plein des disques commandés quelques temps auparavant, choisis sur la foi des chroniques ou des renseignements glanés au gré des revues spécialisées, émissions radiophoniques, échanges avec les collègues ou avec nos adhérents…

Plaisirs anticipés, curiosité aiguisée, les oreilles commençant à frétiller, la question existentielle du moment est donc : “Mais par où commencer?” …par le groupe dont on a tellement apprécié les albums précédents et dont on attend avec gourmandise le suivant, ou bien par celui dont on espère le choc de la découverte de la pépite inouïe, celle qu’on aura le plaisir de dévoiler à une meute d’emprunteurs extasiés ? (bon, là j’en rajoute un peu dans le quantitatif…)

Pour ma part, lors de la réception de ma dernière commande, j’ai choisi la deuxième option : bonne pioche !
Première écoute : Bulu-Fulassi, par les Parlophones : un trio réunissant André Ze Jam Afane, poète-slameur camerounais, Daniel Erdmann, saxophoniste de Das Kapital (qui fit une tournée remarquée dans quelques communes rurales de l’Isère l’année dernière, après leur prestation au Jazz Festival), et Francis Le Bras au piano : bel hommage à la première élite camerounaise, formée à l’Ecole Normale de Fulassi, sur des textes autant poétiques qu’anticolonialistes.
hymas.jpgPremière option (attente gourmande) pour le deuxième tirage : De l’origine du monde, par Tony Hymas, qui nous avait offert il y a quelques années une série d’enregistrements en hommage aux Indiens d’Amérique -”Remake of the American dream” et “Oyaté”- produits déjà par Jean Rochard pour le label Nato (d’ailleurs ma gourmandise s’adresse plus généralement à l’ensemble de ce label, spécialiste des albums aux thématiques engagées sur le terrain des libertés, toujours très travaillés, et portés par des voix singulières).
Le point de départ de cet album est le fameux tableau de Gustave Courbet représentant un sexe féminin peint de façon extrêmement réaliste : la musique est subtile et délicate, toute en nuances, à l’image de la peinture de Courbet, sur fond d’ode à la liberté, en particulier celle des femmes. Le disque est accompagné d’un très beau livret comprenant des dessins originaux ainsi que des photos de Paris en 1871 (Courbet, ami de Proudhon, était très engagé dans la Commune de Paris).
esperanza.jpgEnfin (car j’arrêterai là pour aujourd’hui), j’engage dans le lecteur le dernier album de la contrebassiste dont tout le monde parle ces temps-ci , histoire de vérifier si tous ces messieurs n’auraient pas été légèrement influencés par le physique de la belle : et bien non, Esperanza Spalding, 26 ans et tous les talents, tient ses promesses dans Chamber music Society : à la contrebasse, au chant, à la composition et aux arrangements de la section de cordes, elle maîtrise tout, et produit ici un jazz intimiste, flirtant avec la chanson.
silentmovies.jpgEt aussi : Silent movies, de Marc Ribot, seul avec sa guitare ; Céline Bonacina, jeune saxophoniste baryton, qui invite Nguyen Lê et ne laisse pas sa part au chat, comme on dit; Magnus Lindgren dans “Batucada jazz”, évoquant Carlos Santana, Gato Barbieri et Hermeto Pascoal : jubilatoire; et un grand merci à l’adhérente qui nous a suggéré l’acquisition de “Paradise alley”, de Renaud Gabriel Pion : une alchimie entre une musique savante composée pour un orchestre à cordes et une partie improvisée par le compositeur lui-même, à la clarinette basse, saxophone et diverses flûtes.
Et encore bien d’autres nouveautés au fond de nos cartons, à découvrir en bibliothèque!


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par Martine

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