YASMIN LEVY, “Mano suave”
On peut interpréter la musique séfarade - la musique que les juifs expulsés de la péninsule ibérique à la fin du XVIe siècle ont emportée avec eux, préservée et enrichie au fil des siècles - de différentes façons. Des interprètes venus d’horizons musicaux différents se sont intéressés à ce patrimoine en danger de disparition, essentiellement des chanteuses, car ce répertoire était majoritairement chanté et transmis par des femmes. On peut citer quelques exemples d’interprétations récentes : Montserrat Figueras, soliste de l’Ensemble Hespérion XXI, dirigé par le gambiste catalan Jordi Savall, la soprano française Françoise Atlan, qui y consacra trois disques, ou encore la chanteuse Marlène Samoun, dans un style plus populaire cette fois.
La chanteuse israélienne Yasmin Levy est la fille d’un ethnomusicologue qui était une des figures les plus importantes de la recherche et la préservation de la culture judeo-espagnole. Il est décédé en 1975, l’année de la naissance de Yasmin. C’est pour elle une “mission sacrée” de transmettre à son tour ce patrimoine et de “l’offrir au monde” pour l’empêcher de disparaître. D’une voix grave et fluide, aux arabesques mélancoliques, elle exprime la peine et l’espoir. Elle a écrit et composé elle-même deux chansons de l’album, mais la plupart sont puisés dans le répertoire traditionnel. Ces romances, ballades, poèmes sont chantées en ladino, langue d’exil des séfarades, mélange d’espagnol et de langues locales : hébreu, turc, arabe, selon les pays d’accueil. Les thèmes sont éternels : amour contrarié ou malheureux (Adio kerida, Perdono), berceuses (Nani,nani), nostalgie de Jerusalem (Imre kero), consolation apportée par Dieu ou plus simplement par la danse (Por la mia). Des musiciens provenant d’horizons différents (Espagne, Paraguay, Arménie, Canada, Turquie et Israël, bien sûr) mêlent leurs instruments traditionnels et leurs épices. Natacha Atlas les a rejoint sur le titre phare de l’album : Mano suave.
Merci à Yasmin Levy et ses musiciens de nous emporter pour un voyage vieux de 500 ans, fusionnant les racines andalouses avec les sonorités du monde arabe. “Réconciliation musicale” exemplaire. La musique est tellement plus forte que la politique.
Mano suave / Yasmin Levy (Adama Music, 2007)
Sur You Tube : “Nani,nani (Lullaby)”
Mots-clés : musique du monde, Vidéo
Commentaires (3s)
Fred Chichin est mort le 28 novembre dernier à 53 ans d’un cancer foudroyant. Il avait fondé 
Résumons : parti taquiner le poisson sur les bords de la Seine à Samois tout en tâtant du pinceau pendant quelques années, le génial manouche semble s’être rangé des guitares. Un témoin de l’époque parle même des cordes “toutes rouillées” de ses instruments. Oublié, loin des feux de la rampe et se contentant d’une vie de “sous-chef de gare à la retraite” selon les bons mots d’Yves Salgues ?
Chère 

La baronne Pannonica de Koenigswarter, riche héritière et passionnée de jazz, est devenue la muse et mécène des plus grands noms du jazz des années 50 : Charlie Parker (mort chez elle le 12 mars 1955), Miles Davis, Betty Carter, John Coltrane… et surtout Thélonious Monk.


Mississippi John Hurt
Ce n’est que par hasard qu’il enregistre quelques titres avec un ami violoniste blanc Willie Narmour. Ces deux premiers enregistrements à Memphis puis à New York en 1928 tombent dans l’oubli et John Hurt retourne à ses cultures sans grand regret. Il faut attendre 1963 soit 35 ans plus tard pour que l’ethnomusicologue Tom Hoskins le retrouve et le porte sur le devant de la scène au New York Folk festival puis au Philadelphia Folk Festival. Le succès est immédiat et Mississippi John Hurt enregistre pour le label
Mississippi John Hurt s’est formé tout seul, à force de chercher à reproduire sur sa guitare ce qu’il avait dans la tête. “I just make it sound like I think it ought to”… “je fais juste sonner (les cordes de la guitare) comme je pense qu’elles doivent le faire” …

(il vous suffit de cliquer sur la flèche verte pour lancer la lecture). Le plus souvent, il s’agira de compte-rendus audio d’animations, conférences, rencontres organisées par les Bibliothèques Municipales de Grenoble. Ou encore d’un morceau d’un groupe/artiste que nous avons envie de mettre en avant.
qui propose une sélection (qui devrait s’étoffer dans les semaines à venir) d’artistes / groupes de la région pour vous inciter à découvrir cette scène foisonnante.









