MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE

5 disques pour ceux qui (pensent qu’ils) n’aiment pas la musique électroacoustique.
Ce mot à rallonge fait tout de suite un peu peur, et comme lorsqu’ils luttent contre la peur ou le froid, le corps et l’esprit se crispent, sur la défensive : les tympans se rétractent, les muscles se nouent, le cerveau se fige…
Pourtant ces musiques, créées à partir de sons enregistrés puis traités et organisés et que l’on appelle concrètes, électroacoustiques, acousmatiques, et autre …iques, ne nous sont pas aussi étrangères que ce que l’on s’imagine au premier abord : nous les avons tous rencontrées à un moment ou à un autre - au détour d’un spectacle, d’une ambiance radiophonique, de la mise en sons d’une exposition - sans forcément les identifier; mais surtout, elles font tellement appel à notre mémoire auditive qu’elles ont souvent le pouvoir de nous transporter dans de véritables paysages sonores, ou encore de faire ressurgir des émotions liées à des sons que l’on pouvait croire oubliés.
Bien sûr, on peut être dérouté par l’absence apparente de rythme ou de mélodie, voire les deux, mais il suffit d’aborder l’écoute sans crainte, comme on écoute une histoire, de se laisser aller et d’absorber les impressions auditives, pour que tout un monde imaginaire s’offre à nous, chacun pouvant se faire son propre “cinéma pour l’oreille”.
…Installez-vous dans un bon fauteuil, fermez les yeux, et choisissez votre aventure, si le cœur vous en dit !
5 propositions :
Luc Ferrari : dans l’album intitulé “Presque rien” : “Presque rien no 1, le lever du jour au bord de la mer” (outils utilisés : microphones fixes et bande magnétique) : immersion dans un paysage sonore : vous êtes dans un petit village de pêcheurs quelque part dans un pays du sud, au lever du jour : la mer installe le bourdon, la vie se déploie en un lent crescendo, rythmée par le caquettement des poules, le moteur des bateaux … jusqu’aux cigales de l’heure de la sieste.
François Bayle : “Morceaux de ciels” : ici on retrouve des repères plus “musicaux”, puisqu’on reconnaît quelques instruments de musique (clavier, cordes, peut-être des flûtes, puis des cuivres et des voix, mais retravaillés sur bande magnétique, de façon à donner aux sons des durées et des couleurs inhabituelles : je ne suis pas suffisamment technicienne pour vous en dire plus , mais je me sens à l’écoute de cette musique transportée dans des espaces intersidéraux…
Xavier Garcia : “Radiorama” : j’avais déjà parlé sur Bmol de ce disque au moment de son introduction dans les collections des bibliothèques de Grenoble, mais je ne résiste pas au plaisir de passer la deuxième couche : un récital de citations radiophoniques puisées dans les archives de l’INA, qui nous fait remonter le temps
http://www.bmol-grenoble.info/album-de-la-semaine-xavier-garcia-radiorama/
Pierre-Yves Macé : “Passagenweg” (2009) : c’est une sorte de mise en abyme des techniques d’enregistrement - depuis le 78 tours jusqu’aux possibilités infinies des dernières technologies - qui utilise entre autres des samples de vielles chansons françaises. (ah, le pouvoir évocateur du vynil crachouilleux bouclant son sillon , sans parler de la poésie de l’accéléré de la bande magnétique! … tout ça est d’une beauté et d’une douceur nostalgique incomparables!).
Jean-Charles Sauton : “Ce n’est rien de le dire” (2006) : ancien décorateur de théâtre (à Grenoble entre autres), il a eu envie de passer à la mise en scène pour les oreilles : à l’aide de recyclages de sons plus abstraits que dans les exemples précédents, il nous propose des excursions express dans des ambiances tour à tour crépusculaires, inquiétantes, rêveuses, ou humoristiques.
A la Bibliothèque Centre Ville, ces disques se trouvent dans le rayon “Electroacoustique” (cote 3.5), à proximité du bac “Electro”, et pas très loin des “Inclassables”, pour cause de cousinages… bien qu’officiellement, ils soient directement parents avec la musique savante.
Liens :
http://www.metamkine.com/?monlabelrec=22
Mots-clés : musique électroacoustique



















Dans le cadre du 38ème Grenoble Jazz Festival, la bibliothèque a pu recevoir ce duo jazz et musiques improvisées, un dialogue continu entre clarinette et saxophone, une musique évocatrice et presque cinématographique…



