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INTERVIEW



Benoit Perier de l'association Dynamusic à l'occasion de la sortie du millésime 2010 de la Cuvée grenobloise

CUVÉE GRENOBLOISE

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A DECOUVRIR

THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline

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DERNIERS COMMENTAIRES


LA RUMEUR, “Du coeur à l’outrage”

Album de la semaine | 26 février 2008

La Rumeur - Du coeur à l'outrage

Le groupe, originaire de banlieue parisienne, est composé de 4 rappeurs et de 2 DJ. Et pas n’importe qui puisque certains ont fait partie de groupes pionniers, comme Assassin, qui dès 1985 ont ouvert la voie à une nouvelle génération de rappeurs. L’album Du cœur à l’outrage clôt magistralement le triptyque commencé avec L’ombre sur la mesure (2002) et Regain de tension (2004). Il est l’une des grandes sorties de 2007.

Nul doute que ceux que le lien entre musique et politique intéresse auront entendu parler du procès intenté en juillet 2002 par le Ministère de l’Intérieur contre le groupe La Rumeur pour “diffamation publique envers la police nationale”. Rappelons l’objet du délit, phrase d’Hamé, un des rappeurs du groupe, extraite d’un fanzine distribué avec leur premier album L’ombre sur la mesure : “les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”….
Effectivement… tendancieux quand on connaît l’attention qui est portée à toute parole publique sur des sujets aussi sensibles. Histoire de vous laisser juge d’une autre forme de dangerosité des textes, je vous laisse en découvrir deux, soigneusement choisis par mes soins :
“La bise soufflera dans les arbres en fleurs, les anges sauteront en folie, comme pour attraper des cœurs, suspendus à l’échelle de l’infini” (Céline DionSi j’étais quelqu’un” dans l’album D’elles, 2007), “la météo, soleil tout là-haut, sauf pour ceux qui brûlent de froid en enfer, tourbillon désinformation, c’est partout l’hiver” (Lara FabianJ’ai zappé” dans l’album Pure, 1997). A méditer…

C’est sûr La Rumeur prend des risques. La façon dont ils libèrent la parole, sans autocensure, avec des textes toujours acerbes, parfois “limite”, leur a attiré de solides inimitiés, comme d’autres en leur temps (tiens cela ferait l’objet d’un savoureux Via Musique ça !). Ce qui les singularise d’autres groupes de rap français semble évident : la qualité de leur écriture.
Véritable concentré de littérature urbaine, l’album hypnotise par son univers sombre et désenchanté porté par des versions instrumentales apocalyptiques. A son écoute, c’est une véritable gifle face à des textes sublimes de lucidité et de colère de la part d’un groupe qui qualifie sa musique de “rap de fils d’immigrés et non pas de rap français”. L’actualité politique et sociale vue de la banlieue … terrible mais instructif. La Rumeur c’est incontestablement les plus belles plumes du rap français. Un talent d’écriture qu’il faut absolument découvrir.

“J’ai pas attendu que la République se taille les veines
Devant l’horreur de nos curriculum
Car entre barbares et racailles comme terminologie du parfait sous-homme
Appauvri ok mais comme de l’uranium”

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par Jérôme


GRINDERMAN, “s/t”

Album de la semaine | 19 février 2008

GRINDERMAN a été formé en 2006 par Nick Cave et certains de ses Bad Seeds, le groupe qui l’accompagne depuis plus de 20 ans. La vie de Nick Cave est assez singulière. Né et élevé en Australie jusqu’à l’âge de 23 ans, il a vécu successivement à Londres, Berlin, Sao Paulo et Brighton. Une “gueule” qu’on n’oublie pas, des histoires d’amour tumultueuses (il en garde un stigmate sur la joue gauche), des activités tous azimuts (poète, écrivain, scénariste), une œuvre marquée par la religion et par les racines de la musique populaire américaine, des apparitions au cinéma en tant qu’acteur ou comme compositeur de musiques de films… et mille autres choses, trop longues à raconter ici… mais dont nous parlera peut être Rosie dans un de ses prochains Via Musique qui lui sera consacré.

Rien d’étonnant donc à ce que, à plus de 50 ans, Nick Cave se lance dans l’aventure d’un nouveau projet avec un album résolument plus rock que ses derniers enregistrements. Zigzaguant entre guitares distordues et ambiances blues électrique, on découvre du grand Nick Cave qui reprend sa guitare, pour la première fois depuis longtemps, et nous offre un rock tendu aux histoires tordues, salaces et immorales.
Le premier morceau qui saute aux oreilles est le bruyant et délirant “No Pussy blues” (voir la vidéo en concert ci-dessous) où il narre les frasques d’un type à la recherche désespérée d’un coin chaud où passer la nuit… (les anglophiles comprendront) superbe moment de tension puis d’explosion finale ! Les autres titres ne sont pas en reste. Les parties de guitare de Cave privilégient la spontanéité à la technique, les parties plus calmes sont élégantes mais dégagent une intrigante odeur de souffre. Mute Records avait vu assez juste en qualifiant l’album de “saleté poilue dégoulinante de crasse et de noirceur”.

Bref, une vraie leçon de classe que nous donne ici Nick Cave et ses acolytes, vérifiant l’adage, pourtant rare en rock, selon lequel c’est dans les vieux chaudrons que l’on fait les meilleures soupes.

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par Jérôme


La reprise est au rock ce que le standard est au jazz…

A découvrir | 13 février 2008

Jimi HendrixLa reprise est au rock ce que le standard est au jazz. C’est un morceau que des interprètes, autres que le créateur, essaient de se réapproprier, pour le jouer tel quel, pour l’adapter ou pour le magnifier. Il en est ainsi de nombreuses reprises qui ont égalé ou fait connaitre l’original : “House of the rising sun” , “Mister tambourine man”, “Hey Joe” et “All along the watchtower” par exemple. Des reprises finissent même par exister principalement par leur nouvelle interprétation.
Pour preuve, la reprise du titre de Leadbelly, chanteur de blues et de folk noir américain, “Where did you sleep last night” par Kurt Cobain et son groupe Nirvana.
En effet, Kurt Cobain a tellement habité son interprétation, en lui donnant une forte charge émotionnelle, que sa reprise est devenue une référence.Kurt Cobain

Les artistes aiment se mesurer aux grands « classiques rock » et depuis quelques mois, nous voyons apparaître, dans nos bacs, des albums complets de reprises.

A noter et à écouter les albums suivants :

patti-smith-twelve.jpgPatti Smith, grande prêtresse du rock, propose sa relecture de grands classique rock.
Twelve / Patti SmithVoir la notice

Sur les deux opus, le groupe Nouvelle Vague aborde les grands titres fédérateurs et emblématiques de la new-wave, sur un tempo de bossa.
Bande à part / Nouvelle VagueVoir la notice

Cat Power pour sa part, sort également un album de classiques de la musique nord-américaine [disponible très bientôt dans les Bibliothèques de Grenoble].

Mais je voulais attirer votre attention sur le disque de reprises de Nick Cave (que j’emporterai sur une île déserte) et que vous vous devez d’écouter.

Nick Cave - Kicking against the pricksDans cet album, Nick Cave se frotte à ses auteurs-compositeurs fétiches (John Lee Hooker, Johnny Cash, Leadbelly …..) pour leur rendre hommage. Sorti en 1986, cet album nous propose un voyage initiatique sur les traces du blues et de la musique américaine. Culture du sud des Etats-Unis qui a fortement influencé son œuvre. Sa voix grave, voire sépulcrale, vient hanter une instrumentation basique et primitive, en vue de retrouver l’essence même de la musique « blues ». Des reprises toutes plus déroutantes et surprenantes les unes que les autres. Des traditionnels revus et sacrément corrigés et qui nous laissent médusés.
Kicking against the pricks / Nick Cave and the Bad SeedsVoir la notice

Et pour la prochaine fois, comme je viens de révéler mon admiration pour (l’œuvre de) Nick Cave, je vous proposerai un Via Musique sur lui, mais en attendant, je vous invite à nous proposer vos meilleures reprises…

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par Rosie


Via Musique: où comment aller à la rencontre de DANIEL DARC

A découvrir | 5 février 2008

A l’heure où sort le dernier album (flamboyant) de Daniel Darc, intitulé en hommage à Coltrane “Amours suprêmes”, l’occasion est trop belle de retourner aux origines de son œuvre discographique.
Au commencement était Taxi Girl…

Taxi Girl - Suite et finFer de lance de la New-wave française dans les années 80, le groupe Taxi Girl écrivit deux succès avec les titres “Mannequin” et “Chercher le garçon”.
Le groupe a été une formation emblématique de la scène hexagonale, grâce ou à cause du penchant de Daniel Darc pour les grandes figures rebelles du rock (Johnny Cash, Iggy Pop, …) et son comportement jusqu’au-boutiste. Après la dissolution du groupe, Daniel Darc poursuivra sa carrière en solo.
Suite et fin [compilation] / Taxi Girl (New Rose) Voir la notice

Daniel Darc - NijinskyAvec Ninjiski, Daniel Darc propose son projet musical le plus abouti aprés Taxi Girl. Cet album, malgré de très belles chansons, reste méconnu mais il mérite largement que l’on revienne y “jeter une oreille”.

Ses textes nous plongent au coeur de son univers poétique, univers qu’il portera au plus haut avec l’album “Crèvecœur”.
Nijinski / Daniel Darc (Bondage, 1994) Voir la notice

Daniel Darc -Creve-coeur Ecrit par Daniel Darc et arrangé par Frédéric Lô, cet album est le disque de la rédemption et de la sortie du désert musical. Les arrangements de Lô (par ailleurs lui aussi auteur et compositeur) servent à merveille les textes et la voix particulière de Daniel Darc. Des arrangements subtils et légers ornent la poésie de Daniel Darc. Ils donnent à l’album, qui présente une diversité de chansons et d’ ambiances, son unité…Une sensibilité à fleur de peau et humaniste.
Crèvecœur / Daniel Darc (Universal, 2004) Voir la notice

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par Rosie

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