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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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VIA MUSIQUE : LE BANJO C’EST TENDANCE

A découvrir | 26 avril 2010

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Victime de la mode, la musique est tributaire des tendances et des buzz (ah non, il faut dire ramdam il paraît). Alors que 2008 faisait la part-belle au ukulélé, je vous l’annonce : 2010 sera l’année du banjo! Instrument rongé par les stéréotypes et les clichés, il réapparait enfin sur le devant de la scène, surfant sur la vague d’un mouvement mondial de retour aux musiques “racines”; ça méritait bien un petit article sur Bmol!

Comme la guitare, le banjo est un instrument à cordes pincées. Mais sa table d’harmonie est constituée d’une membrane (autrefois de la peau, le plus souvent aujourd’hui de matière synthétique) et ses cordes sont en métal. On en compte 4 pour le banjo ténor et 5 pour le banjo … pas ténor. On joue du banjo avec des “onglets” en métal placés sur le pouce, l’index et le majeur d’où sa sonorité métallique si particulière.
Instrument de musique Nord Américain, on attribut son origine au ekonting (luth ouest africain), il est utilisé à l’époque par les esclaves noirs. Aujourd’hui on l’assimile plus particulièrement à la musique country ou blue-grass, mais on retrouve aussi le banjo dans la musique celtique (Irlande, Ecosse), mais également dans la musique Chaabi (musique populaire Algérienne) pour le banjo ténor.

Trêve de bavardage, voilà quelques documents pour vous convaincre!

Otis Taylor “recapturing the banjo”
Bluesman américain multi-instrumentiste (guitare, banjo, mandoline, harmonica), Otis Taylor a été surtout connu en France pour le titre “10 million slaves“, issus de la BO du film “American gangsters” avec Johnny Deep. Dans ce morceau très intense, Otis Taylor donne au banjo une dimension dramatique qui lui est peu connue.
Avec “recapturing the banjo“, il fait le pari de dédier tout son album au banjo. Un disque salué par la critique, alliant, blues, folk et blue-grass : de quoi vous dévoiler toutes les facettes de cet instrument.

Vous trouverez aussi à la bibliothèque Kateb Yacine, des méthodes pour apprendre à jouer du banjo, pour débutants et moins débutants. Le problème c’est que la plupart des partitions et méthodes sont en anglais.
Melodic clawhammer banjo est une méthode qui aborde le style de jeu melodic clawhammer, qui ne limite pas le banjo a un instrument d’accompagnement. Méthode claire et complète, elle dépoussière le répertoire du banjo et propose plus de 50 morceaux, avec bien entendu, le CD d’accompagnement.

Mais j’aimerai aussi vous présenter ce songbook original “The Beatles for banjo“.
Eh oui on n’y pense pas toujours mais on peut jouer n’importe quoi avec un banjo alors frottez-vous un peu au répertoire des Beatles avec cette partition au niveau très accessible et qui changera les banjoïstes de la country! De Blackbird à Strawberry fields sans oublier Ticket to rideWhen I’m sixty four … que du bonheur!

Vous l’aurez compris, halte aux clichés, de plus en plus d’artistes utilisent le banjo dans des styles musicaux très différents. Que ce soit les Carolina Chocolate Drops avec leur travail de dépoussiérage du répertoire blues, bluegrass ou ragtime ou au cinéma, avec l’excellent “Fantastique Mr Fox” de Wes Anderson, où vous pourrez entendre notamment la chanson de Jarvis Cocker (ancien chanteur du groupe Pulp).

Free music - Fantastic Mr. Fox AKA Petey’s Song

Enfin, pour finir de vous convaincre de l’intérêt du banjo, écoutez “American VI”, le 2ème CD posthume de Johnny Cash (trop fort ce Johnny), dont le single “ain’t no grave” est d’une noirceur particulièrement glaçante, dont la puissance émotionnelle est renforcée par la ligne d’accompagnement au banjo : une merveille.


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par Emeline


TERRY LYNN, “Kingstonlogic 2.0″

Album de la semaine | 21 avril 2010

Jamaïque 2.0 !
Après le récent article sur Sizzla, je vous propose de découvrir Terry Lynn et de continuer ainsi à démonter consciencieusement le mythe musical de la Jamaïque.

Non, la Jamaïque n’est ni une île paradisiaque, ni le royaume exclusif du reggae qu’on aurait tort d’assimiler à un mélange de langueur tropicale et de bons sentiments.

A la manière de la jeunesse de Luanda (Angola) qui vient tout simplement d’inventer la première musique électro 100% africaine (le Kuduro, j’y consacrerai un article bientôt), Terry Lynn peut se vanter de faire entrer la Jamaïque dans l’ère de la révolution électro; elle est la sensation Jamaïquaine du moment.
Terry Lynn a grandi dans un des ghettos de Kingston entre sound-systems et coups de feu. Dernière d’une famille de 9 enfants, elle a connu la dureté du ghetto et la douceur et la poésie des morceaux soul écoutés par sa mère à la radio. Le premier album de la nouvelle diva de Kingston impressionne. Par son flow hardcore et une énergie hallucinante. Par le mélange réussi de musique électronique et de ragga, un style qu’on pourrait rapprocher du grime* anglais ou du UK garage*.

Terry Lynn y évoque la corruption, la violence ou encore la place des femmes dans la société. Très loin des clichés liés à l’île (one love, weed et clips au bord de la piscine). A n’en pas douter un des grands albums jamaïquain de 2010…

Petite note d’intention avant de jeter un œil: pendant le week-end du tournage du clip où 7 cochons furent tués, 9 jamaïquains moururent sous les balles.

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*Grime : style de rap propre à la Grande-Bretagne utilisant des sons électroniques
* UK Garage : style de musique électronique utilisant des voix et des lignes de basse directement issues du reggae et du dub.

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par Jérôme


Le fantôme du lundi de SOPHIE HUNGER

Album de la semaine | 12 avril 2010

Est-ce un syndrome propre aux bibliothécaires ou bien commun à tou(te)s celles et ceux qui travaillent le samedi et pas le lundi mais je ne sais pas vous, la journée du lundi est toujours une journée entre-deux. Pas vraiment comme un blues du dimanche (les administrations sont ouvertes et les potes au boulot) mais pas vraiment comme un samedi classique (demain va falloir y retourner).

Cela fait un moment que je cherche comment qualifier cet état du lundi et voilà qu’arrive Sophie Hunger et son album Monday’s Ghost. Et bien voilà : le fantôme du lundi, c’est exactement ça !! Pas un vrai dimanche mais pas un vrai jour de semaine non plus ! Merci Sophie !

Sophie chante en anglais, en allemand et en dialecte suisse-alémanique des chansons pop folk et, si il faut une filiation, ce serait celle de Jeff Buckley. Monday’s Ghost est son premier album studio : le précédent (Sketches on Sea) avait été enregistré dans son salon en 2006. Les musiciens qui l’accompagnent constituent un groupe d’amis et Sophie Hunger travaille avec eux pour le studio et la scène : ” Je ne pourrais pas me produire sur scène, ni enregistrer en studio, sans connaître les gens qui jouent avec moi, j’ai besoin de leur confiance pour y arriver.”

C’est de cette confiance réciproque que nait l’atmosphère où plane le fameux fantôme.

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par Lisa


ERIC ALDEA, “Cutting flat”

Album de la semaine | 5 avril 2010

Hiver 2009. Le groupe Zëro est en ville ce soir à La Bobine (l’ancienne, rue Clément). En fan des feu-Bästard et des feu-Deity Guns (soit tout un pan de l’underground musical français des années 90 avec Hint, Portobello Bones et bien d’ autres), je me devais d’y être. Le concert fut excellent et comme je suis adepte des vinyles et autres beaux disques fait main, je me suis rué sur le stand du groupe histoire d’y dénicher une perle rare. Et là je discute le bout de gras avec le chanteur / guitariste et j’en viens à évoquer ma profession de bibliothécaire. Aussitôt il me tend un disque en me disant que je peux le mettre dans les collections si ça me plaît. Après écoute religieuse (comme à chaque fois que j’écoute un disque, conscience professionnelle oblige !), je me dis que cet homme là a bien du talent et décidément plus d’une corde à son arc.

Cutting flat est en fait la musique d’un spectacle de danse de la Compagnie La Baraka donné entre autres au Théâtre national de Chaillot en 2004. Rien à voir ici avec la noise rugueuse ou l’expérimentation bruitiste des débuts. La musique oscille entre atmosphères planantes (”Tchel sara”, “G-Dur KB”) et orientales (”Ouverture”, “Hammam”), citations jazz au milieu d’orchestre contemporain (”Hasmig & Chloé”) et musique industrielle (”Chutes”), voire musique de films (”L’éveil”). Les guitares ont laissé la place aux violons, flutes, saxophone, violoncelle, piano et ondes Martenot. On tient bien là à un disque “Inclassables” (là où on range les albums qui ne rentrent pas facilement dans des cases, marqués du chiffre 7), mais en même temps une musique facile d’accès et dont le charme infuse lentement mais surement.

A écouter ce disque, on se dit que le spectacle qu’il venait illustrer devait être magnifique. Tiens, un (trop) court extrait pour se faire une idée…

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par Julien

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