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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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MUNICIPAL WASTE "Massive aggressive"
Grenoble est sous la neige et vous avez froid : oubliez le vin chaud et écoutez plutôt du trash! Municipal Waste (déchets municipaux) est un excellent groupe composé de 4 gaillards plein d'humour, venus de Richmond (Virginie). Formés en 2001 ils ont pour particularité de présenter un trash très old-school, mais d'une puissance et d'une intensité assez incroyable. Connus également pour leurs concerts à l'ambiance festive, vous y verrez surement démarrer un circle pit. Eh oui, les concerts de trash sont de vrais moments de convivialité où l'on danse en cercle en se sautant dessus ... sans renverser sa bière (le circle pit)! Allez c'est bon, le trash ça existe depuis plus de 20 ans, arrêtez de vous dire que ce n'est pas pour vous ! Emeline

DÉJÀ DANS LES BACS

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Album de la semaine #40 : CARLA BLEY “The Lost Chords find Paolo Fresu”

Album de la semaine | 30 avril 2008

La revue Jazzman de février dernier vous proposait une sélection de disques à écouter le jour de la Saint-Valentin, dans le genre bien cool bien romantique…

Celui-là aurait pu en faire partie car il est de cette teneur, et il rassemble en plus le grand talent de Carla Bley, qui a composé ces neuf pièces, et le grand talent de ses compères formant «The Lost Chords » : Steve Swallow à la basse, Andy Sheppard au sax ténor ou soprano, Billy Drummond à la batterie.
Le plus de l’opération séduction, c’est l’invité Paolo Fresu en personne et sa trompette magique. A eux cinq ils forment pour l’occasion le «Banana Quintet» et interprètent six pièces intitulées «Banana».

Laissez-vous porter et savourez la finesse de ce joyau musical, et découvrez la petite histoire de ce quintette en lisant le livret, sous forme de roman photo truffé d’humour !

The Lost Chords find Paolo Fresu / CARLA BLEY (ECM, 2007)Voir la notice

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par Anne


J’ai rencontré Bob Dylan à la bibliothèque

A découvrir | 29 avril 2008

Bob Dylan - Chroniques #1

Alors que je rangeais les documents dans les rayonnages de la bibliothèque, je suis tombée nez à nez avec Bob Dylan, enfin, sur son autobiographie intitulée “Chroniques”. L’actualité sur ce livre était dépassée (…les critiques avaient été élogieuses à sa sortie d’ailleurs…) mais un je ne sais quoi me poussait quand même à l’emprunter. Je tergiversais car je pensais connaître le personnage et son œuvre discographique. Fort heureusement, la curiosité l’a emporté sur la raison et j’ai plongé dans les lignes écrites par l’artiste.
Je suis parti en voyage dans le Greenwich Village des années 60, quartier de New-York qui en a vu d’autres mais qui a, aussi et surtout, vu l’émergence du mouvement folk. J’ai donc suivi les traces personnelles et musicales de Bob Dylan.

Bob Dylan n’étant pas le premier musicien venu, l’intérêt que l’on porte à son personnage est multiple et la lecture de ses « chroniques » s’est révêlée un vrai régal.
Dés le début, il n’a cessé de jouer avec les apparences pour casser une image trop lourde à porter. Il s’est inventé des tas de personnages pour tenter d’échapper à une popularité envahissante. Ce processus complexe est expliqué par l’auteur lui-même. On comprend ainsi pourquoi il a pris la fuite par moments, pourquoi il a fabulé, pourquoi il racontait des inepties pendant les interviews.
Mais, Bob Dylan est surtout un musicien hors-pair, amateur de musique et c’est en véritable amoureux de la musique qu’il nous parle du folk, de l’écriture musicale, du processus créatif, du travail en studio et des tournées, des musiciens qu’il adore (et il y en a beaucoup), de ceux qui l’accompagnaient et de la vie en général.

Les “Chroniques ” de Bob Dylan nous restituent le début d’une incroyable histoire : celle d’un artiste essentiel et surtout l’histoire du rock.

Chroniques vol.1 / BOB DYLAN (Fayard, 2005)

Je ne saurai trop vous recommander, après la lecture de son autobiographie :

- de visionner le fabuleux DVD documentaire que Martin Scorsese lui a consacré : No direction home.
- d’écouter sa discographie, disponible dans vos bibliothèques (c’est merveilleux une bibliothèque !)
- et surtout, si vous pouvez, d’aller le voir en concert en juin à Grenoble.

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par Rosie


THE KILLS, “Midnight boom”

Album de la semaine | 23 avril 2008

Il n’a pas que pour l’invasion de l’Irak en 2003 qu’Etats-Unis et Angleterre s’entendirent comme larrons en foire. Sur le terrain du bel amour américano-anglais une autre artillerie lourde débarque en ce moment sur le continent européen avec un généreux troisième album : The Kills.

Couple à la vie comme à la scène, monsieur est Anglais et guitariste, madame est New-Yorkaise et chanteuse. Ils se sont re-nommés Hôtel pour lui et W pour elle, histoire de se couper de leur passé musical et de repartir de zéro. La profession de foi de cette naissance était assez éloquente puisqu’il s’agissait de dépouiller le rock de tous ses artifices pour en retrouver la quintessence.

Avec THE KILLS en concert la tension est palpable. Un grand spectacle. Dans le bon sens du terme : mettre sa vie entre les mains des spectateurs, monter au front tel le soldat et jeter ses dernières forces dans la bataille. Respirer le moment présent comme un condamné profitant de son dernier clope. De la chair et de la sueur, du sexe et du métal, des tripes et du sang. Ça frotte, ça gémit, ça crache, ça suinte, c’est moite. Ca laisse un arrière goût dans la bouche, pendant plusieurs jours.

Leurs deux précédents albums avaient marqué les esprits sans devenir pour autant des incontournables. Ils souffraient de plusieurs handicaps : trop minimalistes, trop dépouillés, trop hermétiques. Et à force de faire dans le trop, on s’éloigne du public.

“Midnight Boom” : enfin le grand album de The Kills que l’on attendait ! Tout en restant fidèle au son rugueux et sans compromis de leurs premières productions, le groupe met un peu d’eau dans son vin en distillant au fil des morceaux un peu d’électronique par exemple. Les titres défilent, laissant apparaître différents facettes de leur talent et de leur singularité. L’ambiance reste sombre mais des touches mélodiques apportent de la douceur et viennent ainsi mettre les compositions en relief. On retient l’entêtant Alphabet pony, U.R.A. fever. Ou encore le magnifique Goodnight bad morning, une chanson à chialer dans sa bière, comme aux plus belles heures du Velvet Underground. La voix de W est toujours envoûtante, et s’essaye même, plutôt bien, à des chœurs (What New York used to be).

Assurément un feu intérieur les dévore encore. Et comme pour “No Wow” en 2005, on est sur le fil du rasoir, dans l’attente permanente de l’éruption qui viendra déverser dans nos oreilles des torrents de lave en fusion. Mais ici la tension est contenue, ravalée, intérieure. The Kills prouve définitivement avec cet album qu’il “l’un des” sinon LE groupe des années 2000.

Où trouver ce document ?


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par Jérôme


Devine qui vient jouer ce soir ?

Musique à Grenoble | 22 avril 2008

En passant devant le panneau d’affichage libre ce matin, j’ai vu que le groupe KILL THE YOUNG se produisait le 29 avril 2008, à la La Faïencerie. Waow… Super…de la bombe sonique en perspective. Quel enthousiasme débordant pour un groupe pas très connu (non, non je ne suis pas payée par le programmateur de la salle !). Pas très connu, certes mais il ne demande qu’à l’être (et je vais m’y employer).

Kill The YoungOriginaire de Grande-Bretagne, de la région de Manchester plus précisément, et composé de trois frères (un peu comme le très bon groupe de rock français les Thugs), la fratrie Gorman nous a livré depuis leurs débuts deux albums : « Kill the young » sorti en 2005 et « Proud sponsors of boredom » en 2007.

La fée électricité s’était penchée sur leurs berceaux et c’est au maximum qu’il nous la joue maintenant… Pas de quoi s’électrocuter mais juste ce qu’il faut pour se prendre une bonne secousse de rock, au cas ou on aurait oublié ce que ça fait. Deux albums tout en énergie, nerveux à souhait (à découvrir dans vos bibliothèques préférées.) Un trio de power-rock dans la lignée de leurs aînés (Placebo, Nirvana… etc). Et un concert qui s’annonce étonnant, voire détonnant.

Bref, la jeune génération nous réapprend le rock. De grâce, ne « tuez pas les jeunes ».

s/t /KILL THE YOUNG (Discograph, 2005)Voir la notice

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par Rosie


ALELA DIANE… un concert envoûtant au Ciel !

Musique à Grenoble | 16 avril 2008

On en parle beaucoup en ce moment, son premier album est une petite pépite, son site est à l’image de cette jeune femme douce, authentique et surdouée qui a entamé il y a quelques semaine une tournée en France (salle comble à la Cigale). Et, belle surprise, elle donnait un concert au Ciel (!) à Grenoble ce lundi 7 avril 2008.

Salle parfaitement adaptée à la petite formation d’ ALELA DIANE : elle au chant et à la guitare, son “daddy” cordes et chant, Matt Bauer, compagnon de musique et de voix, joueur de banjo et percussions, et son amie d’enfance Mariee Sioux qui jouait en première partie (sublime voix découverte sur l’album d’Alela, et très belles mélodies qui donnent envie d’écouter son album “Faces in the rock”).
Alela Diane chante des histoires d’enfance, de pirates, de familles, d’amitiés; sa voix envoûtante nous emmène en ballades sur les pas de Jim Harrison, les mélodies sont tout simplement belles, la voix déjà tellement sûre, maîtrisée… Do you know Joan Baez ?

The pirate’s gospel / ALELA DIANE (Holocene Music, 2006)Voir la notice

Alela Diane - “The Rifle”


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par Catherine


DJEMDI, “1+1+1+1=1″

Album de la semaine | 15 avril 2008

La scène locale grenobloise est à l’honneur sur Bmol ! Après les reggaemen de WAREIKA HILLS & MIKROMAN, voici venu DJEMDI, pas tout à fait une nouveauté pour ceux qui suivent régulièrement l’actualité musicale grenobloise, mais un véritable ovni dans le paysage musical d’ici et d’ailleurs.

DJEMDI est une formation originale qui associe les percussions (essentiellement le djembé) et le didgeridoo, cette étrange instrument issu de la culture aborigène australienne. Alors à quoi peut bien ressembler une telle association musicale ? Par moments on pense à de la techno bien qu’ il n’y ait aucun ajout électronique, l’ensemble de l’album (excepté le très reggae/rap Je souffle dans un tube) étant instrumental. Mais cette musique basée sur le rythme et la répétition évoque tellement la transe qu’il est difficile de ne pas penser à de la Goa ou de la Trance justement. Ecouter aussi Bleu avec ses lentes montées / explosions caractéristiques du genre.

La monotonie qui pourrait menacer l’ensemble par moments est brisée par l’apport d’autres touches de couleurs sonores autour de ce noyau dur percussions / didgeridoo. Comme sur le morceau Bleu avec l’ajout de chants, sur Vert où le didgeriddo se déploie sur des harmonies de guitare et où apparaît par moments des lignes de basse dont le son n’est pas sans m’évoquer la new wave et Joy Division ! Ou encore avec cette intro à la guitare acoustique aux accents flamenco sur le titre suivant Brun Dam’mix.

Quoi qu’il en soit difficile de ne pas être impressionné par la technique de didgeridoo des 2 “souffleurs” Batman et Keké : les variations d’effets sont nombreuses et soulignent toute la diversité de sons qu’on peut obtenir, le tout bien mis en valeur par une production soignée.

Un album qui a du coffre sans aucun doute…
1+1+1+1=1 / DJEMDI (Mosaic Music, 2006) Voir la notice

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par Julien


WAREIKA HILLS & MIKROMAN, “Bonnes vibes”

Album de la semaine | 9 avril 2008

Wareika Hills & Mikroman - Bonnes vibes

Voilà une page de l’histoire du reggae grenoblois qui s’écrit aujourd’hui avec la sortie d’un album, remarqué, d’un groupe et d’un chanteur : Wareika Hills & Mikroman.

J’avais entendu pour la première fois Mikroman comme invité d’un concert de Soul Of Kumbah (autre groupe de reggae local qui nous prépare un alléchant premier album) et j’avais tout de suite été séduit par sa voix. Une belle voix. Un grain qui donne envie d’en savoir plus et qu’on attendait depuis longtemps sur Grenoble, depuis la retraite (définitive ?) d’un certain Eldé à vrai dire.

Musicalement, l’album tient la route. De belles parties de guitare et de claviers, de la mélodie, des textes humanistes, une prise de son et un mixage assurés par Ivan de Sinsemilia, un coup de main de Bozo au sax alto (même provenance) et d’Arash à la flûte traversière (Emzel Café). Et puis des versions roots dancehall bien huilées au groove impeccable.

Le groove reggae… Le terme de groove, plutôt réservé à la funk ou à la soul, n’est pas très approprié. Si vous voulez vous la jouer connaisseur des musiques caribéennes, utilisez plutôt la formule “putain… ça joue!”. Cette façon de jouer, cette “tourne”, est à peine explicable en terme technique (une bonne basse et un bon charley pour faire court). Mais on la sait de qualité quand un balancement de tête vient nous rappeler que l’esprit est là et que les petits gars ont du faire leurs classes question écoute de classiques jamaïquains. Une vibration, un souffle. Qui imposent inéluctablement de monter encore le volume et le potentiomètre “bass” de l’ampli.

C’est cet esprit chez Wareika Hills qui les adoubent ici comme des “militants du pur reggae”, titre de noblesse pas facile à obtenir de la part d’un ancien routard du genre comme l’est, en toute modestie, votre serviteur ! Un bien beau premier album en vérité (le groupe avait déjà sorti un disque mais avec une équipe différente). Depuis quelques années qu’on attendait la relève côté reggae sur la région… voilà enfin un album qui nous donne à espérer pour le futur et qui me donnerai presque envie de me lancer dans la production, tiens… “On a du love à partager” nous dit Wareika Hills… et bien je vais vous dire : ça se sent!

Bonnes vibes / WAREIKA HILLS & MIKROMAN (Autoproduction, 2007) Voir la notice

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par Jérôme


Olivier Messiaen, ornithologue-rythmicien et… dauphinois (1908-92)

Via Musique | 8 avril 2008

S’il avait été aussi solide qu’un poilu de la Grande Guerre, Messiaen aurait fêté ses 100 ans cette année. C’est justement pendant cette période, en 1914 exactement que la famille Messiaen séjourne pour la 1ère fois à Grenoble. C’est peut-être ce souvenir qui inspirera à Olivier sa passion pour notre région qu’il concrétise dès 1935 en s’installant tous les étés à Petichet dans une maison qui surplombe le lac. Et c’est là qu’il a souhaité reposer sous un oiseau de marbre dans le très paisible petit cimetierre entourant l’église. Cet anniversaire passe relativement inaperçu, les médias étant fort occupés à faire encore monter les ventes de Monsieur Herbert von K. qui lui aussi aurait eu 100 ans mais est largement mieux placé dans les Top 50 du classique bizness.

L’œuvre musicale de Messiaen n’est donc plus très “branchée” et il faut bien reconnaître qu’il est effectivement difficile de l’utiliser comme fond sonore pour le réveillon de Nouvel An ou comme sonnerie de portable. Il s’agit d’une musique savante très construite mais dont une grande partie est accessible même sans connaître les codes de composition. C’est une musique de glorification qui exalte sa foi chrétienne et exprime souvent avec une simplicité touchante son admiration pour les beautés du monde. Il fait volontiers partager ses certitudes musicales et spirituelles à qui se montre réceptif.

La tombe de l'auteurDans ses grandes œuvres pour orchestre la masse orchestrale très importante n’est jamais pesante et il ne lésine pas sur les percussions et les cuivres : Turangalila, Des canons aux étoiles

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par Marie H.


Discographie Olivier Messiaen en 9 CD et 1 DVD

Pas facile de sélectionner 10 disques et DVD parmi une telle production - 100 œuvres, dont certaines comportent des effectifs et des durées peu ordinaires. Voici toutefois une modeste proposition pour entrer dans l’univers musical de ce compositeur singulier.

Quatuor pour la fin des temps (Adda, 1989)Voir la notice

Comme première approche, sans hésitation - elle a été la mienne -, une œuvre poignante, un solo de clarinette qui chante à la fois “l’abîme” (la guerre ?) et l’espoir (était-ce celui de Messiaen qui l’a composée et jouée alors qu’il était prisonnier de guerre en Silésie en 1940), et une formidable montée finale vers la lumière du violon (gage de la foi en l’homme du compositeur ?)

Trois petites liturgies ; Cinq rechants (Supraphon, 1991)Voir la notice

Parce que cette œuvre joyeuse - elle a immédiatement été appréciée par le public - permet d’entrer facilement dans l’univers de Messiaen (tant pis pour les critiques professionnels qui l’ont boudée quasi unanimement à sa création)
Même si on n’imagine pas les couleurs vives qu’il “voyait” et traduisait en sons, on est emporté par les voix cristallines et les rythmes hindous irrésistibles.

Des canyons aux étoiles [1971-1974] (CBS, 1988)Voir la notice

Je conseille cette symphonie à celles et à ceux qui partagent avec Messiaen l’amour de la montagne et des grands espaces. Créée pour les célébrations du bicentenaire des Etats-Unis et composée à la suite d’un séjour dans l’Utah, les Américains l’ont tellement appréciée qu’ils ont baptisé un de leurs sommets « Mount Messiaen ». Parmi les instruments, une machine à vent, une à sable, des cuivres chaleureux et un xylorimba produisent un univers étrange. De plus, le solo de cor a emporté (provisoirement) Marie-Hélène dans les étoiles, c’est tout dire…

Turangalila Symphonie (Deutsche Grammophon, 1991)Voir la notice

Il parait que cela veut dire “jeu” en sanscrit. Pour moi, c’est un kaléidoscope traduit en sons inouïs et en rythmes. Un vrai hymne à la joie !

Catalogue d’oiseaux (Accord, 2000)Voir la notice

Particulièrement recommandé aux ornithologues amateurs et à ceux qui n’ont pas le courage de marcher des heures dans la montagne pour entendre chanter le chocard des Alpes. Trêve de plaisanterie, Messiaen a ici transposé en musique les chants d’oiseaux qu’il a commencé à collecter depuis l’âge de 15 ans. Comme il n’était pas un ingrat, c’est à “ses modèles ailés” (et aussi à sa femme la pianiste Yvonne Loriod) qu’il a dédié l’œuvre.

La Nativité du Seigneur (Calliope / Harmonia Mundi, 1986)Voir la notice

Pourquoi précisément cette œuvre pour orgue ? Parce qu’il faut bien être un peu chauvin : elle a été écrite et créée à Grenoble par Messiaen alors âgé de 27 ans. En outre, elle est grandiose ! De ses propres dires, elle a été inspirée par les montagnes toutes proches. Et tenez-vous bien, en plus de toutes ses activités, ce musicien catholique « né croyant » tenait la tribune d’orgue de l’église de La Trinité à Paris tous les dimanches matin ! Des mauvaises langues prétendent que le curé de la paroisse avait demandé à Messiaen de réserver ses improvisations à la dernière messe et de jouer un répertoire plus classique aux deux premières…avant d’être célèbre, bien entendu…

Quatre études de rythme dans Le monde de Messiaen (Musidisc, 2001)Voir la notice

Plutôt pour les inconditionnels car un peu austère. C’est pourtant, aux dires des savants musicologues, les trois minutes de piano de la deuxième étude qui ont bouleversé l’histoire de la musique et ouvert à Boulez, Stockhausen (et bien d’autres) la porte de la musique sérielle…

Hommage à Olivier Messiaen (Montaigne, 1988)Voir la notice

Parce que ce concert a été l’un des temps forts de l’hommage rendu au maître pour son 80e anniversaire, par le monde musical, bien sûr, par son épouse la pianiste Yvonne Loriot et par l’un de ses élèves les plus célèbres, Pierre Boulez.

Saint François d’Assise : scènes franciscaines (Deutsche Grammophon, 1999)Voir la notice

Il fallait bien qu’Olivier Messiaen et Saint François d’Assise se rencontrent au-delà des siècles et des pays. Ils avaient tant à partager ! Voici l’œuvre que j’aimerais tant voir représenter pour ce centenaire : un orchestre de 120 musiciens, un chœur de 150 chanteurs, sans compter les solistes, la synthèse, dit-on, de ses thèmes favoris et de son langage musical. Elle dure 4 heures et demie. Folle entreprise ? Heureusement, il y a un disque !

La liturgie du cristal [DVD] (Idéale audience, 2007)Voir la notice

Plein d’interviews pour le voir et l’entendre en personne, écouter des extraits de ses œuvres, et même assister à un de ses cours au Conservatoire de Paris.

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par Annette


La famille c’est lyrique : trois exemples tirés de 3 œuvres majeures du répertoire

Via Musique | 3 avril 2008

MOZART, Les Noces de Figaro : Le sextuor de l’Acte III : Figaro, Marcelline, Bartolo, Curzio, Le Comte, Suzanne”Riconoci in questo amplesso una madre, amato figlio”

Le nozze di figaroRappel des faits : à l’occasion du mariage de Figaro et de Suzanne le comte Almaviva très sensible aux attraits de la soubrette de sa femme imagine de rétablir le droit de cuissage….rien que ça ! ! ! Avec Marcelline et Bartolo il noue des intrigues assez complexes pour faire épouser Figaro par Marcelline , c’est là que plus personne ne comprend rien au livret ! ! ! Mais … surprise : Figaro se révèle être le fils de Marcelline et Bartolo, et dans la stupeur générale : “sua madre ???”, “sua padre ??” les gifles pleuvent mais les projets libidineux du Comte semblent bien compromis

Cet ensemble de 2 voix de femmes et 4 d’hommes permet d’apprécier les différences de timbres entre les 4 barytons et les 2 sopranos et de se réjouir de la vélocité vocale des chanteurs qui doivent assurer à ce sextuor une vivacité et un rythme contagieux. Direction René Jacobs excellente distribution très homogène.

Le Nozze di Figaro / W.A. Mozart (Harmonia Mundi, 2004)Voir la notice

VERDI, La Traviata : Air de Germont “Pura siccome un angelo” et duo avec Violetta à l’Acte II

Morceau de bravoure de tout baryton qui se respecte, cet air de l’acte II sonne la fin du bonheur pour Violetta et Alfredo. Giorgio Germont, type même du Pater Familias vient exposer les règles de bienséances de l’éducation bourgeoise, qui ne saurait tolérer une ” traviata ” dans la famille :

“Pure comme un ange
Dieu m’a donné une fille
Si Alfredo refuse à présent
De retourner au sein de sa famille
Le jeune homme aimant et aimé
Qu’elle devait épouser”
Se refuse à ces liens
Qui nous rendaient heureux !!!! ”

C’est généralement dans cette scène du sacrifice de Violetta acceptant de se séparer de son amant pour le bien de sa jeune sœur que sortent les premiers mouchoirs.(Rôle de Germont très bien chanté par Thomas Hampson, celui de Violetta étant tenu par Anna Netrebko).
La Traviata [DVD] / Giuseppe Verdi (Deutsche Grammophon, 2005)

BERG, Wozzeck : Berceuse de Marie Acte I Scène 3 “Eia popeia…Mädel, was fängst Du jetzt an ?”
Alban Berg - WozzeckLa fille-mère la plus célèbre de l’opéra commence dès l’acte I à comprendre que la famille monoparentale c’est pas le rêve. Elle chante une berceuse poignante à son fils sur un thème repris dans la scène finale où une des dernières répliques “Dein mutter ist tot” (Ta mère est morte) confirme à l’enfant qu’il est seul au monde et que cet opéra n’est pas le plus gai du répertoire.

Cette œuvre majeure de l’opéra nécessite des chanteurs qui non seulement assurent musicalement et vocalement mais manifestent une présence et un engagement parfaits. C’est Hildegarde Behrens qui chante ce rôle difficile dirigée par Claudio Abbado.

Wozzeck [DVD] / Alban Berg (RM Associates, 1987)

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par Marie H.


Printemps du livre de Grenoble : Portraits de famille

A découvrir | 2 avril 2008

Dans la famille Musique, nous connaissions déjà la famille Bach : le père, les fils, frères, cousins et neveux, grands-pères et arrière-grand-père, en Afrique les lignées de griots, en Europe de l’est les tarafs regroupant des “familles” au sens plus large du terme. Aujourd’hui encore, cette pratique de la musique en famille se perpétue, en voici quelques exemples parmi d’autres :

Parents et enfants :

- Henri et Sébastien Texier dans Henri Texier Strada sextet : “Water alert” (jazz)

- Jacques et Thomas Dutronc dans l’album “Brèves rencontres” (chanson française)

Fratries :

- Moutin Reunion Quartet dans l’album “Sharps turns” (jazz)

- Les frères Belmondo dans le Belmondo QuintetteInfinity” (jazz)

- Trio Joubran : “Majâz” (musique du monde)

- Les Ogres de Barback regroupe 4 frères et sœurs , Fred, Sam, Alice et Mathilde dans “Du simple au néant” (chanson)

- Les frères Capuçon, Renaud au violon, son frère Gautier au violoncelle dans “Double concerto, op. 102 ; Clarinet quintet = [Quintette avec clarinette], op. 115 de Johannes Brahms” . (classique)

- Le Quintette à vents Moragues, avec Michel à la flûte, Pascal à la clarinette, Pierre au cor dans “Ligeti, Villa-Lobos, Berber, Hindemith, Stockhausen [Récital]. (classique)

- Scott et Ron Asherton musiciens du groupe The Stooges dans l’album “Fun house” (rock)

- Bianca et Sierra Casady du groupe Coco Rosie dans l’album “La maison de mon rêve” (rock)

- Pierre et Vincent dans “Les pieds dans l’eau” (chansons pour enfants)

Couples :

- Serge Gainsbourg et Jane Birkin dans “Je t’aime… moi non plus” (chanson)

- Amadou et Mariam dans “Le meilleur des années Maliennes :1990-1995 ” (musique du monde)

- Dans le registre “musique classique”, nous avons le duo Crommelynck dans ” Piano four hands : Ravel, Bizet, Fauré, Messager, Auric, Poulenc, Milhaud “, mari et femme, malheureusement décédés dans des circonstances inexpliquées. (classique)

- Alain Bashung et Chloé Mons dans “cantique des cantiques” (chanson)

- Carla Bley, Steve Swallow (femme et mari) dans “Carla“. (jazz)

Familles entières :

- Quand toute la famille s’y met ça donne Morgan Heritage avec entre autre “More teachings…” (reggae)

- Ou encore Sly & Family Stone dans “The essential” (soul)

- La famille Chemirani : (Musique du Monde)

L’album “Qalam kar” réunit le père Djamchid au zarb (né en Iran en 1942, venu en France en 1961), (percussion) les fils Keyvan à l’udu (percussion) et au zarb, Bijan au zarb et autres percussions (bendir , riq …) et au saz (luth à long manche). Ensuite les filles, Maryam et Mardjane au chant.

Evidemment cette liste est loin d’être complète et vous aurez probablement d’autres idées que nous, à vous de jouer !

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par Martine


THE WHITE STRIPES : “The denial twist”

A découvrir | 1 avril 2008

Le Printemps du Livre organisé par les Bibliothèques de Grenoble s’ouvre dans quelques jours. Le thème choisi cette année est la famille. Toujours soucieux de coller à l’actualité culturelle et musicale, les blogueurs-discothécaires se sont creusés les méninges pour vous proposer la vidéo adéquate à vous mettre sous la dent avant d’aller déambuler dans les allées de notre salon du livre à nous… C’est donc moi qui m’y colle…

Printemps du livre de GrenobleFamille et musique ? Le sujet prête à dire. Le rock a depuis longtemps été émaillé d’affaires de famille plus ou moins glorieuses : les Jackson et leur rejeton de star planétaire, les Beach Boys et leur génial autiste de Brian Wilson, Ike & Tina Turner (notez au passage que les histoires de famille finissent mal en général)… les exemples seraient très nombreux.

Plus près de nous un cas retient l’attention : The White Stripes. Et ce n’est peut être pas un hasard si le terme de famille se réduit ici à sa plus simple expression : le couple. Eh oui messieurs dames. Car la famille n’est plus ce qu’elle était. Recomposée, décomposée, décomplexée, explosée ou individualisée. Le modèle patriarcal a fait son temps. Mai 68 est passé par là, n’en déplaisent à certains qui essayent de nous faire croire qu’il faut en liquider l’héritage… Et il faut désormais bien chercher pour trouver des groupes musicaux qui jouent en famille à plus de 2 membres! Encore faudrait-il se mettre d’accord pour savoir si le couple est bien une famille (une famille en devenir?). Mais là-dessus les auteurs invités au Printemps Du Livre auront sans aucun doute beaucoup plus à dire que moi.

White Stripes et la famille donc… Oui. Tout d’abord parce que la vidéo est excellente, mais cela n’a rien à voir avec le sujet. Ensuite parce que Jack White et Meg White, les 2 membres de White Stripes, s’affichent alternativement comme frère et sœur ou comme ex mari et femme (ah bravo la morale!). Vrai ou pas, cela en fait certainement le duo le plus créatif des années 2000. Talonnés par les hypnotiques The Kills, duo réellement mari et femme celui-là.
Enfin, last but not least, ce magnifique clip est réalisé par les très “bankable” français Michel Gondry qui a réalisé en 2007 le film Soyez sympa, rembobinez. Vous savez cette histoire de 2 gars qui ont effacé accidentellement tous les films de leur vidéo-club et qui s’attellent à les remplacer par des versions bricolées par leurs soins. Le sujet a inspiré tout un tas de remakes hilarants et même un concours.

On découvre dans “The Denial Twist” un univers lyrique et poétique qui réinvente l’espace domestique en jouant sur les formes et les tailles. Et des personnages tantôt bidibulles, tantôt filiformes. Très savoureux.
Get behind me Satan / The White StripesVoir la notice

Pas étonnant donc que Gondry soit devenu le frenchy chouchou outre-Atlantique. Lui dont la marque de fabrique semble être l’expérimentation a aussi mis en images Björk, Radiohead, Beck, Daft Punk… et des tas de pubs. What else ? Rien à rajouter…

Les autres vidéos de Michel Gondry : ici

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par Jérôme

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