THE RUNAWAYS, "Born to be bad"
Fondé à Los Angeles en 1975, The Runaways, est un groupe d'adolescentes qui a décoiffé le Glam Rock, et le rock féminin en général. Avec des personnalités rebelles et sulfureuses telles que Joan Jett (rappelez vous "I love rock'n'roll") et Lita Ford (hard rockeuse de talent), ce groupe à vite conquis la face ouest des États-Unis. Managé par un imprésario exubérant, Kim Fowley, le groupe a surtout trouvé son public à l'étranger et notamment au Japon qui lui fit un accueil triomphal. Remises au goût du jour par le film "Les Runaways" de Fiona Sigismondi avec Kristen Stewart (Twilight) dans le rôle de Joan Jett (oubliez Bella). Si vous êtes passé à côté de ces "riot girls", venez vous rattraper à la bibliothèque avec "Born to be bad" et bientôt la BO du film ! Emeline
Dans cet album, Ryuichi Sakamoto (piano), a collaboré avec Christian Fennesz (guitare, électronique) : il s’agit d’une réalisation à distance entre Japon et Autriche, destinée à une installation vidéo-musicale : après avoir échangé des éléments à retravailler, ils se sont retrouvés en studio à New-York pour finaliser leur enregistrement.
L’un nous avait livré des musiques de films inoubliables (Furyo, Le dernier empereur…), des disques de rencontres avec entre autres des musiciens de la scène électronique (DJ Spooky dans l’album “Discord”, Talvin Singh…), l’autre nous avait plutôt habitué à des ambiances un peu plus grinçantes (”Endless summer”).
Ici le résultat est d’une beauté quasi lévitatoire : le piano épuré de Sakamoto est soutenu, enrobé, survolé par les nappes des machines de Fennesz : il nous livrent des atmosphères lumineuses et épurées, évoquant tour à tour (et au choix) Satie, l’aurore et le crépuscule, les abysses sereins…
Si vous ressentez le besoin d’une grande respiration avant d’être absorbé par le maelström noëllistique, n’hésitez pas, c’est Sakamoto qu’il vous faut !
Cendre/ Ryuchi Sakamoto & Christian Fennesz (Touch Tone, 2007)
par MartineFermerAuteur : Martine Site :http://www.bmol-grenoble.info En quelques mots : Si j'avais le choix de la couleur, j'aimerais assez être bleue, comme la note du même nom; si j'étais une note, j'aimerais être n'importe quelle petite croche de l'adagio du concerto pour clarinette de Mozart (et je promets de rester bien à ma place), ou encore un silence entre 2 notes de Thelonious Monk; si je devais changer de métier, je me vois bien pâtre sur un rocher chez Schubert ou ornithologiste chez Charlie Parker… Mais bon, j'avoue, dans la vraie vie je m'appelle Martine, et je suis amatrice, outre de musiques en tous genres - mais plus particulièrement celles qui passent à des heures impossibles à la radio - de moelleux au chocolat (avec un fond de sauternes), car c'est bien connu, ventre affamé n'a point d'oreille, et dans notre métier, les oreilles, c'est essentiel !Voir les articles de cet auteur (28)
Après plus de 20 ans de bons et loyaux services, les Suisses de The Young Gods font feux de tout bois en multipliant les projets (une série de concerts acoustiques) et les sorties de disques (après un best-of XXYears, le prochain album est déjà dans la boite). Pas de signes d’essouflements alors même que beaucoup peinent à se renouveler la quarantaine passée. Le secret de l’éternelle jeunesse ?
Oubliez les albums précédents (Second Nature et surtout Music for artificial clouds) très électro-ambient, ici il s’agit d’un mélange détonant de rock et de musique électronique avec des détours par le blues (”Machine arrière”). De toute façon, THE YOUNG GODS peuvent tout se permettre, comme sortir un disque avec une pochette pareille (strass et paillettes quand même), chanter en français (voire le mélanger avec l’anglais), ils s’en sortent toujours avec classe et un grand sourire aux lèvres.
Des boucles électro obsédantes cèdent la place à des riffs de guitares et à des samples dévastateurs (”Freeze”); les sons électroniques fusionnent avec le rock des genevois et tout ça coule de source : on a jamais l’impression d’un patchwork mais au contraire d’une musique extrêmement cohérente et pensée. Même l’utilisation du vocoder et du sitar (”Stay with us”, la ballade de l’album) d’ordinaire rédhibitoire est bien amenée.
Une production aux petits oignons achève de me convaincre: une grande claque dans ma tronche comme on dit.
Alors, le secret de l’éternelle jeunesse ? L’envie, la passion intacte et la volonté de ne pas (trop) se renouveler… Décidement, les playlists de fin d’année s’annoncent délicates…
par JulienFermerAuteur : Julien Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Né quelques jours après la mort de Jimi Hendrix (on fait se qu'on peut). S'est flatté pendant longtemps de détester le jazz mais attribue désormais cela à une erreur de jeunesse. Déteste vraiment la nouvelle-nouvelle-nouvelle chanson française. Se gausse pourtant d'avoir vu Bashung un soir de 1995 et d'y avoir pris du plaisir. A tenté (vainement) d'être musicien et traine depuis son mal-être dans des débats musicaux stériles. Persiste a porter des pulls à capuche et des Converse (le plus souvent déchirées) à bientôt 40 ans…Voir les articles de cet auteur (51)
Prenez un jeune musicien espagnol né en 1974 à Alveria, issu d’une lignée de guitaristes flamenco (il a tourné l’année dernière avec Paco De Lucia), découvrant avec ravissement la musique de Bill Evans, pianiste américain de jazz né lui en 1929, et une série de thèmes magnifiques, comme “Waltz for Debby“, ou “Hullo bolinas“, ou encore “The dolphin“. Ajoutez un titre prometteur : “Paz“, la paix en espagnol.
Mâtinez de beau monde tels Marc Johnson ou Javier Colina à la contrebasse, Joe Lovano au saxophone, Tom Harrell ou Jerry Gonzalez à la trompette, Horacio “El Negro” Hernandez à la batterie, accompagnant la guitare de Nino Josele avec brio et délicatesse.
Vous obtenez un album absolument délicieux, de la beauté rare issue de deux univers différents, indispensable pour vos tranquilles soirées d’hiver, vous reposant de la folie ambiante et des clignotants de Noël !
Paz : The music of Bill Evans/ Nino Josele (DRO Atlantic, 2006)
par AnneFermerAuteur : Anne Site :http://www.bmol-grenoble.info En quelques mots : Rêvant d'épouser un chef d'orchestre, elle s'essaie en cachette aux concertos de Mozart pour piano et orchestre, elle au piano et l'orchestre au cd. Rêvant d' être contrebassiste, elle s'achète un violoncelle pour ne pas changer de voiture. Différente de ses camarades blogueurs par son grand âge, elle tente de sauver bmol du désert classique et jazzistique ! Grisée par bmol, la montagne, la musique et le chocolat, bref tout ce qu'il faut pour sauver une bibliothèque.Voir les articles de cet auteur (34)
“Digressions, débats de fonds et mp3. Patatras” comme ils disent…
Trêve de plaisanterie, La Blogothèque est le site indispensable pour découvrir ce qui se fait de mieux dans des domaines aussi variés que le rock, la pop, le folk, l’americana, la musique électronique, la techno…
Bon n’en jetez plus, vous l’aurez compris c’est un site de référence en matière de musique. Des rubriques à la pelle (news, liens, les fameux “concerts à emporter” ), de la musique à la pelle (liens vers les pages MySpace, mp3, radio, podcast), de la lecture à la pelle grâce à “Des riffs et des lettres”, une sélection de lectures liées… à la musique évidemment. Ah! et puis j’oubliais des vidéos à foison, des compte-rendus de concerts, bref une mine à parcourir dans les grandes largeurs pour (tenter de) couvrir tout l’éventail des musiques actuelles. Le tout est animé par une équipe de blogueurs passionnés dont l’ambition est de vous faire partager leur coups de coeur et découvertes.
Et pour finir, une autre maxime (ils en sont friands) extraite du site et sans doute empruntée aux Beatles : “Musique, partage, sont des mots qui vont très bien ensemble“. On ne pourra qu’acquiéscer.
par JulienFermerAuteur : Julien Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Né quelques jours après la mort de Jimi Hendrix (on fait se qu'on peut). S'est flatté pendant longtemps de détester le jazz mais attribue désormais cela à une erreur de jeunesse. Déteste vraiment la nouvelle-nouvelle-nouvelle chanson française. Se gausse pourtant d'avoir vu Bashung un soir de 1995 et d'y avoir pris du plaisir. A tenté (vainement) d'être musicien et traine depuis son mal-être dans des débats musicaux stériles. Persiste a porter des pulls à capuche et des Converse (le plus souvent déchirées) à bientôt 40 ans…Voir les articles de cet auteur (51)
Le clarinettiste new-yorkais David Krakauer sera de passage à la MC2 jeudi 15 novembre prochain. S’il reste des places, n’hésitez pas à venir écouter l’un des plus grands musiciens de la scène klezmer actuelle.
Ce virtuose à la technique étourdissante et au phrasé fluide et virevoltant est reconnu pour sa maîtrise des genres musicaux les plus variés : musique de chambre, jazz, world, avant-garde, il a collaboré par le passé avec de nombreux ensembles : Kronos Quartet, John Zorn, The Klezmatics, pour ne citer qu’eux.
Il sera cette fois-ci accompagné de son combo actuel : Klezmer Madness, auquel s’est joint Josh Dolgin, alias SoCalled, le fondateur du hip hop klezmer. Nostalgie et euphorie garanties pour une musique inclassable, véritable pont entre la musique traditionnelle des juifs d’Europe de l’Est et les sonorités actuelles les plus déjantées.
Quelques références que vous trouverez dans le réseau :
Comme aime à le rappeler Régis Debray, “il y a 3000 langues dans le monde et seulement 2 écartements de rail de chemin de fer”. Cette maxime pourrait bien s’appliquer au langage musical tant y fourmillent des modes d’expression hétéroclites. La meilleure preuve en est l’ovni que sort aujourd’hui Of Montreal avec “Hissing fauna, are you the destroyer?”
La formation états-uniennes d’Athens sort un 10e album qui mêle pop psychédélique, tubes 80′, funk façon Casio (vous savez les synthés aux sons… heu…singuliers…), disco-pop-glam jouée avec des machines et new-wave rigolote (si, si c’est possible!)
La formule pourrait paraître indigeste ou du moins étrange mais détrompez-vous. Les textes sont mis en lumière par des mélodies tantôt rigolotes (et des chœurs hallucinés débilement naïfs) tantôt évoquant les pires daubes “new waves” des 80’s.
Cet album est complètement barré mais les idées y fourmillent. Certains y verront une niaiserie électro-pop, d’autres un disque euphorisant et énergisant. Personnellement, j’ai choisi mon camp!
Pour mieux comprendre cet album, il faut savoir que Kevin Barnes, chanteur, auteur, compositeur et initiateur du projet a vu sa vie transformée le temps de la gestation de Hissing Fauna. Sa femme le quitte, et cela donne une première partie d’album aux textes cyniques et désenchantés. La deuxième étant marquée par le retour de sa femme et de sa fille et des compositions plus classiques, moins novatrices.
Ce qui conforte l’idée qu’un créateur est souvent un tourmenté… j’ai bien fait de choisir bibliothécaire moi!
Hissing fauna, are you the destroyer?/ Of Montreal (Polyvinyl Records, 2007)
par JérômeFermerAuteur : Jérôme Site :http://www.bmol-grenoble.info/ En quelques mots : Persuadé que toute musique a un sens social caché, il déteste Florent Pagny et Elton John. Musicien, il raconte partout qu'il a joué avec Tiken Jah Fakoly et qu'il a touché Angus Young lors d'un concert à Alpexpo en 1980. Il essaye lamentablement d'imposer l'écoute de France Culture en voiture à ses enfants, mais connaît le rap et le r'n'b de Skyrock par cœur. Obnubilé par la désertion des jeunes en bibliothèque, il serait prêt à remplacer le logo des bibliothèques de Grenoble par une photo plain-pied de Beyonce.Voir les articles de cet auteur (38)